Jean Gagné et al.
État de situation sur la participation des personnes utilisatrices suite au Plan d’action en santé mentale 2005-2010
Jean Gagné et al. (2012)
Synthèse du rapport de recherche – Nouvelles pratiques de collaboration entre policiers et intervenants de la santé et des services sociaux dans l’intervention en itinérance à Montréal (2012)
Marie-Claude Rose, Evelyne Baillergeau, Roch Hurtubise, Christopher McAll
Rapport de recherche – Nouvelles pratiques de collaboration entre policiers et intervenants de la santé et des services sociaux dans l’intervention en itinérance à Montréal (2012)
Marie-Claude Rose, Evelyne Baillergeau, Roch Hurtubise et Christopher McAll
L’objet de cette recherche exploratoire fut de documenter un type d’intervention qui se déploie actuellement à une échelle réduite à Montréal dans le cadre d’une équipe mixte de policiers et d’intervenants sociaux et de la santé : l’Équipe mobile de référence et d’intervention en itinérance (EMRII). Ce modèle de collaboration entre intervenants sociaux (travailleur social, éducateur spécialisé), intervenants de la santé (infirmier) et policiers se veut une alternative proactive pour offrir des réponses individualisées à des personnes en situation d’itinérance, vulnérables et faisant l’objet de nombreuses interventions policières. EMRII a offert un suivi intensif à 95 personnes entre l’automne 2009 et l’automne 2012 (suivi d’une durée moyenne de treize mois). Plus de 150 autres personnes ont aussi reçu directement ou indirectement une aide ponctuelle de la part de l’équipe, afin de les orienter vers les services, d’arrimer les services entre eux et d’orienter le travail des patrouilleurs. À travers cette recherche exploratoire, nous avons souhaité identifier les enjeux que soulève un tel travail de collaboration interprofessionnelle et participer à la réflexion sur les retombées d’une équipe mixte en itinérance.
Concrètement, il s’est agi de :
- a)Documenter l’implantation et la mise en œuvre d’EMRII à Montréal
- b)Documenter les pratiques d’intervention et de collaboration des professionnels de l’équipe mixte, afin d’illustrer les enjeux cliniques et éthiques rencontrés dans l’intervention auprès de personnes en situation d’itinérance et de dégager les divers registres d’intervention d’EMRII.
- c)Documenter l’expérience de personnes qui reçoivent les services de l’équipe mixte. Quels sont les usages ou stratégies adoptés par les personnes à la rue pour améliorer leurs conditions de vie et comment l’utilisation des services offerts par EMRII en fait-elle partie?
- d)Identifier les modes d’appropriation sociale qui se construisent à travers EMRII chez les policiers, les usagers et les intervenants spécialisés, pour dégager les constats qui permettent de baliser ces pratiques et les défis qui se posent pour desservir adéquatement la population itinérante.
- e)Sur la base de la littérature et du terrain, identifier des constats, des indicateurs de suivi dans une approche évaluative axée sur les résultats, ainsi que les pistes de recherche, afin d’alimenter les équipes dans le développement des projets de première et deuxième ligne en itinérance.
La méthodologie de la recherche se situe au croisement de l’analyse des pratiques professionnelles et de la théorie de l’appropriation sociale. Cette recherche exploratoire a été réalisée au cours d’une période de huit mois, entre mars et octobre 2012. Dans ce rapport, nous décrivons, dans un premier temps, la rencontre de deux cultures institutionnelles au sein d’une équipe mixte, sa mise en œuvre et l’établissement de diverses pratiques de co-intervention. Dans un deuxième temps, nous explorons la question des retombées d’une équipe mixte sous différents angles: divers constats à propos de cette équipe, tels que vécus par les principaux acteurs qui la composent (les policiers, les intervenants sociaux, les intervenants de la santé et les personnes en situation d’itinérance); des indicateurs de suivi continu afin de contribuer à la gestion et au développement des pratiques interprofessionnelles en itinérance; et des pistes de recherche pour poursuivre la réflexion sur les retombées d’une équipe mixte.
Parallèlement à ce rapport, a également été réalisée une synthèse bibliographique sur la collaboration entre police, santé et services sociaux au sujet de l’itinérance aux États-Unis, en Australie et en Europe.
Revue de la littérature – Nouvelles pratiques de collaboration entre policiers et intervenants de la santé et des services sociaux dans l’intervention en itinérance à Montréal (2012)
Evelyne Baillergeau
La maternité chez les femmes vivant avec le VIH/Sida dans les territoires français d’Amérique: Guadeloupe, Guyane, Martinique, Sainte-Martin (2011)
Estelle Carde et Dolorès Pourette
Résumé L’épidémie du VIH/Sida, dans les Départements Français d’Amérique (DFA) et la commune de Saint-Martin, se caractérise par des taux d’incidence six fois supérieurs à ceux de la métropole et une transmission hétérosexuelle importante – les femmes y représentent près de la moitié des personnes infectées. L’objectif de cette recherche était d’analyser les processus de décision, de vécu et de prise en charge de la procréation, pour les femmes vivant avec le VIH/Sida dans quatre territoires français de la Caraïbe : la Guyane, Saint-Martin, la Guadeloupe et la Martinique. Elle a été réalisée en 2009 par entretiens semi-directifs et observations auprès de 41 femmes concernées par la maternité (enceintes, en désir de grossesse, ou ayant eu au moins un enfant depuis leur dépistage) et de 94 professionnels de la santé et du social qui les prennent en charge. L’analyse a porté sur l’offre de soins, les représentations et les pratiques des femmes, et celles des professionnels. Sur les quatre terrains, l’absence de maîtrise de leur sexualité caractérise le parcours reproductif des femmes, que leur partenaire soit informé ou non de leur séropositivité, qu’il soit désireux ou non d’avoir un enfant. Les femmes affirment accorder une grande importance à la maternité, en dépit du contexte du VIH, d’où leurs réticences à interrompre une grossesse déjà engagée. Cependant les femmes étrangères et en situation de précarité expriment beaucoup plus rarement un désir d’enfant que les femmes françaises. Alors que les premières ne semblent pas anticiper cet événement, les secondes ne l’envisagent souvent que de façon réfléchie, après avoir dans un premier temps suspendu tout projet de procréation par crainte de la transmission à l’enfant. Les femmes étrangères comme les françaises démarrent le plus souvent leur grossesse sans en informer les soignants, et ce malgré les relations le plus souvent bonnes qu’elles entretiennent avec ces derniers. Le risque de transmission à l’enfant est la principale inquiétude des femmes enceintes, et leur première motivation pour être observantes. Des ruptures de suivi sont néanmoins observées, notamment chez des femmes contraintes de cacher leur séropositivité, y compris à leur partenaire, par crainte de la stigmatisation et du rejet. Les professionnels sont globalement satisfaits de leur prise en charge, et sont soulagés de pouvoir accompagner un processus qu’ils déconseillaient à leurs patientes il y a encore une quinzaine d’années. Cette prise en charge est cependant compliquée, en Guyane, par les grandes distances et des difficultés de communication entre les soignants et les patientes étrangères. Par ailleurs, sur les quatre terrains, les professionnels regrettent les difficultés socio-économiques et administratives qui interfèrent sur le suivi médical des femmes et de leurs enfants. Ils mettent en place diverses mesures, passant souvent par la pluridisciplinarité, pour tenter de maintenir le suivi des femmes pendant et entre les grossesses, et pour assurer la prise en charge des nouveaux-nés. Enfin, l’absence de centre de PMA accessible aux couples concernés par le VIH dans ces territoires et la complexité de l’accès à de tels centres en métropole réduisent considérablement les possibilités de procréation des femmes séropositives ayant un problème de fertilité et/ou dont le conjoint est également séropositif, surtout quand elles sont étrangères. Le rapport se conclut par une série de recommandations visant l’amélioration des conditions sociales et médicales de la maternité chez les femmes vivant avec le VIH/Sida.
Mots-clés Femmes, VIH/Sida, Départements français d’Amérique, maternité, immigration, PTME.
Trajectoires sociales et scolaires de jeunes de 16 à 24 ans issus de l’immigration en formation générale des adultes et analyse de deux projets de « Persévérance scolaire » (2010)
Rapport remis à la Direction des Services aux communautés culturelles (DSCC) du Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS)
Maryse Potvin, Ph.D.
Professeure, Département d’éducation et formation spécialisées
Université du Québec à Montréal
Chercheure au Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM) et au Centre Métropolis du Québec
Jean-Baptiste Leclercq
Postdoctorant
Université de Montréal
Avec la collaboration de :
Pauline Carignan-Marcotte,professionnelle de recherche, Université du Québec à Montréal
Anissa Adouane, auxiliaire de recherche, UQAM (entrevues)
Occuper l’espace – Collectif d’étudiants en sciences politiques (2009)
Collectif d’étudiants en sciences politiques
Sous la direction de Pascale Dufour
La place des jeunes dans la ville (2008)
Collectif d’auteurEs -Atelier international sur les discriminations
Promotion de l’activité physique et impact du niveau de pratique sur certains facteurs favorisant l’apprentissage (2007)
Les données de l’Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois 1999 révèlent que près de la moitié des garçons (44 %) et plus de la moitié des filles (53 %) ne sont pas suffisamment actifs pour en retirer des bienfaits pour leur santé (Barnett & Hamel, 2002, p. 236). Sur la base d’une recension des travaux de recherche, le Comité scientifique de Kino-Québec estime qu’une pratique quotidienne d’activités physiques s’intégrant harmonieusement aux habitudes de vie des jeunes, ainsi que trois périodes hebdomadaires d’activités physiques d’intensité moyenne ou plus élevée, pendant au moins 20 minutes, sont nécessaires pour le développement et la santé des jeunes (Kino-Québec, 2000, p. 21). Or, nos jeunes sont à bonne distance de l’atteinte de ces standards. Le haut pourcentage de jeunes Québécois sédentaires risque d’entraîner divers problèmes de santé chez nos « citoyens de demain », tels que les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l’obésité et l’hypertension artérielle, pour ne nommer que les principales pathologies associées à la sédentarité (Perrault, 2005).
Il est en outre reconnu que les bienfaits de l’activité physique ne se limitent pas à la santé physique; l’activité physique régulière a des effets positifs sur le contrôle du stress, l’intégration sociale et le sentiment de bien-être (Kino-Québec, 2000). Ces diverses dimensions de la santé ont, en bout de piste, des incidences sur l’apprentissage : un jeune en bonne santé physique, mentale et sociale a de meilleures dispositions pour l’apprentissage. Or, devant les difficultés scolaires des jeunes, les directions scolaires ont souvent eu tendance à privilégier un rattrapage dans les matières de base plutôt que l’ajout de périodes d’activités physiques. Cette préférence mérite peut-être d’être reconsidérée dans le contexte actuel. En effet, dans ses recommandations au ministre de la Santé et des Services sociaux, le rapport Perrault sur les saines habitudes de vie chez les jeunes mentionnait l’importance de « revaloriser l’éducation physique comme élément contribuant à un meilleur apprentissage et comme moyen d’intervention pour les jeunes en difficulté » (Perrault, 2005, p. 48).
Par ailleurs, les enquêtes nationales rapportent que les milieux moins bien nantis montrent un plus bas niveau de pratique d’activités physiques, une plus grande prévalence de problèmes de santé et un décrochage scolaire plus important que les milieux socio-économiquement favorisés. Il s’avère donc crucial d’intervenir en priorité auprès des jeunes en milieux moins bien nantis. Bien que les facteurs influant sur la santé et le décrochage scolaire soient multiples et leur interaction complexe, il demeure que la pratique d’activités physiques peut constituer un facteur intéressant sur lequel intervenir car il est plus facilement modifiable que des facteurs structuraux de la société (tels que les inégalités socio-économiques).