Fiche Centre hospitalier

Intervenir auprès des personnes lors d’un passage en centre hospitalier

Cette fiche vous guidera pour connaître et répondre aux besoins d’une personne en situation ou à risque d’itinérance recevant des soins dans un centre hospitalier.

Un aperçu du contenu:

  • Faciliter l’accueil et l’admission
  • Assurer la sécurité et le confort de la personne en situation de sevrage
  • Recueillir les informations afin de faire le pont entre les différents intervenants
  • Réaliser un portrait global de la situation de la personne
  • Assurer une planification concertée et la transmission d’informations lors du départ du centre hospitalier

Écoutez les capsules vidéo:

Témoignages de personnes ayant vécu l’itinérance et d’acteur·trice·s œuvrant dans les services auprès d’elles:

Vidéo: Passage en centre hospitalier – Guide des bonnes pratiques en itinérance
(Durée: 04m49) Crédits vidéo: Christine Chevarie Avec la participation de: Mélissa Descôteaux et Marie-Ève Goyer
Vidéo: Préparer la sortie du centre hospitalier – Guide des bonnes pratiques en itinérance
(Durée: 02m18) Crédits vidéo: Christine Chevarie Avec la participation de: Samuel Blain, Marie-Ève Goyer et François Savoie

Comme médecin, j’ai été habituée à: il faut que ça aille vite. Puis le reste qui est pas le problème principal de l’hospitalisation, ce sera réglé en externe par son médecin de famille. Mais des personnes en situation d’itinérance, un, elles ont pas de médecin de famille, puis deux, en externe, on peine vraiment à faire plein de choses qu’on pense qu’on devrait faire.

Une médecin de famille spécialiste en itinérance

Fiche Prévenir

Agir sur l’instabilité résidentielle pour prévenir le passage à la rue

Cette fiche vous guidera pour explorer les besoins et favoriser le maintien en logement de personnes à risque d’itinérance.

Un aperçu du contenu:

  • Repérer le risque d’instabilité résidentielle
  • Explorer les facteurs de risque et de protection
  • Prendre en considération le signalement fait par un tiers
  • Intervenir sur les problèmes de cohabitation
  • Soutenir la personne à risque d’éviction

Écoutez la capsule vidéo:

Témoignages de personnes ayant vécu l’itinérance et d’acteur·trice·s œuvrant dans les services auprès d’elles:

Vidéo: Prévenir la rue – Guide des bonnes pratiques en itinérance
(Durée: 02m24) Crédits vidéo: Christine Chevarie Avec la participation de: Mélissa Descôteaux et François Savoie

Mais des fois, quand on a quelqu’un qu’on a le feeling qu’il est à la rue
ou qui va être à la rue, le fait d’élargir un tout petit peu [le mandat] va faire en sorte que la personne va tranquillement intégrer le service ou ne se retrouvera pas à la rue.

Une travailleuse sociale, chef d’équipe

Fiche Vers la stabilité résidentielle

Accompagner les personnes vers la stabilité résidentielle

Cette fiche vous guidera pour comprendre la sortie de l’itinérance et pour aider des personnes à trouver et à maintenir un logement après une période d’instabilité résidentielle ou d’itinérance.

Un aperçu du contenu:

  • Mobiliser les acteurs et utiliser les leviers susceptibles de favoriser la sortie de l’itinérance
  • Explorer l’état émotif, les expériences passées et les désirs de la personne avant son installation en logement
  • Mettre en valeur les forces et les compétences déjà acquises, y compris pendant la période d’itinérance
  • Assurer une présence régulière auprès de la personne afin de maintenir la stabilité résidentielle
  • Favoriser l’intégration dans le voisinage, la communauté et le quartier

Écoutez la capsule vidéo:

Témoignages de personnes ayant vécu l’itinérance et d’acteur·trice·s œuvrant dans les services auprès d’elles:

Vidéo: Comprendre la sortie de rue – Guide des bonnes pratiques en itinérance
(Durée: 04m11) Crédits vidéo: Christine Chevarie Avec la participation de: Cylvie Gingras, Nicolas Houde, Nancy Keays et Joseph-Clermont Maturin

C’est tout un monde qui change, qui bascule du jour au lendemain, puis on pense qu’en plaçant un toit au-dessus de la tête des personnes, tout est réglé.

Un travailleur de rue et de milieu

Fiche Personnes des Premières Nations et Inuit

DU NOUVEAU (2022/10/14): This information sheet is now available in English!

Accompagner les personnes des Premières Nations et les Inuit en situation d’itinérance

Cette fiche vous guidera afin d’accueillir les personnes des Premières Nations et des Inuit en situation d’itinérance dans les services et d’offrir un accompagnement respectueux et sensible à leurs diverses réalités.

Un aperçu du contenu:

  • Offrir un environnement culturellement sécuritaire
  • Adopter une posture d’ouverture lors de l’accueil
  • Assurer une bonne communication
  • S’inscrire dans un approche non directive misant sur la collaboration
  • Considérer la dimension de la famille et de la collectivité dans l’intervention

Écoutez la capsule vidéo:

Témoignages de personnes ayant vécu l’itinérance et d’acteur·trice·s œuvrant dans les services auprès d’elles.

(Durée: 06m36) Crédits vidéo: Christine Chevarie Avec la participation de: Adrienne Campbell, Édith Cloutier, Graham Isaak et Dominique Parent-Manseau

Je pense qu’il faut que l’intervenant enlève sa cape d’intervenant et devienne aussi le citoyen… Et que comme citoyens, on doit s’enrichir mutuellement à mieux se connaître.

Une directrice d’un centre d’amitié autochtone

Rapport final: L’approche globale en accompagnement résidentiel

L’approche globale en accompagnement résidentiel – Un projet portant sur les différentes pratiques en accompagnement résidentiel des populations en situation d’itinérance ou à risque au Québec


Dans le cadre de la mission du Centre affilié universitaire (CAU) du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, le CREMIS s’est vu confier le mandat par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), financé par Emploi et Développement social Canada (EDSC), de développer une approche de stabilisation résidentielle avec accompagnement (SRA) adaptée au contexte québécois et de soutenir le développement des connaissances des prestataires de services d’accompagnement résidentiel au Québec.

Dans le présent rapport, nous présenterons d’abord une mise en contexte des approches en accompagnement résidentiel, suivie du cadre théorique et de la démarche méthodologique et de développement des connaissances retenus pour le projet. La présentation des résultats se découpe en cinq thèmes transversaux : (1) Le sens de l’habiter et le rapport au logement, (2) Les traumas et l’adversité dans les parcours de vie, (3) Entre solitude et socialisation : les relations sociales, (4) L’autonomie et la prise de décision et (5) Un autre rapport au temps. Pour chacun de ces thèmes, nous faisons ressortir la diversité des témoignages concernant différents types d’expériences résidentielles et d’accompagnement du point de vue, d’abord, des personnes accompagnées et, ensuite, des personnes qui accompagnent. En conclusion, nous dégagerons des pistes prioritaires pour la stabilisation résidentielle avec accompagnement.

Index de tous les récits de pratiques

Index de tous les récits de pratiques

Voici en ordre alphabétique la liste de tous les récits de pratiques. Afin d’avoir une compréhension plus large des principes et enjeux qui sous-tendent ces différents récits, la consultations des autres sections du dossier est recommandée.



Rapport de recherche : Équipes itinérance en santé du Québec. Description des pratiques innovantes (2010)

À l’intérieur même des institutions de santé et de services sociaux, des approches innovatrices pour considérer les besoins des personnes itinérantes dans leur globalité (santé, social, sécurité, faim, hébergement) se sont développées. Ainsi, pour donner des réponses plus adéquates et mieux ciblées, des équipes-itinérance ont été mises sur pied dans diverses régions du Québec (Montréal, Gatineau, Sherbrooke et Laval). Elles regroupent des médecins, des infirmières, des travailleurs sociaux, des organisateurs communautaires. L’expertise multidisciplinaire développée par ces équipes est exceptionnelle, allant de la réponse à des demandes directes jusqu’au travail d’outreach, en passant par le maillage et le réseautage des ressources du réseau public et du milieu communautaire. Autour d’une démarche conjointe, ces équipes ont souhaité, à travers cette recherche, 1) améliorer la qualité et l’efficacité de leurs interventions; 2) permettre un ressourcement continu à des intervenant.e.s praticien.ne.s du terrain; 3) permettre de nommer, d’échanger et de transférer des pratiques professionnelles en lien avec des savoirs, savoir-faire et savoir-être spécifiques au terrain, à la clientèle et à une intervention qui se déploie à partir du réseau public.

Ce rapport de recherche déposé au Secrétariat des partenariats de lutte à l’itinérance (SLIP) en 2010 présente le projet en profondeur.

Rapport de recherche : Équipes Chez soi à Montréal. Récits de pratiques et consensus d’expert (2013)

Ce projet de recherche s’inscrit dans le cadre de l’appel du Secrétariat des partenariats de lutte à l’itinérance portant sur les meilleures pratiques auprès des personnes itinérantes à la rue ou vivant en hébergement d’urgence avec des problèmes de santé mentale graves et persistants. Il s’est agi de faire la description et l’analyse des pratiques de trois équipes cliniques qui s’adressent à une population en situation d’itinérance et souffrant de troubles mentaux dans le cadre du projet Chez soi à Montréal : deux équipes de suivi d’intensité variable (SIV) et une équipe de suivi intensif dans le milieu (SIM). On a cherché à en saisir la spécificité pour favoriser leur consolidation et leur diffusion dans d’autres milieux. Autour d’une démarche conjointe, ces équipes ont souhaité, à travers cette recherche, 1) améliorer la qualité et l’efficacité de leurs interventions; 2) permettre un ressourcement continu à des intervenant.e.s praticien.ne.s du terrain; 3) permettre de nommer, d’échanger et de transférer des pratiques professionnelles en lien avec des savoirs, savoir-faire et savoir-être spécifiques au terrain, à la clientèle et à une intervention qui se déploie à partir du réseau public.

Ce rapport de recherche déposé au Secrétariat des partenariats de lutte à l’itinérance (SLIP) en 2013 présente le projet en profondeur.

Savoirs d’intervention en itinérance: les recherches qui ont mené à ce dossier

Introduction

S’inscrivant dans un travail d’identification des meilleures pratiques, les savoirs d’intervention en itinérance qui sont présentés ici sont tirés d’une collaboration de recherche avec quatre Équipes itinérance du Québec (1) et trois équipes mises sur pied dans le cadre du projet de recherche et d’intervention Chez soi (2). Il s’est agi d’identifier ce qui émerge de la pratique de ces équipes cliniques: Comment sont relevés les divers défis de l’intervention auprès de personnes conjuguant problèmes de santé et parcours d’itinérance? Quelles sont les pratiques développées au sein de ces espaces d’innovation? Quelles traces les équipes souhaitent-elles laisser?

Les pratiques d’intervention les plus significatives de ces équipes ont été décrites et documentées dans le cadre de deux recherches, réalisées entre 2008 et 2013 sous la direction de Roch Hurtubise professeur à l’École de travail social de l’Université de Sherbrooke, afin de rendre disponibles ces expertises cliniques dans divers milieux de pratique et de formation. Ces projets se sont inscrits dans le cadre de l’appel du développement des connaissances en itinérance du Secrétariat des partenariats de lutte à l’itinérance (SPLI), portant sur les pratiques exemplaires dans le domaine de l’itinérance.

  • Pourquoi avoir décrit les pratiques d’intervention en itinérance?
  • Quels sont les usages possibles de ces recherches?
  • Qu’ont fait les chercheurs? La méthode

Pourquoi avoir décrit les pratiques d’intervention en itinérance?

Les personnes en situation d’itinérance font face à des situations complexes qui demandent une intervention nuancée, s’accommodant mal de pratiques uniformisées et de règles univoques.

Constamment confrontées aux transformations des problématiques et à la diversification des contextes, les pratiques d’intervention en itinérance ne sont jamais figées dans un modèle ou une approche. Autour d’une démarche collaborative, deux recherches (Hurtubise et Babin, 2010; Hurtubise et Rose, 2013) ont cherché à repérer les solutions pertinentes, significatives et viables à l’itinérance et à améliorer les services aux personnes en situation d’itinérance. Ces recherches ont mis en évidence le caractère spécifique des réponses qui sont adaptées à des personnes aux trajectoires et aux problèmes hétéroclites.

Les personnes intéressées par l’itinérance peuvent se familiariser avec une variété de pratiques développées pour répondre aux défis cliniques et éthiques rencontrés dans le travail d’intervention en itinérance. Se trouvent rassemblés dans cette rubrique 51 récits de pratiques (au format PDF) qui racontent en temps réel une variété de suivis, d’histoires de cas, de défis d’intervention et les pratiques identifiées pour y répondre. Ces pratiques, plutôt que règles, témoignent de la créativité, de la sensibilité et de la capacité d’adaptation des intervenant·e·s pour accompagner des personnes dans leur cheminement vers leur rétablissement. La description fine des pratiques permet d’aller au-delà de la recette pour saisir des processus qui témoignent du travail d’analyse, de doute et de remise en question qui est à l’œuvre dans ces équipes. Sur la base de cette banque de récits, des principes d’intervention qui font consensus parmi les intervenant.e.s de ces équipes ont été dégagés (la meilleure orientation à prendre dans une situation donnée) : ils constituent autant de guides dans le travail d’intervention en itinérance.

La finalité première des savoirs documentés est de rendre visibles et de contribuer à la reconnaissance des pratiques d’interventions considérées les plus adéquates selon des expert.e.s en intervention. Bien qu’il ne soit pas question ici de vouloir uniformiser ou standardiser des pratiques qui se rapportent à des contextes complexes, et sachant que les différentes équipes ont accès à des ressources différenciées, il devient toutefois essentiel pour progresser dans la lutte à l’itinérance, de saisir la manière dont certaines actions sont plus appropriées. C’est le pari de la mobilisation de la recherche pour une amélioration de l’action auprès de personnes en situation d’itinérance.

Quels sont les usages possibles de ces recherches?

Les récits de pratiques et les principes d’intervention peuvent être utilisés dans une grande variété de contextes pour alimenter la réflexion et les discussions dans divers milieux de pratique et de formation :

  • rendre visible, valoriser, argumenter et défendre l’originalité et la pertinence du travail des équipes spécialisées en itinérance;
  • constituer des vignettes destinées à la formation;
  • accueillir des stagiaires et du nouveau personnel;
  • participer à la réflexion de la mise en œuvre de nouveaux services;
  • faire un bilan destiné à des instances internes ou externes;
  • réfléchir sur des enjeux spécifiques et à la cohérence des pratiques;
  • en formation initiale, permettre à l’étudiant.e de saisir ce que peut être la pratique en itinérance;
  • offrir aux intervenant·e·s un matériel susceptible d’être utilisé pour illustrer la grande complexité de la réalité et des pratiques auprès des personnes à la rue.

S’il n’y a jamais une similarité complète entre un milieu d’intervention et un autre, ce qui est proposé ici vise à alimenter la réflexion des intervenant·e·s et des gestionnaires qui adapteront les contenus et les principes à leur propre pratique. Cette rubrique vise à favoriser un dialogue au sein de la communauté des intervenant·e·s de milieux de pratiques pluriels.

Qu’ont fait les chercheurs? La méthode

Cette rubrique réunit les résultats de deux recherches, sous la direction de Roch Hurtubise, qui ont documenté des pratiques d’intervention en itinérance selon une méthodologie similaire.

Une banque de 51 récits de pratiques

Les interventions des équipes spécialisées en itinérance ont d’abord été documentées sous la forme de récits de pratiques de quelques pages. Chaque récit documente un enjeu clinique et les réponses qui y sont apportées dans le cadre d’un ou de plusieurs suivis. Par exemple : travailler simultanément autour de la toxicomanie et de la santé mentale; aborder le décès de personnes desservies par une équipe; rester en lien avec des personnes aux comportements agressifs; établir une collaboration avec l’urgence psychiatrique d’un hôpital; créer le lien avec des personnes qui souffrent d’un trouble délirant; soutenir la défense de droits à l’aide sociale; collaborer avec les policiers; etc. Pour chaque récit, nous avons documenté le contexte de l’intervention, afin de rendre compte des jugements cliniques qui vont prévaloir dans telle ou telle situation. Ils pointent des aspects qui méritent, selon les intervenant.e.s d’une équipe, d’être considérés pour leur valeur exemplaire.

En collaboration avec les intervenant·e·s des équipes, il s’agissait d’identifier les « meilleures pratiques » parmi celles qui ont été développées au sein de l’équipe. Les récits ont par la suite été bâtis à partir d’observations et d’entretiens avec les principaux intervenant·e·s des suivis décrits. Le texte a ensuite été bonifié, modifié et validé par l’équipe clinique, dans un travail de rétroaction et de coécriture. La banque de 51 récits de pratiques ainsi constituée (21 récits des Équipes itinérance, 30 récits des Équipes Chez soi) permet d’illustrer la pratique quotidienne et la mise en œuvre sur le terrain des principes d’interventions qui guident la pratique de ces sept équipes spécialisées en itinérance.

Identification de consensus d’expert·e·s

La recherche sur les pratiques exemplaires s’est développée autour de deux grands modèles : la perspective des données probantes et celle des consensus d’expert.e.s. La nature même de la problématique de l’itinérance et la dimension adaptative des pratiques des équipes a nécessité un dispositif de recherche qui, pour saisir le contenu et le sens de ces pratiques, fait une large place à l’expertise développée par les praticien·ne·s. Les recherches ici réunies s’apparentent donc davantage à la perspective des consensus d’expert·e·s puisque c’est le collectif des intervenant·e·s, ceux que nous considérons comme des « expert·e·s de l’intervention », qui valident et jugent de la pertinence de telles pratiques.

Plusieurs postulats ont orienté les démarches de recherche. Tout d’abord, la diversité des manières de faire des équipes cliniques constitue une richesse qu’il faut promouvoir et qui n’appelle pas une normalisation ou une standardisation des pratiques. Ensuite, ces pratiques s’appuient sur des référents implicites et des savoirs spécifiques que nous avons voulu valoriser. De plus, les pratiques des équipes spécialisées dans le champ de l’itinérance se caractérisent par une volonté de dire et de rendre visibles les actions posées, et nous supposons que cette volonté est liée à des besoins de formation, à la quête de légitimité de cette pratique et à son potentiel de transfert dans d’autres milieux.

La démarche de ces recherches présente deux caractéristiques importantes qui la distinguent des approches plus normatives : d’une part, elle est contextualisée (aux milieux, aux contextes régionaux, aux services) et, d’autre part, elle articule la réflexion individuelle et la réflexion collective. Nous favorisons donc le cumul des savoirs aux divers niveaux des individus, des équipes et de l’inter-équipe.

Une démarche d’animation réunissant les intervenant·e·s des différentes équipes (les 4 Équipes itinérance ont rassemblé une vingtaine de professionnel·le·s en 2009; les trois équipes du projet Chez soi ont rassemblé une trentaine de professionnel·le·s en 2011 et 2013) a permis d’identifier des principes d’interventions qui font consensus entre les professionnel·le·s, en ce qu’ils guident leur pratique. Il s’est agi de décrire et d’énumérer les différentes considérations qui permettent d’orienter un bon jugement clinique. Lors de ces animations, les intervenant·e·s ont été appelé·e·s à identifier des consensus et à en valider la formulation : a) préciser et compléter les énoncés proposés du point de vue de leur validité interne; b) juger du caractère innovant du principe d’intervention écrit et des possibilités de transfert dans un autre contexte.

Les deux séries de consensus sont ici rassemblées : ceux identifiés en 2009 avec les Équipes itinérance du Québec, et ceux identifiés en 2011 et en 2013 avec les équipes du projet Chez soi. Notons qu’il n’y a pas de contradiction entre les consensus identifiés par les deux collectifs d’intervenant·e·s. Nous avons au contraire constaté que les recommandations formulées par les Équipes itinérance en 2009 et les équipes Chez soi en 2011 et 2013 se superposent, se bonifient et se complexifient au fil des ans et du cumul des connaissances en itinérance.

Dans le cadre des deux démarches de recherche, les rencontres inter-équipe qui visaient à identifier avec l’ensemble des intervenant·e·s les grands principes guidant leur intervention, ont réintroduit avec force l’importance de la diversité des contextes et des nuances à mettre en œuvre pour appliquer des principes et des orientations. Le vocabulaire a d’ailleurs changé entre la première et la deuxième recherche, passant de la recherche de « consensus d’expert·e·s » à l’identification de « principes d’interventions ». Il y a là un changement de perspective induit par l’insistance des intervenant·e·s à nuancer, contextualiser les interventions décrites et les principes qui les sous-tendent. En ce sens, il apparaît au terme de ces démarches que l’élaboration des consensus de pratique est un exercice qui prend pleinement son sens seulement lorsqu’on ose aussi discuter de la diversité et des variations dans la réponse à certaines manières d’agir.

Favoriser la souplesse et l’adaptation des services

Les équipes ont un rôle à jouer dans la sensibilisation des services à une approche plus souple et mieux adaptée aux besoins des personnes en situation d’itinérance.

Par exemple, ça peut vouloir dire…

  • Afin de faciliter l’accès aux services pour les personnes à la rue, il est nécessaire de favoriser des mécanismes de liaison. Les intervenantEs en itinérance doivent pouvoir compter dans le réseau sur des personnes-pivots sensibilisées et en mesure de faciliter l’accès des personnes aux services.
  • Dans certaines circonstances où la personne se voit refuser l’accès aux services en vertu des règles d’admissibilité en vigueur, les intervenantEs ont intérêt à trouver des moyens de contourner les règles habituelles.
  • À un niveau plus formel, les équipes ont intérêt à participer activement à la mise en place de procédures d’accès adaptées aux personnes à la rue et qui sont reconnues par les établissements.
  • Développer un bon réseau de contacts qui fait preuve de flexibilité permet de résoudre certaines impasses liées au refus de soins. Le travail en collaboration permet d’alléger le fardeau vécu de façon individuelle et de générer de nouvelles possibilités. Par exemple : pouvoir compter sur un médecin qui se déplace directement dans la rue pour soigner une personne en situation d’itinérance qui refuse de se rendre au CSSS.

Pour en savoir plus, consultez les récits de pratiques, et notamment

Accompagner vers les services une dame qui voit des anges
« Il faut pousser un peu, sans la brusquer. Je cherche l’appui des gens autour de Françoise et en qui elle a confiance. »
Projet Chez soi à Montréal
Équipe de suivi à intensité variable (SIV), Diogène

Aide sociale : de l’accompagnement à l’advocacy
« Nous voyons notre implication dans le cadre de demandes d’aide sociale comme un travail de défrichage servant à rendre plus perméables les frontières entre les services. »
Équipe itinérance, CSSS de Gatineau

Outreach : un réseau de collaboration indispensable
« Avec le temps, j’ai compris l’importance d’expliquer nos interventions, les impasses que nous vivons ainsi que les raisons qui justifient notre demande. »
Équipe itinérance, CSSS Jeanne-Mance, Montréal

Redémarrage d’une Table de concertation
« Les acteurs-terrain ont constaté que nous étions sensibles à leur réalité et que nous sommes confrontés aux mêmes luttes pour la reconnaissance. » Équipe Itinérance, CSSS de Laval

Collaboration avec l’urgence psychiatrique d’un centre hospitalier
« Lorsqu’un psychiatre donne congé à un patient qui n’a d’autres options que de se retrouver au refuge, il peut s’assurer que l’Équipe prendra le relais. »
Équipe Itinérance, CSSS-IUGS de Sherbrooke