État social : non-recours et accessibilité

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique État social du CREMIS

Le non-recours aux droits sociaux et aux prestations, l’accessibilité ou l’accès aux soins sont des enjeux ou phénomènes qui mettent en question l’État social. Qu’il s’agisse de renoncement volontaire ou d’absence d’accès en raison d’obstacles systémiques, c’est la place de l’État social dans la vie de certaines populations et sa capacité à agir sur les inégalités sociales qui est mis en évidence.

Bien que peu documenté au Québec, le non-recours renvoie à toute personne qui ne reçoit pas – quelle qu’en soit la raison – une prestation ou un service auquel elle pourrait prétendre (définition de l’Observatoire des non-recours aux droits et services, basé à Grenoble en France). Lors de ce séminaire, nous mettrons en parallèle ce phénomène, présent dans différents contextes et champs de pratiques, avec les problèmes d’accessibilité ou d’accès aux soins. L’accès réel, à des droits, des prestations ou des soins, constitue souvent l’angle mort des discours institutionnels sur l’universalité et l’accessibilité des services publics.

Séminaire co-organisé par Jean-Baptiste Leclercq (chercheur d’établissement au CREMIS) et Catherine Charron (postdoctorante au CREMIS).

Avec des présentations de :

  • Jean-Pierre Tabin, Haute école de travail social et de la santé (HES·SO, Lausanne, Suisse) et Pôle de recherche national LIVES.
  • Christophe Bedos, Faculté de médecine dentaire, Université McGill, membre du CREMIS
  • Véronique Martineau, Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE)
  • Kim Bouchard, Mouvement action-chômage de Montréal (MAC de Montréal)

Insalubrité et inégalités sociales dans l’expérience des locataires : vécu, exclusion et politiques

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique État social du CREMIS

Basée sur une recherche doctorale sur les rapports sociaux inégalitaires dans l’expérience des locataires, cette présentation discutera de la question de salubrité dans la construction de l’expérience des locataires et en quoi, dans certains cas, celle-ci empêche les locataires de contrôler leur espace intime et de s’inscrire plus largement dans l’espace social. Du même coup, le rôle des acteurs collectifs ainsi que des politiques sanitaires et sociales sera discuté.

Une présentation de Renaud Goyer, sociologue, Université de Montréal, Interactions/ARIMA, CIUSSS Nord-de-l’île

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique État social du CREMIS, porté par Jean-Baptiste Leclercq (sociologue, chercheur universitaire en établissement au CREMIS) et Catherine Charron (postdoctorante au CREMIS).

Entrée libre, apportez votre lunch.

Séminaire « Usages militants du droit »

Bienvenue à toutes et tous

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique « Inégalités sociales, justice et droit » du CREMIS, porté par Emmanuelle Bernheim (professeure, Sciences juridiques, UQAM, membre du CREMIS) et Nicolas Sallée (professeur, Sociologie, UdM, membre du CREMIS). Des présentations permettront de lancer les échanges:

Le droit dans le regard des militant-e-s- du mouvement vert au Québec : ambivalences, espoirs et contraintes

Laurence Guénette, étudiante à la maîtrise en Droit et Société à l’UQAM et Anouk Nadeau-Farley, militante aux expériences riches et diversifiées œuvrant actuellement auprès de la fondation Coule pas chez nous!

Laurence Guénette dressera un portrait du mouvement vert québécois et des expériences juridiques qui ont marqué les esprits dans l’histoire récente, tant la mobilisation du droit dans une cause que certains épisodes d’usages répressifs du droit contre les militant-e-s. Elle proposera ensuite un aperçu des Legal Consciousness Studies et de l’apport de ce cadre théorique pour l’étude des rapports des militant-e-s au droit.

Anouk Nadeau-Farley offrira ses perspectives au sujet du droit à la lumière d’expériences et de constats personnels, de postures critiques et d’intuitions stratégiques. Elle partagera notamment les défis et impacts vécus à l’occasion d’une poursuite judiciaire dans le contexte de son activisme, expérience répressive qui a contribué à forger ses réflexions au sujet du droit.

La mobilisation du droit par les organismes communautaires de lutte au VIH/sida au Québec : entre action et représentations des droits de la personne

Christine Vézina, professeure adjointe à la faculté de droit de l’Université Laval

Au Québec, le champ social de la lutte communautaire au VIH/sida est un secteur de la santé particulièrement marqué par diverses stratégies de mobilisation des droits de la personne émanant de nombreux organismes.  Au-delà de la mobilisation judiciaire – plus ponctuelle et circonstancielle, les mobilisations experte et informative du droit sont particulièrement représentatives du répertoire de l’action collective de ces organismes. En visant, respectivement, à inscrire les « préférences normatives » des organismes de lutte au VIH dans les politiques publiques, les stratégies gouvernementales et les cadres institutionnels et à changer les pratiques quotidiennes, notamment dans une perspective d’auto-capacitation, ces initiatives s’inscrivent dans un continuum de stratégies plurielles susceptibles de mitiger les écueils de la mobilisation judiciaire et d’agir sur divers déterminants des luttes sociales. Porteuses de transformation sociales, ces pratiques rendent compte des attentes et des perceptions des organismes de lutte au VIH à l’égard des droits de la personne lesquelles continuent d’être marquées par une sous-représentation des droits économiques sociaux et culturels et en particulier, du droit à la santé.

Liberté décisionnelle et risque : enjeux de consentement dans l’accompagnement psychosocial en déficience intellectuelle et en itinérance

Bienvenue à toutes et tous

L’accompagnement psychosocial en itinérance auprès de personnes catégorisées comme ayant une déficience intellectuelle pose des dilemmes quotidiens. Parmi ceux-ci, plusieurs émergent d’une tension entre, d’un côté, la reconnaissance du droit et de la capacité de chaque personne à prendre des décisions par et pour elle-même et, de l’autre, les difficultés particulières des personnes accompagnées à prendre des décisions libres et éclairées favorisant leur propre bien-être. 

Une recherche ethnographique ayant étudié la pratique d’un psychoéducateur spécialisé en déficience intellectuelle et en itinérance a permis d’identifier diverses stratégies employées par l’intervenant pour résoudre ces dilemmes en encadrant la personne accompagnée dans l’exercice de sa liberté décisionnelle. Ces stratégies visent à éviter qu’elle ne s’expose à des risques considérés trop importants et à favoriser son investissement dans des démarches jugées bénéfiques pour elle. 

Si cette posture permet concrètement d’améliorer la qualité de vie des personnes accompagnées, elle nous fait nécessairement entrer dans les zones grises du consentement aux services et du respect de l’aptitude décisionnelle des personnes accompagnées. 

Cette présentation vise à mettre en discussion des enjeux autour du consentement aux services et aux soins, particulièrement dans les services prodigués à des personnes ayant une capacité limitée à consentir aux services ou à prendre des décisions de manière libre et éclairée. 

Une conférence de Stéphane Handfield, maîtrise en sociologie, Université de Montréal. 

Entrée libre, apportez votre lunch.

Les Centres locaux de services communautaires (CLSC) : une rétrospective

L’état social québécois se construit dans le contexte de la Révolution tranquille qui se caractérise par plusieurs changements sociaux et une intervention accrue de l’État dans différentes sphères sociales. Ainsi, à la fin des années 1960 et au début des années 1970 le système public de santé et services sociaux se met en place progressivement. Mais avant l’instauration de ce système public, le mouvement syndical revendique la création de polycliniques multidisciplinaires intégrant services de santé et services sociaux, puis des groupes de quartier se mobilisent pour la mise en place de cliniques communautaires pour offrir des soins gratuits ou à bas coûts. Une conjoncture favorable et des modèles qui inspirent la création du réseau des CLSC en 1972. Les cliniques populaires, apparues dans les années 1950-60 furent, à l’exception de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles, intégrées au système de santé public et constituèrent le premier noyau de CLSC. Les organisateur-rices communautaires participent à la dynamique de revendication et d’implantation de cette première génération de CLSC qui offre des services de première ligne à un niveau local. Dans les années 1990, ces établissements et leur volet « communautaire » se normalisent. La création en 2003 des Centres de santé et services sociaux (CSSS), puis des Centres intégrés de santé et services sociaux en 2015 change la donne. Qu’est-ce qui a favorisé l’émergence du modèle initial des CLSC? Quels sont les acteurs et les rapports de force en présence? Comment ce modèle a-t-il évolué? Quel avenir pour les CLSC? Comment le cas des CLSC nous renseigne sur les transformations de l’État social?

Séminaire co-organisé par Jean-Baptiste Leclercq (chercheur d’établissement CREMIS) et Catherine Charron (postdoctorante CREMIS). Avec des présentations de :

  • Arnold Barry Aberman, médecin de famille, CLSC de Beauharnois (à confirmer)
  • Doris Allard, organisatrice communautaire à la retraite, CLSC du Plateau-Mont-Royal
  • Anne Plourde, doctorante en sciences politiques, UQAM

Les émotions et ce qu’elles nous disent des rapports de pouvoir dans les dynamiques participatives de recherche

Rires, frustrations, colères, joies, exaspérations, indifférences… les émotions suscitées au cours des processus participatifs de recherche sont nombreuses. Qu’est-ce qui les déclenche et que produisent-ells, en retour, dans le processus de recherche ?

Ce séminaire propose de traiter des émotions en tant que dimension à part entière des processus participatifs de recherche nous éclairant, en particulier, sur les dynamiques sociales et les rapports de pouvoir entre les différents participant.e.s. À ce titre, nous faisons l’hypothèse qu’elles constituent un observatoire de la rencontre entre les univers des participant.e.s (universitaires, militants, cliniques, etc.), et les valeurs, attentes, finalités qu’ils véhiculent. 

Les émotions peuvent surgir, éclater ou encore être mises en scène durant le processus de recherche, jouant ou non différents rôles tout au long de la démarche. Elles peuvent faire « tâche » et produire des flammèches avec la norme de rationalité qui sous-tend implicitement ou explicitement le monde de la recherche et, plus généralement, les espaces de délibération sur un sujet donné. Pour cette raison, leur expression peut être stigmatisée, ce qui peut conduire les participant.e.s à les dissimuler. Les chercheurs peuvent également les traiter comme une dimension non pertinente du point de vue scientifique. Dans d’autres cas, la colère et l’indignation peuvent être à l’origine des projets de recherche et permettre aux différents participant.e.s de faire cause commune. 

Les présentations du séminaire s’appuieront sur des exemples vécus par des participant.e.s à des projets de recherche participatifs. Elles mettront en scène les dimensions surprenantes, bouleversantes, déconcertantes, parfois frustrantes, mais aussi joyeuses de la recherche participative et, le cas échéant, la façon dont elles nous renseignent sur les relations symétriques ou asymétriques qui s’établissent entre participant.e.s. 

Organisé par Baptiste Godrie (sociologue, chercheur universitaire en établissement, CREMIS – CIUSSS-CSM) dans le cadre des activités du champ thématique « Savoirs et participation sociale » du CREMIS.

État social : une tentative de définition

Où commence et où finit l’État social aujourd’hui? Comment se construisent et se recomposent ses frontières, dans la mesure où l’État social, au Québec et dans d’autres contextes, est en continuelle transformation, tant dans ses fonctions, que dans ses logiques d’action ou que dans ses formes institutionnelles? Notamment comment situer le champ de l’action communautaire par rapport au domaine de l’État, dans un contexte d’externalisation de l’action publique, voire de sous-traitance des services? Comment certains mécanismes et logiques de participation contribuent à la démocratisation de l’action publique, dans une perspective de citoyenneté, et d’autres à l’inverse s’inscrivent dans une tendance à l’individualisation de la relation État/usagers, dans une optique quasi clientéliste? Partant du constat que la notion d’État social est fréquemment utilisée sans pour autant être toujours explicitée, nous tenterons d’en définir les contours et caractéristiques.

Organisé par Jean-Baptiste Leclercq (sociologue, chercheur universitaire en établissement, CREMIS – CIUSSS-CSM) et Catherine Charron (stagiaire postdoctorale en sociologie, CREMIS) dans le cadre des activités du champ thématique « État social » du CREMIS.

Interviendront dans ce séminaire :

  • Maxime Boucher— Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec (GRFPQ)
  • René Charest – Organisateur communautaire CCSMTL
  • Christopher McAll – directeur scientifique du CREMIS et professeur de sociologie, Université de Montréal
  • Guillaume Ouellet – chercheur d’établissement Centre de recherche et d’expertise sur la déficience intellectuelle et le trouble du spectre de l’autisme CCSMTL
  • Isabelle Ruelland – chercheuse postdoctorante

C’est tombé dans l’oreille d’une Sourde : une BD où des personnes sourdes nous font signe de les écouter

C’est tombé dans l’oreille d’une Sourde est une bande dessinée numérique bilingue en LSQ et en français (une bande dessignée), composée à partir d’extraits de rencontres avec des Sourd-es et des entendant-es. À partir des réflexions proposées dans un extrait de la BD qui sera projeté, Véro Leduc animera une discussion sur la déconstruction du phonocentrisme dans le langage de la reconnaissance sociale et de la prise de parole, tout en présentant les technologies médiatiques comme sites de reprise de pouvoir.

Par Véro Leduc, artiste et chercheure engagée, professeure au département de communication sociale et publique et au programme d’action culturelle à l’UQÀM. Ses projets et ses pratiques s’articulent à travers des démarches de recherche-création et des perspectives critiques, féministes, queer, intersectionnelles, crip (handicapées) et sourdes.

Entrée libre, apportez votre lunch.

Démantèlement de l’État social et lutte à la pauvreté : quelle place pour la défense collective des droits ?

Le Québec est l’un des rares endroits dans le monde où l’État finance des groupes de défense collective de droits (DCD). Ces groupes ont pour mission d’exercer une vigile des droits sociaux et économiques et d’intervenir de manière collective afin que ceux-ci soient pleinement reconnus et appliqués. Véritable pilier de l’action communautaire autonome autant que de nombreux mouvements sociaux, les groupes de DCD cherchent à agir « avec » les personnes exclues et marginalisées. Les pratiques d’éducation populaire et d’action collective qui y ont court se veulent ainsi porteuses d’inclusion et d’affiliation, autant que de transformations sociales.

Rassemblant des actrices et des acteurs de différentes postures (expertise de vécu, recherche, gestion, intervention communautaire et clinique), ce séminaire vise à mettre en lumière les différents types de pratiques existantes en DCD individuelles, collectives, advocacy, accompagnement, etc.) et à questionner la portée de ces actions (gains, limites, défis, etc.) dans la conjoncture actuelle, en vue de développer une meilleure compréhension des dynamiques à l’œuvre dans les luttes sociales au Québec et ailleurs.

Trois présentations précéderont une période d’échange :

  • « Ce que la lutte à la pauvreté, l’État social et la défense collective des droits peuvent vouloir dire; une brève exploration de leurs significations contradictoires », par Maxime Boucher, Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec.
  •  « Que faire face à un État qui ne répond pas de ses engagements à l’égard des droits humains ? », par Bill Clennett, Ligue des droits et libertés du Québec
  •  « Tendre vers un Québec sans pauvreté dans le contexte actuel : chemin parcouru et à parcourir », par Vivian Labrie, militante et chercheure-associée à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).
  • « L’accès à la justice pour les personnes non-représentées: une illusion ?», par Emmanuelle Bernheim, chercheure au CREMIS et professeure en sciences juridiques à l’UQAM.

Connaître, critiquer, construire : huit regards sur les (in)égalités sociales – Journée d’échanges et de partage

Qu’ont en commun l’intervention par les pairs en santé mentale, la transformation des services sociaux et de santé pour qu’ils reflètent et répondent mieux aux besoins des minorités sexuelles, la réflexion sur les pratiques les plus à même de prévenir l’arrivée dans la rue ou encore les luttes collectives de défense des droits des personnes assistées sociales ?

Ce sont quelques-uns des sujets de recherche en lien avec les inégalités sociales qui seront présentés et discutés lors de la prochaine journée de réflexion du CREMIS, le 8 juin 2017, dans le cadre des Journées printanières 2017.

Organisée à partir des champs de recherche thématiques et s’appuyant sur des présentations de cas et de pratiques concrètes cette journée permettra aux participant-es (chercheur-es, praticien-nes, gestionnaires, étudiant-es et toute autre personne souhaitant contribuer à la réflexion) d’apporter leur contribution aux questionnements suivants :

  • Dans quelle mesure les pratiques présentées contribuent-elles à diminuer les inégalités sociales ?
  • Dans quelle mesure les recherches menées sur ces réalités permettent-elles d’enrichir notre compréhension des rapports sociaux producteurs d’(in)égalités sociales ?
  • Quelles sont, en lien avec les exemples présentés, les interventions ou recherches qui peuvent enrichir la réflexion ou qui pourraient faire l’objet de projets de recherche ?

Toutes traversées par la question des inégalités sociales, les thématiques ciblées sont : l’itinérance, l’alimentation, la diversité sexuelle et la question de la justice et du droit, et, de manière, plus transversales le croisement « santé et social », les savoirs et la participation sociale, les trajectoires de vie en lien avec les inégalités et les transformations de l’État social.