La prévention de l’itinérance chez les jeunes à travers le prisme de l’intersectorialité

Ce séminaire est organisé dans le cadre des journées printanières du CREMIS

Cette activité de discussion vise à amorcer une réflexion collective sur la prévention de l’itinérance chez les jeunes. Il s’agit de repenser les stratégies de prévention pour mettre fin à l’itinérance des jeunes à travers le prisme de l’intersectorialité. Pour ce faire, des personnes travaillant auprès des jeunes dans divers milieux institutionnels et communautaires, mais n’intervenant pas directement dans le domaine de l’itinérance seront invitées à présenter différentes approches alternatives pouvant avoir un impact positif sur les trajectoires des jeunes pouvant être « à risque » d’itinérance. Inspirée du modèle collaboratif du world café, c’est dans une ambiance chaleureuse que les participant·es seront réuni·es en petit groupe autour des tables. Une présentation d’une heure et demie, sous forme de table ronde, est prévue à titre de préambule et une équipe d’animation assurera le déroulement de l’activité. 

Conférencières et conférenciers invité·es pour la table ronde: 

  • Pascal Jobin, Institut universitaire jeunes en difficulté, CCSMTL
  • Mélissa Lamoureux de l’Auberge du Cœur L’Antre-temps 
  • Jean-François St-Onge de l’organisme RAP-Jeunesse 
  • Mélissa Roussel du Bureau consultation jeunesse 
  • Danielle Goulet de l’organisme Macadam Sud 

Déroulement de la journée

8h30: Accueil des participant·es (collation et café) 

9h à 10h15: Table ronde sur la prévention de l’itinérance chez les jeunes 

10h15 à 10h30: Pause (collation et café) 

10h30 à 11h40: World Café 

11h40 à 12h: Retour en plénière et mot de la fin 

L’État social « actif » : perspectives critiques

Bienvenue à toutes et tous

La plupart des pays occidentaux ont connu dans les dernières décennies des réformes visant « l’activation » de leurs régimes de protection sociale. Ces changements reposent sur un diagnostic d’essoufflement ou même d’échec de l’État social, dit « État-providence », face à la montée du chômage, à la cristallisation de la pauvreté et à la « crise » des finances publiques. Dans ce contexte, il s’agit pour les pouvoirs publics de transformer les dépenses sociales « passives » en leviers pour favoriser la participation du plus grand nombre au marché de l’emploi. La généralisation de cette logique de l’activation traduit une certaine vision de la société et du lien social. Ainsi, on assiste à un recul graduel de l’idée de responsabilité collective et de protection sociale au profit d’une réthorique politique de la responsabilité individuelle et de l’investissement social. Dans le domaine de l’assistance, le droit à des prestations sur la base des besoins cède peu à peu la place à de nouvelles formes de conditionnalité, liées à l’adoption de certains comportements vis-à-vis le marché de l’emploi.

Qu’en est-il au Québec en 2018? Quels constats pouvons-nous tirer de plus ou moins 25 ans d’activation des politiques sociales? Entre « activation de la protection sociale » et « activation des individus » – chômeurs et chômeuses, femmes, personnes âgées -, quels visages prend l’État social « actif » et quels sont les impacts sur les populations?  Comment le modèle de « l’État social actif » peut-il être mis en relief avec la question des inégalités sociales? Ce séminaire sera l’occasion d’aborder ces questionnement sous différents angles, celui des politiques comme celui des pratiques des différents acteurs et actrices qui, au sein ou à la périphérie de l’État, mettent en oeuvre ces politiques.

Avec des présentations de:

  • Marie-Pierre Boucher, département de relations industrielles, UQO
  • Audrey Gonin, école de travail social, UQAM, membre du CREMIS
  • Antoine Dubé-Poitras, Carrefour Jeunesse Emploi du Plateau
  • Catherine Charron, stagiaire postdoctorale au CREMIS

Médecins : leur vécu des inégalités sociales dans l’accès aux soins

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé du CREMIS

Le système de soins québécois public est universel; pourtant, nous n’y avons pas tous le même accès. Savoir à quelle porte frapper quand ça va mal, s’y rendre physiquement, comprendre les soins offerts, y consentir de façon libre et éclairée, payer quand il faut payer, dire que ça ne va toujours pas mieux, le cas échéant … Autant d’étapes qui s’avèrent plus ou moins faciles selon « qui » on est dans la société.

Pour étudier ces inégalités dans l’accès aux soins, on choisit souvent de les compter. Comment, par exemple, évolue le nombre de consultations médicales annuelles à mesure que l’on s’élève dans l’échelle des revenus ? À cette froide objectivité des chiffres, on oppose parfois le vécu – tour à tour inquiet, exaspéré, résigné – de ceux qui ont « moins »: moins de soins, moins de compréhension, moins de choix, etc.

Mais on oublie souvent d’interroger le vécu des autres acteurs de cette scène inégalitaire : les médecins. Comment vivent-ils ces inégalités dans lesquelles sont pris certains de leurs patients ? Comment les comprennent-ils ? Comment y réagissent-ils ? Quelle est leur marge de manœuvre face à des logiques qui les dépassent ? Pour explorer la question des inégalités sociales dans l’accès aux soins, nous prendrons cet angle de vue original : le vécu de ceux qui, s’ils ne vivent pas ces inégalités dans leur chair, en sont pourtant des acteurs cruciaux.

Les échanges seront introduits par la présentations de deux études menées sur ces questions, à Montréal et en France, et deux témoignages de médecins.

Samuel Blain est chef de service de médecine générale – volet médecine de proximité et dépendance – et médecin-conseil à la Direction de la santé publique du CIUSSS-de-la-Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Estelle Carde est professeure de sociologie à l’Université de Montréal et chercheure au CREMIS. Elle a mené, avec Mathieu Isabel, Nadia Giguère et Philippe Karazivan, l’étude « Inégalités sociales, patients difficiles et médecins de première ligne: une étude exploratoire ».

Marie-Claude Goulet est médecin de famille au CLSC des Faubourgs. Elle a travaillé auprès des Inuits, ainsi qu’auprès de personnes toxicomanes et itinérantes. Elle a été impliquée dans le Projet Montréal du regroupement Médecins du Monde.

Audrey Mariette est sociologue au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA-CSU) et maîtresse de conférences à l’université Paris 8 Saint-Denis-Vincennes. Elle est co-réalisatrice, avec Laure Pitti, de l’enquête « Politiques, professions et pratiques de santé en territoires populaires : enquête dans une commune de la banlieue parisienne ».

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique Inégalités sociales et santé du CREMIS, porté par Estelle Carde et Nadia Giguère.

Villes et État social : pouvoir d’agir à l’échelon local

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique État social du CREMIS

La citoyenneté est intimement liée à l’histoire des villes. Lieux de marché, selon Weber, elles sont devenues au fil de temps des espaces politiques et décisionnels. Les villes ont été à la fois parties prenantes de la construction des États-nations tout en essayant de préserver une relative autonomie. Alors que dans un précédent séminaire nous nous interrogions sur les frontières de l’État social, qu’en est-il de la ville? Doit-on penser la ville comme l’un de des échelons de cet État ou comme une entité propre? Les processus de décentralisation, voire de métropolisation, dans le cas de Montréal, donnent plus de pouvoir aux villes. La tendance à la territorialisation des politiques publiques (ex. Politiques de la ville en Europe, ou responsabilité populationnelle des Centres intégrés de santé et services sociaux au Québec) est censée permettre une meilleure adaptation aux réalités des populations locales. Qu’est-ce que cela signifie en termes de politiques sociales et publiques? Quelles relations entretient l’acteur municipal avec d’autres acteurs, tels que ceux du  milieu communautaire ou des mouvements sociaux ? À l’heure où la « participation » semble un incontournable des politiques publiques, notamment au niveau municipal, comment celle-ci se réalise-t-elle concrètement? Ce séminaire permettra de nous interroger sur les transformations de l’État social et le pouvoir d’agir, à l’échelon local, sur les inégalités sociales.

Séminaire organisé par Jean-Baptiste Leclercq (chercheur d’établissement CREMIS) et Catherine Charron (postdoctorante CREMIS).

Coanimé avec Alain Arsenault (Organisateur communautaire CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal) et Mariona Gené Pablo (auxiliaire de recherche CREMIS).

Avec des présentations de :

  • Robert Beaudry, Conseiller de la ville – District de Saint-Jacques
  • Josiane Maheu et Anuradha Dugal, Conseil des Montréalaises
  • Marta Massana Macià, doctorante en anthropologie, UdeM
  • Santiago Eizaguirre Anglada, professeur de sociologie, Université de Barcelone

État social : non-recours et accessibilité

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique État social du CREMIS

Le non-recours aux droits sociaux et aux prestations, l’accessibilité ou l’accès aux soins sont des enjeux ou phénomènes qui mettent en question l’État social. Qu’il s’agisse de renoncement volontaire ou d’absence d’accès en raison d’obstacles systémiques, c’est la place de l’État social dans la vie de certaines populations et sa capacité à agir sur les inégalités sociales qui est mis en évidence.

Bien que peu documenté au Québec, le non-recours renvoie à toute personne qui ne reçoit pas – quelle qu’en soit la raison – une prestation ou un service auquel elle pourrait prétendre (définition de l’Observatoire des non-recours aux droits et services, basé à Grenoble en France). Lors de ce séminaire, nous mettrons en parallèle ce phénomène, présent dans différents contextes et champs de pratiques, avec les problèmes d’accessibilité ou d’accès aux soins. L’accès réel, à des droits, des prestations ou des soins, constitue souvent l’angle mort des discours institutionnels sur l’universalité et l’accessibilité des services publics.

Séminaire co-organisé par Jean-Baptiste Leclercq (chercheur d’établissement au CREMIS) et Catherine Charron (postdoctorante au CREMIS).

Avec des présentations de :

  • Jean-Pierre Tabin, Haute école de travail social et de la santé (HES·SO, Lausanne, Suisse) et Pôle de recherche national LIVES.
  • Christophe Bedos, Faculté de médecine dentaire, Université McGill, membre du CREMIS
  • Véronique Martineau, Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE)
  • Kim Bouchard, Mouvement action-chômage de Montréal (MAC de Montréal)

Séminaire « Usages militants du droit »

Bienvenue à toutes et tous

Ce séminaire s’inscrit dans le champ thématique « Inégalités sociales, justice et droit » du CREMIS, porté par Emmanuelle Bernheim (professeure, Sciences juridiques, UQAM, membre du CREMIS) et Nicolas Sallée (professeur, Sociologie, UdM, membre du CREMIS). Des présentations permettront de lancer les échanges:

Le droit dans le regard des militant-e-s- du mouvement vert au Québec : ambivalences, espoirs et contraintes

Laurence Guénette, étudiante à la maîtrise en Droit et Société à l’UQAM et Anouk Nadeau-Farley, militante aux expériences riches et diversifiées œuvrant actuellement auprès de la fondation Coule pas chez nous!

Laurence Guénette dressera un portrait du mouvement vert québécois et des expériences juridiques qui ont marqué les esprits dans l’histoire récente, tant la mobilisation du droit dans une cause que certains épisodes d’usages répressifs du droit contre les militant-e-s. Elle proposera ensuite un aperçu des Legal Consciousness Studies et de l’apport de ce cadre théorique pour l’étude des rapports des militant-e-s au droit.

Anouk Nadeau-Farley offrira ses perspectives au sujet du droit à la lumière d’expériences et de constats personnels, de postures critiques et d’intuitions stratégiques. Elle partagera notamment les défis et impacts vécus à l’occasion d’une poursuite judiciaire dans le contexte de son activisme, expérience répressive qui a contribué à forger ses réflexions au sujet du droit.

La mobilisation du droit par les organismes communautaires de lutte au VIH/sida au Québec : entre action et représentations des droits de la personne

Christine Vézina, professeure adjointe à la faculté de droit de l’Université Laval

Au Québec, le champ social de la lutte communautaire au VIH/sida est un secteur de la santé particulièrement marqué par diverses stratégies de mobilisation des droits de la personne émanant de nombreux organismes.  Au-delà de la mobilisation judiciaire – plus ponctuelle et circonstancielle, les mobilisations experte et informative du droit sont particulièrement représentatives du répertoire de l’action collective de ces organismes. En visant, respectivement, à inscrire les « préférences normatives » des organismes de lutte au VIH dans les politiques publiques, les stratégies gouvernementales et les cadres institutionnels et à changer les pratiques quotidiennes, notamment dans une perspective d’auto-capacitation, ces initiatives s’inscrivent dans un continuum de stratégies plurielles susceptibles de mitiger les écueils de la mobilisation judiciaire et d’agir sur divers déterminants des luttes sociales. Porteuses de transformation sociales, ces pratiques rendent compte des attentes et des perceptions des organismes de lutte au VIH à l’égard des droits de la personne lesquelles continuent d’être marquées par une sous-représentation des droits économiques sociaux et culturels et en particulier, du droit à la santé.

Les Centres locaux de services communautaires (CLSC) : une rétrospective

L’état social québécois se construit dans le contexte de la Révolution tranquille qui se caractérise par plusieurs changements sociaux et une intervention accrue de l’État dans différentes sphères sociales. Ainsi, à la fin des années 1960 et au début des années 1970 le système public de santé et services sociaux se met en place progressivement. Mais avant l’instauration de ce système public, le mouvement syndical revendique la création de polycliniques multidisciplinaires intégrant services de santé et services sociaux, puis des groupes de quartier se mobilisent pour la mise en place de cliniques communautaires pour offrir des soins gratuits ou à bas coûts. Une conjoncture favorable et des modèles qui inspirent la création du réseau des CLSC en 1972. Les cliniques populaires, apparues dans les années 1950-60 furent, à l’exception de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles, intégrées au système de santé public et constituèrent le premier noyau de CLSC. Les organisateur-rices communautaires participent à la dynamique de revendication et d’implantation de cette première génération de CLSC qui offre des services de première ligne à un niveau local. Dans les années 1990, ces établissements et leur volet « communautaire » se normalisent. La création en 2003 des Centres de santé et services sociaux (CSSS), puis des Centres intégrés de santé et services sociaux en 2015 change la donne. Qu’est-ce qui a favorisé l’émergence du modèle initial des CLSC? Quels sont les acteurs et les rapports de force en présence? Comment ce modèle a-t-il évolué? Quel avenir pour les CLSC? Comment le cas des CLSC nous renseigne sur les transformations de l’État social?

Séminaire co-organisé par Jean-Baptiste Leclercq (chercheur d’établissement CREMIS) et Catherine Charron (postdoctorante CREMIS). Avec des présentations de :

  • Arnold Barry Aberman, médecin de famille, CLSC de Beauharnois (à confirmer)
  • Doris Allard, organisatrice communautaire à la retraite, CLSC du Plateau-Mont-Royal
  • Anne Plourde, doctorante en sciences politiques, UQAM

Les émotions et ce qu’elles nous disent des rapports de pouvoir dans les dynamiques participatives de recherche

Rires, frustrations, colères, joies, exaspérations, indifférences… les émotions suscitées au cours des processus participatifs de recherche sont nombreuses. Qu’est-ce qui les déclenche et que produisent-ells, en retour, dans le processus de recherche ?

Ce séminaire propose de traiter des émotions en tant que dimension à part entière des processus participatifs de recherche nous éclairant, en particulier, sur les dynamiques sociales et les rapports de pouvoir entre les différents participant.e.s. À ce titre, nous faisons l’hypothèse qu’elles constituent un observatoire de la rencontre entre les univers des participant.e.s (universitaires, militants, cliniques, etc.), et les valeurs, attentes, finalités qu’ils véhiculent. 

Les émotions peuvent surgir, éclater ou encore être mises en scène durant le processus de recherche, jouant ou non différents rôles tout au long de la démarche. Elles peuvent faire « tâche » et produire des flammèches avec la norme de rationalité qui sous-tend implicitement ou explicitement le monde de la recherche et, plus généralement, les espaces de délibération sur un sujet donné. Pour cette raison, leur expression peut être stigmatisée, ce qui peut conduire les participant.e.s à les dissimuler. Les chercheurs peuvent également les traiter comme une dimension non pertinente du point de vue scientifique. Dans d’autres cas, la colère et l’indignation peuvent être à l’origine des projets de recherche et permettre aux différents participant.e.s de faire cause commune. 

Les présentations du séminaire s’appuieront sur des exemples vécus par des participant.e.s à des projets de recherche participatifs. Elles mettront en scène les dimensions surprenantes, bouleversantes, déconcertantes, parfois frustrantes, mais aussi joyeuses de la recherche participative et, le cas échéant, la façon dont elles nous renseignent sur les relations symétriques ou asymétriques qui s’établissent entre participant.e.s. 

Organisé par Baptiste Godrie (sociologue, chercheur universitaire en établissement, CREMIS – CIUSSS-CSM) dans le cadre des activités du champ thématique « Savoirs et participation sociale » du CREMIS.

État social : une tentative de définition

Où commence et où finit l’État social aujourd’hui? Comment se construisent et se recomposent ses frontières, dans la mesure où l’État social, au Québec et dans d’autres contextes, est en continuelle transformation, tant dans ses fonctions, que dans ses logiques d’action ou que dans ses formes institutionnelles? Notamment comment situer le champ de l’action communautaire par rapport au domaine de l’État, dans un contexte d’externalisation de l’action publique, voire de sous-traitance des services? Comment certains mécanismes et logiques de participation contribuent à la démocratisation de l’action publique, dans une perspective de citoyenneté, et d’autres à l’inverse s’inscrivent dans une tendance à l’individualisation de la relation État/usagers, dans une optique quasi clientéliste? Partant du constat que la notion d’État social est fréquemment utilisée sans pour autant être toujours explicitée, nous tenterons d’en définir les contours et caractéristiques.

Organisé par Jean-Baptiste Leclercq (sociologue, chercheur universitaire en établissement, CREMIS – CIUSSS-CSM) et Catherine Charron (stagiaire postdoctorale en sociologie, CREMIS) dans le cadre des activités du champ thématique « État social » du CREMIS.

Interviendront dans ce séminaire :

  • Maxime Boucher— Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec (GRFPQ)
  • René Charest – Organisateur communautaire CCSMTL
  • Christopher McAll – directeur scientifique du CREMIS et professeur de sociologie, Université de Montréal
  • Guillaume Ouellet – chercheur d’établissement Centre de recherche et d’expertise sur la déficience intellectuelle et le trouble du spectre de l’autisme CCSMTL
  • Isabelle Ruelland – chercheuse postdoctorante

Démantèlement de l’État social et lutte à la pauvreté : quelle place pour la défense collective des droits ?

Le Québec est l’un des rares endroits dans le monde où l’État finance des groupes de défense collective de droits (DCD). Ces groupes ont pour mission d’exercer une vigile des droits sociaux et économiques et d’intervenir de manière collective afin que ceux-ci soient pleinement reconnus et appliqués. Véritable pilier de l’action communautaire autonome autant que de nombreux mouvements sociaux, les groupes de DCD cherchent à agir « avec » les personnes exclues et marginalisées. Les pratiques d’éducation populaire et d’action collective qui y ont court se veulent ainsi porteuses d’inclusion et d’affiliation, autant que de transformations sociales.

Rassemblant des actrices et des acteurs de différentes postures (expertise de vécu, recherche, gestion, intervention communautaire et clinique), ce séminaire vise à mettre en lumière les différents types de pratiques existantes en DCD individuelles, collectives, advocacy, accompagnement, etc.) et à questionner la portée de ces actions (gains, limites, défis, etc.) dans la conjoncture actuelle, en vue de développer une meilleure compréhension des dynamiques à l’œuvre dans les luttes sociales au Québec et ailleurs.

Trois présentations précéderont une période d’échange :

  • « Ce que la lutte à la pauvreté, l’État social et la défense collective des droits peuvent vouloir dire; une brève exploration de leurs significations contradictoires », par Maxime Boucher, Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec.
  •  « Que faire face à un État qui ne répond pas de ses engagements à l’égard des droits humains ? », par Bill Clennett, Ligue des droits et libertés du Québec
  •  « Tendre vers un Québec sans pauvreté dans le contexte actuel : chemin parcouru et à parcourir », par Vivian Labrie, militante et chercheure-associée à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).
  • « L’accès à la justice pour les personnes non-représentées: une illusion ?», par Emmanuelle Bernheim, chercheure au CREMIS et professeure en sciences juridiques à l’UQAM.