L’expérience collective de la contagion travaille les rapports sociaux. Lors de pandémies, la responsabilité de la maladie est souvent projetée sur des individus et groupes déjà marginalisés, qui sont tenus coupables de son émergence ou de sa propagation, ou qui sont définis comme « à risque ». Ce séminaire, qui porte sur les enjeux d’altérité en temps de contagion, offrira un espace de réflexion sur les façons dont les discours et les interventions déployés lors de pandémies prennent forme dans des espaces relationnels préexistantset renouvellent les rapports sociaux inégalitaires.
Trois chercheur·es décriront la reproduction d’inégalités lors de pandémies récentes (comme la COVID-19 ou la Mpox) et lors d’éclosions ayant émergé plus tôt (comme le VIH/sida ou l’Ebola). Seront également abordés des thèmes tels que la judiciarisation et la répression de populations marginalisées, les ressorts sociaux de la délimitation morale de comportements dits « à risque », et les transformations des figures du blâme.
Ils/ elles montreront ainsi que les épidémies peuvent prendre des significations dissociées de leurs caractéristiques épidémiologiques et virologiques, et liées aux conditions culturelles, sociales et politiques de l’époque.
Ce séminaire est co-organisé par le porteur du champ Droit(s) et justice du CREMIS et directeur scientifique du CREMIS Nicolas Sallée et par Mélissa Roy, professeure à l’école social de l’UQAM, en collaboration avec l‘Observatoire des profilages.
Intervenant·e·s :
Céline Bellot, professeure à l’École de travail social, UdeM, directrice de l’Observatoire des profilages (OdP) et membre régulière du CREMIS.
La judiciarisation de la pandémie de Covid-19 : un enjeu majeur pour la santé publique et les populations marginalisées
Gabriel Girard, chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM, France) et membre collaborateur du CREMIS.
Les communautés gaies au prisme des épidémies VIH, Covid-19 et Mpox : des biosocialités à l’épreuve ?
Mélissa Roy, professeure à l’École de travail social, UQAM
Les figures du blâme actualisées. Analyse de la normativité de l’altérisation en temps d’épidémie
Laboratoire d’innovations sociales depuis les années 1970, le mouvement communautaire au Québec s’appuie sur les principes de justice sociale, de participation citoyenne et d’autonomie organisationnelle afin de répondre à des besoins en matière de santé, de services sociaux et d’éducation.
Quelles sont, dans ce contexte, les pratiques évaluatives développées par et pour les groupes communautaires concernant leurs actions?
Cette question est au centre d’une recherche partenariale visant à mettre à jour le portrait des pratiques d’évaluation dans les organismes communautaires au Québec. Sonia Tello-Rozas et Maude Léonard (professeures au Département d’organisation et ressources humaines à l’UQAM) ont mené cette recherche qui implique notamment le Réseau québécois d’action communautaire autonome (RQ-ACA), le Centre de formation populaire (CFP) et Relais-femmes, un organisme chapeautant plusieurs groupes de femmes, et le Service aux collectivités (SAC) de l’UQAM.
Ce séminaire organisé par le champ État social du CREMIS en collaboration avec l’axe Organisations sociales et collectives du Centre de recherche sur les innovations sociales(CRISES) sera l’occasion de présenter les résultats de cette recherche ainsi que d’échanger avec des partenaires communautaires et du réseau de la santé et des services sociaux.
Ce séminaire porte sur une démarche territoriale pour accroître la part d’aliments locaux dans les institutions publiques et privées de la MRC d’Arthabaska au Centre-du-Québec. Menée par le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du Cégep de Victoriaville, cette démarche témoigne de l’intérêt de travailler dans une logique de système alimentaire durable en mobilisant les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement des institutions.
Séminaire en ligne dans le cadre du champ Territoires et systèmes alimentaires du CREMIS
Comment envisager les soins de santé autrement ? Des soins et non des traitements, répondant aux attentes des patient·e·s et de leurs proches, à leurs besoins corporels mais aussi à leurs émotions, ouverts à d’autres pratiques soignantes, non médicales… pour redonner du pouvoir aux premier·ères concerné ·es par le système de soins, les soigné·e·s. Le récit biographique que Brigitte Lacasse nous livre dans son film documentaire Chroniques Hospitalières témoigne avec force et sensibilité de la distance qui nous sépare encore de cette « démocratie sanitaire ».
Son parcours de soins, en tant que petite fille puis d’adulte souffrant d’une maladie chronique, est marqué à répétition par un sentiment d’impuissance face à un regard médical qui la réduit à un « cas » et reste obstinément indifférent à son vécu.
Ce séminaire propose une formule originale, appuyée sur des extraits du documentaire et des échanges entre patient ·es, soignant ·es et chercheur ·es. Ce panel varié viendra nourrir la réflexion et les discussions avec la salle.
Au plaisir de partager ces réflexions avec vous!
Les personnes qui s’inscriront à l’événement pourront, s’ils et elles le souhaitent, visionner le documentaire Chroniques Hospitalières quelques jours avant l’activité. Le lien pour accéder au documentaire sera envoyé par courriel.
Ce séminaire propose de faire dialoguer deux thèses en sciences sociales : celle de Julien Lévy, Les « grands exclus » : une catégorie d’exceptions. Évolutions du traitement politique des sans-abri chroniques en France depuis les années 1980 publiée en 2021; et celle de Gabriel Uribelarrea, le souci des patients sans abri. Enquêter sur la relation entre le monde médical et le monde l’assistance,publiée en 2020.
Les intervenants engageront une discussion autour des usages du concept de non-recours, appréhendés selon deux approches distinctes mais complémentaires. Julien Lévy montrera en quoi une perspective en termes de non-recours permet d’analyser, de manière socio-historique, l’évolution de la prise en charge des personnes en situation d’itinérance, qualifiées comme des « grands exclus ». À partir d’une sociologie des attachements, Gabriel Uribelarrea nous invitera quant à lui à penser le (non-)recours aux soins des personnes en situation d’itinérance.
Le séminaire est organisé à l’initiative du champ État Social du CREMIS. La discussion sera menée par Philippe-Benoît Côté et Jean-Baptiste Leclercq, co-porteur du champ État-Social.
*Merci pour votre intérêt pour notre événement. Nous sommes complets pour l’instant*
*Nous sommes heureux de vous accueillir à notre événement. En raison des consignes sanitaires, notez que le masque est requis dans notre espace. Les places étant limitées à 25 billets, veuillez svp vous désinscrire afin de libérer l’espace dans l’éventualité où vous ne pourriez pas vous présenter. Au plaisir d’échanger avec vous!*
Au Québec, la Loi concernant les soins de fin de vie vise à assurer l’accès de chacun.e à des soins de qualité et à un accompagnement adapté à sa situation particulière. Pourtant, les inégalités en la matière sont patentes. Ce séminaire a pour objectif d’ouvrir un espace de réflexion sur cet enjeu crucial, mais largement tu, voire ignoré.
La discussion sera amorcée par quatre courtes présentations données par des chercheur.es et des intervenant.es réfléchissant de longue date aux enjeux liés à la fin de vie. Pour comprendre comment se fabriquent les inégalités sociales dans l’accès aux soins palliatifs, nos invité.es témoigneront des difficultés spécifiques qu’ils et elles observent dans différents contextes, tels que l’itinérance, le domicile, ou encore l’institution. On abordera aussi l’enjeu des représentations sociales, avec l’exemple d’une recherche-création théâtrale qui vise à sensibiliser le grand public et les professionnel.les de la santé aux tabous sur la fin de vie et à accroître l’acceptation des soins palliatifs.
Séminaire organisé par Estelle Carde et Nadia Giguère, porteuses du champ Santé et Inégalités sociales du CREMIS
Comment cohabitent les différentes manières d’exister dans la ville? Alors qu’exister dans une ville implique se penser au sein d’une « communauté », les discours sur l’itinérance se concentrent souvent autour de l’ancrage dans un logement. Ce séminaire vise à réfléchir l’itinérance au-delà du logement, dans un dialogue sur les façons d’exister, d’utiliser, de circuler, de se rencontrer et d’habiter l’espace urbain. Pour ce faire, nous déconstruirons les formes de l’habité pour ainsi révéler différentes façons dont l’espace urbain est partagé, trop souvent au détriment de certains groupes qui ne bénéficient pas d’un accès égal à celui-ci.
En replaçant le débat dans la communauté, à propos du vivre-ensemble, l’intervention auprès des personnes en situation d’itinérance peut ainsi être revue en incluant une diversité d’acteurs dans le débat (architectes, artistes, gestionnaires, etc.) et s’ouvrir à une diversité de populations qui vivent aussi des inégalités sociales et des inégalités d’accès à l’espace urbain (personnes en situation de handicap, jeunes et personnes âgées, diversité sexuelle et pluralité des genres, etc.).
En présentiel uniquement! Bienvenue à tout le monde!
Port du masque et distanciation obligatoires
Événement co-organisé par la Chaire de recherche du Canada en Santé mentale et accès à la justice
À quoi renvoie la notion d’« enfermement » au 21e siècle? Ne se résume-t-elle qu’à la mise à l’écart de ceux et celles que l’on ne peut tolérer dans l’espace social, ou que l’on souhaite punir pour des comportements jugés répréhensibles? Les intervenant.es à ce séminaire poseront ces questions à partir de terrains ethnographiques menés en hôpitaux psychiatriques, en Centre jeunesse et en prison. Ils interrogeront les mécanismes de contrôle et d’autonomisation déployés entre les murs, pris entre une mission de gestion du risque et une mission d’éducation à la citoyenneté, visant ultimement la « réinsertion ». Souvent présentées, sur un plan discursif, comme des lieux de travail sur soi et de thérapie, les institutions d’enfermement s’éloigneraient inexorablement des analyses de Goffman (« institution totale ») et de Foucault (« institution disciplinaire »). Qu’en est-il dans les faits? Nécessitant la participation volontaire des personnes enfermées pour atteindre leurs résultats, ces institutions impliquent paradoxalement à la fois la contrainte et le consentement. Comment cette tension s’articule-t-elle au quotidien? Quel rôle jouent, dans ces mutations complexes, les droits des personnes enfermées?
Avec des présentations de : – Sophie De Spiegeleir, chercheure-doctorante à l’Université Saint-Louis – Bruxelles (Belgique) Membre du Centre d’anthropologie, sociologie, psychologie – études et recherches (CASPER) et du Centre de recherches et d’interventions sociologiques (CESIR) – Guillaume Ouellet, chercheur au CREMIS, École de travail social, UQAM – Nicolas Sallée, professeur (sociologie UdeM) et directeur scientifique du CREMIS
Animatrice : Emmanuelle Bernheim, professeure titulaire (Faculté de droit, Université d’Ottawa) Chaire de recherche du Canada en Santé mentale et accès à la justice
« Entre soin et sécurité, entre autonomie et contrainte : enquête au sein d’unités psychiatriques médico-légales en Belgique »
Sophie De Spiegeleir En Belgique, les Unités Psychiatriques Médico-Légales (UPML) hébergent, sous contrainte judiciaire, des personnes internées en libération à l’essai. À l’interface entre le pénal et la santé mentale, ces unités visent à préparer la personne à se réinsérer dans la société. Sur la base d’une enquête ethnographique de dix mois au sein de deux UPML en Belgique francophone, je tenterai de décrire le quotidien de ces unités et d’approcher sociologiquement la place de la contrainte afin de mettre en lumière les différentes façons d’intervenir auprès d’autrui et les implications directes pour les personnes internées et l’exercice de leurs droits. Oscillant entre une logique sécuritaire (restreindre la liberté de la personne pour « défendre la société ») et une logique sanitaire (dispenser les soins nécessaires et accompagner la personne en vue d’une réinsertion sociale), comment les équipes professionnelles des unités médico-légales concilient-elles leur mandat de protection et la préservation de l’autonomie des personnes internées ?
« Du paternalisme carcéral. Discipline et droits dans les unités de garde fermée pour jeunes contrevenants à Montréal »
Nicolas Sallée À partir d’une série d’observation menée au sein d’une unité fermée pour jeunes contrevenants à Montréal, Nicolas Sallée analysera les tensions qui, au nom même des visées de réhabilitation poursuivies par l’unité, entourent les droits des jeunes, notamment leur droit à contester les décisions qui les concernent : puisque tout est censé être fait pour leur bien, que gagneraient-ils à s’y opposer ? Cette réflexion mettra en évidence ce qu’il reste d’un « paternalisme carcéral » dans une époque pourtant marquée par des préoccupations croissantes pour les droits des jeunes judiciarisés.
« Vers une prison thérapeutique ? »
Guillaume Ouellet Au cours des quatre dernières décennies, au Québec, on assiste à un essor des initiatives visant à doter le processus judiciaire d’une portée thérapeutique. Les tribunaux spécialisés en santé mentale, les équipes de patrouilleurs jumelant policiers et intervenants sociaux, des programmes tels le Programme d’accompagnement justice et intervention communautaire, invitent la justice pénale à prendre un tournant thérapeutique. Face à cette mouvance, qu’en est-il de l’appareil correctionnel qu’est la prison ? Le milieu carcéral peut-il en partie pallier les ratés multiples et répétés du système sociosanitaire en assumant une fonction thérapeutique?
Les droits sous contrainte. Enfermement et contrôle au XXIè siècle : hôpitaux psychiatriques, Centres jeunesse et prison
Une BD sur les institutions de placement au Québec
Voyez l’enregistrement vidéo de cet événement!
Comment les jeunes placés, qu’ils soient dits « contrevenants » ou « à protéger », perçoivent-ils les services que l’on présente souvent pour eux mais qui, pour la plupart, ont été initialement conçus sans eux ? Comment les intervenants naviguent-ils dans des institutions aux mandats ambivalents, pris entre une mission d’accompagnement (vers la réinsertion) et une mission de contrôle (pour la sécurité publique), qu’incarne leur architecture carcérale ?
Ce séminaire abordera ces différentes questions à partir des données de recherche rassemblées dans une bande dessinée intitulée Se battre contre les murs. Un sociologue en centre jeunesse, parue le 18 novembre 2021 dans la collection Journalisme9 des éditions Atelier 10 et La Pastèque. Fruit d’une collaboration entre un chercheur (Nicolas Sallée) et une illustratrice (Alexandra Dion-Fortin), mis en lien par une éditrice (Judith Oliver), ce livre plonge dans l’histoire et le quotidien d’une unité fermée pour jeunes contrevenants de l’établissement de Cité-des-Prairies, située au nord-est de l’Île-de-Montréal.
Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique Droit(s) et justice du CREMIS, porté par Nicolas Sallée et Emmanuelle Bernheim.
Une présentation de : Nicolas Sallée, professeur de sociologie (UdeM) et directeur scientifique du CREMIS Échanges avec : Jessica Côté-Guimond, étudiante à la maitrise (ENAP), ancienne jeune placée Christiane Girard, psychoéducatrice, spécialiste en activité clinique à Cité-des-Prairies Jade Bourdages, professeure en travail social (UQAM) Ursy Ledrich, étudiant en science politique et droit (UQAM), ancien jeune de la DPJ
Une jeunesse entre les murs ? Une BD sur les institutions de placement au Québec | 8 décembre 2021
En quoi consistent les pratiques alternatives en sécurité alimentaire qui tendent davantage vers une approche globale des personnes et leur bien-être et une réelle prise en compte des particularités des populations desservies?
De quelles pratiques et de quelles populations s’agit-il ? En fonction des contextes et des projets, certaines dimensions du bien-être se révèlent-elles plus particulièrement ciblées ou prises en compte? Plus globalement, comment tient-on compte des différentes dimensions du bien-être au cœur des pratiques identifiées ? Comment la prise en compte de ces dimensions se traduit-elle concrètement dans les pratiques auprès des différentes populations rejointes? Qu’est-ce qu’on sait de l’impact de ces pratiques sur les personnes comparativement à d’autres pratiques plus «traditionnelles»?
Une présentation du Collectif en sécurité alimentaire du Réseau des villes et régions laboratoires du CREMIS : Marta Llobet, Paula Durán Monfort, Claudia Rocio Magana Gonzalez, Maria Eugenia Piola Simioli, Araceli Muñoz Garcia, Université de Barcelone Christopher McAll, Université de Montréal Fabio Berti, Université de Sienne François Régimbal, Cégep du Vieux-Montréal Aude Fournier, Cégep de Victoriaville Chantal Mazaeff, Cyril Villet, Manuella Ngnafeu, École Supérieure PRAXIS Sociale de Mulhouse en Alsace Jean-Baptiste Leclercq, Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (CREMIS) Deborah Myaux, Alexia Serré, Flavie Leclair, Catherine Rousseau, Lotte Damhuis, Fédération des services sociaux, Bruxelles
Collaborateurs/trices Baptiste Godrie, Université de Sherbrooke L’Équipe en organisation communautaire du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (CCSMTL)
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