Les personnes sous curatelle : des adultes subalternes?

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Entrée libre

Incapables, idiots, interdits, déficients ou inaptes : les appellations désignant les adultes sous curatelle au Québec sont multiples et mouvantes dans le temps. Cette présentation propose d’éclairer comment des droits de personnes adultes sont délégués à d’autres adultes lors de mesures de protection. Elle cherche à saisir les effets, les enjeux et les difficultés liés à ce statut autant pour les personnes concernées que pour celles qui les accompagnent. Elle se base premièrement sur une analyse sociohistorique des lois sur la curatelle afin d’éclairer les changements de discours depuis l’institutionnalisation de la curatelle publique en 1945. Dans un deuxième temps, elle propose une analyse des discours des personnes accompagnant les individus sous curatelle pour révéler la complexité des expériences et des pratiques découlant de ce dispositif. Elle montre ensuite comment ce dispositif participe à dévaluer des vies perçues comme anormales.

Une présentation de Anne Perriard
Chercheure postdoctorale, Université Laval, Département des Sciences historiques

Anne Perriard est sociologue et s’intéresse aux inégalités sociales qui découlent de la catégorisation par âge. Elle mène actuellement une recherche postdoctorale intitulée : « Une analyse intersectionnelle de l’adultéité : deux études de cas », financée par le Fonds national suisse de la recherche scientifique et rattachée à l’Université Laval.

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Temps de la vie, porté par Cécile Van de Velde (CREMIS).

Les personnes sous curatelle: des adultes subalternes? 20200206

Vieillir et se loger en contexte de gentrification : la précarité résidentielle de locataires âgées à Montréal

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Dans cette conférence, je présenterai la situation de précarité résidentielle qui touche les personnes vieillissantes à faible revenu, ainsi que les manières dont elles résistent aux diverses pressions qu’elles rencontrent. Tant à l’échelle provinciale que municipale, les politiques publiques affirment que les aînés doivent rester chez eux le plus longtemps possible. Or, les personnes vieillissantes résidant dans le parc locatif privé, particulièrement celles qui dépendent uniquement des pensions gouvernementales, ont souvent du mal à suivre les hausses de loyer et les changements dans l’offre commerciale qui découlent généralement de la gentrification. La précarité résidentielle est également influencée par la relation locative qui se joue avec les propriétaires ou d’autres acteurs qui peuvent, par exemple, faire usage de maltraitance psychologique pour forcer les locataires âgés à quitter leur appartement. Les résultats reposent sur des observations et des entretiens réalisés entre 2016 et 2018 auprès d’intervenants et de locataires vieillissants impliqués dans quatre comités logements montréalais.

Une présentation de Julien Simard, Ph. D. Études urbaines
Chercheur postdoctoral, École de travail social de McGill

Vieillir et se loger en contexte de gentrification: la précarité résidentielle de locataires âgés à Montréal 20200204

Explorer d’autres avenues de recherche pour améliorer la gestion de la douleur chronique non-cancéreuse

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Après avoir fait un bref survol des données épidémiologiques concernant la douleur chronique non-cancéreuse (DCNC), cette présentation portera sur ses impacts bio-psycho-sociaux sur les personnes concernées. Le traitement de la DCNC est, par ailleurs, loin d’être optimal et ce, pour diverses raisons qui seront discutées. Une de ces raisons a trait à nos méthodes de recherche qui comportent diverses limitations qui ne tiennent toujours pas compte de la complexité de ce phénomène. Divers exemples seront présentés afin d’illustrer comment des avenues de recherche autres que les essais randomisés contrôlés peuvent contribuer à parfaire nos connaissances dans ce domaine et à améliorer la gestion de la DCNC.

Une présentation de Manon Choinière, PhD, chercheure régulier, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal;
Professeure titulaire, Département d’anesthésiologie et de médecine de la douleur, Faculté de médecine, Université de Montréal

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé, porté par Estelle Carde et Nadia Giguère.

Explorer d’autres avenues de recherche pour améliorer la gestion de la douleur chronique non-cancéreuse 20191030

Douleur chronique et stigmatisation : expérience des personnes souffrantes dans le contexte de la crise des opioïdes

Entrée libre et offert en direct en webdiffusion

Ces dernières années au Canada, la recrudescence de surdoses d’opioïdes contrefaits issus du marché de rue a entraîné une forte médiatisation des risques liés aux médicaments opioïdes, incluant les opioïdes prescrits en tant qu’analgésiques. Cette présentation porte sur les expériences de stigmatisation dans le contexte actuel de la ‘‘crise des opioïdes’’ à partir de deux recherches qualitatives: l’une auprès d’usager·es de drogues illicites souffrant de douleur chronique à Montréal, et l’autre auprès d’un échantillon plus élargi de personnes souffrant de douleur chronique dans deux provinces canadiennes. Nous présenterons les formes que prend la stigmatisation pour ces personnes, leurs tentatives pour éviter ou résister à la stigmatisation dans leur vie quotidienne, ainsi que les conséquences de la stigmatisation sur leur accès au soulagement de la douleur.
Si de nombreuses personnes souffrantes déclarent vivre des jugements négatifs concernant leur douleur et/ou leur consommation de médicaments, les difficultés semblent accrues pour les usager·es de drogues souffrant de douleur chronique, dont la situation est particulièrement négligée dans le système de santé.

Une présentation de Lise Dassieu, PhD, Sociologue
Chercheuse Postdoctorale, Centre de Recherche du CHUM

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé, porté par Estelle Carde et Nadia Giguère (CREMIS).

Douleur chronique et stigmatisation: expérience des personnes souffrantes dans le contexte de la crise des opioïdes 20191129

Le rôle de l’État à l’égard des prestataires d’aide sociale considérés aptes au travail : pratiques et représentations des agentes d’aide à l’emploi

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Au sein du dispositif de l’aide sociale, les politiques d’activation que les agent.e.s d’aide à l’emploi doivent mettre en œuvre reposent sur une vision de l’individu en société fortement marquée par la normativité néolibérale, dans lesquelles la nature et le degré d’intensité des interventions de l’État à l’égard des prestataires est avant tout fonction de leur présumée « aptitude au travail ». Cependant, à travers leurs pratiques et dans leurs discours sur celles-ci, les fonctionnaires rompent en partie avec la logique de l’activation. Cette conférence présente les résultats d’une recherche postdoctorale réalisée au CREMIS en 2017-2019.

Une présentation de Catherine Charron
Chercheure au Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)
Membre du Groupe de recherche interuniversitaire et interdisciplinaire sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale (GIREPS)
Professeure associée, département de sociologie de l’Université de Montréal

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique État social, porté par Jean-Baptiste Leclercq (CREMIS).

Le rôle de l’État à l’égard des prestataires d’aide sociale considérés aptes au travail: pratiques et représentations des agentes d’aide à l’emploi 20191202

Les inconforts d’un praticien-chercheur engagé face à la recherche universitaire en autochtonie

Entrée libre

Dans cet exposé, je partagerai avec vous mes inconforts face à l’univers de la recherche universitaire qui s’« intéresse » à l’autochtonie. J’illustrerai ces inconforts à partir de mon expérience de pratique en soins infirmiers, puis de recherche auprès des Innus de la communauté innue d’Unamen Shipu en Basse-Côte-Nord et de Pessamit en Haute-Côte-Nord. Ce parcours m’a mené d’une posture d’infirmier investi dans un processus de compréhension d’une lourde manifestation d’inégalité de santé – le diabète de type 2 – à celle d’un chercheur « de plein air » attaché à comprendre pour soigner autrement les femmes et les hommes de cette communauté. J’établirai les pourtours de ma pratique de chercheur que je qualifie davantage à celle d’agent de soutien à la transformation sociale. Une posture qui repose sur l’établissement, sur le long terme, de liens de confiance et d’un choix mutuel, quotidiennement réversible.

Une présentation de Bernard Roy, professeur titulaire de l’Université Laval, il enseigne à la Faculté des sciences infirmières depuis 2004.

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé, porté par Estelle Carde et Nadia Giguère.

Les inconforts d’un praticien-chercheur engagé face à la recherche universitaire en autochtonie 20190920

L’univers des représentations de l’autisme dans les médias québécois écrits : un survol

Entrée libre

Avec un taux de prévalence qui monte en flèche et, par conséquent, un nombre en croissance de personnes concernées par le phénomène (les personnes elles-mêmes, mais aussi leurs familles et proches, les organismes communautaires de soutien, les services publics des différents réseaux), le regard posé sur l’autisme est en pleine transformation.

S’il est difficile de saisir précisément la nature et la portée des transformations à l’œuvre, une incursion dans la couverture médiatique réservée à ce sujet s’avère éclairante. À partir de l’analyse systématique des publications de onze quotidiens québécois au cours des années de références 2007, 2012, 2016 nous rendrons compte des multiples représentations de l’autisme ainsi que des tendances qui se profilent dans les manières dont les médias « parlent » de l’autisme depuis une décennie. Notre démarche de recherche se structure autour d’une double question : « Lorsqu’on parle d’autisme dans les médias écrits, de quoi parle-t-on et comment en parle-t-on? ».

À la lumière des résultats de nos analyses, nous verrons que l’autisme dépasse désormais largement les champs des disciplines « psy » qui l’ont initialement défini.

Une présentation de: 
Guillaume Ouellet, chercheur au CREMIS 
Pierre-Louis Lavoie et Isabelle Jacques, technicien.ne.s en recherche psychosociale (CREMIS)

L’univers des représentations de l’autisme dans les médias québécois écrits: un survol 20190425

Itinérance, sexualité et pratique réflexive : le point de vue des intervenants de proximité

Entrée libre

Résultats de recherche scientifique (projet de mémoire)

Cette communication s’appuie sur les résultats d’un mémoire de maîtrise qui vise à documenter la perspective des intervenants en matière de sexualité auprès des jeunes en situation d’itinérance.

Les jeunes en situation d’itinérance présentent différents problèmes de santé sexuelle, ce qui soulève un questionnement sur l’adéquation entre les besoins des jeunes et les interventions en matière de sexualité qui leur sont offertes. La plupart des travaux scientifiques qui documentent les interventions en matière de sexualité s’appuient principalement sur le point de vue des jeunes en situation d’itinérance, mais négligent celui des intervenants. En s’appuyant sur une démarche qualitative, huit intervenants de proximité œuvrant auprès des jeunes en situation d’itinérance ont été rencontrés en entrevue individuelle. Les résultats montrent que les réflexions des intervenants en matière de sexualité sont principalement alimentées par des apprentissages informels. Dans le même sens, les intervenants ont mentionné que les apprentissages formels comportent des lacunes au niveau des enjeux sexologiques et que ceux-ci ne répondent pas suffisamment à leurs besoins pour bonifier leur pratique d’intervention en matière de sexualité.
En conclusion, les résultats permettent de réfléchir aux outils qui devraient être développés afin de soutenir les intervenants dans leur intervention en matière de sexualité, et ce, dans un contexte où les apprentissages formels délaissent les questions relatives à la sexualité.

Une présentation de Guillaume Renard-Robert, étudiant à la maîtrise, dans le cadre de son projet de mémoire, dirigé par philippe-Benoît Côté, membre du CREMIS.

Itinérance, sexualité et pratique réflexive: le point de vue des intervenants de proximité 20190417

La construction socio-historique de la déficience intellectuelle à la croisée des inégalités sociales

Entrée libre

La notion d’intelligence est aujourd’hui une norme tous azimuts, à valeur d’évidence et qui revêt une force particulière : en effet, on ne peut s’opposer à l’intelligence et on souhaite tous y être identifié. Elle constitue aussi un superlatif parfois sans contenu et principe de hiérarchisation sociale peu remis en question. À l’inverse, en plus de marginaliser les personnes identifiées comme ayant une déficience intellectuelle, nos sociétés marginalisent aussi l’étude de la déficience intellectuelle. Les handicaps cognitifs deviennent ainsi des objets repoussoirs pour la recherche, et spécialement pour la sociologie, notamment en raison de l’essentialisation des notions de troubles, de limites, d’« incompétence » (légale, sexuelle, quotidienne, parentale, au travail, etc.). L’histoire du diagnostic de déficience intellectuelle s’adosse à la fois à la naissance et la trajectoire de l’idée d’ « intelligence », et témoigne également de sa co-construction étroite avec les rapports sociaux de race, de classe, de genre et d’in/capabilité.


Nous contextualiserons la catégorie de déficience intellectuelle comme un phénomène résolument social et en soulèverons quelques enjeux. Quels liens entretient la déficience intellectuelle avec les autres dominations sociales comme le racisme ou le sexisme? Et surtout, que veut-on vraiment dire lorsque l’on parle d’intelligence ou de déficience intellectuelle?

Une présentation de Lisandre Labrecque-Lebeau, Ph.D, professeure associée (UQO), chercheure membre du CREMIS

Le sacrifice des jeunes personnes assistées sociales au Québec : une histoire de l’aide sociale

Entrée libre

Depuis la première loi d’aide sociale en 1969, les jeunes personnes assistées sociales (moins de trente ans) ont davantage été la cible des approches disciplinaires des programmes d’employabilité. L’instauration du programme Objectif emploi, dernière réforme en date, ne fait pas exception, lui qui s’adresse aux primo-demandeurs d’aide sociale en les obligeant à participer à des programmes d’insertion à l’emploi.

Cette conférence vise à retracer l’histoire des mesures discriminatoires qui ont affecté les jeunes personnes assistées sociales au Québec. Cette histoire démontrera que les jeunes ont constamment été les cobayes des nouvelles réformes et les premiers à subir les sanctions financières à l’aide sociale.

Une présentation de:

Olivier Ducharme, Chercheur au Collectif pour un Québec sans pauvreté, auteur du livre Travaux forcés. Chemins détournés de l’aide sociale (écosociété, 2018).

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique État social du CREMIS, porté par Jean-Baptiste Leclercq (chercheur d’établissement CREMIS) en collaboration avec Catherine Charron (postdoctorante CREMIS).