Après avoir fait un bref survol des données épidémiologiques concernant la douleur chronique non-cancéreuse (DCNC), cette présentation portera sur ses impacts bio-psycho-sociaux sur les personnes concernées. Le traitement de la DCNC est, par ailleurs, loin d’être optimal et ce, pour diverses raisons qui seront discutées. Une de ces raisons a trait à nos méthodes de recherche qui comportent diverses limitations qui ne tiennent toujours pas compte de la complexité de ce phénomène. Divers exemples seront présentés afin d’illustrer comment des avenues de recherche autres que les essais randomisés contrôlés peuvent contribuer à parfaire nos connaissances dans ce domaine et à améliorer la gestion de la DCNC.
Une présentation de Manon Choinière, PhD, chercheure régulier, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal; Professeure titulaire, Département d’anesthésiologie et de médecine de la douleur, Faculté de médecine, Université de Montréal
Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé, porté par Estelle Carde et Nadia Giguère.
Explorer d’autres avenues de recherche pour améliorer la gestion de la douleur chronique non-cancéreuse 20191030
9ème Séminaire de travail de l’équipe Épistémè du CREMIS
Intervenantes :
Lucie Gélineau, Université du Québec à Rimouski Vivian Labrie, chercheure autonome Karel Lopes, Université du Québec à Montréal
S’appuyant sur la présentation d’expériences de co-écriture scientifique entre universitaires et non-universitaires, ce séminaire vise à identifier des conditions propices à la production de relations plus égalitaires entre co-chercheur.e.s.
Nous réfléchirons, d’une part, à ce que produit la co-écriture sur la compréhension des réalités étudiées et, d’autre part, nous envisagerons le processus de co-écriture en tant que laboratoire des rapports de pouvoir entre co-auteur.e.s universitaires et non-universitaires à la lumière des questions suivantes : La reconnaissance d’une contribution en recherche passe-t-elle par le statut de co-auteur.e ? Le statut de co-auteur.e d’une production scientifique implique-t-il nécessairement de prendre part formellement au processus d’écriture et, si oui, comment s’y prendre ? Qui décide du format et du contenu des productions écrites (par exemple, droit de veto sur les résultats; droit au désaccord sur l’interprétation des données) ?
Ce 9e évènement, organisé par Baptiste Godrie et Maxime Boucher, s’inscrit dans un cycle de séminaires de l’équipe Épistémè.
Pratiques de la co-écriture scientifique: rapports de pouvoir et justice épistémique 20191105
Ces dernières années au Canada, la recrudescence de surdoses d’opioïdes contrefaits issus du marché de rue a entraîné une forte médiatisation des risques liés aux médicaments opioïdes, incluant les opioïdes prescrits en tant qu’analgésiques. Cette présentation porte sur les expériences de stigmatisation dans le contexte actuel de la ‘‘crise des opioïdes’’ à partir de deux recherches qualitatives: l’une auprès d’usager·es de drogues illicites souffrant de douleur chronique à Montréal, et l’autre auprès d’un échantillon plus élargi de personnes souffrant de douleur chronique dans deux provinces canadiennes. Nous présenterons les formes que prend la stigmatisation pour ces personnes, leurs tentatives pour éviter ou résister à la stigmatisation dans leur vie quotidienne, ainsi que les conséquences de la stigmatisation sur leur accès au soulagement de la douleur. Si de nombreuses personnes souffrantes déclarent vivre des jugements négatifs concernant leur douleur et/ou leur consommation de médicaments, les difficultés semblent accrues pour les usager·es de drogues souffrant de douleur chronique, dont la situation est particulièrement négligée dans le système de santé.
Une présentation de Lise Dassieu, PhD, Sociologue Chercheuse Postdoctorale, Centre de Recherche du CHUM
Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé, porté par Estelle Carde et Nadia Giguère (CREMIS).
Douleur chronique et stigmatisation: expérience des personnes souffrantes dans le contexte de la crise des opioïdes 20191129
Depuis le début des années 1990 au Québec, la catégorie de gang de rue est associée à l’émergence d’une nouvelle « classe dangereuse ». Cette dernière serait composée d’un nouveau genre de délinquant, incarnant un plus grand potentiel de criminalité, de violence et de récidive. À l’origine d’une importante mobilisation des institutions publiques pour faire face à ce phénomène, les représentations médiatiques, scientifiques et policières du gang de rue s’entremêlent et contribuent à construire l’image d’une jeunesse menaçante, issue des classes populaires et des minorités racisées. Les instruments, programmes et pratiques mis en place pour prévenir et traiter le phénomène s’appuient sur un savoir expert qui souligne, de manière paradoxale, à la fois l’urgence d’agir contre les gangs de rue, et les contours flous et ambigus de la catégorie.
Dans une démarche réflexive, ce séminaire vise à susciter des échanges entre le milieu de la recherche et les milieux de pratique. Il propose ainsi d’ouvrir un espace de discussion critique sur la catégorie de gang de rue, en interrogeant ses fondements (médiatiques, scientifiques), la manière dont elle oriente les pratiques d’interventions des acteurs institutionnels (Centres jeunesse, services correctionnels, police, tribunaux, etc.) et les effets qu’elle produit sur les espaces et les populations qu’elle cible (jeunes, quartiers marginalisés, minorités racisées, etc.).
Séminaire organisé et animé par Benoit Décary-Secours (chercheur postdoctorant au CREMIS) et Nicolas Sallée (directeur scientifique du CREMIS et professeur au département de sociologie de l’Université de Montréal).
Avec des présentations de :
– Ted Rutland, Départment de géographie, urbanisme, et environnement, Université Concordia – René-André Brisebois, praticien-chercheur et coordonnateur professionnel, Institut universitaire Jeunes en difficulté – Nathalie Gélinas, praticienne-chercheure et intervenante pivot projet SPHÈRES, Centre intégré universitaire de santé et services sociaux du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal – Benoit Décary-Secours, chercheur postdoctorant au CREMIS, Université de Montréal – Nicolas Sallée, Département de sociologie, Université de Montréal (CREMIS)
Les présentations permettront de lancer les échanges entre l’ensemble des participant-es au séminaire qui pourront partager leurs analyses, réflexions et expériences.
Perspectives critiques sur la catégorie de « gang de rue » au Québec: entre théorie et pratique 20191122
Au sein du dispositif de l’aide sociale, les politiques d’activation que les agent.e.s d’aide à l’emploi doivent mettre en œuvre reposent sur une vision de l’individu en société fortement marquée par la normativité néolibérale, dans lesquelles la nature et le degré d’intensité des interventions de l’État à l’égard des prestataires est avant tout fonction de leur présumée « aptitude au travail ». Cependant, à travers leurs pratiques et dans leurs discours sur celles-ci, les fonctionnaires rompent en partie avec la logique de l’activation. Cette conférence présente les résultats d’une recherche postdoctorale réalisée au CREMIS en 2017-2019.
Une présentation de Catherine Charron Chercheure au Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) Membre du Groupe de recherche interuniversitaire et interdisciplinaire sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale (GIREPS) Professeure associée, département de sociologie de l’Université de Montréal
Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique État social, porté par Jean-Baptiste Leclercq (CREMIS).
Le rôle de l’État à l’égard des prestataires d’aide sociale considérés aptes au travail: pratiques et représentations des agentes d’aide à l’emploi 20191202
Dans cet exposé, je partagerai avec vous mes inconforts face à l’univers de la recherche universitaire qui s’« intéresse » à l’autochtonie. J’illustrerai ces inconforts à partir de mon expérience de pratique en soins infirmiers, puis de recherche auprès des Innus de la communauté innue d’Unamen Shipu en Basse-Côte-Nord et de Pessamit en Haute-Côte-Nord. Ce parcours m’a mené d’une posture d’infirmier investi dans un processus de compréhension d’une lourde manifestation d’inégalité de santé – le diabète de type 2 – à celle d’un chercheur « de plein air » attaché à comprendre pour soigner autrement les femmes et les hommes de cette communauté. J’établirai les pourtours de ma pratique de chercheur que je qualifie davantage à celle d’agent de soutien à la transformation sociale. Une posture qui repose sur l’établissement, sur le long terme, de liens de confiance et d’un choix mutuel, quotidiennement réversible.
Une présentation de Bernard Roy, professeur titulaire de l’Université Laval, il enseigne à la Faculté des sciences infirmières depuis 2004.
Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé, porté par Estelle Carde et Nadia Giguère.
Les inconforts d’un praticien-chercheur engagé face à la recherche universitaire en autochtonie 20190920
Ce séminaire vise à discuter des enjeux éthiques, politiques et épistémologiques de l’expérimentation. Des présentations multidisciplinaires lanceront les échanges autour de l’expérimentation comme modalité de production des savoirs transformant les sujets et les objets qu’elle met en relation.
Suivra un 5 à 7 au pub Sainte-Élisabeth (1412 Rue Sainte Élisabeth) à l’occasion du lancement de l’ouvrage Les sociétés de l’expérimentation. Enjeux épistémologiques, éthiques et politiques, sous la direction de T. Benmarhnia, P.-M. David et B. Godrie (Presses de l’Université du Québec).
Séminaire de travail de l’équipe Épistémè du CREMIS
Avec quels universitaires et à quelles conditions ? Ce séminaire vise à questionner la nature des relations entre organismes communautaires et universitaires lorsqu’ils collaborent en recherche à la lumière du concept d’inégalités épistémiques. En particulier, il s’appuiera sur la présentation des pratiques développées par Stella, l’Amie de Maimie et le Regroupement des centres d’amitié autochtone pour se «protéger» du monde de la recherche, allant du choix de leurs partenaires universitaires de recherche au développement de relations les plus symétriques possibles. Parmi les éléments pris en compte par ces groupes pour choisir/évaluer les collaborateurs potentiels : la présence de retombées positives pour les organismes et/ou les populations qu’ils accompagnent, l’explicitation du statut d’alliés de leurs luttes sociales, la définition des rôles respectifs et de leur degré d’implication dans les différentes étapes des projets de recherche qui leur sont proposés. Le séminaire sera également l’occasion d’explorer les enjeux spécifiques du partenariat de recherche avec les organismes communautaires qui accompagnent des groupes stigmatisés du point de vue des universitaires, ainsi que les stratégies qu’ils ont développées pour y faire face.
Animation Maxime Boucher, coordonnateur du Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec et de l’équipe Épistémè du CREMIS
Intervenant.e.s : – Audrey Pinsonneault, coordonnatrice en recherche et amélioration continue au Regroupement des Centres d’amitié autochtones du Québec – Sandra Wesley, directrice générale, Stella, l’amie de Maimie – Marlène André, agente à l’éducation, Stella, l’amie de Maimie – Baptiste Godrie, chercheur au CREMIS et professeur associé au Département de sociologie de l’Université de Montréal
*Il s’agit d’un séminaire de travail ouvert à tous et toutes dans lequel les expertises et les expériences de chaque personne ayant déjà participé à des recherches participatives seront mises à contribution.*
Les relations symétriques entre les organismes communautaires et le monde de la recherche 20190618
Comment penser l’accompagnement résidentiel de populations sans-domicile ou à risque de l’être, en s’inspirant des approches prometteuses développées à travers le Québec par les multiples organismes actifs sur le terrain?*
Dans ce webinaire, l’équipe du CREMIS explore différentes questions quant à la perception qu’ont les personnes accompagnées d’intégrer un nouvel espace-temps. C’est-à-dire qu’il y a, dans leur récit, la présentation d’espaces-temps multiples, associés à des lieux, des périodes ou des événements (espaces familiaux, espaces d’intégration à la marge, espaces d’incarcération, d’hospitalisation, de naissance, etc.). Est-ce qu’un nouvel espace-temps d’intégration sociale émerge en lien avec l’accompagnement résidentiel? Au-delà de conditions matérielles de vie améliorées, les personnes accompagnées parlent de quelque chose de différent par rapport à ce qu’elles auraient vécu avant, d’être accompagné dans son entièreté, ce qui n’est pas nécessairement le cas dans le continuum des services actuels. Quand et comment cette relation d’accompagnement doit-elle avoir une fin? Comment faciliter la transition vers d’autres formes d’intégration sociale par la suite?
*Cette activité est réalisée dans le cadre du projet Stabilisation résidentielle avec accompagnement : développement d’une approche et de modalités de formation adaptées au contexte québécois (SRA-Québec), mandat confié au CREMIS dans le cadre de la mission universitaire du CCSMTL par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et financé par Emploi et Développement social Canada.
Comment penser l’accompagnement résidentiel de populations sans-domicile ou à risque de l’être, en s’inspirant des approches prometteuses développées à travers le Québec par les multiples organismes actifs sur le terrain?*
Dans ce webinaire, l’équipe du CREMIS se penche sur un sujet se trouvant au cœur de l’accompagnement : l’autonomie. Il y a une volonté claire, tant de la part des personnes accompagnées que des personnes qui accompagnent, à ce que l’autonomie soit au centre de la relation d’accompagnement : prendre ses propres décisions, faire ses choix et être soutenu pour ce faire. Comment soutenir la capacité décisionnelle, surtout lorsqu’il y a des insécurités face à celle-ci de la part des personnes accompagnées? Existe-t-il des situations où il y aurait une limite à soutenir l’autonomie, où le « faire côte à côte » peut devenir un « faire pour »? Enfin, nous discuterons des liens entre l’autonomie et la notion de responsabilité.
*Cette activité est réalisée dans le cadre du projet Stabilisation résidentielle avec accompagnement : développement d’une approche et de modalités de formation adaptées au contexte québécois (SRA-Québec), mandat confié au CREMIS dans le cadre de la mission universitaire du CCSMTL par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et financé par Emploi et Développement social Canada.
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