La co-construction des connaissances est à l’ordre du jour. Elle traverse notre manière de chercher. Ce midi CREMIS se penchera sur le processus d’une recherche-action participative (RAP) réalisée avec un groupe d’intervenants travaillant dans des ressources d’hébergement communautaire – les Auberges du Cœur du Québec – formant le Regroupement des Auberges du cœur du Québec (RACQ). La présentation s’intéressera à la démarche de RAP et plus particulièrement, aux enjeux entourant la co-construction des connaissances : la place des différents acteurs au moment de la conceptualisation du projet ; l’identification des rôles, et leur transformation au fil des rencontres; les défis de la parité de participation entre les acteurs en regard des types de savoirs en présence (théoriques vs pratiques) ; l’appropriation des connaissances par les partenaires au moment du transfert des connaissances.
Cette conférence sera présentée par Jean-François René (professeur en travail social, École de travail social de l’UQÀM, membre du CREMIS), Elisabeth Greissler (postdoctorante, Université de Montréal) et Isabelle Morissette (professionnelle de recherche), en collaboration avec Rémi Fraser et Tristan Ouimet-Savard du Regroupement des Auberges du Cœur du Québec. Des intervenants des Auberges du Cœur seront également présents.
Pourquoi des personnes en situation de précarité résidentielle se déplacent-elles d’une ville à l’autre? Et comment répondre adéquatement à des personnes « mobiles »? La mobilité des personnes peut-elle être comprise comme une opportunité à saisir pour l’intervention ? Cette dernière passe souvent sous le radar, étant donné les objectifs de stabilisation portés par le réseau.
Une recherche menée en 2014-2015 s’est intéressée à l’itinérance dans une ville régionale du Québec en ciblant la question de la mobilité géographique de personnes en situation de précarité résidentielle, ainsi que la réponse des acteurs institutionnels et communautaires face à cette mobilité. La rencontre des points de vue, entre personnes à la rue et services publics et communautaires, permet d’interroger les pratiques pour répondre adéquatement à des populations qui bougent et qui sont souvent plus difficiles à joindre et à connaître.
Cette conférence est une présentation de Aude Fournier, enseignante au Cégep de Victoriaville, et Marie-Claude Rose, professionnelle de recherche au CREMIS.
Cette conférence explore les trajectoires menant des personnes âgées à l’itinérance. Elle est le fruit d’une recherche doctorale portant sur les expériences vécues en situation d’itinérance, les intersections de l’âge et de l’itinérance. Elle s’appuie sur un ensemble d’observations, d’analyses de documents et d’entrevues menées auprès de 15 personnes âgées nouvellement en situation d’itinérance (PANSIs) et leurs prestataires de services.
Alors que les recherches sur le «vieillir chez soi» (aging in place) se sont multipliées au cours des dernières décennies, peu d’études ont examiné les expériences des personnes âgées qui se retrouvent en situation d’itinérance pour la première fois. En se basant sur le concept de «place» («lieu»), issu de la géographie sociale, défini comme une un espace dynamique, politisé et significatif, et en recourant à une approche constructiviste de théorisation ancrée, cette étude explore les trajectoires menant des personnes âgées à l’itinérance. Ce projet de recherche doctorale a été complété à l’Université McGill, École de service social sous la direction de Dr. Tamara Sussman et Jean-Pierre Lavoie. L’étude est appuyée par plusieurs années d’expérience en travail social auprès des personnes âgées en perte d’autonomie dans le contexte d’un CLSC et le milieu communautaire du Centre-Sud à Montréal.
Victoria Burns travaille présentement comme stagiaire postdoctorale à l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS), Urbanisation, Culture et Société
Être sans feu ni lieu? Expériences de personnes âgées nouvellement en situation d’itinérance 20151217
Quel est l’impact des réformes récentes sur les services sociaux ? Comment la nouvelle gestion publique, au moyen de la reddition de comptes et de la gestion par résultats, a-t-elle transformé les services sociaux au Québec ? Les premiers résultats de l’analyse d’une collecte de données qualitatives auprès de travailleurs sociaux révéleront, selon leur perspective, quelles ont été les conséquences de ces changements sur les services sociaux, leur pratique professionnelle et les usagers des services. Depuis 25 ans, le système de santé et des services sociaux du Québec (SSSS) a été l’objet de plusieurs réformes. Les recherches montrent que celles-ci ont transformé de manière importante l’offre de soins médicaux et la façon dont sont administrés les services. Si les réformes touchant les soins de santé physique ont été largement étudiées, peu de recherches en politiques publiques ont porté spécifiquement sur les services sociaux alors que leur intégration au sein même du réseau de la santé depuis sa création constitue une des particularités du Québec.
Mélanie Bourque, Professeure, Département de travail social – Université du Québec en Outaouais-Saint-Jérôme
Josée Grenier, Professeure, Département de travail social – Université du Québec en Outaouais-Saint-Jérôme
Réformes dans le système de santé et des services sociaux Perspectives de travailleurs sociaux 20151126
Comment favoriser l’autodétermination de personnes vivant en centre d’hébergement avec des troubles neurologiques induisant des difficultés d’autocontrôle, de l’humeur et du comportement ? Cette conférence présente les résultats d’une recherche portant sur une unité de vie dans un centre d’hébergement qui offre des services spécialisés, en proposant une approche collaborative d’intervention. En plus de favoriser l’autonomie des personnes, cette approche vise à amener les résident.e.s à développer des stratégies d’autorégulation du comportement. La recherche fait ressortir notamment les principes qui guident ces pratiques, ainsi que les mécanismes pyschosociaux mobilisés pour introduire les changements. La présentation abordera les fondements de ce programme, les modalités de son actualisation et certaines de ses retombées, à partir d’entrevues réalisées auprès de l’équipe et de résident.e.s de l’unité.
Cette conférence est une présentation d’Audrey Gonin, professeure à l’École de travail social de l’UQAM et de Françcois Régimbal enseignant au Cégep du Vieux-Montréal.
Jeudi, 5 novembre 2015, de 12h00 à 13h30 au CREMIS, CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Ile-de-Montréal, salle 603 (métro Saint-Laurent). Aucune réservation nécessaire. Apportez votre lunch.
Autodétermination et troubles neurologiques en centre d’hébergement Une approche de collaboration 20151105
Le travail informel prend de plus en plus d’ampleur dans les pays du « Nord ». Situé à la marge du marché de l’emploi traditionnel, il permet la survie économique d’un nombre croissant d’individus, tout en étant encore largement perçu de manière négative par la population en général. Plusieurs centaines de travailleurs ramassent ainsi les canettes, bouteilles et autres contenants consignés qui traînent un peu partout dans la ville. La Coopérative de Solidarité les Valoristes s’est donné pour objectif de rassembler ces travailleurs et de leur permettre une reconnaissance et une meilleure intégration sociale et économique.
Cette conférence a comme objectif de présenter les résultats d’une recherche exploratoire réalisée auprès de cette coopérative, visant à démystifier la réalité de ces travailleurs tout en s’intéressant à leurs parcours. Nous examinerons aussi la manière dont la Coopérative les Valoristes permet la constitution d’une organisation collective des travailleurs dans un contexte d’informalité et de précarité. Ce faisant, nous adresserons de front la question des mutations actuelles du marché du travail et des politiques sociales, et leur influence sur la sécurité des individus.
Une présentation de François Bordeleau, étudiant à la maîtrise en sociologie, Université de Montréal.
L’organisation collective des travailleurs informels: une étude du cas de la Coopérative les Valoristes 20150430
Des personnes avec une expérience vécue de problèmes de santé mentale et d’itinérance ont collaboré à la mise en œuvre du projet Chez Soi Montréal avec des gestionnaires, intervenants et chercheurs. Quelles relations se sont développées entre ces différents acteurs ? Quelle est la nature de la contribution des pairs dans le projet ? Quels enseignements peut-on tirer de leur présence dans le projet en vue de futures recherches ? La présentation mettra l’accent sur la rencontre entre les savoirs d’expérience des pairs et pairs aidants et les savoirs professionnels et académiques des intervenants et chercheurs membres du projet. Plus largement, cette conférence sera l’occasion de réfléchir à l’apport des savoirs expérientiels et d’échanger sur leur place dans le réseau de la santé et des services sociaux.
Cette conférence est une présentation de Baptiste Godrie, Ph.D. sociologie.
Jeudi 23 avril 2015 , de 12h à 13h30, au CREMIS, CAU-CSSS Jeanne-Mance, 1250 rue Sanguinet, Montréal, salles 451-461 (métro Berri-UQÀM). Aucune réservation n’est nécessaire. Apportez votre lunch.
Ce que les savoirs expérientiels apportent à la recherche et à l’intervention 20150423
Dans le Québec d’aujourd’hui, un écart important existe entre les visées collectives de lutte à l’exclusion et la réalité des personnes vivant avec un problème de santé mentale. Encore trop souvent, ces dernières ont le sentiment de ne pas vraiment faire partie de la société. Comment comprendre un tel écart? Mais surtout, comment agir pour qu’elles se sentent reconnues comme des citoyennes et des citoyens à part entière? Ce sont ces préoccupations qui sont à l’origine d’une démarche de recherche réalisée dans six régions du Québec en étroite collaboration avec des personnes vivant un problème de santé mentale, des intervenants et des gestionnaires d’une vingtaine de milieux de pratique en santé mentale. Une réflexion en profondeur sur les conditions d’une vision élargie et inclusive de l’intégration a accompagné cette démarche collective. Préoccupés de faire entendre en différents lieux leur appel à réinventer l’intégration, des femmes et des hommes engagés dans cette démarche collective ont pris part avec générosité et authenticité à l’aventure de ce documentaire.
La projection du documentaire sera suivie d’une période d’échanges avec Jean Gagné, co-chercheur, professeur à la TÉLUQ et membre du CREMIS, par Emmanuelle Khoury, travailleuse sociale, doctorante à l’Université de Montréal et agente de recherche au projet et Sally Rob, intervenante dans le documentaire, artiste multidisciplinaire et militante dans la défense des droits.
Regarder l’arc-en-ciel pour réinventer l’intégration 20150319
À partir de l’évaluation du projet Réalité jeunesse immigrante mis en œuvre par le Carrefour jeunesse-emploi de Laval, nous avons étudié la position occupée par de jeunes immigrants d’origine haïtienne dans la course à l’emploi à Laval, la troisième plus grande ville du Québec. Notre démarche se situe dans le champ de l’évaluation de programme. La question primordiale est de savoir ce que peuvent faire les politiques publiques pour l’insertion en emploi des jeunes, particulièrement ceux issus des minorités dites « visibles ». Le fait que le chômage plus élevé chez les Noirs montréalais soit un phénomène connu et documenté suggère la question de savoir si les jeunes Haïtiens de Laval se retrouvent, eux aussi, dans la même situation par rapport à l’emploi dans leur propre communauté. Est-ce que ces jeunes font – ou sont susceptibles de faire – l’objet de discrimination à l’embauche? Le cas échéant, leur situation peut-elle être réduite à l’inadéquation structurelle entre formation et emploi? Comment peut-on contribuer à rendre ces jeunes autonomes si, au cours de leur passage à ce projet, on travaille uniquement sur la variable de l’indépendance financière? Comment peut-on parvenir à les initier à des valeurs tels la liberté, la confiance et l’espoir? Comment peut-on les aider à renforcer ces valeurs si, déjà, ils y ont été plus ou moins exposés? Bref, dans la course à l’emploi, la posture des jeunes Lavallois de minorités dites « visibles » peut-elle être différente de celle de nombreux Noirs montréalais? Le cas échéant, par quels moyens? C’est autour de ces questions que s’articule l’évaluation du projet Réalité jeunesse immigrante dont le résultat vous sera livré au cours de cette conférence.
Cette conférence sera présentée par Léonel Bernard, Ph. D., chercheur collaborateur du CREMIS.
Au-delà de l’espoir: de jeunes immigrants d’origine haïtienne dans la course à l’emploi 20150219
Depuis la dernière décennie, nous remarquons une prolifération des tribunaux alternatifs et les tribunaux en santé mentale s’inscrivent dans cette tendance. La présentation dévoilera les principaux résultats de la recherche effectuée dans un tribunal de santé mentale situé à la cour municipale de Montréal: le Programme d’accompagnement justice-santé mentale (PAJ-SM). L’objectif était d’étudier l’impact du PAJ-SM sur la prévention et la réduction de l’itinérance. L’équipe de recherche a donc conduit une étude s’étalant de février 2013 à mars 2014 afin de mener des entrevues avec 20 personnes intégrées au PAJ-SM et 11 acteurs-clés de l’équipe du PAJ-SM. Également, plus de 125 heures d’observation participante furent effectuées. Au niveau quantitatif, des données furent recueillies à partir de 100 dossiers de cours entre 2008-2012. Les personnes en situation d’itinérances sont surreprésentées dans le TSM et ont un historique judiciaire et psychiatrique plus complexe. Globalement, pour plus de la moitié des dossiers, les accusations furent retirées ou les personnes furent déclarées non criminellement responsables. Ainsi, 52 % des dossiers ne sont pas criminalisés. L’entrée dans le TSM s’effectue fréquemment suivant les interventions policières. De plus, le tiers des accusations sont en lien avec un agent de la paix et la moitié des personnes ont des antécédents judiciaires. En outre, nos résultats démontrent qu’à la fin du PAJ-SM, la moitié des personnes ne sont pas criminalisées ce qui peut questionner l’enjeu de la judiciarisation de personnes ayant des problèmes de santé mentale. Une vue d’ensemble de ces résultats seront présentés lors de la conférence.
Cette conférence sera présentée par Audrey-Anne D. Michaud, doctorante en sociologie à l’UQAM et professionnelle de recherche et Sue-Ann MacDonald, professeure à l’École de service social de l’Université de Montréal, membre du CREMIS.
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