Lancement du documentaire De la casserole à la prise de parole : mai et juin 2012
Réalisé par Robert Bastien et Jean-François Laé, ce documentaire est une production du Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté (CREMIS) et de l’équipe PRAXCIT, qui s’attarde plus spécifiquement aux pratiques de participation citoyenne dans la recherche et l’action sur les inégalités sociales.
Le lancement aura lieu le jeudi 30 août prochain à compter de 17h au Centre humaniste de Montréal situé au 1225 boul. St-Joseph Est (coin De la Roche)
Deux projections sont prévues : 18h00 et 19h00
La projection sera suivie d’une période d’échanges. Venez vous aussi prendre la parole et entendre celle des autres!
De la casserole à la prise de parole : mai et juin 2012
Documentaire. Réalisation : Jean-François Laé et Robert Bastien. Montage : Anna Woch. Aide à la traduction : Renka Fuego. Remerciements : Isabelle Perreault. Musique : Le GGRIL avec Evan Parker. TDB 2012. Durée approximative: 22 minutes. Noir et blanc. Sous-titres en anglais. Une production du Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté (CRÉMIS). 2012.
Ils sont nombreux, ces anonymes, à protester en ces mois de mai et juin. Chacun y va de ses raisons et de son point de vue. Induite par l’adoption de la loi 78, un conducteur de taxi voit la crise actuelle comme une brimade à la démocratie, une loi injuste nécessitant un engagement citoyen pour dénoncer la perte de sa liberté et de ses droits. Parce que ses parents étaient dans l’incapacité financière de l’aider dans ses études, un jeune se retrouve soudeur, sans trop d’amertume, et aide sa femme à faire des études. Aujourd’hui, dit-il, le gouvernement vend le savoir comme s’il s’agissait d’une marchandise, et le mouvement actuel est le prélude à la naissance d’une nouvelle société. Au fil des semaines, une avocate a changé d’avis. Elle a pris conscience que le mouvement étudiant visait des causes passablement plus profondes qui concernaient la démocratisation de l’enseignement et, du même coup, la constitution de la société et le rôle de l’État. Une analyste en informatique, mère de deux jeunes filles toutes deux étudiantes à l’université, se dit transformée par le mouvement actuel. Chaque soir, elle est joyeuse de taper de la casserole, car il s’agit du réveil d’une nation qui s’affranchit de l’individualisme. Arrêté par hasard, menotté et emprisonné avec cinq cent autres personnes sur la rue Sherbrooke, un jeune menuisier voit, au lendemain de son arrestation, l’imminence d’une société en transformation. Un pompier de quarante-quatre ans père de deux enfants affirme que sa génération n’a rien fait d’autre que de se battre pour leurs petites affaires. Pour lui, les jeunes d’aujourd’hui, les étudiants plus particulièrement, sont en train de changer le cours des choses dans la société. Il se rallie à cette cause, entre autres pour ses enfants et voit, dans l’avenir, se dessiner un monde plus juste. Une dame en arrêt de travail est fatiguée du tintamarre des casseroles, pourtant elle comprend qu’il faut se faire entendre. Une coiffeuse énonce trois interdits (lois) dans le domaine de la coiffure : ne pas parler d’argent, de politique et de religion. Pourtant, elle témoigne du fait que les étudiants ont raison de prendre la rue malgré les inconvénients que cela cause aux Montréalais.
Avec ce documentaire, nous allons dans l’arrière cour des casseroles pour mettre en relief, ce que les médias de masse occultèrent au plus fort du mouvement, la façon dont des citoyens entrevoient la société, leur rôle citoyen, la démocratie et le politique.
Compte rendu du lancement
Une quarantaine de personnes ont assisté au lancement des capsules vidéos et du livre Au-delà du préjugé – trajectoires de vie, pauvreté et santé, publié aux Presses de l’Université, qui s’est déroulé au CREMIS le 29 novembre dernier.
Les histoires qui nous accompagnent dans ce livre font état des témoignages de quarante personnes rencontrées en entrevue, sans logement ou « mal logées », parfois avec des problèmes de santé mentale, vivant avec les barèmes de l’aide sociale. Quelles sont leurs conditions de vie? À quel point le poids de la stigmatisation et de la discrimination peut-il les affecter? Christopher McAll et son équipe de chercheurs et de praticiens en sociologie, en psychiatrie, en sciences infirmières, en organisation communautaire et en travail social, avec le soutien de la compagnie de théâtre d’intervention Mise au jeu, ont tenté de comprendre ce qui peut mener à la perte éventuelle du logement et à l’arrivée à la rue des personnes assistées sociales. Le choix de la forme théâtrale a rendu possible la présentation des résultats de cette recherche à des centaines de personnes, plusieurs en situation de pauvreté, dans huit régions du Québec en 2009 et en 2010. Les différents actes qui composent cet ouvrage, accompagnés d’analyses plus élaborées rédigées par les membres de l’équipe de McAll, ont été construits à l’aide des transcriptions d’entrevues. Ils abordent les conditions de logement en lien avec la notion de « bien-être», les « compétences » par rapport aux expériences de travail et de vie, les trajectoires de santé physique et mentale ainsi que les rapports jugés stigmatisants ou aidants et l’identification des réseaux à l’œuvre dans les trajectoires de vie des personnes.
À la suite de cette démarche, une petite équipe de personnes qui connaissent ces expériences de vie ont tenu à se prêter au jeu de l’interprétation de capsules filmées adaptées à partir des vignettes théâtrales qui avaient été présentées et discutées lors de la tournée régionale. Leur intention n’est pas de livrer une performance artistique de premier plan mais de témoigner, à leur façon, afin de permettre au plus grand nombre de personnes de se sensibiliser à ce que cela signifie de chercher à vivre… au-delà du préjugé! Ces capsules vidéos sont une production de l’équipe PRAXCIT du Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté (CREMIS), en collaboration avec le Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec et Mise au jeu. Ces capsules, qui ont également été présentées en grande première lors du lancement, sont disponibles à cette adresse : http://vimeo.com/53989821