Comment penser l’accompagnement résidentiel de populations sans-domicile ou à risque de l’être, en s’inspirant des approches prometteuses développées à travers le Québec par les multiples organismes actifs sur le terrain?*
Dans ce webinaire, l’équipe du CREMIS explore le lien entre l’histoire de vie des personnes accompagnées et leur expérience en logement. Le passé des personnes, entre ombres et lumières, se manifeste, par exemple, à travers leurs comportements et leurs décisions; toujours présent, il teinte le rapport au logement et vient souvent changer le cours de l’accompagnement. D’où l’importance pour les intervenants de connaître, de reconnaître et de comprendre le passé des personnes qu’ils accompagnent. Comment, dans l’accompagnement résidentiel, développer une sensibilité aux histoires de vie des personnes, y compris aux traumas qu’ils pourraient avoir vécus, en tenant compte de leurs forces, espoirs, aspirations et désirs?
*Cette activité est réalisée dans le cadre du projet Stabilisation résidentielle avec accompagnement : développement d’une approche et de modalités de formation adaptées au contexte québécois (SRA-Québec), mandat confié au CREMIS dans le cadre de la mission universitaire du CCSMTL par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et financé par Emploi et Développement social Canada.
Activité dans le cadre de la Semaine de la mission universitaire du CCSMTL
La direction de l’enseignement universitaire et de la recherche (DEUR) est fière de tenir du 10 au 14 juin la toute 1re Semaine de la mission universitaire sous le thème « Allumés par la collaboration, engagés pour la connaissance ! »
La journée CREMIS « À quoi ça sert? » La recherche sociale à l’épreuve de son utilité s’inscrit dans le cadre de la Semaine de la mission universitaire.
Le thème de l’utilité de la recherche est d’une évidence cruciale pour un centre de recherche en milieu de pratique comme le CREMIS, qui cherche à rapprocher les milieux universitaires des milieux de l’intervention sociale et des soins de santé de première ligne.
Ce thème de l’utilité de la recherche pose les délicates questions de l’autonomie de la recherche (Fraisse, 1981), de l’engagement des chercheurs (Naudet et Simonet, 2011), ainsi que des usages sociaux et institutionnels du savoir scientifique (Piron & Couillard, 1996). Quels enjeux la « recherche utile » soulève-t-elle d’un point de vue épistémologique, méthodologique ou éthique? Comme le souligne Bernard Lahire (2004), les injonctions à l’utilité doivent toujours être accueillies avec vigilance et réflexivité : être utile, oui, mais pour qui? Selon quels critères? À quelle fin?
L’objectif de la journée est de réfléchir collectivement à l’utilité de la recherche sociale, en prenant comme point de départ quatre expériences de recherche menées au CREMIS par des praticiens-chercheurs, des chercheurs universitaires et des partenaires. Nous serons invités à réfléchir à la diversité des formes de l’utilité de la recherche sociale, selon que les projets se définissent comme évaluatifs, partenariaux, communautaires, critiques ou simplement analytiques – ces catégories n’étant évidemment pas exclusives les unes des autres.
Programme provisoire
9h – 9h30 Accueil et mot d’ouverture 9h30 – 10h Guillaume Ouellet : Expériences de recherche-action: utilité, instrumentalisation et production des connaissances 10h – 10h30 Céline Bellot : D’un besoin de recherche à une commission d’enquête : le cas de la judiciarisation de l’itinérance autochtone à Val d’or. 10h30 – 11h Maud Gendron-Langevin : La recherche-intervention – Accompagner le changement 11h – 12h Discussion collective 12h – 13h30 Dîner réseautage 13h30 – 14h David Barbeau et Leslie Taos Chalal: Aide sociale et formulaires médicaux – Provoquer le changement 14h – 15h Synthèse par Christopher McAll et discussion collective : le rôle social du CREMIS. 15h Lancement de MU-360
Conférenciers:
David Barbeau, MD GMF des Faubourgs, Directeur médical du CRAN, CREMIS
Leslie Taos Chalal, Travailleuse sociale au Programme CRAN-Service bas seuil Relais
Céline Bellot, Directrice de l’École de travail social – Université de Montréal, Professeure titulaire; Directrice de l’Observatoire sur les profilages racial, social et politique, CREMIS
Maud Gendron-Langevin, Professeure en enseignement de l’art dramatique, (Intervention scolaire et communautaire), Dramathérapeute, École supérieure de théâtre, UQAM, CREMIS
Guillaume Ouellet, chercheur au CREMIS, professeur associé, Département de sociologie, UQAM
Christopher McAll, Professeur titulaire, Département de sociologie, Université de Montréal, CREMIS
Bibliographie
Fraisse, (1981). « Les sciences sociales : utilisation, autonomie, dépendance », Sociologie du travail, vol. 23, n°4, p. 369-383. Lahire, B. (2004). À quoi sert la sociologie?, Paris, La découverte Naudet, D. et M. Simonet (2011). Des sociologues sans qualités? Pratiques de recherche et engagements, Paris, La découverte. Piron, F. et M.-A. Couillard (1996). « Présentation. Les usages et les effets sociaux du savoir scientifique », Anthropologie et Sociétés, vol. 20, no. 1, p. 7 – 26.
« À quoi ça sert? » La recherche sociale à l’épreuve de son utilité 20190614
Comment penser l’accompagnement résidentiel de populations sans-domicile ou à risque de l’être, en s’inspirant des approches prometteuses développées à travers le Québec par les multiples organismes actifs sur le terrain?*
Dans ce webinaire, l’équipe aborde cette question à partir de l’expérience de personnes participant à un programme de logement avec accompagnement : quels sont les modes « d’habiter » possibles? Quel rapport les personnes entretiennent-elles avec leur logement? Comment comprendre le logement en fonction du désir de se stabiliser ou de l’envie de mobilité? Quelles sont les sources de sécurité ou encore les sources d’incertitude liées au logement et comment en tenir compte dans l’accompagnement?
*Cette activité est réalisée dans le cadre du projet Stabilisation résidentielle avec accompagnement : développement d’une approche et de modalités de formation adaptées au contexte québécois (SRA-Québec), mandat confié au CREMIS dans le cadre de la Mission Centre affilié universitaire du CIUSSS CSMTL par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et financé par Emploi et Développement social Canada.
Événement organisé et animé par Sue-Ann MacDonald et Philippe-Benoît Côté, membres du CREMIS.
Cette table ronde vise à faire le bilan des connaissances sur les réalités des femmes en situation d’itinérance et sur les interventions qui leur sont adressées. Que savons-nous sur les points tournants expliquant leur passage à l’itinérance, ainsi que sur les difficultés avec lesquelles elles doivent composer au quotidien? Quels sont les bienfaits et les lacunes des interventions existantes pour aider et soutenir les femmes en situation d’itinérance? Existe-t-il des variations géographiques quant à la réalité des femmes en situation d’itinérance, par exemple entre les centres urbains et les centres périphériques? Dans une atmosphère dynamique et interactive, cette table ronde est l’occasion de croiser les analyses issues de différentes équipes de recherche et milieux de pratique afin de faire le point sur les réalités des femmes en situation d’itinérance et dégager des pistes de réflexion pour la recherche et la pratique.
Conférencières
Céline Bellot, Directrice de l’École de travail social, Professeure titulaire, Directrice de l’Observatoire des profilages (CREMIS)
Marine Maurin, Enseignante-chercheuse à l’IREIS
Catherine Flynn, Professeure substitut, Département des sciences humaines et sociales, UQAC
Léonie Couture, Fondatrice et Directrice générale, La rue des femmes
Josiane Maheu, vice-présidente du Conseil des montréalaises
Itinérance chez les femmes au Québec: le point sur leurs réalités 20190509
Avec un taux de prévalence qui monte en flèche et, par conséquent, un nombre en croissance de personnes concernées par le phénomène (les personnes elles-mêmes, mais aussi leurs familles et proches, les organismes communautaires de soutien, les services publics des différents réseaux), le regard posé sur l’autisme est en pleine transformation.
S’il est difficile de saisir précisément la nature et la portée des transformations à l’œuvre, une incursion dans la couverture médiatique réservée à ce sujet s’avère éclairante. À partir de l’analyse systématique des publications de onze quotidiens québécois au cours des années de références 2007, 2012, 2016 nous rendrons compte des multiples représentations de l’autisme ainsi que des tendances qui se profilent dans les manières dont les médias « parlent » de l’autisme depuis une décennie. Notre démarche de recherche se structure autour d’une double question : « Lorsqu’on parle d’autisme dans les médias écrits, de quoi parle-t-on et comment en parle-t-on? ».
À la lumière des résultats de nos analyses, nous verrons que l’autisme dépasse désormais largement les champs des disciplines « psy » qui l’ont initialement défini.
Une présentation de: Guillaume Ouellet, chercheur au CREMIS Pierre-Louis Lavoie et Isabelle Jacques, technicien.ne.s en recherche psychosociale (CREMIS)
L’univers des représentations de l’autisme dans les médias québécois écrits: un survol 20190425
Résultats de recherche scientifique (projet de mémoire)
Cette communication s’appuie sur les résultats d’un mémoire de maîtrise qui vise à documenter la perspective des intervenants en matière de sexualité auprès des jeunes en situation d’itinérance.
Les jeunes en situation d’itinérance présentent différents problèmes de santé sexuelle, ce qui soulève un questionnement sur l’adéquation entre les besoins des jeunes et les interventions en matière de sexualité qui leur sont offertes. La plupart des travaux scientifiques qui documentent les interventions en matière de sexualité s’appuient principalement sur le point de vue des jeunes en situation d’itinérance, mais négligent celui des intervenants. En s’appuyant sur une démarche qualitative, huit intervenants de proximité œuvrant auprès des jeunes en situation d’itinérance ont été rencontrés en entrevue individuelle. Les résultats montrent que les réflexions des intervenants en matière de sexualité sont principalement alimentées par des apprentissages informels. Dans le même sens, les intervenants ont mentionné que les apprentissages formels comportent des lacunes au niveau des enjeux sexologiques et que ceux-ci ne répondent pas suffisamment à leurs besoins pour bonifier leur pratique d’intervention en matière de sexualité. En conclusion, les résultats permettent de réfléchir aux outils qui devraient être développés afin de soutenir les intervenants dans leur intervention en matière de sexualité, et ce, dans un contexte où les apprentissages formels délaissent les questions relatives à la sexualité.
Une présentation de Guillaume Renard-Robert, étudiant à la maîtrise, dans le cadre de son projet de mémoire, dirigé par philippe-Benoît Côté, membre du CREMIS.
Itinérance, sexualité et pratique réflexive: le point de vue des intervenants de proximité 20190417
Une présentation, dans le cadre du champ thématique « État social »
Conférencières:
Catherine Chesnay, professeure à l’École de travail social de l’Université du Québec à Montréal, membre du CREMIS
Élisabeth Greissler, professeure adjointe à l’École de travail social à l’Université de Montréal, membre du CREMIS
Véronique Fortin, professeure à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke
Depuis sa mise en place dans les années 1960, le législateur québécois n’a cessé de réformer le dispositif d’aide sociale, notamment pour catégoriser les prestataires. On observe en fait plusieurs étapes dans la mise en œuvre de mécanismes de contrôle des prestataires : un classement selon les inaptitudes au travail, l’instauration d’une forme de contrepartie (formation, démarches d’insertion professionnelle), la responsabilisation des prestataires de l’aide sociale quant à leur employabilité, ou la multiplication des mesures administratives et des processus de surveillance. Depuis 2005, les transformations de l’aide sociale s’inscrivent plus clairement encore dans un tournant que l’on peut qualifier de punitif (Fassin, 2017; Wacquant 2009; Chan et Mirchandani 2007) : des mesures pénaliseraient particulièrement certains profils de prestataires à l’aide sociale (par ex. les jeunes) ou encore certaines stratégies de survie (p. ex., la colocation). Dans le même sens, la dernière réforme de l’aide sociale a mis en place le programme Objectif Emploi qui oblige les premiers demandeurs de l’aide sociale à participer à un plan d’intégration à l’emploi, sous peine de pénalités administratives (suspension, coupures, etc.).
En s’intéressant aux mesures punitives au sein du dispositif d’aide sociale ainsi qu’aux pratiques d’organismes de défense de droits, cette communication vise à comprendre à la fois comment les récentes réformes fragilisent les parcours des prestataires, le vivre-ensemble et comment s’articulent et s’expriment les stratégies qui tentent de défendre un autre modèle de protection sociale. Pour mener à bien cette réflexion nous mobiliserons les premiers résultats d’une recherche en cours sur les récentes réformes de l’aide sociale au Québec reposant sur trois axes : données des tribunaux administratifs ; récits d’expérience de prestataires ; entretiens de groupes auprès de trois organismes et regroupements engagés dans la défense des droits des prestataires d’aide sociale.
Bibliographie
Chan, W. et K. Mirchandani. (2007), Criminalizing Race, Criminalizing Poverty: Welfare Fraud Enforcement in Canada. Fernwood Publishing, 107 p. Fassin, D. (2017). Punir. Une passion contemporaine, Paris, Éditions du Seuil. Wacquant, L. (2009). Punishing the Poor. Durham et London, Duke University Press, 408 p.
Quand le social punit: l’exemple de l’aide sociale 20190429
Comment penser l’accompagnement résidentiel de populations sans-domicile ou à risque de l’être, en s’inspirant des approches prometteuses développées à travers le Québec par les multiples organismes actifs sur le terrain?*
Le CREMIS lance une programmation de six webinaires dans le cadre du projet Stabilisation résidentielle avec accompagnement : développement d’une approche et de modalités de formation adaptées au contexte québécois (SRA-Québec). Cette première présentation permet d’aborder le projet SRA-Québec et ses principaux constats, dans le contexte de l’évolution des pratiques d’accompagnement résidentiel au Québec au cours des dernières décennies.
*Cette activité est réalisée dans le cadre du projet Stabilisation résidentielle avec accompagnement : développement d’une approche et de modalités de formation adaptées au contexte québécois (SRA-Québec), mandat confié au CREMIS dans le cadre de la mission universitaire du CCSMTL par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et financé par Emploi et Développement social Canada.
7ème Séminaire de travail de l’équipe Épistémè du CREMIS
Animé par Isabel Heck, chercheure à Parole d’excluEs, codirectrice de l’Incubateur universitaire de Parole d’excluEs et professeure associée à l’UQAM
Avec la collaboration de Florianne Socquet (agente de recherche à Parole d’excluEs), Nomez Najac (chargé de mobilisation, Parole d’excluES), Bochra Manaï (coordinatrice générale, Parole d’excluEs) et deux citoyens impliqués (à confirmer).
Dans ce séminaire, nous invitons les participant.e.s à explorer des avenues de « décentralisation de la recherche » pour réduire les inégalités épistémiques, et à interroger le rôle et la nature de la contribution des chercheur.e.s au sein de ces initiatives. Centrés autour de l’expérience de Parole d’excluEs et de son Incubateur universitaire, nous souhaitons illustrer des processus de mobilisation et de co-construction de connaissances initiés et portés par des acteurs et actrices terrain, auxquels des chercheur.e.s participent à côté de citoyen.ne.s et praticien.ne.s. Nous discuterons des effets, leviers et défis que pose une telle pratique.
Il s’agit d’un séminaire de travail ouvert à tous et toutes dans lequel les expertises et les expériences de chaque personne ayant déjà participé à des recherches participatives seront mises à contribution.
Inscription auprès de Maxime Boucher: boucher.maxime.4@courrier.uqam.ca
La notion d’intelligence est aujourd’hui une norme tous azimuts, à valeur d’évidence et qui revêt une force particulière : en effet, on ne peut s’opposer à l’intelligence et on souhaite tous y être identifié. Elle constitue aussi un superlatif parfois sans contenu et principe de hiérarchisation sociale peu remis en question. À l’inverse, en plus de marginaliser les personnes identifiées comme ayant une déficience intellectuelle, nos sociétés marginalisent aussi l’étude de la déficience intellectuelle. Les handicaps cognitifs deviennent ainsi des objets repoussoirs pour la recherche, et spécialement pour la sociologie, notamment en raison de l’essentialisation des notions de troubles, de limites, d’« incompétence » (légale, sexuelle, quotidienne, parentale, au travail, etc.). L’histoire du diagnostic de déficience intellectuelle s’adosse à la fois à la naissance et la trajectoire de l’idée d’ « intelligence », et témoigne également de sa co-construction étroite avec les rapports sociaux de race, de classe, de genre et d’in/capabilité.
Nous contextualiserons la catégorie de déficience intellectuelle comme un phénomène résolument social et en soulèverons quelques enjeux. Quels liens entretient la déficience intellectuelle avec les autres dominations sociales comme le racisme ou le sexisme? Et surtout, que veut-on vraiment dire lorsque l’on parle d’intelligence ou de déficience intellectuelle?
Une présentation de Lisandre Labrecque-Lebeau, Ph.D, professeure associée (UQO), chercheure membre du CREMIS
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