Quelle est l’utilisation que les jeunes en situation de rue font des services en matière de sexualité?

Malgré la disponibilité des services en matière de sexualité, les jeunes en situation de rue continuent de présenter différents problèmes de santé sexuelle (ITSS, VIH/sida, violences sexuelles). Ces problèmes de santé sexuelle soulèvent un questionnement sur l’adéquation entre les services en matière de sexualité et les besoins des jeunes en situation de rue. Or, peu d’études tentent de comprendre, à partir de leur point de vue, les motifs d’utilisation ou non des services en matière de sexualité chez ces jeunes. À partir d’une analyse qualitative des témoignages de trente-trois jeunes en situation de rue (18 à 25 ans), cette présentation vise à tracer un portrait des motifs, des obstacles et des facilitateurs de l’utilisation qu’ils font ou non des services en matière de sexualité. Des pistes seront discutées pour repenser et publiciser davantage l’offre de services en matière de sexualité pour les jeunes en situation de rue.

Une présentation de Philippe-Benoit Côté, professeur et chercheur au Département de sexologie de l’UQAM, membre du CREMIS.

Mercredi 31 mai, de 12h à 13h30. Entrée libre, apportez votre lunch.

Faire « avec » et non « sur ». Quelles plus-values pour la recherche et l’action sur les inégalités sociales ?

Faire participer les publics concernés au déroulement de la recherche serait porteur de reconnaissance pour les personnes impliquées. Il s’agirait aussi d’une posture plus éthique. Mais qu’en est-il, au final, de l’action sur les inégalités sociales? Qu’apporte de spécifique la dimension participative d’une recherche en matière d’avancement des connaissances sur les inégalités sociales ? Quelles sont, pour les chercheurs, mais également pour les publics concernés et les utilisateurs potentiels des connaissances (politiques, gestionnaires, intervenants) les approches de recherche les plus crédibles ? 

S’appuyant sur des exemples dans le champ de la santé et des services sociaux, ce séminaire vise à explorer les retombées sur la compréhension et l’action sur les inégalités sociales des recherches dites participatives (partenariales, recherche-action, en croisement des savoirs, etc.) relativement aux recherches non-participatives. 

Pour le formuler de manière polémique, il s’agit de comprendre si ce type de recherche vise seulement, pour les chercheurs, à répondre aux critiques adressées à l’Université comme « tour d’ivoire » ou si les recherches participatives contribuent (et dans ce cas, à quelles conditions) à un réel mouvement de démocratisation de la production des connaissances sur les inégalités sociales susceptibles de produire de nouveaux résultats, théoriques et méthodologies ou de donner lieu à des nouvelles pratiques d’intervention réductrices des inégalités. 

Le séminaire mêlera présentations et échanges collectifs dans le souci d’éclairer les enjeux par la plus grande diversité de regards. 

Animé par Sylvia Bissonnette, coordonnatrice à la recherche et à la formation au Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec, membre du CREMIS 

Présentateurs-trices : 

Jean-Nicolas Ouellet, coordonnateur du CAMÉÉ (Centre d’activités pour le maintien de l’équilibre émotionnel de Montréal-Nord) 

Paula Bush, chercheuse associée au Département de médecine de famille de McGill et coordonnatrice scientifique de la composante Développements méthodologiques de l’unité SOUTIEN SRAP du Québec 

Baptiste Godrie, chercheur universitaire au CREMIS et professeur associé au Département de sociologie de l’Université de Montréal

Réduire les inégalités sociales et/ou réduire les méfaits ?

Certes, il est mieux de réduire les méfaits que de ne pas le faire … Mais comment cette intervention se compare-t-elle à celles qui visent à prévenir les problèmes en amont (ces problèmes dont on essaie de limiter les conséquences avec la réduction des méfaits) ? De plus, si la réduction des méfaits améliore la santé des groupes qu’elle cible, contribue-t-elle pour autant à réduire les inégalités sociales de santé ?

Les échanges avec la salle seront introduits par 3 présentations : Estelle Carde proposera une définition des inégalités sociales de santé, Robert Bastien balisera le champ de la réduction des méfaits (historique, secteurs d’application) et Marie-Ève Goyer en présentera la mise en oeuvre concrète dans le champ de la toxicomanie.

Robert Bastien est professeur adjoint de clinique à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, chercheur au CREMIS et au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. Estelle Carde est professeure de sociologie à l’Université de Montréal et chercheure au CREMIS. Marie-Ève Goyer est praticien-chercheur au CREMIS, médecin chef du service itinérance/médecine de proximité du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et coordonnatrice médicale du service Relais-CRAN.

Itinérance et traumatismes complexes : entre le combat et la fuite, regard sur les déconnexions de survie

Les traumatismes complexes sont souvent très présents dans le parcours de vie des personnes en situation d’itinérance. Pourtant, au Québec, chercheurs et cliniciens en parlent peu. S’y intéresser davantage pourrait certainement contribuer à apporter un éclairage complémentaire sur certains comportements considérés comme difficiles ou comme obstacles à la sortie de l’itinérance. Plusieurs de ces comportements adaptatifs (abus de substances, comportements suicidaires, automutilation, hygiène négligée, absence de demande ou d’apparence de motivation)  sont également source d’exclusion ou de peu d’attention de certains services publics et communautaires.

L’objectif de ce midi CREMIS est d’ouvrir la discussion avec les différents acteurs du milieu, sur la prévalence importante des traumatismes complexes chez les personnes en situation d’itinérance, de donner un regard différent sur une problématique méconnue, de mettre en lumière l’origine de l’adoption de comportements adaptatifs et sur la manière dont ils contribuent à façonner le parcours à la rue. Enfin, il vise à  réfléchir à différentes pistes d’action pour parvenir à reconnaître et à répondre, à la fois, à l’hétérogénéité et à la complexité du phénomène.

Cette conférence est présentée par Nancy Keays, infirmière clinicienne et praticienne chercheure au CREMIS/CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et de Sue-Ann MacDonald, professeure à l’École de travail social de l’Université de Montréal.

Aucune réservation n’est nécessaire. Apportez votre lunch.

À propos des expulsions de logement

Au Québec, depuis les quarante dernières années au moins, le nombre de demandes judiciaires d’expulsions pour non paiement de loyer est globalement constant : entre 40 000 et 50 000 par an. Dans la quasi-totalité des cas, elles sont accordées par les tribunaux. L’ampleur et le caractère structurel de ce phénomène social, malgré les luttes sociales et les politiques publiques dans ce domaine, oblige à prendre sérieusement en considération l’hypothèse selon laquelle la « crise » du logement serait une institution nécessaire au mode de production capitaliste. En d’autres termes, la Question du logement ne pourrait être résolue sans « abolir l’exploitation et l’oppression de la classe ouvrière par la classe dominante » (Engels 1872). Des travaux plus récents avancent cependant l’hypothèse que les expulsions de logement participeraient, en elles-mêmes, à organiser et « propager » (Desmond, 2012), « l’exploitation de la pauvreté urbaine » (Duvoux, 2013), et tout particulièrement celle des femmes et des personnes racisées; deux catégories sociales précisément délaissées par l’analyse marxiste orthodoxe. Ces travaux invitent alors à repenser la place du logement dans l’analyse des contradictions sociales et des stratégies de construction de solidarités.

Question de « petits bourgeois » pour les uns, question au cœur des mécanismes de production et de reproduction des inégalités pour les autres, c’est cette tension que cette communication souhaite questionner à partir de travaux et de données disponibles sur les causes et les conséquences des expulsions.

Cette conférence sera présentée par Martin Gallié, professeur au Département des sciences juridiques de l’UQAM.

Les journées printanières du CREMIS 2017

Le printemps s’annonce riche en activités variées au CREMIS!  

Pour un avant-goût des conférences, des séminaires, des colloques et autres événements qui auront lieu dans le cadre des journées printanières 2017, nous vous invitons à regarder le programme provisoire dès maintenant!

Pour les activités se déroulant au CREMIS: l’entrée aux midis-conférences est libre et ne nécessite aucune inscription.

Colloque « Appréhender, documenter et répondre aux inégalités sociales et à leurs effets. Perspectives de jeunes chercheur.es du CREMIS »

En prenant pour point de départ les inégalités comme des différences systémiques et symboliques, entre des individus, basées sur un accès limité aux ressources – économique, politique, culturelle, etc. – d’une société, ce colloque s’inscrit plus particulièrement au sein des trois axes d’analyses. Ce colloque cherche à favoriser les échanges et le dialogue entre jeunes chercheur.es et chercheur.es du CREMIS.

Programme

9h00-9h30 : Accueil des participant.es (café/croissants)

9h30-9h40 : Mot de bienvenue 

9h40-10h00 : Conférence d’ouverture par Christoper McAll, professeur et directeur du département de sociologie, UdeM et Co-directeur scientifique, CREMIS, CIUSSS-CSIM

10h05-12h00 : Pratiques, interventions et institutions

Présidente de séance :  Alizé Houdelinckx

10h05-10h25 : Romain Paumier, doctorant, département de sociologie, UQAM

Connaître le bon moment et la bonne distance : les stratégies de gestion de la proximité dans l’intervention de première ligne visant l’autonomie des usagers de drogues par injection.

10h25-10h45 : Stéphane Handfield, candidat à la maitrise, département de sociologie, UdeM

Enjeux éthiques et pratiques dans l’application des principes valorisant l’autodétermination dans le cadre de l’intervention psychosociale en déficience intellectuelle et en itinérance.

Période de questions : 10h45-11h00

11h00-11h20 : Annick Vallières, doctorante, département de sociologie, UdeM

Remise en question de l’institution de la maternité illustrée par le cas de l’allaitement maternel.

11h20-11h40 : Anne-Gaëlle Leloup, candidate à la maitrise, département de travail social, UQAM

L’hébergement transitoire en tant que déterminant social de santé chez les femmes de 45 ans et plus.

Période de question 11h40-12h00

12h00-13h00 : Pause diner

13h00-14h50 : La parole citoyenne

Présidente de séance : Annick Vallières

13h00-13h20 : Julie Richard, doctorante, santé communautaire, Université Laval

Quand les jeunes prennent la parole : une recherche action participative pour un développement intégré et solidaire.

13h20-13h40 : Alizé Houdelinckx, candidate à la maitrise, département de sociologie, UdeM

Les rapports au travail des jeunes adultes diplômés : les temps de l’insertion professionnelle.

Période de questions : 13h40-13h55

13h55-14h15 : Isabelle Ruelland, doctorante, département de sociologie, UdeM

Des « cercles citoyens » en marge de l’organisation participative et implication des utilisateurs de services, et les pratiques alternatives de citoyenneté.

14h15-14h35 : Amélie Robert, candidate à la maitrise, département de sociologie, UdeM

Vivre avec les conséquences d’un diagnostic de TDA/H : la voix des personnes diagnostiquées.

Période de questions : 14h35-14h50

14h50-15h05 : Pause

15h05-16h35 : Vulnérabilités et inégalités sociales

Président de séance : Romain Paumier

15h05-15h25 : Emmanuelle Arpin, doctorante, Health Services Research, Université de Toronto

Perspectives croisées : les déterminants sociaux de la vulnérabilité sexuelle chez les jeunes de 18 à 25 ans.

15h25-15h45 : Antoine Mazot-Oudin, candidat au doctorat à l’Université de Lille 2 et à l’UdeM

Appréhender les inégalités sociales en France et au Québec en milieu populaire. Retour sur deux terrains de recherche au camping.

15h45-16h05 : Noushi Nioushah, département de médecine dentaire, Université McGill

Les expériences de soins de personnes utilisant des cliniques dentaires gratuites.

Période de questions : 16h05-16h35

16h35 : Mot de la fin

** Nous continuerons la discussion dans une formule 5-7 dans un endroit près des locaux du CREMIS. **

Naviguer en eaux troubles : policiers et intervenants socio-sanitaires dans le champ de l’autisme et de la déficience intellectuelle

Les policiers montréalais sont régulièrement appelés à intervenir auprès de personnes composant avec une déficience intellectuelle ou de l’autisme. Ce faisant les services de police sont désormais considérés comme parties-prenantes à la mise en place d’un continuum de services adaptés aux besoins de ces personnes. Si l’interaction entre services de police et services socio-sanitaires se fait sur une base régulière, et, à certains égards laisse présager une forme d’hybridation des services, les orientations politiques, la répartition des rôles, les attentes respectives et les modalités d’intervention à déployer, demeurent informelles et changeantes. Chez les policiers comme chez les professionnels du réseau de la santé et des services sociaux, ce flou autour des orientations et des pratiques à mettre en place est source de confusion et de frustration. Comment communiquer sans provoquer des bris de confidentialité? Comment offrir un traitement adapté sans bafouer les droits des personnes? Comment ajuster les interventions en fonction de situations complexes tout en respectant le mandat de son organisation? Sans balises définies et reconnues, la négociation de la légitimité de l’intervention se fait in situ avec pour résultante une grande variation dans les orientations préconisées.

Cette présentation se structure autour de résultats d’analyse d’une série de focus groups menés auprès de policiers du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) et de professionnels de la réadaptation en autisme et déficience intellectuelle (CIUSS-CSIM) au cours de l’automne 2015 et de l’hiver 2016.

Une conférence de Guillaume Ouellet, chercheur au Centre de recherche et d’expertise en DI/TSA du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et Olivier Corbin-Charland, candidat à la maîtrise en sociologie à l’UdeM et agent de recherche au Centre de recherche et d’expertise en DI/TSA du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Jeudi 16 mars, de 12h à 13h30. Aucune réservation n’est nécessaire. Apportez votre lunch.

Les tribunaux spécialisés, pour une justice à visage humain ? L’exemple du Programme Accompagnement Justice Itinérance à la cour municipale de Montréal (PAJIC)

Véritables voies alternatives à la procédure criminelle et pénale, les tribunaux spécialisés prennent de plus en plus d’ampleur au Québec et bon nombre de villes et d’institutions judiciaires dévouent des ressources à la mise sur pied de ces tribunaux.  Le Programme Accompagnement Justice Itinérance à la cour municipale de Montréal (PAJIC) est du nombre. Institué en 2009, le PAJIC tente de répondre à la judiciarisation des personnes en situation d’itinérance à Montréal.  Mais dans un contexte de profilage social des populations itinérantes (Commission des droits de la personne, 2009), le PAJIC fait-il partie du problème ou de la solution?

Partant des regards croisés de Véronique Fortin (juriste) et d’Isabelle Raffestin (intervenante), cette présentation abordera les objectifs du PAJIC, son histoire et son fonctionnement actuel.  Elle tracera ensuite les liens entre ce programme et la première étude sur la judiciarisation de l’itinérance à Montréal (Bellot et al. 2005), en soulignant que le PAJIC est un programme à part dans le monde des tribunaux spécialisés, notamment en raison de sa flexibilité et de son ancrage dans le milieu communautaire. Finalement, elle exposera les défis auxquels le PAJIC fait face, en tant que réponse individuelle à la judiciarisation des personnes en situation d’itinérance.

Conférence par :

Véronique Fortin, professeure adjointe, Faculté de droit, Université de Sherbrooke et Isabelle Raffestin, coordonnatrice de l’intervention, Clinique Droits Devant.

Usages et visages de la police dans le champ de l’autisme et de la déficience intellectuelle : entre hybridation et instrumentalisation

Dans le contexte post-désinstitutionalisation, les policiers montréalais sont régulièrement appelés à intervenir auprès de personnes composant avec une déficience intellectuelle ou de l’autisme. Ce faisant les services de police sont désormais considérés comme parties-prenantes à la mise en place d’un continuum de services adaptés aux besoins de ces personnes. Si l’interaction entre services de police et services socio-sanitaires se fait de plus en plus fréquente, et laisse présager une forme d’hybridation des services, les orientations politiques, la répartition des rôles, les attentes respectives et les modalités d’intervention à déployer, demeurent informelles et changeantes. Chez les policiers comme chez les professionnels du réseau socio-sanitaire, ce flou autour des pratiques à mettre en place est source de confusion et de frustration. Comment collaborer sans instrumentaliser l’autre? Comment communiquer sans provoquer des bris de confidentialité? Comment ajuster les interventions en fonction de situations complexes tout en respectant les droits des personnes et les mandats organisationnels? Pour l’heure ces questions demeurent entières et entre-temps, la négociation de la légitimité de l’intervention se fait in situ avec pour résultante une grande variation dans les orientations préconisées. Cette présentation se structure autour de résultats d’analyse d’une série de focus groups menés auprès de policiers du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) et de professionnels de la réadaptation en autisme et déficience intellectuelle (CIUSS-CSIM) au cours de l’automne 2015 et de l’hiver 2016.

Conférence par:

Guillaume Ouellet, chercheur au Centre de recherche et d’expertise en DI/TSA du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Olivier Corbin-Charland, candidat à la maîtrise en sociologie à l’UdeM et agent de recherche au Centre de recherche et d’expertise en DI/TSA du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.