Le travail informel prend de plus en plus d’ampleur dans les pays du « Nord ». Situé à la marge du marché de l’emploi traditionnel, il permet la survie économique d’un nombre croissant d’individus, tout en étant encore largement perçu de manière négative par la population en général. Plusieurs centaines de travailleurs ramassent ainsi les canettes, bouteilles et autres contenants consignés qui traînent un peu partout dans la ville. La Coopérative de Solidarité les Valoristes s’est donné pour objectif de rassembler ces travailleurs et de leur permettre une reconnaissance et une meilleure intégration sociale et économique.
Cette conférence a comme objectif de présenter les résultats d’une recherche exploratoire réalisée auprès de cette coopérative, visant à démystifier la réalité de ces travailleurs tout en s’intéressant à leurs parcours. Nous examinerons aussi la manière dont la Coopérative les Valoristes permet la constitution d’une organisation collective des travailleurs dans un contexte d’informalité et de précarité. Ce faisant, nous adresserons de front la question des mutations actuelles du marché du travail et des politiques sociales, et leur influence sur la sécurité des individus.
Une présentation de François Bordeleau, étudiant à la maîtrise en sociologie, Université de Montréal.
L’organisation collective des travailleurs informels: une étude du cas de la Coopérative les Valoristes 20150430
Des personnes avec une expérience vécue de problèmes de santé mentale et d’itinérance ont collaboré à la mise en œuvre du projet Chez Soi Montréal avec des gestionnaires, intervenants et chercheurs. Quelles relations se sont développées entre ces différents acteurs ? Quelle est la nature de la contribution des pairs dans le projet ? Quels enseignements peut-on tirer de leur présence dans le projet en vue de futures recherches ? La présentation mettra l’accent sur la rencontre entre les savoirs d’expérience des pairs et pairs aidants et les savoirs professionnels et académiques des intervenants et chercheurs membres du projet. Plus largement, cette conférence sera l’occasion de réfléchir à l’apport des savoirs expérientiels et d’échanger sur leur place dans le réseau de la santé et des services sociaux.
Cette conférence est une présentation de Baptiste Godrie, Ph.D. sociologie.
Jeudi 23 avril 2015 , de 12h à 13h30, au CREMIS, CAU-CSSS Jeanne-Mance, 1250 rue Sanguinet, Montréal, salles 451-461 (métro Berri-UQÀM). Aucune réservation n’est nécessaire. Apportez votre lunch.
Ce que les savoirs expérientiels apportent à la recherche et à l’intervention 20150423
Dans le Québec d’aujourd’hui, un écart important existe entre les visées collectives de lutte à l’exclusion et la réalité des personnes vivant avec un problème de santé mentale. Encore trop souvent, ces dernières ont le sentiment de ne pas vraiment faire partie de la société. Comment comprendre un tel écart? Mais surtout, comment agir pour qu’elles se sentent reconnues comme des citoyennes et des citoyens à part entière? Ce sont ces préoccupations qui sont à l’origine d’une démarche de recherche réalisée dans six régions du Québec en étroite collaboration avec des personnes vivant un problème de santé mentale, des intervenants et des gestionnaires d’une vingtaine de milieux de pratique en santé mentale. Une réflexion en profondeur sur les conditions d’une vision élargie et inclusive de l’intégration a accompagné cette démarche collective. Préoccupés de faire entendre en différents lieux leur appel à réinventer l’intégration, des femmes et des hommes engagés dans cette démarche collective ont pris part avec générosité et authenticité à l’aventure de ce documentaire.
La projection du documentaire sera suivie d’une période d’échanges avec Jean Gagné, co-chercheur, professeur à la TÉLUQ et membre du CREMIS, par Emmanuelle Khoury, travailleuse sociale, doctorante à l’Université de Montréal et agente de recherche au projet et Sally Rob, intervenante dans le documentaire, artiste multidisciplinaire et militante dans la défense des droits.
Regarder l’arc-en-ciel pour réinventer l’intégration 20150319
À partir de l’évaluation du projet Réalité jeunesse immigrante mis en œuvre par le Carrefour jeunesse-emploi de Laval, nous avons étudié la position occupée par de jeunes immigrants d’origine haïtienne dans la course à l’emploi à Laval, la troisième plus grande ville du Québec. Notre démarche se situe dans le champ de l’évaluation de programme. La question primordiale est de savoir ce que peuvent faire les politiques publiques pour l’insertion en emploi des jeunes, particulièrement ceux issus des minorités dites « visibles ». Le fait que le chômage plus élevé chez les Noirs montréalais soit un phénomène connu et documenté suggère la question de savoir si les jeunes Haïtiens de Laval se retrouvent, eux aussi, dans la même situation par rapport à l’emploi dans leur propre communauté. Est-ce que ces jeunes font – ou sont susceptibles de faire – l’objet de discrimination à l’embauche? Le cas échéant, leur situation peut-elle être réduite à l’inadéquation structurelle entre formation et emploi? Comment peut-on contribuer à rendre ces jeunes autonomes si, au cours de leur passage à ce projet, on travaille uniquement sur la variable de l’indépendance financière? Comment peut-on parvenir à les initier à des valeurs tels la liberté, la confiance et l’espoir? Comment peut-on les aider à renforcer ces valeurs si, déjà, ils y ont été plus ou moins exposés? Bref, dans la course à l’emploi, la posture des jeunes Lavallois de minorités dites « visibles » peut-elle être différente de celle de nombreux Noirs montréalais? Le cas échéant, par quels moyens? C’est autour de ces questions que s’articule l’évaluation du projet Réalité jeunesse immigrante dont le résultat vous sera livré au cours de cette conférence.
Cette conférence sera présentée par Léonel Bernard, Ph. D., chercheur collaborateur du CREMIS.
Au-delà de l’espoir: de jeunes immigrants d’origine haïtienne dans la course à l’emploi 20150219
Depuis la dernière décennie, nous remarquons une prolifération des tribunaux alternatifs et les tribunaux en santé mentale s’inscrivent dans cette tendance. La présentation dévoilera les principaux résultats de la recherche effectuée dans un tribunal de santé mentale situé à la cour municipale de Montréal: le Programme d’accompagnement justice-santé mentale (PAJ-SM). L’objectif était d’étudier l’impact du PAJ-SM sur la prévention et la réduction de l’itinérance. L’équipe de recherche a donc conduit une étude s’étalant de février 2013 à mars 2014 afin de mener des entrevues avec 20 personnes intégrées au PAJ-SM et 11 acteurs-clés de l’équipe du PAJ-SM. Également, plus de 125 heures d’observation participante furent effectuées. Au niveau quantitatif, des données furent recueillies à partir de 100 dossiers de cours entre 2008-2012. Les personnes en situation d’itinérances sont surreprésentées dans le TSM et ont un historique judiciaire et psychiatrique plus complexe. Globalement, pour plus de la moitié des dossiers, les accusations furent retirées ou les personnes furent déclarées non criminellement responsables. Ainsi, 52 % des dossiers ne sont pas criminalisés. L’entrée dans le TSM s’effectue fréquemment suivant les interventions policières. De plus, le tiers des accusations sont en lien avec un agent de la paix et la moitié des personnes ont des antécédents judiciaires. En outre, nos résultats démontrent qu’à la fin du PAJ-SM, la moitié des personnes ne sont pas criminalisées ce qui peut questionner l’enjeu de la judiciarisation de personnes ayant des problèmes de santé mentale. Une vue d’ensemble de ces résultats seront présentés lors de la conférence.
Cette conférence sera présentée par Audrey-Anne D. Michaud, doctorante en sociologie à l’UQAM et professionnelle de recherche et Sue-Ann MacDonald, professeure à l’École de service social de l’Université de Montréal, membre du CREMIS.
À partir de l’expérience et du point de vue d’un groupe de personnes vivant au Québec de prestations d’aide sociale, ce film documentaire, réalisé par le Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec (GRFPQ), illustre comment différentes «barrières» socio-économiques entrainent et surtout maintiennent dans la pauvreté. Le film est d’abord conçu comme outil de sensibilisation en s’attaquant aux préjugés que subissent les personnes vivant dans la pauvreté et en particulier les personnes assistées sociales. Il est aussi utilisable dans une démarche de conscientisation avec des personnes qui subissent la pauvreté et/ou l’exclusion sociale. Deux guides d’animation ont également été conçus pour accompagner ce film et seront disponibles sur place.
La projection sera suivie d’une période de questions et d’échanges avec des participant-es au projet ainsi que Sylvia Bissonnette, coordonnatrice du Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec, membre du CREMIS.
Jeudi le 22 janvier 2015 , de 12h à 13h30, au CREMIS, CAU-CSSS Jeanne-Mance, 1250 rue Sanguinet, Montréal, salles 451-461 (métro Berri-UQÀM). Aucune réservation n’est nécessaire. Apportez votre lunch.
Projection du film documentaire Prochaines sorties: barrées 20150122
Marie-Pascale Pomey nous entretiendra des différentes modalités d’engagement des patients telles que définies par les cadres théoriques. Elle expliquera le modèle de partenariat de soins et de services tel que développé à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Puis, elle présentera différentes expériences qui ont été menées dans différents contextes au Canada et au Québec sur l’engagement des patients en mettant en évidence les facteurs qui permettent de favoriser ou non cette participation. Finalement, elle présentera les travaux de recherche sur lesquels elle est actuellement impliquée et qui évaluent l’impact de l’engagement des patients sur la qualité et la sécurité des soins.
Cette conférence est une présentation de Marie-Pascale Pomey, médecin spécialiste en santé publique et professeure agrégée au Département d’administration de la santé à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.
Jeudi 15 janvier 2015 , de 12h à 13h30, au CREMIS, CAU-CSSS Jeanne-Mance, 1250 rue Sanguinet, Montréal, salles 451-461 (métro Berri-UQÀM). Aucune réservation n’est nécessaire. Apportez votre lunch.
Le gouvernement du Québec propose, à moyen terme, de former et d’employer 2000 infirmières praticiennes spécialisées de première ligne (IPSPL). Les IPSPL sont des infirmières titulaires d’un diplôme universitaire spécialisé de 2e cycle et qui ont un droit de pratique étendu.
Nous avons récemment complété un projet de recherche qui visait à offrir des recommandations pratiques pour faciliter l’intégration des IPSPL dans les équipes de première ligne. Ce projet repose sur une revue systématique de la littérature internationale et sur une étude de cas multiples dans 6 régions du Québec. Les recommandations sont structurées en cinq thèmes, soit la préparation de l’accueil, la définition du rôle, le modèle de suivi du patient, la collaboration et le soutien.
La présentation proposera une synthèse des résultats obtenus dans ce projet de recherche ainsi qu’une discussion plus large sur le rôle que les IPSPL peuvent avoir dans la transformation des modèles d’offre de soins primaires au Québec
Cette conférence sera présentée par Damien Contandriopoulos, professeur à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal et membre du CREMIS.
Jeudi le 11 novembre 2014, de 12h à 13h30, au CREMIS, CAU-CSSS Jeanne-Mance, 1250 rue Sanguinet, Montréal, salle 451-461 (métro Berri-UQÀM). Aucune réservation n’est nécessaire. Apportez votre lunch.
Transformation des modèles d’offre de soins primaires Rôle et place des infirmières praticiennes en première ligne 20141211
De grandes enquêtes sur le climat scolaire documentent depuis les années 2000 la portée des violences homophobes ainsi que leurs impacts négatifs sur les élèves qui en sont victimes. La diffusion des résultats de ces enquêtes a fait accroître les appels à la vigilance des écoles quant à l’homophobie pouvant prendre forme en leur enceinte. Plusieurs de ces responsabilités ont échoué par défaut aux enseignants, notamment en raison de leur proximité avec leurs élèves. Les enseignants rapportent néanmoins, de manière consistante, manquer de formation, d’habiletés et d’aise pour intervenir contre l’homophobie ou parler de diversité sexuelle en classe.
Les résultats présentés à l’occasion de cette conférence-midi sont tirés d’une thèse de doctorat menée auprès de plus de 250 enseignants et enseignantes du secondaire. Bien que la plupart estiment agir de façon à favoriser l’inclusion scolaire des jeunes non-hétérosexuel(le)s, les enseignants peuvent néanmoins adopter malgré eux des pratiques contribuant à alimenter les mêmes phénomènes d’infériorisation que ceux qu’ils cherchent à combattre. Nos résultats suggèrent qu’il existe de fortes prescriptions normatives relatives au genre et à l’orientation sexuelle à l’école, et que les enseignants s’inscrivent malgré eux dans cet environnement hétéronormatif, que ce soit en contribuant à la reconduction de ces normes ou en les contestant.
Cette conférence sera présentée par Gabrielle Richard, doctorante en sciences humaines appliquées à l’Université de Montréal.
Genre et orientation sexuelle à l’école secondaire 20141008
Le document vidéo LES MOTS DES AUTRES SUR SOI interroge ce que veut dire « être écrit par autrui», ce que fait une institution « qui écrit sur », la façon dont elle compose notre dossier, dont elle nous met dans « une certaine situation » : code, procédure, formulaire, formule, diagnostic, orientation, prescription.
Lire à voix haute. S’entendre dire ses malheurs. Entendre ses erreurs et son indignation, son placement et sa déqualification. Comment supporter cela ? Car nous sommes bien un« cas d’espèce» dans l’herbier des spécialistes. Alors on se lit à travers une lecture « d’un cas » parmi d’autres. Mais n’est-ce pas insupportable de s’éprouver comme un cas, comme un bénéficiaire d’un droit, comme un sujet et un objet d’étude ? Car comment un jeune étudiant s’éprouve en lisant son bulletin scolaire ; comment une dame de 90 ans s’éprouve comme enfant et mère en lisant une note d’un contrôleur d’absences et d’un coroner au sujet d’une mort tragique remontant à la fin des années 1920 ; comment s’éprouve une jeune femme en parcourant son dossier médical exposant ses maux qui l’assaillent ; et celle-ci qui découvre que les traitements ne fonctionnent pas du tout comme elle le voudrait ?
Ce geste de lecture par lequel on s’éprouve nous concerne tous. Se découvrir dans un dossier, se déchiffrer, se décoder, en faisant jouer un certain rapport aux institutions, n’est-ce pas une affaire de pouvoir ? Un pouvoir sur nous ? Tel est l’objectif de ce documentaire : décoller les mots comme on décolle du papier peint ; réussir à amorcer un virage biographique qui se défait des mots des autres.
Ce film d’une durée de 22 minutes est le fruit d’une idée originale de Jean-François Laé et de Robert Bastien pour « faire entendre autrement » une prise de parole que l’on entend rarement. Dominic Gagnon est le cinéaste qui a mis en images les narrations de quatre personnes -invisibles à l’écran- où seuls les « mots savants » tombent comme des gouttes d’eau. Les autres ? Ce sont nos spécialistes : un coroner, un dermatologue, un gynécologue, un médecin généraliste et un contrôleur d’absences.
« Les mots des autres sur soi » 20140603
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