Entre accompagnement et médicalisation : les politiques de l’expertise en déficience intellectuelle (1965-2015)
Les enfants présentant un handicap cognitif, comme une déficience intellectuelle, posent un défi aigu aux sociétés postindustrielles. Peut-être pour cette raison, les modes d’intervention auprès de ces enfants se sont beaucoup transformés entre 1965 et 2015. Cette évolution est intéressante, car elle témoigne de préconceptions changeantes sur ce qui constitue un handicap, sur la finalité des interventions, sur le type d’expert requis et sur les rapports de force qui sous-tendent ces choix.
Au Québec, l’histoire des politiques de l’expertise en déficience intellectuelle révèle deux spécificités du réseau DI-TED, soit : premièrement, la tension qu’introduit l’influence de modèles professionnels et diagnostiques issus de la santé et, deuxièmement, le volontarisme des directions d’établissements dans la détermination des expertises requises auprès des enfants, qui gonfle le poids des politiques institutionnelles dans la définition de l’offre de service.
Une présentation de Julien Prud’homme, professeur associé au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST) de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM).