Itinérance

Ce champ vise à développer un espace collectif de recherches et de réflexions sur le phénomène de l’itinérance. Le CREMIS, en raison de ses liens avec CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal, constitue un lieu privilégié, tant pour sa localisation géographique que pour son expertise pratique et académique, pour soutenir un travail de réflexion et d’analyse sur le phénomène de l’itinérance au Québec. En replaçant les expériences des personnes au cœur des travaux de recherche, ce champ tente de saisir à la fois la pluralité des visages (famille, femmes, hommes, jeunes, aîné.e.s, autochtones, LGBTQIA2S) et des réalités de l’itinérance (régions, villes, itinérance cachée, itinérance visible), tout en analysant les paradigmes d’intervention (urgence, prévention, globalité, proximité) et les pratiques novatrices (intervention de proximité, stabilité résidentielle avec accompagnement) déployées pour agir sur ce phénomène. Ce champ porte une attention particulière au processus de « fabrication » de l’itinérance afin de repenser les savoirs théoriques et pratiques permettant de cerner la complexité des parcours de vie et de développer des interventions innovantes.

Responsables

Carolyne Grimard

Professeure adjointe, École de travail social, Université de Montréal

Laurence Roy

Professeure agrégée, École de physiothérapie et d’ergothérapie, Université McGill

Pour en savoir plus

Carolyne Grimard, Philippe-Benoît Côté et Sue-Ann McDonald, « L’itinérance en bref ; mieux comprendre le passage à la rue », livre électronique issu du colloque tenu dans le cadre du 88e congrès de l’ACFAS le 6 mai 2021.

Philippe-Benoît Côté et Sue-Ann McDonald, « Un espace de réflexion et d’échanges sur l’itinérance: nouveaux visages, pratiques novatrices et croisements des savoirs », Revue du CREMIS, 9(2), automne 2016, p. 35-39. 

Santé et inégalités sociales

Dans ce champ, nous nous intéressons aux liens entre inégalités sociales et santé : 1) ce que font les inégalités sociales à la santé des individus, mais aussi 2) la contribution de la santé à la production des inégalités sociales.

  1. La santé est un produit du social : la « vie en société » affecte la santé des individus. Or, cet effet sur la santé varie selon les positions que les individus occupent au sein des diverses hiérarchies qui traversent leur société (socio-économique, de genre, raciale, etc.) : les inégalités sociales génèrent des inégalités sociales de santé.
  2. Le statut social d’un individu peut être dévalorisé par son état de santé. Certains diagnostics (comme une maladie mentale ou une infection par le VIH) sont en effet stigmatisants : les individus qui en sont porteurs sont disqualifiés et exposés à des discriminations.

Bien-sûr, ces deux perspectives (la causalité sociale de la santé et la sélection sociale par la santé) se rejoignent puisque les états de santé modelés par les inégalités sociales contribuent à leur tour à la reproduction des inégalités sociales. De fait, elles sont généralement toutes deux présentes dans nos projets de recherche.

Responsables

Estelle Carde

Professeure agrégée, Département de sociologie, Université de Montréal

Nadia Giguère

Chercheure universitaire en établissement au CREMIS, CCSMTL
Professeure associée, Département de médecine de famille et de médecine d’urgence, Université de Montréal 

Pour en savoir plus

GIGUÈRE N., HANDFIELD S., BARBEAU D., BEAULIEU MD (2023). L’évaluation des limitations à l’emploi en contexte de dépendances : une question d’équité. Drogues, santé et société, 21(1) : 101-125.

GIGUÈRE N., HANDFIELD S. (2021). Faire la preuve de choses invisibles : les impacts du processus d’accès au programme de solidarité sociale sur les personnes souffrant de problèmes de santé mentale. Nouvelles Pratiques Sociales 32(1), Dossier Les transformations de la protection sociale : un regard sur les tendances récentes : 195-217.

HECK I., CARDE E. (2020) Inégaux face au virus : reportage dans l’émission Découverte de Radio-Canada ☛ à partir de la minute 25 environ.

CARDE E. (2020) Les inégalité sociales de santé: décryptage d’un concept, Revue du CREMIS, 12(1), p.43-47.

Balado Sur le vif (série d’échanges en contexte de crise sociale et sanitaire) avec Estelle Carde (23 avril 2020) et son analyse sur la crise actuelle : Les inégalités sociales face au conoravirus (26 avril 2020)

GIGUÈRE N., HANDFIELD S., BARBEAU D., BEAULIEU MD, MCALL C., DUFOUR E. (2019) Les rôles professionnels face aux demandes de certificats pour contrainte sévère à l’emploi et les conséquences du suivi offert sur les trajectoires des patients : Projet pilote au Centre de Recherche et d’Aide pour Narcomanes (CRAN). Montréal : CREMIS, CCSMTL. Synthèse des résultats de recherche, 37p. 

Dossier web (2019) sur l’accès au Programme de solidarité sociale et l’évaluation de la contrainte sévère à l’emploi – Consulter le dossier web

CARDE E., ISABEL M., GIGUÈRE N., KARAZIVAN P. (2018) Inégalités sociales, patients difficiles et médecins de première ligne : une étude exploratoire, CREMIS (financement Faculté de médecine et vice-rectorat à la recherche, à la création et à l’innovation de l’Université de Montréal), Montréal, 24 p.

CARDE E., BERNHEIM E., BERNIER D., GIGUÈRE, N. (2015) «L’approche «intégrée» des rapports sociaux inégalitaires: Intersectionnalité, inégalités sociales et santé», Revue du CREMIS, 8(2), p.22-27.

CARDE E., BAILLERGEAU É. (2013) L’offre de services en santé sexuelle destinés aux jeunes de Montréal : quelle adaptation aux besoins et quelle accessibilité, CREMIS (financement CREMIS), Montréal, 60 p.

Âges de la vie

Ce champ explore la façon dont les inégalités se vivent, se cumulent ou se recomposent tout au long des trajectoires de vie. L’enjeu est pouvoir saisir la façon dont les inégalités s’incarnent dans des parcours contrastés, mais aussi les perceptions dont elles font l’objet -de leur acceptation à l’expérience de l’injustice-, tout comme la façon dont elles vont recomposer en retour le rapport au politique, que ce soit sous formes de retrait, d’engagement ou de révolte.

Dans ce but, nous mobilisons une perspective analytique centrée sur les parcours de vie : théorisée par Elder (Elder, 1994), l’approche interdisciplinaire des parcours de vie permet de saisir le caractère évolutif et cumulatif des inégalités sociales et la façon dont elles peuvent s’articuler entre elles au fil des âges de la vie, que ce soit dans le cadre de rapports de genre, de racialisation ou de classe, entre autres. Cette approche est particulièrement adaptée pour rendre compte de la complexité des trajectoires marquées par certaines problématiques de vulnérabilités sociale : en fonction de chaque type de parcours, nous pouvons ainsi repérer, en remontant depuis l’enfance, les moments charnière, les points de rupture et les « bifurcations », ce qui permet de mieux identifier les leviers d’action possibles.

Nous défendons ainsi une lecture intégrée et multidimensionnelle des inégalités, qui ne prenne pas uniquement en compte la dimension socio-économique des revenus, mais aussi la façon dont elles jouent sur les « conditions d’existence » comme sujet et comme citoyen.

Elle permet de poser un autre regard sur diverses populations dont les conditions et les parcours de vie sont traversés par des rapports sociaux inégalitaires : les hommes, les femmes et les personnes LGBTQ+, les enfants, les jeunes et les personnes âgées, les personnes autochtones, les immigrants, etc. En les resituant dans la dynamique des liens sociaux tout au long des existences, elle invite à envisager ces populations en nous émancipant des catégories figées qui tendent à les réduire à une identité stigmatisée : être « itinérant.e », « toxicomane » ou « délinquant.e », par exemple. Cette approche subjective et dynamique des inégalités vise à contribuer au renouvellement des connaissances pour mieux penser la justice sociale et générationnelle, ainsi que la protection des nouvelles vulnérabilités.

Responsables

Nicolas Sallée

Professeur et directeur scientifique du CREMIS, Département de sociologie, Université de Montréal

Cécile Van de Velde

Professeure, Département de sociologie de l’Université de Montréal
Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les inégalités sociales et les parcours de vie

Diversité sexuelle et pluralité des genres

Ce champ vise à interroger les enjeux associés à la diversité sexuelle et à la pluralité des genres et à explorer les réalités lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et queer (LGBTQ+) au prisme des inégalités sociales et des discriminations. Il se veut également un espace pour réfléchir et mettre en valeur les pratiques alternatives de citoyenneté porteuses pour les communautés LGBTQ+.

Longtemps considérées comme relevant uniquement de la sphère intime, ces dimensions ont été politisées par les mouvements LGBTQ+ et féministes au cours des 50 dernières années. Les parcours trans, la non-binarité (concept pour désigner les personnes dont le genre échappe à la binarité homme / femme) et l’affirmation de soi comme personne non-hétérosexuelle par exemple restent cependant, aujourd’hui encore, des enjeux sociaux majeurs malgré certaines avancées en termes de droits et de reconnaissance sociale. Nous partons du constat que, dans nos sociétés, les trajectoires des individus restent façonnées structurellement par des normes sexistes et hétéronormées, en interaction avec des dynamiques identitaires multiples. Ces normes et ces identités se combinent à d’autres situations d’inégalités. Dès lors, ce champ se veut ouvert à l’analyse des constructions sociales du genre et des sexualités, à la croisée des réflexions et des expériences issues de la pratique et des savoirs universitaires.

Responsables

Kévin Lavoie

Membre régulier au CREMIS et Professeur adjoint à l’École de travail social et de crimonologie de l’Université Laval.

Alain Arsenault

Praticien-chercheur au CREMIS et organisateur communautaire à la direction de la Santé publique et développement des communautés locales, CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.