L’appropriation du diagnostic
Séminaire ouvert à toutes et à tous
Par « appropriation d’un diagnostic », nous désignons ici le processus par lequel un individu en vient à accepter le diagnostic qui est porté à son endroit, ou à revendiquer un diagnostic qui n’a pas encore été porté. La « non appropriation » correspond, symétriquement, au refus du diagnostic porté.
L’appropriation diagnostique fait souvent l’objet d’une analyse en termes psychologiques ; on va par exemple identifier une séquence d’états psychiques tels que déni, inquiétude, choc, dénégation, anxiété, dépression. Nous nous intéressons surtout, dans ce séminaire, à ses ressorts sociaux. La façon dont un individu s’approprie ou non « son » diagnostic dépend en effet, notamment, des représentations qui lui sont associées (est-il valorisant ou stigmatisant ?) et des ressources auquel il est censé faciliter, ou non, l’accès (tels qu’arrêt de travail et soins).
Ces ressorts sociaux expliquent la diversité des modes d’appropriation diagnostique. Ainsi par exemple, une appropriation peut être « partielle » : la personne accepte le diagnostic pour les programmes de prise en charge auxquels il est associé, sans pour autant être intimement convaincue qu’il corresponde à son état. Autre exemple, certaines appropriations donnent lieu à la mobilisation collective de patients porteurs du même diagnostic pour demander que les personnes qui en sont atteintes ne soient pas stigmatisées et aient accès à certaines ressources ou encore que plus de recherche soit effectuée sur la maladie.
Le séminaire entend ainsi à la fois décrire et comprendre l’appropriation diagnostique dans ses diverses configurations, en santé physique ou mentale. La discussion sur ces enjeux sera alimentée par 4 présentations :
- Isabelle Jacques (CREDITSA) prépare un mémoire en sociologie sur l’appropriation diagnostique de troubles de santé mentale.
- Francine Leblanc est animatrice bénévole de groupes d’entraide pour l’AQDC (association québécoise de la douleur chronique) de Trois-Rivières.
- Émilie Proteau-Dupont est professionnelle de recherche sur le projet « Jeunes et santé mentale : épreuves individuelles, mobilisation collective » mené présentement au CREMIS.
- Robert Théoret est travailleur (retraité) du Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ).
Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé du CREMIS, porté par Estelle Carde (professeure agrégée de sociologie et membre du CREMIS) ainsi que Nadia Giguère et Baptiste Godrie (chercheurs d’établissement au CREMIS).