Robert Bastien

Robert Bastien

Chargé de cours à l’École de travail social de l’Université du Québec à Montréal
Chercheur associé, Centre Léa-Roback

À la toute fin des années 1980, j’entamais une carrière en santé publique. Au début des années 2000, j’ai acquis le titre de professeur adjoint de clinique à l’École de Santé Publique de l’Université de Montréal (ESPUM). Après des études de premier cycle en arts (Design) à l’UQAM, j’ai obtenu une maîtrise en sciences de l’éducation et, en 2001, un doctorat dans cette même discipline à l’Université de Montréal. La thèse, d’inspiration ethnographique, m’a amené à séjourner près d’une année dans une école secondaire. L’objectif consistait à décrire méticuleusement comment le milieu scolaire faisait écho aux injonctions préventionnistes émanant de la santé publique. Ce long séjour m’aura permis d’acquérir une manière singulière d’envisager la recherche sociale, au plus près des autres.

C’est de mon propre chef que je suis allé à la rencontre de Christopher McAll, alors directeur scientifique du CREMIS en 2004, je crois. Le CREMIS m’est apparu comme un lieu fertile pour expérimenter de nouvelles avenues de recherche dans des sphères de pensée et d’action, qui échappaient au formalisme des institutions et de l’académisme. Avec l’appui du CREMIS, il me fut possible de réaliser des projets de mobilisation citoyenne en impliquant, à titre d’exemple, des gens de la rue dans des démarches de création en musiques nouvelles. Car, oui, il existe bel et bien un espace de fécondation croisée entre la recherche sociale et la création en arts. Ma rencontre, aussi, avec Jean-François Laé (Université Paris VIII), a donné lieu à divers articles et projets maillant l’histoire à des enjeux contemporains liés aux inégalités sociales et à l’exclusion. 

Depuis 2017, moment correspondant à ma retraite de la fonction publique, je demeure toujours engagé dans des projets d’enseignement, d’écriture et de création musicale.  

Correspondant canadien, Revue Vie Sociale et Traitements, Érès, Paris, France

Coordonnées 

Université du Québec à Montréal
École de travail social
455, boulevard René-Lévesque Est
Montréal (Québec) H2L 4Y2

438-495-0604
bastien.robert@uqam.ca

Intérêts de recherche

Études de terrain, biographie, histoire de la pauvreté en lien avec la question sociale, suicide, musiques dites nouvelles, enseignement, recherche archivistique, prévention, politiques publiques, santé, éducation, arts.

Principaux projets

En termes d’écriture, Il s’agit d’une fiction portant sur le suicide dont le titre préliminaire est Le Cas Buvard. En résumé, c’est l’histoire d’une personne qui, voulant rester anonyme, raconte à une étudiante au cycle supérieur le sens qu’elle accorde au suicide. Il en résultera une thèse. Ce récit, autrement dit le volet fictionnel de cette thèse, prend alors la forme d’une étude de cas unique où la jeune chercheure s’attarde à l’enfance de l’homme, à sa façon d’entrevoir le monde, à son rapport aux autres mais surtout à l’existence, chez Buvard, d’un profond doute quant à l’efficience de s’enlever la vie. Bien qu’en apparence éloignée des intérêts de recherche du CREMIS, ce récit, je présume, saura apporter, en premier lieu, une certaine contribution à l’analyse critique des grands axes de la prévention du suicide émanant, entre autres de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS). En second lieu, le projet Buvard ouvre la voie à la reconduction d’études désintéressées en sciences sociales et, surtout, à esquisser des voies d’investigation fondées sur le hasard, l’intuition et la subjectivation. Le sens profond de cet ouvrage se veut un écho à deux déclarations. Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide (Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe) et : Le suicide comme seule preuve de la liberté humaine. (Stig Dagerman, voir plus bas). 

En 1952 paraissait un très bref écrit, aujourd’hui traduit en français et publié chez Actes Sud. L’auteur de ce livre, Stig Dagerman, est aujourd’hui décédé. Le livre tient sur vingt-et-une pages, incluant les liminaires. Il a pour titre Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.  Le compositeur de musique acousmatique Denis Dufour (FR) s’est inspiré de cette œuvre pour créer une pièce de plus de soixante-sept minutes. C’était en 1989 à Paris. Toujours en France, le groupe de rock folk, Les Têtes Raides (FR), a, lui aussi, mis en musique l’intégrale du livre de Dagerman.  Pour ma part, je suis à retraduire en musique graphique cette œuvre qui, elle aussi, sera narrée. Elle comptera sur l’implication de vingt-et-un (21) musiciens pour une performance devant se tenir devant public au tout début de 2021 à Rimouski, Québec et Montréal. Une large part des musiciens provient du Grand Groupe Régional d’Improvisation Libérée (GGRIL), ensemble dont je suis membre depuis plus de quinze ans. Retenons que le GGRIL a acquis une solide réputation ici au Québec mais aussi sur la scène internationale dans les domaines de la musique de création. Il amorcera d’ailleurs en mai prochain (2020) une tournée en France, en Allemagne et dans plusieurs pays de l’Europe de l’Est.  

Sélection de publications et productions

Couturier, Y., Lefebvre, C., Bilodeau, A., Bastien, R., (2013) La compétence à lire et acter les finalités effectives de l’école dans un dispositif partenarial École-Communauté comme condition de réalisation de l’intervention socio-éducative. Revue Phronesis, Vol 2, N 2-3, p. 36-42.

Bastien, R. (2013) «Autour du mouvement communautaire québécois et de la mobilisation citoyenne actuelle, Revue Vie Sociale et Traitements, No 117, p. 106-113.

Bastien, R, Annie Lyonnais, Biessé Diakaridja Soura et Isabelle Perreault, (2012) « Surveiller et vêtir : le métier de contrôleur d’absences au Québec, 1919 à 1969  Revue Vie sociale et Traitement (Paris), No.115, p. 116-121..

Bastien, R. et I. Perreault, (2012) « Maladie mentale, instruction publique et hygiène publique : le cas de la propagande d’hygiène mentale au Québec dans les années 1930 », Revue Lien Social et Politiques, No 67, printemps, p.85-105.

Turcotte, L., R. Bastien, C. Clavier et Y. Couturier, (2011) « Ce que nous apprend sur les approches intégrées le travail des agents pivots : une analyse préliminaire », Revue Service Social, 57(2), p.55-73.

Bastien, R. et J.-F. Laé, (2011) « La famille et l’instruction, la pauvreté et l’hygiène publique sous l’œil de l’histoire », Revue Service Social,  57(2), p.113-128.

Bastien, R., (2010) « Charles : un travailleur social de quartier de Montréal », Revue Vie Sociale et Traitement – VST-,  No. 107, août/septembre 2010.

Bastien, R., (2010) « Le récit de Marie-Ève », Revue Vie Sociale et Traitement – VST-, No. 105, premier trimestre 2010.

Turcotte, L., R. Bastien, C. Clavier et Y. Couturier (2010). « Services publics, gestion axée sur les résultats et regards ethnographiques : utopie ou dystopie ? », Revue Altérité, 8(1), décembre 2010.

Bastien, Robert (2013) « Réduction des méfaits, critique interne et régimes différenciés de prévention » in Massé, R., Mondou, I., Réduction des méfaits et tolérance en santé publique : enjeux éthiques et politiques. Presses de l’Université Laval, p. 129-156.