« PRACTS c’est nous ! » La place de personnes migrantes dans la construction d’un dispositif d’ergothérapie sociale : participation sociale, savoirs, relations et identités 

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Qu’est-ce que l’ergothérapie sociale ? En quoi se distingue-t-elle de l’ergothérapie dite plus classique ? Que peut-on retenir d’un programme d’intervention réalisé auprès de personnes en situation de migration récente pour nourrir la pratique des ergothérapeutes et autres professionnel·les de la santé et des services sociaux ?   

« PRACTS c’est nous ! » est une phrase si souvent utilisée par les participant.es pour décrire le programme qu’elle fait maintenant partie de sa présentation officielle. Le programme PRACTS (PRévention et promotion de la santé mentale par des Activités Collectivisantes sur les TerritoireS) est situé à l’Établissement public de santé mentale de Ville-Évrard, en banlieue parisienne, en s’appuyant sur une ergothérapie dite sociale.  

D’abord développée au Brésil, l’ergothérapie sociale sort du champ médical pour agir auprès et avec les personnes premières concernées au niveau social, inspirée notamment par la pédagogie critique de Paulo Freire, pédagogue et chercheur brésilien de renommée internationale. Après une présentation du programme PRACTS et de l’ergothérapie sociale, ce Midi du CREMIS abordera la manière dont le programme est façonné par les personnes en situation de migration récente, ainsi que par l’articulation entre leurs savoirs et ceux des professionnelles. 

 L’analyse s’appuie sur un corpus constitué d’observation en milieu d’intervention ainsi que d’échanges colligés via un groupe de messagerie instantanée. C’est au fil des échanges et des activités que s’élabore collectivement ce qu’est le programme, ce qu’on y fait et comment, les contours et les contenus des relations, et comment cela travaille les identités et la participation sociale.  

Avec

Ana Marques 

Ergothérapeute et Sociologue, PhD. Responsable du programme PRACTS (PRévention et promotion de la santé mentale par des Activités Collectivisantes sur les TerritoireS), de l’EPS Ville Evrard – France. Membre du réseau METUIA pour la recherche, l’intervention et l’enseignement en Ergothérapie Sociale. 

La fabrique du racisme environnemental et médical : interroger la fabrique de l’expertise scientifique à partir d’enquêtes historiques et qualitatives  

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Comment expliquer la diffusion de stéréotypes médicaux tenaces sur les corps ?  

Depuis les années 1980, des chercheurs et chercheuses en sciences sociales ont mis à distance les discours prétendument scientifiques sur la réalité biologique de la « race ». Pourtant, malgré ces tentatives de déconstruction des savoirs en sciences médicales et biologiques, il existe encore et toujours des inégalités de traitement des individus fondées sur des variables ethno-raciales dans les services de soins. Comment expliquer la diffusion de ces stéréotypes médicaux tenaces sur les corps, malgré les travaux qui mettent à mal ces théories produisant l’altérisation des corps ? 

Ce Midi du CREMIS reviendra sur les principaux résultats tirés du livre Le racisme scientifique et médical du XIXème siècle à nos jours paru aux Presses universitaires de France en février 2026, tout en proposant une analyse d’une enquête en cours portant sur la santé environnementale. En revenant sur les déterminismes sociaux de santé, la présentation s’intéressera au déni des injustices environnementales qui accompagnent la permanence de stéréotypes sur les corps racialement différenciés en médecine. 

Avec :

Elodie Edwards-Grossi 

Maîtresse de conférences en études anglophones et sociologie à l’IRISSO à l’université Paris Dauphine – PSL et membre junior de l’Institut Universitaire de France (2023-2028).  

Cette activité est organisée par Estelle Carde et Nadia Giguère, co-responsables du champ santé et inégalités sociales du CREMIS 

Crise du logement, itinérance et campement : synthèse des connaissances et pistes d’action fondées sur les droits humains

Quelles sont les pistes d’action à privilégier pour éviter les effets délétères de la vie en campement ? Comment élaborer des pratiques d’intervention respectueuses des droits humains des personnes qui habitent un campement urbain ?  

Plusieurs villes au Québec font face à une hausse rapide du nombre de campements en milieu urbain. Ce midi du CREMIS présentera les résultats préliminaires d’une recherche partenariale menée avec la Ville de Trois‑Rivières, qui connaît une croissance marquée de campements. 

À partir de l’analyse de dizaines de publications scientifiques et grises, cette étude vise à identifier les pratiques d’intervention qui font consensus dans la littérature, tout en tenant compte de la nécessité d’adapter ces approches aux réalités locales. L’objectif est d’offrir aux municipalités et à leurs partenaires des repères concrets pour sortir d’une logique d’urgence et adopter des stratégies proactives qui seront à la fois efficaces, humaines et respectueuses des droits des personnes qui vivent en campements. Plus largement, cette étude vise à identifier les moyens de limiter les effets délétères du contexte social et politique sur les populations en situation d’itinérance.  

Panélistes

Sandrine Carle-Landry (présentatrice et co-autrice) 

Auxiliaire de recherche, candidate au doctorat en sociologie à l’Université de Montréal, membre du comité étudiant du CREMIS 

Joëlle Dussault (chercheuse principale) 

Professeure en travail social, Université du Québec à Trois-Rivières 

François-Xavier Charlebois (co-chercheur) 

Professeur au Département de psychoéducation et travail social, Université du Québec à Trois-Rivières

Produire du vin, des carottes et de l’alumine… Une analyse comparée des inégalités d’exposition à des risques environnementaux

À première vue, produire du vin, des carottes ou de l’alumine semble appartenir à des mondes très éloignés. Pourtant, ces activités partagent un point commun : elles reposent sur le travail de personnes exposées à des risques environnementaux dont l’intensité et la reconnaissance varient selon leur statut et leurs conditions de travail. Cette communication s’appuie sur deux terrains : la viticulture et la culture de carottes dans le sud-ouest de la France, et l’industrie de la bauxite et de l’alumine de Guinée au sud-est de la France. 

À travers ces contextes contrastés, seront interrogé comment les rapports sociaux – de classe, de genre et de race – façonnent qui est exposé et qui est reconnu comme potentielle « victime ». Sans dénier la particularité de chaque secteur, l’objectif est de comprendre les inégalités d’exposition et de reconnaissances de ses effets délétères, au-delà des spécificités. 

Conférencières :

Nadège Degbelo

 Chercheure associée à l’Unité Territoires en Transition, Infrastructures et Sociétés (ETTIS) à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), France 

Mody Diaw

 Chercheur associé à l’Unité Territoires en Transition, Infrastructures et Sociétés (ETTIS) à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), France 

Cette activité est organisée par Estelle Carde et Nadia Giguère, co-responsables du champ santé et inégalités sociales du CREMIS

La « construction sociale » de la pauvreté au Québec : analyses de représentations sociales, communautaires et politiques 

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Comment la pauvreté est-elle perçue au Québec ? Quelles sont les recommandations émergeant d’une recherche afin de guider une action publique juste et cohérente ? 

Cette communication portera sur les conclusions d’une vaste étude sur les représentations de la pauvreté au Québec. Mené entre 2023 et 2025, cette recherche s’appuie sur trois volets complémentaires : 

  •  136 entretiens avec des personnes vivant en situation de pauvreté et 24 groupes communautaires à travers la province; 
  • Un sondage mené en novembre 2024, sur les perceptions et attitudes de la population québécoise face à la pauvreté avec la collaboration de la firme Léger auprès d’un échantillon représentatif de la population québécoise francophone; 
  • Une analyse des travaux parlementaires portant sur le traitement de la pauvreté à l’Assemblée nationale du Québec entre 2022 et 2024. 

Les résultats permettent de mettre en lumière la manière dont la pauvreté est perçue, définie et hiérarchisée comme enjeu social au Québec, et ouvrent la voie à des recommandations éclairées pour une action publique plus juste et cohérente. 

Ce projet a été financé par le Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH). Le sondage a été réalisé sous la responsabilité de Pr. Frédérick Bastien, professeur au département de sciences politiques de l’Université de Montréal.  

Présenté par

Normand Landry  

Professeur titulaire à l’Université TÉLUQ et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation aux médias et droits humains 

Santé mentale et protection de la jeunesse : Explorer les standards de soins en santé mentale au sein des services de protection de la jeunesse à travers le Canada 

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Quelles pratiques et normes encadrent les services de santé mentale destinés aux jeunes suivi·es par la protection de la jeunesse ? Quels facteurs facilitent ou entravent l’application des normes actuelles ? Quels sont les besoins et attentes des jeunes ayant reçu des services de la projection de la jeunesse en matière de santé mentale ? Comment la recherche peut-elle éclairer ces réponses ?  

La plupart des problèmes de santé mentale apparaissent avant l’âge de 25 ans. Pourtant, de nombreux enfants et jeunes rencontrent des obstacles personnels et structurels lorsqu’ils et elles cherchent à accéder à des services en santé mentale. Lors de ce Midi du CREMIS, il sera plus spécifiquement question de présenter ce que des jeunes étant ou ayant été suivi·es par la protection de la jeunesse ont dit à propos de leurs besoins en santé mentale. À partir des constats et des recommandations d’un projet de recherche, seront explicité les besoins restant à combler pour favoriser un meilleur accès aux services de santé mentale pour ces populations. 

Présenté par :

Emmanuelle Khoury 

Professeure agrégée, École de travail social, Université de Montréal 

Myriam Lepage-Lamazzi  

Coordonnatrice du Mouvement Jeunes et santé mentale 

Jessica Côté-Guimond 

Cofondatrice du Collectif Ex-Placé DPJ 

Objectifs d’apprentissage

  • Identifier les principales pratiques et normes encadrant les services de santé mentale destinés aux jeunes suivi·es ou ayant été suivi·es par la protection de la jeunesse, ainsi que les enjeux liés à leur mise en œuvre.  
  • Cerner les facteurs individuels, institutionnels et structurels qui facilitent ou entravent l’application des normes actuelles et l’accès aux services de santé mentale pour ces jeunes. 
  • Nommer les besoins et attentes exprimés par les jeunes en matière de santé mentale, en s’appuyant sur les constats et recommandations de la recherche afin de dégager des pistes d’amélioration des services. 

Ce midi du CREMIS peut être reconnu comme formation continue pour les employé·es du CCSMTL

Travailler « sur » et  « avec » des patient·es-partenaires en oncologie : processus de professionnalisation des « ami·es professionnel·les » et recherche participative  

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Partenariat en oncologie : que nous apprennent des recherches récentes réalisées en France sur l’émergence de ce nouveau « métier »?     

Plusieurs recherches en cours interrogent une nouvelle activité d’accompagnement par les pair·es dans les soins en oncologie en France et son processus de professionnalisation. Recrutées dans le cadre d’un financement d’une agence d’Etat et/ou recommandées par le service de santé dans lequel elles ont été soignées, ces « ami·es professionnel·les » (telles que décrites par les patient·es) sur-diplômé·es et sur-formé·es (notamment au modèle de Montréal), inventent un « nouveau » métier qui reposent sur leurs savoirs expérientiels et la mobilisation de compétences antérieures à la maladie.  

Si un mimétisme soignant a été mis en évidence pour la pair-aidance en santé mentale et questionne donc la notion de « nouveau » métier, ce constat est ici à nuancer. En oncologie, les patient·es partenaires aurait davantage un « rôle propre », aussi parce que les territoires sont mieux définis et engagent moins de frottements entre les frontières professionnelles. Cependant il faut « faire sa place et rester à sa place » pour réussir son intégration.  

Ce Midi du CREMIS présentera les résultats de différentes recherches dont deux  menées avec des patient·es-partenaires co-chercheurs et co-chercheuses qui ont participé et été formées à toutes les étapes de la recherche.  

Cette activité est organisée par Estelle Carde et Nadia Giguère, co-responsables du champ santé et inégalités sociales du CREMIS

Conférencière

Béatrice Jacques, Enseignante-chercheuse en sociologie, Centre Emile Durkheim, UMR 5116, Université de Bordeaux 

Comment les addictions légères deviennent-elles sévères ? Une « réplication contrefactuelle » 

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Depuis sa troisième édition révisée (DSM-III-R), le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux envisage les « troubles de l’usage d’une substance » selon une logique combinatoire. Désormais, n’importe quelle combinaison de deux à trois critères trouvés chez un sujet fournit la matière au diagnostic d’un trouble « léger », une combinaison de quatre à cinq identifie un trouble « moyen » et six symptômes ou plus, un trouble « grave ».

En parallèle, les chercheurs qui ont contribué aux révisions successives du manuel se sont également interrogés sur la sévérité des critères eux-mêmes. Savoir si, par exemple, l’apparition du « syndrome de sevrage » relèverait d’un trouble plus grave que le critère de « tolérance » à la substance, soulève un enjeu : comment, techniquement, mesurer la sévérité de ces items ? Conceptuellement, il transparaît aussi de ce questionnement un schéma par lequel l’Association de Psychiatrie Américaine imagine l’individu développer une addiction de plus en plus préoccupante.

Dans cette perspective, chaque symptôme (ou critère) se caractériserait par un degré de sévérité mesurable individuellement. Mais peut-on exclure que cette sévérité ne soit pas intrinsèquement dépendante des autres critères présents ?

Cette recherche en cours envisage, quant à elle, la sévérité des critères d’addiction selon une approche non pas individuelle mais combinatoire. Nous imaginerons – le temps d’un dîner – que la sévérité de ces symptômes tienne à l’effet combiné de leur présence en configurations variables. Je présenterai les résultats provisoires d’une méthode d’analyse répondant à une telle supposition.

Cette activité interpellera plus spécifiquement les chercheur·es et praticien·nes qui souhaitent ouvrir “la boite noire“ du DSM. Les résultats tirés de l’étude en cours illustrent le fait que son fonctionnement est basé sur des suppositions pouvant être questionnées voire remplacées.  

Conférencier

Gauthier Bayle, post-doctorant du CREMIS 

Le bien-être / mal-être alimentaires des populations cégépiennes : un impensé. 

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S’intéresser au bien-être et au mal-être alimentaire des populations cégépiennes, c’est s’intéresser à un impensé. En effet, d’autres travaux se sont intéressés aux populations du primaire, du secondaire et des universitaires, laissant dans l’ombre les cégépiens et les cégépiennes. Que savons-nous sur leurs habitudes alimentaires ? Que mangent les jeunes quotidiennement ? Où et avez qui prennent-ils et elles leurs repas ? Quels rapports ces jeunes entretiennent-ils et elles avec leur alimentation ?  Dans cette présentation, nous verrons comment cinq dimensions du bien-être alimentaire issues de travaux antérieurs de l’équipe de recherche permettent de porter un regard global sur le rapport des populations cégépiennes à leur alimentation.  

Cette recherche est fondée sur une méthodologie mixte, combinant des outils de collecte qualitatifs (journal de bord et entretiens semi-dirigés ; n = 28) et quantitatifs (questionnaire ; n =2127). Les données ont été colligées dans différents milieux collégiaux de la province. Ce Midi du CREMIS intéressera toute personne qui travaille de près ou de loin avec les jeunes (RSSS, CÉGEPS, milieux communautaires etc). Joignez-vous à nous pour en grand nombre!   

Photos issues du journal de bord complété par les populations étudiantes. Montage photo : Aude Fournier. 

Présenté par :

François Régimbal 

Professeur au département de sociologie, Cégep du Vieux Montréal. Co-porteur du champ Territoires et systèmes alimentaires, CREMIS  

Éric Richard  

Professeur au département de sociologie, Cégep du Vieux Montréal. Membre régulier de l’Observatoire Jeunes et société. Chercheur affilié à ÉCOBES  

Pour toute question, vous pouvez communiquer avec notre équipe à cremis.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca

Professionnalisation du travail infirmier et campagne anti-sages-femmes : une historiographie féministe 

L’histoire du déclin de la pratique de sage-femme en Amérique du Nord est bien documentée. La compétition entre médecins-obstétriciens et sages-femmes ainsi que la médicalisation de la naissance à partir de la fin du 19e siècle a eu des impacts dévastateurs sur la mortalité périnatale. La campagne politique médicale a fait appel à la xénophobie et misogynie en accusant les sages-femmes d’être « sales » et responsables des taux de mortalité très élevés aux États-Unis et dans l’Ouest canadien au tournant du 20e siècle. Les données de l’époque démontraient pourtant que les naissances étaient plus sécuritaires entre les mains de sages-femmes que des médecins.  Ce Midi du CREMIS sera l’occasion de partager les résultats d’une historiographie féministe mettant en évidence le rôle que les organisations infirmières ont joué dans le déclin des sages-femmes. Nous verrons comment ces organisations ont instrumentalisé la haine médicale envers les sages-femmes afin de faire avancer leurs propres objectifs de professionnalisation.

Présenté par :

Natalie Stake-Doucet 

Professeure invitée à l’École des sciences de la gestion et responsable du développement de l’école de sciences infirmières à l’Université du Québec à Montréal.

Pour toute question, vous pouvez communiquer avec notre équipe à cremis.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca

Objectifs d’apprentissage :  

  • Situer historiquement le déclin de la pratique des sages-femmes en Amérique du Nord, en lien avec le processus de médicalisation des naissances à la fin du 19e siècle. 
  • Comprendre le rôle que les organisations infirmières ont joué dans ce déclin