« Le tribunal considère que monsieur n’est pas crédible » : quand le processus judiciaire fait partie de la punition au sein du système d’aide sociale

Que se passe-t-il lorsque des personnes contestent les décisions prises par les agent.e.s d’aide sociale ? Quels constats pouvons-nous tirer de l’analyse des décisions du tribunal administratif du Québec? Quelles sont les pistes d’actions possibles en matière de défense collective des droits? 

À partir d’une analyse de 301 décisions du tribunal administratif du Québec en matière de sécurité du revenu rendues en 2017, notre étude cherche à cartographier les différentes mesures punitives présentes au sein du système d’aide sociale. Ces mesures punitives dépassent les seules annulations et réductions des prestations ou les demandes de recouvrement de sommes trop-perçues. L’analyse des données recueillies au cours de cette étude révèle en effet que la surveillance, la décrédibilisation et autres processus de « dégradation » des requérants contestant des décisions des agent-es du MTESS sont monnaie courante. Au-delà de la sanction matérielle (annulations, réductions et recouvrement), le processus menant à la sanction a en lui-même des effets punitifs importants.   

Après avoir exposé le portrait quantitatif de notre corpus de décisions analysées et explicité les différents aspects punitifs qui s’en dégagent, nous présenterons des pistes de réflexion en matière de défense collective des droits.  

Vieillir aux frontières de l’exclusion sociale : quelles pratiques de citoyenneté des personnes âgées en situation de pauvreté ?

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L’accès aux lieux et aux pratiques de citoyenneté et de participation sociale est un enjeu central dans l’avancée en âge. En effet, plusieurs personnes vieillissantes ont connu des parcours marqués par des inégalités sociales et de santé. Elles ont vécu des transitions biographiques qui les ont amenées à vivre des expériences variées de pauvreté et d’exclusion sociale.

Cette conférence s’intéresse aux vieillissements vécus hors des cadres dominants de la citoyenneté et des modèles normatifs du vieillir. À partir d’une recherche qualitative, basée sur la réalisation de 20 récits de vie menés auprès de personnes âgées en situation de pauvreté, je m’attarderai d’abord à décliner les différents moments transitoires (turning point) qui ont exposé ou amené (le cas échéant), les personnes âgées interrogées à vivre des expériences d’exclusion. J’analyserai aussi l’influence des différents rapports sociaux d’exclusion à l’œuvre lors de ces transitions. Par la suite, je distinguerai les divers ordres de pratiques de citoyenneté et de participation, lesquelles peuvent être appréhendées comme des stratégies de résistance, permettant non seulement de contrer le sentiment d’exclusion sociale, mais aussi de se poser comme sujet agissant.
Je conclurai en m’attardant sur quelques enjeux que soulèvent ces résultats empiriques au regard des politiques du vieillissement, des rapports sociaux et des inégalités sociales et de santé dans l’avancée en âge.

Une présentation d’Isabelle Marchand, professeure, département de travail social, Université du Québec en Outaouais (UQO) (CREMIS), en collaboration avec Yann Tremblay Marcotte, candidat à la maîtrise en travail social, Université du Québec à Montréal (UQÀM).

Vieillir aux frontières de l’exclusion sociale : quelles pratiques de citoyenneté des personnes âgées en situation de pauvreté ? | 18 mai 21

Les mondes sociaux de l’autisme

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La définition du trouble du spectre de l’autisme, tel que présenté dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5, 2013), ne suffit pas à rendre compte de la réalité complexe que recouvre le phénomène social de l’autisme. Nos récents travaux de recherche indiquent que les représentations de l’autisme se diffusent souvent à la négative : ni tout à fait un trouble, ni tout à fait un handicap, ni tout à fait une identité. Notre présentation s’appuiera sur l’analyse d’écrits scientifiques, d’entrevues et de blogues tenus par des personnes autistes. Nous verrons que, dans l’arène des discours sur l’autisme, l’expertise clinique, le militantisme pour la neurodiversité et les témoignages des parents et des proches s’opposent, s’ignorent ou se complètent. Plutôt que de chercher à départager le « vrai » du « faux » ou à établir une définition consensuelle de ce que serait l’autisme, nous présenterons une cartographie dynamique des différents mondes sociaux qui composent le phénomène de l’autisme. Dès lors, l’intérêt n’est plus d’esquisser le profil d’individus marqués par une « différence » sur le plan neurocognitif, mais bien de saisir de quelle manière le phénomène de l’autisme prend place dans la vie sociale.

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Capacités, normes sociales et intervention, porté par Lisandre Labrecque-Lebeau et Guillaume Ouellet.

Les mondes sociaux de l’autisme | 12 mai 21

Les actions de l’intervention : le cas de la pratique « pivot » en autisme et en déficience intellectuelle

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Les actions de l’intervention : le cas de la pratique « pivot » en autisme et en déficience intellectuelle · Présentation du 6 avril 2021

L’intervention « pivot » consiste à faciliter la navigation des usagers dans leurs rapports avec le système public de santé et de services sociaux et d’en faciliter l’accès, puis coordonner les soins et services qu’ils reçoivent. Elle avait pour but, à l’origine, de pallier les inégalités d’accès aux soins et services de certaines populations minorisées.
Au Québec, cette pratique est notamment utilisée auprès des familles ayant un enfant présentant une déficience intellectuelle et/ou un trouble du spectre de l’autisme. Une étude récente, menée dans les cinq CIUSSS montréalais, s’est penchée sur cette fonction de plus en plus répandue mais jusqu’ici mal connue et mal définie.

Cette présentation exposera les résultats de la recherche, en explorant plus particulièrement les tâches réalisées au quotidien par les intervenantes ainsi que l’expérience des familles concernées. Nous verrons que cette pratique se situe souvent dans les « interstices » du réseau, en constituant une recomposition des fonctions classiques de l’intervention sociale qui se propose, depuis ses débuts, de « raccommoder » le social.

Une présentation de Lisandre Labrecque-Lebeau, professeure associée au département des sciences infirmières de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et chercheure universitaire en milieu de pratique au CREMIS.

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Capacités, normes sociales et intervention, porté par Lisandre Labrecque-Lebeau et Guillaume Ouellet (CREMIS).

Les actions de l’intervention: le cas de la pratique « pivot » en autisme et en déficience intellectuelle | 6 avr 21

Repérer et prévenir l’instabilité résidentielle : des outils pour l’intervention

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Repérer et prévenir l’instabilité résidentielle : des outils pour l’intervention · Présentation du 20 janvier 2021

Quels sont les indices permettant de déceler une situation d’instabilité résidentielle? Que peuvent faire les intervenant.e.s de l’ensemble du réseau, à leur niveau, pour répondre aux besoins des personnes en situation ou à risque d’itinérance? Trois outils permettant le repérage de l’instabilité résidentielle ainsi qu’un guide des bonnes pratiques en itinérance ont été produits ces dernières années au CREMIS afin de répondre à ces questions et soutenir l’intervention. Ce Midi du CREMIS est une occasion de mettre en lumière la démarche d’élaboration des outils et dresser un panorama concret des ressources rendues disponibles.

Si le personnel des équipes dédiées en itinérance pourra être alimenté par ces différents outils, ceux-ci s’adressent à un public plus large d’intervenant.e.s et de professionnel.le.s travaillant dans différents services sociaux et de santé.

Rappelons que le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (CCSMTL), par l’entremise du CREMIS, a été mandaté par le ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) afin de produire ces ressources.

Une présentation de Laurence Roy, École de physiothérapie et d’ergothérapie, Université McGill, chercheure du CREMIS, Rachel Benoit, responsable de la mobilisation des connaissances, CREMIS et Frédéric Maari, Spécialiste en activités cliniques, Direction des programmes santé mentale et dépendance du CCSMTL et praticien chercheur de l’Institut universitaire sur les dépendances (IUD) et du CREMIS.

Cette conférence spéciale de l’équipe du CREMIS s’inscrit plus largement dans le champ thématique Itinérance, porté par Sue-Ann McDonald et Philippe-Benoit Côté (CREMIS). 

Repérer et prévenir l’instabilité résidentielle : des outils pour l’intervention

Repérer et prévenir l’instabilité résidentielle : des outils pour l’intervention

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Repérer et prévenir l’instabilité résidentielle : des outils pour l’intervention · Présentation du 2 décembre 2020

Quels sont les indices permettant de déceler une situation d’instabilité résidentielle? Que peuvent faire les intervenant.e.s de l’ensemble du réseau, à leur niveau, pour répondre aux besoins des personnes en situation ou à risque d’itinérance? Trois outils permettant le repérage de l’instabilité résidentielle ainsi qu’un guide des bonnes pratiques en itinérance ont été produits ces dernières années au CREMIS afin de répondre à ces questions et soutenir l’intervention. Ce Midi du CREMIS est une occasion de mettre en lumière la démarche d’élaboration des outils et dresser un panorama concret des ressources rendues disponibles.

Si le personnel des équipes dédiées en itinérance pourra être alimenté par ces différents outils, ceux-ci s’adressent à un public plus large d’intervenant.e.s et de professionnel.le.s travaillant dans différents services sociaux et de santé.

Rappelons que le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (CCSMTL), par l’entremise du CREMIS, a été mandaté par le ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) afin de produire ces ressources.

Une présentation de Laurence Roy, École de physiothérapie et d’ergothérapie, Université McGill, chercheure du CREMIS, Rachel Benoit, responsable de la mobilisation des connaissances, CREMIS et Frédéric Maari, Spécialiste en activités cliniques, Direction des programmes santé mentale et dépendance du CCSMTL et praticien chercheur de l’Institut universitaire sur les dépendances (IUD) et du CREMIS.

Cette conférence spéciale de l’équipe du CREMIS s’inscrit plus largement dans le champ thématique Itinérance, porté par Sue-Ann McDonald et Philippe-Benoit Côté (CREMIS). 

Repérer et prévenir l’instabilité résidentielle : des outils pour l’intervention

Raconter sa douleur et ne pas se faire croire

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Attention! Durée limitée

Raconter sa douleur et ne pas se faire croire · Présentation du 10 décembre 2020

La douleur ne se voit pas, ne s’entend pas, n’est pas palpable. Faire part de sa douleur à autrui passe donc nécessairement et exclusivement par la parole : il faut convaincre par la seule force du récit subjectif.  

Que se passe-t-il quand on n’arrive pas à se faire croire ? Ma conférence présentera les résultats d’une étude menée auprès de 52 personnes vivant avec de la douleur, interrogées sur leurs expériences « d’échec à se faire croire » par leurs médecins. 

J’aborderai deux enjeux : 

  • le vécu de ces dénis de crédibilité : quels sentiments inspirent-ils aux personnes, quelles sont leurs conséquences bien concrètes (par exemple, au travail) ?  
  • les arguments que les médecins opposent aux personnes pour refuser de les croire : j’aborderai ici l’opposition classique entre les douleurs selon qu’elles seraient situées « dans le corps » ou bien « dans la tête ». 

Une présentation d’Estelle Carde, professeure agrégée au département de sociologie à l’Université de Montréal et co-porteuse du champ Santé et inégalités sociales, avec Nadia Giguère (CREMIS).

Raconter sa douleur et ne pas se faire croire

S’engager dans des activités porteuses de sens : regards sur les expériences des personnes en situation de pauvreté ou d’itinérance

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S’engager dans des activités porteuses de sens : regards sur les expériences des personnes en situation de pauvreté ou d’itinérance · Présentation du 6 novembre 2020

Les inégalités sociales vécues par les personnes en situation de pauvreté ou d’itinérance opèrent également sur le plan des activités personnellement et collectivement signifiantes. La possibilité de s’engager dans des activités signifiantes contribue à une meilleure santé et à un sentiment de bien-être.

La présentation portera sur les résultats et les réflexions issus de deux études menées auprès de personnes en situation de pauvreté et d’itinérance. Par ces études, nous cherchions à explorer les processus spécifiques par lesquels les personnes en situation d’itinérance ou de pauvreté s’engagent dans des activités signifiantes, et les contraintes et possibilités venant modeler cet engagement. L’analyse met de l’avant la valeur et le sens qu’accordent les participants aux activités de loisir, et le poids des discours normatifs privilégiant plutôt l’engagement dans des activités « productives ».

Nous conclurons par une discussion sur la responsabilité des acteurs locaux quant au développement et au maintien d’espaces collaboratifs et sécuritaires soutenant la réalisation d’activités signifiantes. 

Une présentation de Laurence Roy,  erg., Ph.D., professeure agrégée, École de physiothérapie et d’ergothérapie de l’Université McGill et membre du CREMIS.

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Santé et inégalités sociales, porté par Estelle Carde et Nadia Giguère (CREMIS).   

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S’engager dans des activités porteuses de sens : regards sur les expériences des personnes en situation de pauvreté ou d’itinérance

Processus de guérison, revitalisation culturelle et décolonisation des politiques; l’engagement communautaire en contexte autochtone

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Processus de guérison, revitalisation culturelle et décolonisation des politiques; l’engagement communautaire en contexte autochtone – Présentation du 9 octobre 2020

La participation citoyenne à la planification en santé renvoie autant à des enjeux d’autodétermination et d’empowerment qu’à des questions de réduction d’iniquités sociales. Afin d’en comprendre les spécificités en contexte autochtone, un travail de terrain a été effectué entre 2015 et 2020 à travers le Eeyou Istchee (territoire cri au Québec) et auprès de membres (N=22) de comités locaux de Miyupimaatisiiun (bien-être).

Cette conférence abordera comment l’engagement dans des activités de planification est guidé par l’intention des acteurs d’instiguer ou promouvoir des processus 1) de guérison d’évènements traumatiques ; 2) de revivification culturelle ; et 3) de décolonisation des politiques et programmes. De plus, à partir de notre angle d’analyse occupationnel transactionnel – qui tient compte des influences historiques et locales – nous expliciterons comment l’action des participants transige avec les défis de collectiviser leurs efforts et de se positionner vis-à-vis les structures régionales.

S’il en découle des implications pour les organisations, institutions et entités cries, les principes dégagés peuvent être considérés d’application plus large, notamment en contexte organisationnel et institutionnel urbain.

Une présentation de Martine Lévesque, erg., Ph.D., professeure adjointe, École de réadaptation de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et membre du CREMIS.

Recherche réalisée avec :  
– Kutcher, Alison, M.Sc.N., inf., assistante de recherche, Faculté de médecine dentaire de l’Université McGill
– Macdonald, Mary Ellen, Ph.D., professeure agrégée, Faculté de médecine dentaire de l’Université McGill
– Laurence Roy, erg., Ph.D., professeure adjointe, École de physiothérapie et d’ergothérapie de l’Université McGill (CREMIS)

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Santé et inégalités sociales, porté par Estelle Carde et Nadia Giguère (CREMIS).    

Processus de guérison, revitalisation culturelle et décolonisation des politiques: l’engagement communautaire en contexte autochtone

Faire face au choc des écrans : enjeux psychosociaux de la cyberdépendance

Entrée libre

Si l’Internet est aujourd’hui omniprésent et un outil quasi indispensable dans nos relations sociales et économiques, son usage parfois abusif peut causer des problèmes psychosociaux de cyberdépendance.

En quoi consiste la cyberdépendance et quels sont les déterminants sociaux de ce phénomène contemporain? Sommes-nous tous égaux devant cette révolution technologique? Quel accompagnement les cliniciens peuvent-ils offrir aux personnes directement touchées par celle-ci et aux familles inquiètes devant les enjeux qu’elle suscite ?

Portant un regard de sociologue et de clinicien, Dr Suissa partagera des pistes de réflexion et d’intervention qui s’adressent aux cliniciens et intervenants sociaux sur le thème de la cyberdépendance en s’appuyant sur les exemples du téléphone intelligent, des réseaux sociaux et des jeux vidéo. Ses constats l’amènent à penser que l’avenir n’est pas dans les appels à la déconnexion, mais dans la mise en place d’une nouvelle « hygiène des données ».

Faire face au choc des écrans: enjeux psychosociaux de la dépendance 20200304