Mettre en mots les inégalités sociales : regard global et langage commun entre praticien.ne.s, gestionnaires et chercheur.es

Atelier de travail du CREMIS – Ouvert à toutes et à tous

Les personnes qui interviennent dans le cadre des services sociaux et de santé sont confrontées quotidiennement aux inégalités sociales et à leurs impacts sur les populations. Comment perçoivent-elles ces inégalités ainsi que leur propre rôle, soit dans le maintien des inégalités – bien malgré elles, le cas échéant – soit dans leur diminution?

Au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal, la présence du CREMIS permet, en particulier, d’ouvrir des espaces collectifs de réflexion sur les inégalités sociales où se croisent les préoccupations des praticien.ne.s, des chercheur.es et des gestionnaires.

Y a-t-il convergence des perceptions et des points de vue sur les inégalités entre les ces différents groupes d’acteurs, ou une diversité de perceptions qui rendrait difficile l’action cohérente et collective sur les inégalités? Si diversité de perspectives il y en a, de quelle façon enrichit-elle la réflexion et l’action sur les inégalités ?

Lors de cet atelier seront présentés les résultats d’un projet de recherche réalisé au CREMIS visant à jeter les bases d’un regard global et d’un langage commun permettant une action transdisciplinaire et intersectorielle cohérente sur les inégalités sociales et leurs conséquences.

Les présentations porteront sur plusieurs volets du projet, notamment l’analyse d’entretiens qui témoignent des perceptions variées des inégalités sociales selon qu’on est clinicien.ne, gestionnaire ou chercheur.e. Les résultats d’un atelier de travail où des personnes représentant trois groupes professionnels distincts ont « mis en mots » les inégalités, tout en les situant par rapport à leur propre pratique professionnelle, seront également mis en discussion.

Les échanges réuniront des participant.e.s ayant des profils variés (clinicien.ne.s, gestionnaires ou chercheur.es) qui seront invité.e.s à partager sur place leurs expériences en lien avec les inégalités sociales, dans le but de contribuer au développement d’un regard global et d’un langage commun sur les inégalités sociales et leurs conséquences.

Journée Femmes et droit

Bienvenue à toutes et tous

Organisé par Emmanuelle Bernheim (chercheure, Département des sciences juridiques, UQAM, membre du CREMIS) et Nicolas Sallée (chercheur, Département de sociologie, UdM, membre du CREMIS).

Cette journée, organisée avec le soutien de la Revue canadienne Femmes et droit, vise à interroger les rapports sociaux de genre qui traversent les institutions du champ du droit et de la justice, et qui sous-tendent leur activité. La journée, qui réunira diverses disciplines (histoire, sociologie, droit, sexologie, criminologie, travail social), sera structurée autour de neuf présentations, réparties en cinq sessions : 1. Femmes et prison ; 2. Femmes, famille et justice ; 3. Agressions sexuelles : perspectives historiques ; 4. Agressions sexuelles : perspectives actuelles ; 5. Le corps des femmes sous la loupe du droit.

Programme de la journée

9h – 9h15. Mot de bienvenue

Session 1. 9h15 – 10h25. Femmes et prison

9h15-9h35.

Sophie Coulombe (agente de planification, programmation et recherche, CREMIS)
Les femmes incarcérées : porter la responsabilité de sa réintégration sociale

9h35 – 9h55.

Delphine Gauthier-Boiteau (étudiante à la maitrise, sciences juridiques, UQAM)
Femmes autochtones psychiatrisées en milieu carcéral : l’état du consentement dans le cadre des soins obstétricaux et gynécologiques

9h55 – 10h25. Discussion collective

10h25 – 10h40. Pause

Session 2. 10h40 – 11h50. Femmes, familles et justice

10h40 – 11h.

Hélène Zimmermann (Chargée de cours et professionnelle de recherche, Faculté de droit, Université Laval)
Rôles parentaux et stéréotypes genrés dans le traitement judiciaire des séparations conjugales

11h – 11h20.

Emmanuelle Bernheim (professeure, sciences juridiques, UQAM, CREMIS)
La représentation de la maternité dans la jurisprudence de la Chambre de la jeunesse

11h20 – 11h50. Discussion collective

11h50 – 13h15. Pause

Session 3. 13h15 – 14h25. Agressions sexuelles : perspectives historiques

13h15 – 13h35.

Ann-Julie Durocher et Amélie Lamontagne (étudiantes et auxiliaires de recherche, Université de Montréal)
Défis à la condamnation : Les violences sexuelles à plusieurs et leur traitement judiciaire dans le district de Montréal (1960-1980)

13h35 – 13h55.

Jean Bérard (Maitre de conférences, histoire, ENS Cachan) et Nicolas Sallée (professeur, sociologie, Université de Montréal, CREMIS)
Du silence des archives aux archives du silence : les violences incestueuses devant les tribunaux au Québec (1960-1980 et années 2000)

13h55 – 14h25. Discussion collective

14h25-14h40. Pause

Session 4. 14h40 – 15h50. Agressions sexuelles : perspectives actuelles

14h40 – 15h.

Carole Boulebsol (étudiante à la maitrise, travail social, UQAM) et Rachel Chagnon (professeure, sciences juridiques, UQAM)
Le droit et son application: les expériences des femmes victimes de violence face aux système de justice

15h – 15h20.

Manon Bergeron (professeure, sexologie, UQAM)
Résultats et réflexions issus de l’Enquête ESSIMU sur la violence sexuelle en milieu universitaire au Québec

15h20 – 15h50. Discussion collective

Session 5. 15h50 – 16h10. Le corps des femmes sous la loupe du droit

15h50 – 16h10.

Isabelle Perreault (professeure, criminologie, Université d’Ottawa)
Du droit des femmes à disposer de leur corps? Avortements, maisons de débauche et tentatives de suicide dans les archives judiciaires de Montréal au cours de l’après-guerre.

16h10 – 16h25. Discussion collective.

16h25. Mot de clôture.

Autonomie : significations et traductions sur les terrains de l’intervention et de la recherche

Bienvenue à toutes et tous

Lors d’un précédent séminaire, nous avons exploré les villes et leur pouvoir d’agir au niveau local. La question de l’autonomie, vis-à-vis de l’État, a été posée. Autonomie vient d’ailleurs du grec autos : soi-même et nomos : loi, règle ; à l’époque où les romains laissaient à certaines villes grecques le droit de se gouverner par leurs propres lois. Aujourd’hui, la notion d’autonomie revêt plusieurs significations dépassant la dimension politique. Il y est souvent question de règles sociales et de relations sociales.

Tant la recherche en sciences sociales que l’intervention auprès de publics variés – les jeunes, les personnes âgées, les bénéficiaires de l’aide sociale, les handicapés, etc. – ont recours à ce terme sans pour autant le définir. Au-delà de l’aspect conceptuel, comment cette notion se traduit-elle sur les terrains de la recherche ou de l’intervention ? Qu’est-ce que cela signifie dans les parcours de vie ?

Lors ce séminaire, plusieurs facettes de l’autonomie seront abordées : autonomie des personnes, notamment des jeunes; autonomie des intervenant-e-s ou agent-e-s institutionnels; autonomie des groupes, comme ceux faisant partie de l’action communautaire. Une réflexion critique sera également poussée sur l’injonction paradoxale à l’autonomie qui peut ressortir de certains dispositifs, notamment dans un contexte d’activation. Finalement, ce sera l’occasion d’interroger les transformations de l’État social et les inégalités sociales à travers le prisme de l’autonomie.

Séminaire co-organisé par Jean-Baptiste Leclercq (chercheur d’établissement au CREMIS) et Catherine Charron (postdoctorante au CREMIS) et co-animé par Stéphane Handfield, (professionnel de recherche au CREMIS)

Ce séminaire prendra la forme d’une table-ronde avec des présentations de:

  • François-Xavier Charlebois, Doctorant Sciences-humaines appliquées, UdeM
  • Audrey Mariette, Maîtresse de conférences en science politique et Chercheure au centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris (CRESPPA)
  • Jacques Moriau, Chercheur au centre Migrations, Espaces, Travail, Institutions, Citoyenneté, Épistémologie, Santé (METICES), Université libre de Bruxelles
  • Cécile Van de Velde, Professeure de sociologie (UdeM) et membre du CREMIS

La prévention de l’itinérance chez les jeunes à travers le prisme de l’intersectorialité

Ce séminaire est organisé dans le cadre des journées printanières du CREMIS

Cette activité de discussion vise à amorcer une réflexion collective sur la prévention de l’itinérance chez les jeunes. Il s’agit de repenser les stratégies de prévention pour mettre fin à l’itinérance des jeunes à travers le prisme de l’intersectorialité. Pour ce faire, des personnes travaillant auprès des jeunes dans divers milieux institutionnels et communautaires, mais n’intervenant pas directement dans le domaine de l’itinérance seront invitées à présenter différentes approches alternatives pouvant avoir un impact positif sur les trajectoires des jeunes pouvant être « à risque » d’itinérance. Inspirée du modèle collaboratif du world café, c’est dans une ambiance chaleureuse que les participant·es seront réuni·es en petit groupe autour des tables. Une présentation d’une heure et demie, sous forme de table ronde, est prévue à titre de préambule et une équipe d’animation assurera le déroulement de l’activité. 

Conférencières et conférenciers invité·es pour la table ronde: 

  • Pascal Jobin, Institut universitaire jeunes en difficulté, CCSMTL
  • Mélissa Lamoureux de l’Auberge du Cœur L’Antre-temps 
  • Jean-François St-Onge de l’organisme RAP-Jeunesse 
  • Mélissa Roussel du Bureau consultation jeunesse 
  • Danielle Goulet de l’organisme Macadam Sud 

Déroulement de la journée

8h30: Accueil des participant·es (collation et café) 

9h à 10h15: Table ronde sur la prévention de l’itinérance chez les jeunes 

10h15 à 10h30: Pause (collation et café) 

10h30 à 11h40: World Café 

11h40 à 12h: Retour en plénière et mot de la fin 

L’État social « actif » : perspectives critiques

Bienvenue à toutes et tous

La plupart des pays occidentaux ont connu dans les dernières décennies des réformes visant « l’activation » de leurs régimes de protection sociale. Ces changements reposent sur un diagnostic d’essoufflement ou même d’échec de l’État social, dit « État-providence », face à la montée du chômage, à la cristallisation de la pauvreté et à la « crise » des finances publiques. Dans ce contexte, il s’agit pour les pouvoirs publics de transformer les dépenses sociales « passives » en leviers pour favoriser la participation du plus grand nombre au marché de l’emploi. La généralisation de cette logique de l’activation traduit une certaine vision de la société et du lien social. Ainsi, on assiste à un recul graduel de l’idée de responsabilité collective et de protection sociale au profit d’une réthorique politique de la responsabilité individuelle et de l’investissement social. Dans le domaine de l’assistance, le droit à des prestations sur la base des besoins cède peu à peu la place à de nouvelles formes de conditionnalité, liées à l’adoption de certains comportements vis-à-vis le marché de l’emploi.

Qu’en est-il au Québec en 2018? Quels constats pouvons-nous tirer de plus ou moins 25 ans d’activation des politiques sociales? Entre « activation de la protection sociale » et « activation des individus » – chômeurs et chômeuses, femmes, personnes âgées -, quels visages prend l’État social « actif » et quels sont les impacts sur les populations?  Comment le modèle de « l’État social actif » peut-il être mis en relief avec la question des inégalités sociales? Ce séminaire sera l’occasion d’aborder ces questionnement sous différents angles, celui des politiques comme celui des pratiques des différents acteurs et actrices qui, au sein ou à la périphérie de l’État, mettent en oeuvre ces politiques.

Avec des présentations de:

  • Marie-Pierre Boucher, département de relations industrielles, UQO
  • Audrey Gonin, école de travail social, UQAM, membre du CREMIS
  • Antoine Dubé-Poitras, Carrefour Jeunesse Emploi du Plateau
  • Catherine Charron, stagiaire postdoctorale au CREMIS

Médecins : leur vécu des inégalités sociales dans l’accès aux soins

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé du CREMIS

Le système de soins québécois public est universel; pourtant, nous n’y avons pas tous le même accès. Savoir à quelle porte frapper quand ça va mal, s’y rendre physiquement, comprendre les soins offerts, y consentir de façon libre et éclairée, payer quand il faut payer, dire que ça ne va toujours pas mieux, le cas échéant … Autant d’étapes qui s’avèrent plus ou moins faciles selon « qui » on est dans la société.

Pour étudier ces inégalités dans l’accès aux soins, on choisit souvent de les compter. Comment, par exemple, évolue le nombre de consultations médicales annuelles à mesure que l’on s’élève dans l’échelle des revenus ? À cette froide objectivité des chiffres, on oppose parfois le vécu – tour à tour inquiet, exaspéré, résigné – de ceux qui ont « moins »: moins de soins, moins de compréhension, moins de choix, etc.

Mais on oublie souvent d’interroger le vécu des autres acteurs de cette scène inégalitaire : les médecins. Comment vivent-ils ces inégalités dans lesquelles sont pris certains de leurs patients ? Comment les comprennent-ils ? Comment y réagissent-ils ? Quelle est leur marge de manœuvre face à des logiques qui les dépassent ? Pour explorer la question des inégalités sociales dans l’accès aux soins, nous prendrons cet angle de vue original : le vécu de ceux qui, s’ils ne vivent pas ces inégalités dans leur chair, en sont pourtant des acteurs cruciaux.

Les échanges seront introduits par la présentations de deux études menées sur ces questions, à Montréal et en France, et deux témoignages de médecins.

Samuel Blain est chef de service de médecine générale – volet médecine de proximité et dépendance – et médecin-conseil à la Direction de la santé publique du CIUSSS-de-la-Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Estelle Carde est professeure de sociologie à l’Université de Montréal et chercheure au CREMIS. Elle a mené, avec Mathieu Isabel, Nadia Giguère et Philippe Karazivan, l’étude « Inégalités sociales, patients difficiles et médecins de première ligne: une étude exploratoire ».

Marie-Claude Goulet est médecin de famille au CLSC des Faubourgs. Elle a travaillé auprès des Inuits, ainsi qu’auprès de personnes toxicomanes et itinérantes. Elle a été impliquée dans le Projet Montréal du regroupement Médecins du Monde.

Audrey Mariette est sociologue au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA-CSU) et maîtresse de conférences à l’université Paris 8 Saint-Denis-Vincennes. Elle est co-réalisatrice, avec Laure Pitti, de l’enquête « Politiques, professions et pratiques de santé en territoires populaires : enquête dans une commune de la banlieue parisienne ».

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé du CREMIS, porté par Estelle Carde et Nadia Giguère.

La fin du sida est-elle possible ? Discussion autour du livre

Bienvenue à toutes et tous

« La fin du sida » : l’objectif apparaît utopique, au vu des multiples défis posés par l’épidémie. Il est pourtant, en 2018, au cœur des réflexions de la santé publique, des militants associatifs, des médecins et des chercheurs. L’objet de ce livre, écrit par deux acteurs et observateurs de la lutte contre le VIH/sida, est d’éclairer les enjeux contemporains de l’épidémie autour de quelques questions : où en est l’activisme sida, qui fut une figure majeure des mouvements sociaux des années 1990 ? Assistons-nous à une normalisation des relations patients/soignants et à une reprise du pouvoir par les médecins ? Quelle place reste-t-il pour la prévention hors d’un modèle pharmaceutique ? Qu’en est-il des laissés pour compte des avancées thérapeutiques ? Le sida est-il devenu une « maladie comme les autres » ? Au-delà d’un certain triomphalisme biomédical, ce livre incite à redonner une place centrale aux inégalités sociales, aux libertés individuelles et aux droits humains dans la lutte contre l’épidémie.

Venez en discuter en présence de Gabriel Girard (co-auteur, membre du CREMIS) et de Véronique Houle (directrice des opérations nationales, Médecins du Monde Canada).

Villes et État social : pouvoir d’agir à l’échelon local

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique État social du CREMIS

La citoyenneté est intimement liée à l’histoire des villes. Lieux de marché, selon Weber, elles sont devenues au fil de temps des espaces politiques et décisionnels. Les villes ont été à la fois parties prenantes de la construction des États-nations tout en essayant de préserver une relative autonomie. Alors que dans un précédent séminaire nous nous interrogions sur les frontières de l’État social, qu’en est-il de la ville? Doit-on penser la ville comme l’un de des échelons de cet État ou comme une entité propre? Les processus de décentralisation, voire de métropolisation, dans le cas de Montréal, donnent plus de pouvoir aux villes. La tendance à la territorialisation des politiques publiques (ex. Politiques de la ville en Europe, ou responsabilité populationnelle des Centres intégrés de santé et services sociaux au Québec) est censée permettre une meilleure adaptation aux réalités des populations locales. Qu’est-ce que cela signifie en termes de politiques sociales et publiques? Quelles relations entretient l’acteur municipal avec d’autres acteurs, tels que ceux du  milieu communautaire ou des mouvements sociaux ? À l’heure où la « participation » semble un incontournable des politiques publiques, notamment au niveau municipal, comment celle-ci se réalise-t-elle concrètement? Ce séminaire permettra de nous interroger sur les transformations de l’État social et le pouvoir d’agir, à l’échelon local, sur les inégalités sociales.

Séminaire organisé par Jean-Baptiste Leclercq (chercheur d’établissement CREMIS) et Catherine Charron (postdoctorante CREMIS).

Coanimé avec Alain Arsenault (Organisateur communautaire CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal) et Mariona Gené Pablo (auxiliaire de recherche CREMIS).

Avec des présentations de :

  • Robert Beaudry, Conseiller de la ville – District de Saint-Jacques
  • Josiane Maheu et Anuradha Dugal, Conseil des Montréalaises
  • Marta Massana Macià, doctorante en anthropologie, UdeM
  • Santiago Eizaguirre Anglada, professeur de sociologie, Université de Barcelone

La contrainte sévère à l’emploi : trajectoires d’usagers et questionnements professionnels. Résultats d’une recherche exploratoire menée au CRAN

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé du CREMIS

Au Québec, un diagnostic médical est nécessaire pour qu’un bénéficiaire de l’aide de dernier recours puisse obtenir une contrainte sévère à l’emploi. Cette contrainte sévère, si elle est validée par le Comité d’évaluation médicale et socioprofessionnelle du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale,  permet de faire passer le revenu mensuel pour une personne seule de 648$ à 1035$ mensuellement, soit un supplément pouvant totaliser 50% du revenu de base sur l’aide sociale. Dans ce contexte, la signature d’un formulaire diagnostic pour contrainte sévère à l’emploi peut être génératrice de plusieurs questionnements chez les professionnels de la santé, qui s’interrogent sur les impacts de leur décision. Un projet exploratoire a été mené au Centre de recherche et d’aide pour narcomanes (CRAN) pour explorer ces questionnements professionnels et documenter les conditions de vie d’usagers du CRAN ayant abordé la question de la contrainte sévère à l’emploi avec un ou des membres de l’équipe de suivi. Les résultats de la recherche exploratoire montrent que si l’impact positif sur la santé d’un revenu supplémentaire n’est plus à démontrer, plusieurs enjeux émergent, notamment en ce qui a trait au poids de l’étiquette diagnostique et au risque de chronicisation de l’inemployabilité. Des réflexions s’imposent aussi sur les façons dont les professionnels de la santé appréhendent les requêtes des patients en lien avec l’aide sociale, sur les moyens de faire émerger une position commune au sein des équipes cliniques, et sur les enjeux moraux et structurels qui agissent comme facteurs externes aux décisions cliniques.

Une présentation de :

  • Nadia Giguère, Chercheure universitaire en établissement au CREMIS
  • Stéphane Handfield, Professionnel de recherche au CREMIS

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé du CREMIS, porté par Estelle Carde (professeur agrégée au département de sociologie de l’UdeM) et Nadia Giguère.

Arts et philosophie dans la rue : réflexion sur une approche d’intervention transformatrice et émancipatrice

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique Itinérance du CREMIS

Est-ce que les arts et la philosophie sont des stratégies pertinentes pour intervenir auprès des populations en situation de vulnérabilité? Comment penser l’arrimage entre les services d’intervention des organismes (ex. : logement, hébergement) et l’animation artistique et le dialogue philosophique? Ces questions seront abordées à partir d’exemples de projets terrains  (une caravane philosophique dans les rues de Montréal; des ateliers d’autodéfense intellectuelle et de réflexion socio-politique) et de projets de recherche action (Laboratoires d’innovation sociale) menés par l’organisme Exeko.  Ce midi-conférence sera l’occasion de réfléchir aux potentialités transformatrices et émancipatrices de pratiques d’intervention alternatives (arts et philosophie) qui sont souvent étiquetées comme non essentielles.

Une présentation de Nadia Duguay (co-fondatrice et co-directrice d’Exeko) et Maxime G. Langlois (chargé en recherche et transfert, Exeko).

Cette conférence s’inscrit dans les activités du champ de recherche thématique « Itinérance » du CREMIS. Les échanges seront animés par Philippe-Benoit Côté (Département de sexologie de l’UQAM) et Sue-Anne MacDonald (École de travail social de l’Université de Montréal), membres du CREMIS.

Entrée libre, apportez votre lunch.