Perspectives critiques sur la catégorie de « gang de rue » au Québec: entre théorie et pratique

Ouvert à tous, sur inscription

Depuis le début des années 1990 au Québec, la catégorie de gang de rue est associée à l’émergence d’une nouvelle « classe dangereuse ». Cette dernière serait composée d’un nouveau genre de délinquant, incarnant un plus grand potentiel de criminalité, de violence et de récidive. À l’origine d’une importante mobilisation des institutions publiques pour faire face à ce phénomène, les représentations médiatiques, scientifiques et policières du gang de rue s’entremêlent et contribuent à construire l’image d’une jeunesse menaçante, issue des classes populaires et des minorités racisées. Les instruments, programmes et pratiques mis en place pour prévenir et traiter le phénomène s’appuient sur un savoir expert qui souligne, de manière paradoxale, à la fois l’urgence d’agir contre les gangs de rue, et les contours flous et ambigus de la catégorie.

Dans une démarche réflexive, ce séminaire vise à susciter des échanges entre le milieu de la recherche et les milieux de pratique. Il propose ainsi d’ouvrir un espace de discussion critique sur la catégorie de gang de rue, en interrogeant ses fondements (médiatiques, scientifiques), la manière dont elle oriente les pratiques d’interventions des acteurs institutionnels (Centres jeunesse, services correctionnels, police, tribunaux, etc.) et les effets qu’elle produit sur les espaces et les populations qu’elle cible (jeunes, quartiers marginalisés, minorités racisées, etc.).

Séminaire organisé et animé par Benoit Décary-Secours (chercheur postdoctorant au CREMIS) et Nicolas Sallée (directeur scientifique du CREMIS et professeur au département de sociologie de l’Université de Montréal).

Avec des présentations de :

– Ted Rutland, Départment de géographie, urbanisme, et environnement, Université Concordia
– René-André Brisebois, praticien-chercheur et coordonnateur professionnel, Institut universitaire Jeunes en difficulté
– Nathalie Gélinas, praticienne-chercheure et intervenante pivot projet SPHÈRES, Centre intégré universitaire de santé et services sociaux du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal
– Benoit Décary-Secours, chercheur postdoctorant au CREMIS, Université de Montréal
– Nicolas Sallée, Département de sociologie, Université de Montréal (CREMIS)

Les présentations permettront de lancer les échanges entre l’ensemble des participant-es au séminaire qui pourront partager leurs analyses, réflexions et expériences.

Perspectives critiques sur la catégorie de « gang de rue » au Québec: entre théorie et pratique 20191122

L’expérimentation sociale

Bienvenue à toutes et à tous

Événement organisé et animé par:

  • Baptiste Godrie (CREMIS, Université de Montréal),
  • Tarik Benmarhnia (Université de San Diego) et
  • Pierre-Marie David (Université de Montréal)

Ce séminaire vise à discuter des enjeux éthiques, politiques et épistémologiques de l’expérimentation. Des présentations multidisciplinaires lanceront les échanges autour de l’expérimentation comme modalité de production des savoirs transformant les sujets et les objets qu’elle met en relation.

Suivra un 5 à 7 au pub Sainte-Élisabeth (1412 Rue Sainte Élisabeth) à l’occasion du lancement de l’ouvrage Les sociétés de l’expérimentation. Enjeux épistémologiques, éthiques et politiques, sous la direction de T. Benmarhnia, P.-M. David et B. Godrie (Presses de l’Université du Québec).

L’expérimentation sociale 20190911

Les relations symétriques entre les organismes communautaires et le monde de la recherche

Séminaire de travail de l’équipe Épistémè du CREMIS

Avec quels universitaires et à quelles conditions ? Ce séminaire vise à questionner la nature des relations entre organismes communautaires et universitaires lorsqu’ils collaborent en recherche à la lumière du concept d’inégalités épistémiques. En particulier, il s’appuiera sur la présentation des pratiques développées par Stella, l’Amie de Maimie et le Regroupement des centres d’amitié autochtone pour se «protéger» du monde de la recherche, allant du choix de leurs partenaires universitaires de recherche au développement de relations les plus symétriques possibles. Parmi les éléments pris en compte par ces groupes pour choisir/évaluer les collaborateurs potentiels : la présence de retombées positives pour les organismes et/ou les populations qu’ils accompagnent, l’explicitation du statut d’alliés de leurs luttes sociales, la définition des rôles respectifs et de leur degré d’implication dans les différentes étapes des projets de recherche qui leur sont proposés. Le séminaire sera également l’occasion d’explorer les enjeux spécifiques du partenariat de recherche avec les organismes communautaires qui accompagnent des groupes stigmatisés du point de vue des universitaires, ainsi que les stratégies qu’ils ont développées pour y faire face.

Animation
Maxime Boucher, coordonnateur du Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec et de l’équipe Épistémè du CREMIS

Intervenant.e.s :
– Audrey Pinsonneault, coordonnatrice en recherche et amélioration continue au Regroupement des Centres d’amitié autochtones du Québec
– Sandra Wesley, directrice générale, Stella, l’amie de Maimie
– Marlène André, agente à l’éducation, Stella, l’amie de Maimie
– Baptiste Godrie, chercheur au CREMIS et professeur associé au Département de sociologie de l’Université de Montréal

*Il s’agit d’un séminaire de travail ouvert à tous et toutes dans lequel les expertises et les expériences de chaque personne ayant déjà participé à des recherches participatives seront mises à contribution.*

Les relations symétriques entre les organismes communautaires et le monde de la recherche 20190618

Itinérance chez les femmes au Québec : le point sur leurs réalités

Ouvert à toutes et tous

Événement organisé et animé par Sue-Ann MacDonald et Philippe-Benoît Côté, membres du CREMIS.

Cette table ronde vise à faire le bilan des connaissances sur les réalités des femmes en situation d’itinérance et sur les interventions qui leur sont adressées. Que savons-nous sur les points tournants expliquant leur passage à l’itinérance, ainsi que sur les difficultés avec lesquelles elles doivent composer au quotidien? Quels sont les bienfaits et les lacunes des interventions existantes pour aider et soutenir les femmes en situation d’itinérance? Existe-t-il des variations géographiques quant à la réalité des femmes en situation d’itinérance, par exemple entre les centres urbains et les centres périphériques? Dans une atmosphère dynamique et interactive, cette table ronde est l’occasion de croiser les analyses issues de différentes équipes de recherche et milieux de pratique afin de faire le point sur les réalités des femmes en situation d’itinérance et dégager des pistes de réflexion pour la recherche et la pratique.

Conférencières

  • Céline Bellot, Directrice de l’École de travail social, Professeure titulaire, Directrice de l’Observatoire des profilages (CREMIS)
  • Marine Maurin, Enseignante-chercheuse à l’IREIS
  • Catherine Flynn, Professeure substitut, Département des sciences humaines et sociales, UQAC
  • Léonie Couture, Fondatrice et Directrice générale, La rue des femmes
  • Josiane Maheu, vice-présidente du Conseil des montréalaises
Itinérance chez les femmes au Québec: le point sur leurs réalités 20190509

Quand le social punit: l’exemple de l’aide sociale

Une présentation, dans le cadre du champ thématique « État social »

Conférencières:

  • Catherine Chesnay, professeure à l’École de travail social de l’Université du Québec à Montréal, membre du CREMIS
  • Élisabeth Greissler, professeure adjointe à l’École de travail social à l’Université de Montréal, membre du CREMIS
  • Véronique Fortin, professeure à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke

Depuis sa mise en place dans les années 1960, le législateur québécois n’a cessé de réformer le dispositif d’aide sociale, notamment pour catégoriser les prestataires. On observe en fait plusieurs étapes dans la mise en œuvre de mécanismes de contrôle des prestataires : un classement selon les inaptitudes au travail, l’instauration d’une forme de contrepartie (formation, démarches d’insertion professionnelle), la responsabilisation des prestataires de l’aide sociale quant à leur employabilité, ou la multiplication des mesures administratives et des processus de surveillance. Depuis 2005, les transformations de l’aide sociale s’inscrivent plus clairement encore dans un tournant que l’on peut qualifier de punitif (Fassin, 2017; Wacquant 2009; Chan et Mirchandani 2007) : des mesures pénaliseraient particulièrement certains profils de prestataires à l’aide sociale (par ex. les jeunes) ou encore certaines stratégies de survie (p. ex., la colocation). Dans le même sens, la dernière réforme de l’aide sociale a mis en place le programme Objectif Emploi qui oblige les premiers demandeurs de l’aide sociale à participer à un plan d’intégration à l’emploi, sous peine de pénalités administratives (suspension, coupures, etc.).

En s’intéressant aux mesures punitives au sein du dispositif d’aide sociale ainsi qu’aux pratiques d’organismes de défense de droits, cette communication vise à comprendre à la fois comment les récentes réformes fragilisent les parcours des prestataires, le vivre-ensemble et comment s’articulent et s’expriment les stratégies qui tentent de défendre un autre modèle de protection sociale. Pour mener à bien cette réflexion nous mobiliserons les premiers résultats d’une recherche en cours sur les récentes réformes de l’aide sociale au Québec reposant sur trois axes : données des tribunaux administratifs ; récits d’expérience de prestataires ; entretiens de groupes auprès de trois organismes et regroupements engagés dans la défense des droits des prestataires d’aide sociale.

Bibliographie

Chan, W. et K. Mirchandani. (2007), Criminalizing Race, Criminalizing Poverty: Welfare Fraud Enforcement in Canada.
Fernwood Publishing, 107 p.
Fassin, D. (2017).  Punir. Une passion contemporaine, Paris, Éditions du Seuil.
Wacquant, L. (2009). Punishing the Poor. Durham et London, Duke University Press, 408 p.

Quand le social punit: l’exemple de l’aide sociale 20190429

Décentraliser la recherche et co-construire des connaissances hors université: le cas de Parole d’excluEs et de son Incubateur universitaire

7ème Séminaire de travail de l’équipe Épistémè du CREMIS

Animé par Isabel Heck, chercheure à Parole d’excluEs, codirectrice de l’Incubateur universitaire de Parole d’excluEs et professeure associée à l’UQAM

Avec la collaboration de Florianne Socquet (agente de recherche à Parole d’excluEs), Nomez Najac (chargé de mobilisation, Parole d’excluES), Bochra Manaï (coordinatrice générale, Parole d’excluEs) et deux citoyens impliqués (à confirmer).

Dans ce séminaire, nous invitons les participant.e.s à explorer des avenues de « décentralisation de la recherche » pour réduire les inégalités épistémiques, et à interroger le rôle et la nature de la contribution des chercheur.e.s au sein de ces initiatives. Centrés autour de l’expérience de Parole d’excluEs et de son Incubateur universitaire, nous souhaitons illustrer des processus de mobilisation et de co-construction de connaissances initiés et portés par des acteurs et actrices terrain, auxquels des chercheur.e.s participent à côté de citoyen.ne.s et praticien.ne.s. Nous discuterons des effets, leviers et défis que pose une telle pratique.

Il s’agit d’un séminaire de travail ouvert à tous et toutes dans lequel les expertises et les expériences de chaque personne ayant déjà participé à des recherches participatives seront mises à contribution.

Inscription auprès de Maxime Boucher: boucher.maxime.4@courrier.uqam.ca

Le suivi probatoire auprès de personnes autistes ou composant avec une déficience intellectuelle.

Inscription sur invitation

Confrontée à un nombre croissant de personnes autistes ou composant avec une déficience intellectuelle dans le système pénal, ainsi qu’à un taux de récidive élevé de cette population, l’Agence l’Intervalle, avec le soutien financier du bureau de la Direction générale des services professionnels correctionnels du Québec à Montréal, a créé un poste d’agent de suivi communautaire dédié à cette clientèle. Le but poursuivi par cette initiative est de combler un vide de service en développant une pratique de suivi probatoire spécialisée qui s’inscrit dans une approche de réadaptation sociale et qui table sur l’arrimage avec les services de santé et services sociaux. Dans le cadre de ce séminaire nous souhaitons faire connaitre cette nouvelle pratique et, plus largement, discuter des enjeux du suivi probatoire pour ces personnes. Pour favoriser les échanges, les invités conviés au séminaire seront issus de différents horizons professionnels (CIUSSS, SPVM, Intervalle, Services correctionnels, Cour municipale de Montréal, etc.).

Le séminaire donnera lieu à quatre présentations:

  • Marianne Hébert (Services correctionnels du Québec) présentera en quoi le suivi probatoire peut favoriser l’intégration sociale.
  • Paul Robitaille (Intervalle) présentera la pratique de suivi probatoire développée par la Maison l’Intervalle qui table sur l’arrimage avec les services de santé et services sociaux.
  • Julie Mérineau-Côté (DI-TSA-DP) abordera l’émergence des personnes à profils dits complexes.
  • Nicolas Sallée (CREMIS) brossera un portrait des enjeux d’intervention que soulève le suivi probatoire dans le champ de la jeunesse.

Également, Pierre Pariseau-Legault (UQO) a présentera les rudiments de l’approche de réduction des méfaits.

Les échanges qui suivront les présentations permettront de discuter des enjeux du suivi probatoire pour ces personnes et des défis que cela implique pour l’intervention.

Animation

Guillaume Ouellet, Chercheur à la direction de l’enseignement universitaire et de la recherche du  CCSMTL et professeur associé au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal

Objectifs de l’activité

  • Faire connaitre la pratique de suivi probatoire offerte par l’Agence l’Intervalle
  • Mise à contribution des savoirs académiques, professionnels et personnels
  • Réflexivité sur les pratiques d’intervention et leurs transformations
Séminaire Suivi probatoire en DI-TSA 20190222

Pratiques de co-analyse dans les recherches participatives

6ème Séminaire de travail de l’équipe Épistémè du CREMIS

Le moment de l’analyse dans les recherches participatives : Quelles pratiques de co-analyse pour ouvrir ce dernier bastion de la recherche?

Animation

  • Lucie Gélineau, professeure au Département de psychosociologie et travail social de l’UQAR, campus de Lévis
  • Sophie Dupéré, professeure à la Faculté des Sciences infirmières de l’Université Laval

Intention et consigne pour se préparer au séminaire

L’analyse est au coeur des démarches de recherche scientifique et représente souvent le dernier bastion réservé aux seul.e.s chercheur.e.s universitaires. L’intention de ce séminaire est d’explorer comment des équipes préoccupées par les inégalités épistémiques ont investi cet espace et ont passé du discours à l’acte. Pour ce faire, nous nous inspirerons de la méthode d’analyse en groupe développée par Campenhoudt et al. (2005).

Avant le séminaire, nous invitons chaque participant.e à réfléchir au thème de l’atelier, et à préparer un exemple vécu et circonscrit d’une expérience d’analyse qui fut inspirante ou porteuse du fait 1) de la mise à contribution lors de l’analyse de différents savoirs et expertises, ou 2) d’appropriation des démarches scientifiques d’analyse par des acteur.trice.s non-universitaires. Un canevas sera envoyé à l’avance aux personnes inscrites pour baliser la réflexion.

Il s’agit d’un séminaire de travail ouvert à tous et toutes dans lequel les expertises et les expériences de chaque personne ayant déjà participé à des recherches participatives seront mises à contribution.

Notez que, grâce à la collaboration du Réseau de recherche en santé des populations du Québec, une partie ou la totalité des frais de déplacement des personnes participantes pourra être remboursée. Une priorité sera donnée aux non-universitaires. Pour plus de détails, mentionnez votre intérêt pour un remboursement lors de votre inscription.

Regards croisés sur l’enjeu des catégories de genre et d’orientation sexuelle

Séminaire ouvert à toutes et à tous

Au mois de mai 2018, un séminaire réalisé au CREMIS qui a regroupé différent-es intervenant-es, chercheur-es et militant-es a permis d’explorer les enjeux associés à l’inclusion des jeunes issus de la diversité sexuelle dans les ressources d’hébergement social. Les discussions ont notamment porté sur la formation des professionnels, mais aussi sur les indicateurs dont se dotent les ressources pour catégoriser les personnes concernées. Dans ce contexte, la pertinence des catégories de genre et d’orientation sexuelle dans les questionnaires à l’entrée a été questionnée. Appréhender l’identité ou certaines caractéristiques des personnes accueillies peut permettre de mieux les orienter ou les accompagner. Mais la nécessité de s’auto‑catégoriser peut aussi constituer une violence symbolique pour certains jeunes (non‑binaires, en questionnement, queer, etc.). Du côté des professionnels, l’accès à de telles informations peut aussi être déstabilisant : qu’en faire ? Comment en parler avec la personne et/ou les autres ? Autrement dit, catégoriser le genre ou la sexualité n’est jamais une opération neutre.

Afin de poursuivre ce fil de discussion, un second séminaire permettra de croiser les regards sur cet enjeu des catégories de genre et d’orientation sexuelle. Nous explorerons cette thématique à partir des interventions de Mathieu Trachman (INED, France), qui nous parlera de son expérience de recherche notamment autour de la construction des catégories statistiques de genre et de sexualité. Nous écouterons par la suite Abelardo Leon (École de travail social, UdeM), dont le travail porte sur les réalités des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes issus des communautés latinos à Montréal. Sa contribution nous permettra de réfléchir aux croisements des catégories d’analyse (genre, sexualité, couleur de peau/origine culturelle). Enfin, Any Brouillette (Conseillère en éthique, CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal) nous présentera ses réflexions sur les dimensions éthiques des pratiques de catégorisations, en lien avec les activités quotidiennes des acteurs du réseau de la santé.

Ces présentations permettront de lancer les échanges entre l’ensemble des participant-es au séminaire qui pourront partager leurs analyses, réflexions et expériences.

L’appropriation du diagnostic

Séminaire ouvert à toutes et à tous

Par « appropriation d’un diagnostic », nous désignons ici le processus par lequel un individu en vient à accepter le diagnostic qui est porté à son endroit, ou à revendiquer un diagnostic qui n’a pas encore été porté. La « non appropriation » correspond, symétriquement, au refus du diagnostic porté.

L’appropriation diagnostique fait souvent l’objet d’une analyse en termes psychologiques ; on va par exemple identifier une séquence d’états psychiques tels que déni, inquiétude, choc, dénégation, anxiété, dépression. Nous nous intéressons surtout, dans ce séminaire, à ses ressorts sociaux. La façon dont un individu s’approprie ou non « son » diagnostic dépend en effet, notamment, des représentations qui lui sont associées (est-il valorisant ou stigmatisant ?) et des ressources auquel il est censé faciliter, ou non, l’accès (tels qu’arrêt de travail et soins).

Ces ressorts sociaux expliquent la diversité des modes d’appropriation diagnostique. Ainsi par exemple, une appropriation peut être « partielle » : la personne accepte le diagnostic pour les programmes de prise en charge auxquels il est associé, sans pour autant être intimement convaincue qu’il corresponde à son état. Autre exemple, certaines appropriations donnent lieu à la mobilisation collective de patients porteurs du même diagnostic pour demander que les personnes qui en sont atteintes ne soient pas stigmatisées et aient accès à certaines ressources ou encore que plus de recherche soit effectuée sur la maladie.

Le séminaire entend ainsi à la fois décrire et comprendre l’appropriation diagnostique dans ses diverses configurations, en santé physique ou mentale. La discussion sur ces enjeux sera alimentée par 4 présentations :

  • Isabelle Jacques (CREDITSA) prépare un mémoire en sociologie sur l’appropriation diagnostique de troubles de santé mentale.
  • Francine Leblanc est animatrice bénévole de groupes d’entraide pour l’AQDC (association québécoise de la douleur chronique) de Trois-Rivières.
  • Émilie Proteau-Dupont est professionnelle de recherche sur le projet « Jeunes et santé mentale : épreuves individuelles, mobilisation collective » mené présentement au CREMIS.
  • Robert Théoret est travailleur (retraité) du Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ).

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé du CREMIS, porté par Estelle Carde (professeure agrégée de sociologie et membre du CREMIS) ainsi que Nadia Giguère et Baptiste Godrie (chercheurs d’établissement au CREMIS).