Quand tout fut soudain suspendu: présentation et échange sur l’entraide et la solidarité en temps de pandémie

Événement en présentiel

*Cet événement en présentiel est limité à 30 personnes portant le masque et en respectant la distanciation sociale. La tenue de l’activité est assujettie à tous changements en lien avec les règles sanitaires en vigueur.*

Qui a pu oublier ce 15 mars 2020, où tout fut soudain suspendu? L’ouvrage que nous présentera Jean-François Laé nous fait part des peurs et des pleurs, de l’incompréhension et de la solitude, des malaises et des fatigues qui ont envahi la Seine-Saint-Denis, un département français situé tout près de Paris, au moment du confinement sanitaire. Elle recompose le puzzle de la catastrophe sociale à partir de différentes sources qui nous montrent les décrochages, à vif: les programmes sociaux en panne, les petites discriminations, la couverture sociale trop courte, les visites des soignants suspendues, la fracture numérique si invalidante, l’allocation qui n’arrive pas, les préjugés nationaux sur les langues d’usage… L’aide associative prend le relais des faiblesses de l’action publique. Des cagnottes s’inventent, des ateliers de coutures fabriquent des masques… De l’éducateur à la bibliothécaire, du livreur au magasinier, de l’épicier du coin au stagiaire d’un service civique, on donne du temps, des bras, en équipe pour récupérer des dons auprès des grandes surfaces ou d’un maraîcher. L’enquête menée nous parle de ces moments d’impuissance et d’initiative spontanée, de désocialisation et de remarquables résistances. 

Se confiner quand on n’a pas de chez-soi ? Retour sur une enquête menée en France

Événement en présentiel

*Cet événement en présentiel est limité à 30 personnes portant le masque et en respectant la distanciation sociale. La tenue de l’activité est assujettie à tous changements en lien avec les règles sanitaires en vigueur.*

Mars 2020, la France est confinée. Mais comment peut-on se confiner chez-soi lorsque l’on vit à la rue ou bien dans des hébergements collectifs ?

Dans le cadre de cet événement, ce sont les ajustements de l’action publique en termes d’hébergement qui seront explorés à partir d’une recherche collective en cours (ANR COVABRI), menée dans une ville moyenne du sud-est de la France.  

Face à l’injonction au « restez chez vous » qui touchait tout un chacun en mars 2020, l’Etat, au niveau national et au niveau local, s’est engagé à « mettre à l’abri » les sans-abri. Mais, dans quel type d’habitat les sans-abri ont-ils été confinés ? Pour combien de temps ? Et dans quelles conditions ? Ce confinement des sans-abri s’inscrit-il dans une perspective du droit à l’hébergement ou plutôt dans une perspective de devoir de confinement ? En explorant les réponses en termes de « mise à l’abri », cette conférence propose d’analyser comment la pandémie vient révéler la configuration de l’hébergement des sans-abri et ses enjeux en termes d’habiter.

Les droits sous contrainte. Enfermement et contrôle au XXIè siècle : hôpitaux psychiatriques, Centres jeunesse et prisons

En présentiel uniquement! Bienvenue à tout le monde!

Port du masque et distanciation obligatoires

Événement co-organisé par la Chaire de recherche du Canada en Santé mentale et accès à la justice

À quoi renvoie la notion d’« enfermement » au 21e siècle? Ne se résume-t-elle qu’à la mise à l’écart de ceux et celles que l’on ne peut tolérer dans l’espace social, ou que l’on souhaite punir pour des comportements jugés répréhensibles? Les intervenant.es à ce séminaire poseront ces questions à partir de terrains ethnographiques menés en hôpitaux psychiatriques, en Centre jeunesse et en prison. Ils interrogeront les mécanismes de contrôle et d’autonomisation déployés entre les murs, pris entre une mission de gestion du risque et une mission d’éducation à la citoyenneté, visant ultimement la « réinsertion ». Souvent présentées, sur un plan discursif, comme des lieux de travail sur soi et de thérapie, les institutions d’enfermement s’éloigneraient inexorablement des analyses de Goffman (« institution totale ») et de Foucault (« institution disciplinaire »). Qu’en est-il dans les faits? Nécessitant la participation volontaire des personnes enfermées pour atteindre leurs résultats, ces institutions impliquent paradoxalement à la fois la contrainte et le consentement. Comment cette tension s’articule-t-elle au quotidien? Quel rôle jouent, dans ces mutations complexes, les droits des personnes enfermées?

Avec des présentations de :
Sophie De Spiegeleir, chercheure-doctorante à l’Université Saint-Louis – Bruxelles (Belgique) 
Membre du Centre d’anthropologie, sociologie, psychologie – études et recherches (CASPER) et du Centre de recherches et d’interventions sociologiques (CESIR) 
Guillaume Ouellet, chercheur au CREMIS, École de travail social, UQAM
Nicolas Sallée, professeur (sociologie UdeM) et directeur scientifique du CREMIS

Animatrice :
Emmanuelle Bernheim, professeure titulaire (Faculté de droit, Université d’Ottawa)
Chaire de recherche du Canada en Santé mentale et accès à la justice

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique Droit(s) et justice du CREMIS, coporté par Nicolas Sallée et Emmanuelle Bernheim.


« Entre soin et sécurité, entre autonomie et contrainte : enquête au sein d’unités psychiatriques médico-légales en Belgique »

Sophie De Spiegeleir
En Belgique, les Unités Psychiatriques Médico-Légales (UPML) hébergent, sous contrainte judiciaire, des personnes internées en libération à l’essai. À l’interface entre le pénal et la santé mentale, ces unités visent à préparer la personne à se réinsérer dans la société. Sur la base d’une enquête ethnographique de dix mois au sein de deux UPML en Belgique francophone, je tenterai de décrire le quotidien de ces unités et d’approcher sociologiquement la place de la contrainte afin de mettre en lumière les différentes façons d’intervenir auprès d’autrui et les implications directes pour les personnes internées et l’exercice de leurs droits. Oscillant entre une logique sécuritaire (restreindre la liberté de la personne pour « défendre la société ») et une logique sanitaire (dispenser les soins nécessaires et accompagner la personne en vue d’une réinsertion sociale), comment les équipes professionnelles des unités médico-légales concilient-elles leur mandat de protection et la préservation de l’autonomie des personnes internées ?

« Du paternalisme carcéral. Discipline et droits dans les unités de garde fermée pour jeunes contrevenants à Montréal »

Nicolas Sallée
À partir d’une série d’observation menée au sein d’une unité fermée pour jeunes contrevenants à Montréal, Nicolas Sallée analysera les tensions qui, au nom même des visées de réhabilitation poursuivies par l’unité, entourent les droits des jeunes, notamment leur droit à contester les décisions qui les concernent : puisque tout est censé être fait pour leur bien, que gagneraient-ils à s’y opposer ? Cette réflexion mettra en évidence ce qu’il reste d’un « paternalisme carcéral » dans une époque pourtant marquée par des préoccupations croissantes pour les droits des jeunes judiciarisés.

« Vers une prison thérapeutique ? »

Guillaume Ouellet
Au cours des quatre dernières décennies, au Québec, on assiste à un essor des initiatives visant à doter le processus judiciaire d’une portée thérapeutique. Les tribunaux spécialisés en santé mentale, les équipes de patrouilleurs jumelant policiers et intervenants sociaux, des programmes tels le Programme d’accompagnement justice et intervention communautaire, invitent la justice pénale à prendre un tournant thérapeutique. Face à cette mouvance, qu’en est-il de l’appareil correctionnel qu’est la prison ? Le milieu carcéral peut-il en partie pallier les ratés multiples et répétés du système sociosanitaire en assumant une fonction thérapeutique?

Les droits sous contrainte. Enfermement et contrôle au XXIè siècle : hôpitaux psychiatriques, Centres jeunesse et prison

Actualité de la pauvreté en contexte COVID-19

Événement en visioconférence

La pauvreté fait l’objet d’un intérêt renouvelé en travail social et dans d’autres sciences sociales. Un récent numéro de REFLETS-Revue d’intervention sociale et communautaire s’interrogeait sur l’actualité de la pauvreté, ses débats théoriques et ses défis pratiques. Lors de ce séminaire, des auteures ayant publié dans ce numéro, ainsi que le Collectif pour un Québec sans pauvreté, présenteront et analyseront différentes problématiques en lien avec la question de la pauvreté : aide sociale, judiciarisation de la pauvreté, etc. Nous réfléchirons aux liens entre ces problématiques et la crise sociosanitaire actuelle : est-ce que cette crise révèle des enjeux déjà présents? Est-ce qu’elle risque de les aggraver? Est-ce qu’elle invite à revoir des réponses déjà en place ou à penser à de nouvelles solutions?

Actualité de la pauvreté en contexte COVID-19 20200521

Cumul d’adversité et égalité des chances : Construire un filet social pour soutenir la sortie de placement des jeunes

ÉVÉNEMENT REPORTÉ À UNE DATE ULTÉRIEURE

Bienvenue, sur inscription

À partir des résultats de recherche et d’expériences pratiques, tant communautaires qu’institutionnelles, ce séminaire réfléchira à des initiatives qui favorisent l’égalité des chances pour les jeunes qui abordent la vie adulte avec un cumul d’adversité.

Ce qu’il advient des jeunes placés est en effet au cœur des préoccupations cliniques, scientifiques et politiques. Des résultats de l’Étude longitudinale sur le devenir des jeunes placés (EDJeP) montrent que les jeunes sortant de placement connaissent d’importants retards scolaires par rapport aux jeunes de la population générale et que près de 20% des jeunes ont connu au moins un épisode d’itinérance (en moyenne 13 mois après leur sortie). Or, ceux qui connaissent le plus de retard scolaire ou qui ont été le plus déplacés (changement de milieux de placement, tentative de réunification familiale) pendant leur trajectoire de placement, sont plus à risque d’avoir connu au moins un épisode d’itinérance.

Événement organisé en collaboration avec la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec. 

Avec des présentations de:

  • Martin Goyette (CREMIS), professeur à l’École nationale d’administration publique (ENAP), responsable du partenariat EDJeP et titulaire de la CREVAJ
  • Marc-André Bélanger, coordonnateur du développement des pratiques, Regroupement des Auberges du cœur du Québec
  • Jean Paiement, adjoint à la directrice du programme Jeunesse du CIUSSS centre-sud de Montréal (CCSMTL)

ÉVÉNEMENT REPORTÉ À UNE DATE ULTÉRIEURE

L’approche globale en accompagnement résidentiel

Lancement-événement d’informations et d’échanges

Quelles sont les pratiques les plus favorables pour aider les personnes sans domicile ou à risque de l’être à trouver, garder et habiter leur propre logement? Comment accompagner ces personnes vers un mieux‑être avec le soutien et les suivis nécessaires? Pour répondre à ces questions, le MSSS  a confié au CREMIS (CIUSSS CSMTL) le mandat*  de concevoir une approche SRA/Logement d’abord adaptée au contexte québécois en mobilisant les connaissances des personnes et groupes concernés par le développement des pratiques dans ce champ d’action et d’intervention. À partir de ses travaux, l’équipe du CREMIS propose une « approche globale en accompagnement résidentiel » centrée sur la personne dans sa globalité, tout en identifiant les conditions nécessaires à sa mise en œuvre.

*Ce mandat est financé par le volet Solutions novatrices à l’itinérance de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance d’Emploi et Développement social Canada.

L’événement-lancement « L’approche globale en accompagnement résidentiel » sera l’occasion d’en apprendre plus sur les constats, l’origine et la démarche du projet d’en apprécier ses réalisations, ainsi que d’échanger dans un cadre convivial avec l’équipe et avec d’autres acteurs en accompagnement résidentiel.

Entrée libre. Un goûter et des boissons seront servis sur place.

Une invitation du CREMIS et de l’Équipe projet SRA-Québec

L’approche globale en accompagnement résidentiel 20200224

Faire face au choc des écrans : enjeux psychosociaux de la cyberdépendance

Entrée libre

Si l’Internet est aujourd’hui omniprésent et un outil quasi indispensable dans nos relations sociales et économiques, son usage parfois abusif peut causer des problèmes psychosociaux de cyberdépendance.

En quoi consiste la cyberdépendance et quels sont les déterminants sociaux de ce phénomène contemporain? Sommes-nous tous égaux devant cette révolution technologique? Quel accompagnement les cliniciens peuvent-ils offrir aux personnes directement touchées par celle-ci et aux familles inquiètes devant les enjeux qu’elle suscite ?

Portant un regard de sociologue et de clinicien, Dr Suissa partagera des pistes de réflexion et d’intervention qui s’adressent aux cliniciens et intervenants sociaux sur le thème de la cyberdépendance en s’appuyant sur les exemples du téléphone intelligent, des réseaux sociaux et des jeux vidéo. Ses constats l’amènent à penser que l’avenir n’est pas dans les appels à la déconnexion, mais dans la mise en place d’une nouvelle « hygiène des données ».

Faire face au choc des écrans: enjeux psychosociaux de la dépendance 20200304

Les personnes sous curatelle : des adultes subalternes?

Voyez l’enregistrement vidéo de cet événement!

Entrée libre

Incapables, idiots, interdits, déficients ou inaptes : les appellations désignant les adultes sous curatelle au Québec sont multiples et mouvantes dans le temps. Cette présentation propose d’éclairer comment des droits de personnes adultes sont délégués à d’autres adultes lors de mesures de protection. Elle cherche à saisir les effets, les enjeux et les difficultés liés à ce statut autant pour les personnes concernées que pour celles qui les accompagnent. Elle se base premièrement sur une analyse sociohistorique des lois sur la curatelle afin d’éclairer les changements de discours depuis l’institutionnalisation de la curatelle publique en 1945. Dans un deuxième temps, elle propose une analyse des discours des personnes accompagnant les individus sous curatelle pour révéler la complexité des expériences et des pratiques découlant de ce dispositif. Elle montre ensuite comment ce dispositif participe à dévaluer des vies perçues comme anormales.

Une présentation de Anne Perriard
Chercheure postdoctorale, Université Laval, Département des Sciences historiques

Anne Perriard est sociologue et s’intéresse aux inégalités sociales qui découlent de la catégorisation par âge. Elle mène actuellement une recherche postdoctorale intitulée : « Une analyse intersectionnelle de l’adultéité : deux études de cas », financée par le Fonds national suisse de la recherche scientifique et rattachée à l’Université Laval.

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Temps de la vie, porté par Cécile Van de Velde (CREMIS).

Les personnes sous curatelle: des adultes subalternes? 20200206

Vieillir et se loger en contexte de gentrification : la précarité résidentielle de locataires âgées à Montréal

Voyez l’enregistrement vidéo de cet événement!

Dans cette conférence, je présenterai la situation de précarité résidentielle qui touche les personnes vieillissantes à faible revenu, ainsi que les manières dont elles résistent aux diverses pressions qu’elles rencontrent. Tant à l’échelle provinciale que municipale, les politiques publiques affirment que les aînés doivent rester chez eux le plus longtemps possible. Or, les personnes vieillissantes résidant dans le parc locatif privé, particulièrement celles qui dépendent uniquement des pensions gouvernementales, ont souvent du mal à suivre les hausses de loyer et les changements dans l’offre commerciale qui découlent généralement de la gentrification. La précarité résidentielle est également influencée par la relation locative qui se joue avec les propriétaires ou d’autres acteurs qui peuvent, par exemple, faire usage de maltraitance psychologique pour forcer les locataires âgés à quitter leur appartement. Les résultats reposent sur des observations et des entretiens réalisés entre 2016 et 2018 auprès d’intervenants et de locataires vieillissants impliqués dans quatre comités logements montréalais.

Une présentation de Julien Simard, Ph. D. Études urbaines
Chercheur postdoctoral, École de travail social de McGill

Vieillir et se loger en contexte de gentrification: la précarité résidentielle de locataires âgés à Montréal 20200204

Explorer d’autres avenues de recherche pour améliorer la gestion de la douleur chronique non-cancéreuse

Voyez l’enregistrement vidéo de cet événement!

Après avoir fait un bref survol des données épidémiologiques concernant la douleur chronique non-cancéreuse (DCNC), cette présentation portera sur ses impacts bio-psycho-sociaux sur les personnes concernées. Le traitement de la DCNC est, par ailleurs, loin d’être optimal et ce, pour diverses raisons qui seront discutées. Une de ces raisons a trait à nos méthodes de recherche qui comportent diverses limitations qui ne tiennent toujours pas compte de la complexité de ce phénomène. Divers exemples seront présentés afin d’illustrer comment des avenues de recherche autres que les essais randomisés contrôlés peuvent contribuer à parfaire nos connaissances dans ce domaine et à améliorer la gestion de la DCNC.

Une présentation de Manon Choinière, PhD, chercheure régulier, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal;
Professeure titulaire, Département d’anesthésiologie et de médecine de la douleur, Faculté de médecine, Université de Montréal

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé, porté par Estelle Carde et Nadia Giguère.

Explorer d’autres avenues de recherche pour améliorer la gestion de la douleur chronique non-cancéreuse 20191030