Itinérance et vieillissement : réfléchir ensemble pour mieux comprendre

Nous présenterons dans cette communication nos réflexions et pistes de recherches sur les personnes vieillissantes qui vivent des situations d’itinérance à Montréal, qui sont de plus en plus nombreuses.

Chez les personnes âgées, l’itinérance est souvent «cachée». Elles sont cependant en situation de grande vulnérabilité et présentent un risque d’abandon par la collectivité qui est plus important que pour leurs pairs mieux logés. Leur réseau social est habituellement très limité, leur santé est précaire et ils ont un moins bon accès aux services publics qui sont surtout adaptés à une population plus jeune et que l’on souhaite diriger vers l’emploi.

La recherche exploratoire dont s’inspire notre propos fut menée auprès d’intervenants d’établissements publics et d’organismes communautaires qui côtoient assez fréquemment ces personnes. Nous en avons recueilli les récits de pratique en vue de mieux comprendre et décrire cette population qu’ils connaissent de près. Nous présenterons quelques données saillantes issues de ces rencontres pour ensuite échanger avec les personnes présentes à la conférence. Conscients d’avoir affaire à des intervenants sociaux et des citoyens impliqués, nous prolongerons là un travail de co-construction de la problématique d’intervention que nous avons amorcée par nos entrevues exploratoires. Cet exercice s’inscrit ainsi dans notre démarche de programmation de recherche et d’action sur l’intervention auprès des personnes vieillissantes en situation d’itinérance.

Cette présentation sera effectuée par Jean Gagné et Mario Poirier, professeurs chercheurs à la TÉLUQ.

Itinérance et vieillissement : réfléchir ensemble pour mieux comprendre 20140206

Itinérance et santé mentale : l’autonomie des personnes dans les pratiques des équipes Chez soi

Que signifie accompagner l’autonomie de personnes cumulant parcours d’itinérance et problèmes de santé mentale?

Qu’est-ce que ça donne quand on « injecte» dans la relation d’intervention la possibilité que les personnes fassent leurs propres choix? Qu’est-ce que « remettre le pouvoir aux personnes »?

Qui décide quoi? Y-a-t-il des limites à la responsabilité de personnes fragilisées? Et quand le jugement de l’intervenant intervient-il, dans tout ça? Qu’en est-il de son rôle de protection?

Qu’en disent les 30 intervenants du projet Chez soi qui ont travaillé dans le cadre d’une approche du rétablissement en santé mentale au cours des dernières années?

C’est entre 2010 et 2013 que les trois équipes cliniques du Projet chez soi à Montréal ont travaillé en collaboration avec la recherche, sous la direction de Roch Hurtubise, professeur à l’école de travail social de l’Université de Sherbrooke. Ils ont documentés leurs pratiques d’interventions sous la forme de récits de pratiques (30) et l’identification de consensus d’experts dans l’intervention combinant itinérance, santé mentale et logement.

Itinérance en santé mentale 20131206

Les obstacles à la gestion du diabète dans un contexte de pauvreté

Notre étude, réalisée dans la grande région de Montréal auprès de 295 personnes atteintes de diabète, montre que le fait de vivre sous le seuil de pauvreté et une faible scolarisation sont associés à un moins bon contrôle de la glycémie et ce, même si l’on tient compte des plusieurs autres variables (âge, sexe, statut d’immigrant, nombre d’années avec la maladie, prise d’insuline, adhésion à la médication, alimentation et l’exercice physique). Afin de mieux comprendre comment s’exerce l’influence de la pauvreté et de la scolarité sur le contrôle de la glycémie, nous avons exploré la contribution de plusieurs variables et la manière dont elles influencent cette relation. Les résultats indiquent que le fait de vivre en situation de pauvreté influence le contrôle de la glycémie à travers son association avec les symptômes de dépression (ex. tristesse, perte d’intérêt, manque d’énergie, difficulté à se concentrer), l’utilisation de stratégies d’évitement (ex. déni de la maladie, abus de substance, désengagement comportemental) et la perception que le diabète est cyclique et imprévisible. Par ailleurs, le faible niveau de scolarisation nuit au contrôle de la glycémie par son association avec des capacités cognitives réduites (principalement la capacité à planifier et à organiser les informations) et des stratégies d’évitement. Les implications pour la pratique seront discutées avec les participants.

Cette conférence sera présentée par Janie Houle, psychologue communautaire et professeure au Département de psychologie de l’UQAM, par Marie-Dominique Beaulieu, médecin pratiquant au Groupe de médecine familiale Notre-Dame du CSSS Jeanne-Mance et professeure au Département de médecine de famille et de médecine d’urgence de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et Sophie Meunier, docteure en psychologie et chercheure au Laboratoire Vitalité de l’UQAM. 

Les obstacles à la gestion du diabète dans un contexte de pauvreté 20140214

Vivre et survivre à domicile : le bien-être en cinq dimensions

En collaboration avec des auxiliaires familiaux et sociaux du CSSS Jeanne-Mance, les chercheurs questionnent la perception des personnes identifiées comme étant « âgées » ou « aînées » qui reçoivent de services de soutien à domicile. En quoi consiste leur « bien-être », selon leur propre point de vue et celui des auxiliaires qui interviennent auprès d’elles ? Les orientations en matière d’intervention à domicile semblent surtout fondées sur les problèmes d’« autonomie » fonctionnelle et de santé et risquent de passer à côté de ce qu’on pourrait appeler la dimension « humaine » ou « sociale ». Plane ici, en arrière fond, la catégorisation sociale des « vieux » en tant qu’êtres à la marge de la société, réduits à leurs « problèmes » et à leurs besoins – ces derniers étant mesurés par différents outils d’évaluation. Y aurait-il un autre regard à projeter sur ces personnes et une autre manière d’agir, pour en finir, en quelque sorte, avec la catégorisation stigmatisante de « vieux »?

Cette présentation sera effectuée par Christopher McAll, directeur scientifique du CREMIS et directeur du département de sociologie de l’Université de Montréal, Aude Fournier, professionnelle de recherche au CREMIS et Baptiste Godrie, candidat au doctorat en sociologie et professionnel de recherche au CREMIS.

Vivre et survivre à domicile: le bien-être en cinq dimensions 20140123