Index de tous les récits de pratiques

Index de tous les récits de pratiques

Voici en ordre alphabétique la liste de tous les récits de pratiques. Afin d’avoir une compréhension plus large des principes et enjeux qui sous-tendent ces différents récits, la consultations des autres sections du dossier est recommandée.



Rapport de recherche : Équipes itinérance en santé du Québec. Description des pratiques innovantes (2010)

À l’intérieur même des institutions de santé et de services sociaux, des approches innovatrices pour considérer les besoins des personnes itinérantes dans leur globalité (santé, social, sécurité, faim, hébergement) se sont développées. Ainsi, pour donner des réponses plus adéquates et mieux ciblées, des équipes-itinérance ont été mises sur pied dans diverses régions du Québec (Montréal, Gatineau, Sherbrooke et Laval). Elles regroupent des médecins, des infirmières, des travailleurs sociaux, des organisateurs communautaires. L’expertise multidisciplinaire développée par ces équipes est exceptionnelle, allant de la réponse à des demandes directes jusqu’au travail d’outreach, en passant par le maillage et le réseautage des ressources du réseau public et du milieu communautaire. Autour d’une démarche conjointe, ces équipes ont souhaité, à travers cette recherche, 1) améliorer la qualité et l’efficacité de leurs interventions; 2) permettre un ressourcement continu à des intervenant.e.s praticien.ne.s du terrain; 3) permettre de nommer, d’échanger et de transférer des pratiques professionnelles en lien avec des savoirs, savoir-faire et savoir-être spécifiques au terrain, à la clientèle et à une intervention qui se déploie à partir du réseau public.

Ce rapport de recherche déposé au Secrétariat des partenariats de lutte à l’itinérance (SLIP) en 2010 présente le projet en profondeur.

Rapport de recherche : Équipes Chez soi à Montréal. Récits de pratiques et consensus d’expert (2013)

Ce projet de recherche s’inscrit dans le cadre de l’appel du Secrétariat des partenariats de lutte à l’itinérance portant sur les meilleures pratiques auprès des personnes itinérantes à la rue ou vivant en hébergement d’urgence avec des problèmes de santé mentale graves et persistants. Il s’est agi de faire la description et l’analyse des pratiques de trois équipes cliniques qui s’adressent à une population en situation d’itinérance et souffrant de troubles mentaux dans le cadre du projet Chez soi à Montréal : deux équipes de suivi d’intensité variable (SIV) et une équipe de suivi intensif dans le milieu (SIM). On a cherché à en saisir la spécificité pour favoriser leur consolidation et leur diffusion dans d’autres milieux. Autour d’une démarche conjointe, ces équipes ont souhaité, à travers cette recherche, 1) améliorer la qualité et l’efficacité de leurs interventions; 2) permettre un ressourcement continu à des intervenant.e.s praticien.ne.s du terrain; 3) permettre de nommer, d’échanger et de transférer des pratiques professionnelles en lien avec des savoirs, savoir-faire et savoir-être spécifiques au terrain, à la clientèle et à une intervention qui se déploie à partir du réseau public.

Ce rapport de recherche déposé au Secrétariat des partenariats de lutte à l’itinérance (SLIP) en 2013 présente le projet en profondeur.

Savoirs d’intervention en itinérance: les recherches qui ont mené à ce dossier

Introduction

S’inscrivant dans un travail d’identification des meilleures pratiques, les savoirs d’intervention en itinérance qui sont présentés ici sont tirés d’une collaboration de recherche avec quatre Équipes itinérance du Québec (1) et trois équipes mises sur pied dans le cadre du projet de recherche et d’intervention Chez soi (2). Il s’est agi d’identifier ce qui émerge de la pratique de ces équipes cliniques: Comment sont relevés les divers défis de l’intervention auprès de personnes conjuguant problèmes de santé et parcours d’itinérance? Quelles sont les pratiques développées au sein de ces espaces d’innovation? Quelles traces les équipes souhaitent-elles laisser?

Les pratiques d’intervention les plus significatives de ces équipes ont été décrites et documentées dans le cadre de deux recherches, réalisées entre 2008 et 2013 sous la direction de Roch Hurtubise professeur à l’École de travail social de l’Université de Sherbrooke, afin de rendre disponibles ces expertises cliniques dans divers milieux de pratique et de formation. Ces projets se sont inscrits dans le cadre de l’appel du développement des connaissances en itinérance du Secrétariat des partenariats de lutte à l’itinérance (SPLI), portant sur les pratiques exemplaires dans le domaine de l’itinérance.

  • Pourquoi avoir décrit les pratiques d’intervention en itinérance?
  • Quels sont les usages possibles de ces recherches?
  • Qu’ont fait les chercheurs? La méthode

Pourquoi avoir décrit les pratiques d’intervention en itinérance?

Les personnes en situation d’itinérance font face à des situations complexes qui demandent une intervention nuancée, s’accommodant mal de pratiques uniformisées et de règles univoques.

Constamment confrontées aux transformations des problématiques et à la diversification des contextes, les pratiques d’intervention en itinérance ne sont jamais figées dans un modèle ou une approche. Autour d’une démarche collaborative, deux recherches (Hurtubise et Babin, 2010; Hurtubise et Rose, 2013) ont cherché à repérer les solutions pertinentes, significatives et viables à l’itinérance et à améliorer les services aux personnes en situation d’itinérance. Ces recherches ont mis en évidence le caractère spécifique des réponses qui sont adaptées à des personnes aux trajectoires et aux problèmes hétéroclites.

Les personnes intéressées par l’itinérance peuvent se familiariser avec une variété de pratiques développées pour répondre aux défis cliniques et éthiques rencontrés dans le travail d’intervention en itinérance. Se trouvent rassemblés dans cette rubrique 51 récits de pratiques (au format PDF) qui racontent en temps réel une variété de suivis, d’histoires de cas, de défis d’intervention et les pratiques identifiées pour y répondre. Ces pratiques, plutôt que règles, témoignent de la créativité, de la sensibilité et de la capacité d’adaptation des intervenant·e·s pour accompagner des personnes dans leur cheminement vers leur rétablissement. La description fine des pratiques permet d’aller au-delà de la recette pour saisir des processus qui témoignent du travail d’analyse, de doute et de remise en question qui est à l’œuvre dans ces équipes. Sur la base de cette banque de récits, des principes d’intervention qui font consensus parmi les intervenant.e.s de ces équipes ont été dégagés (la meilleure orientation à prendre dans une situation donnée) : ils constituent autant de guides dans le travail d’intervention en itinérance.

La finalité première des savoirs documentés est de rendre visibles et de contribuer à la reconnaissance des pratiques d’interventions considérées les plus adéquates selon des expert.e.s en intervention. Bien qu’il ne soit pas question ici de vouloir uniformiser ou standardiser des pratiques qui se rapportent à des contextes complexes, et sachant que les différentes équipes ont accès à des ressources différenciées, il devient toutefois essentiel pour progresser dans la lutte à l’itinérance, de saisir la manière dont certaines actions sont plus appropriées. C’est le pari de la mobilisation de la recherche pour une amélioration de l’action auprès de personnes en situation d’itinérance.

Quels sont les usages possibles de ces recherches?

Les récits de pratiques et les principes d’intervention peuvent être utilisés dans une grande variété de contextes pour alimenter la réflexion et les discussions dans divers milieux de pratique et de formation :

  • rendre visible, valoriser, argumenter et défendre l’originalité et la pertinence du travail des équipes spécialisées en itinérance;
  • constituer des vignettes destinées à la formation;
  • accueillir des stagiaires et du nouveau personnel;
  • participer à la réflexion de la mise en œuvre de nouveaux services;
  • faire un bilan destiné à des instances internes ou externes;
  • réfléchir sur des enjeux spécifiques et à la cohérence des pratiques;
  • en formation initiale, permettre à l’étudiant.e de saisir ce que peut être la pratique en itinérance;
  • offrir aux intervenant·e·s un matériel susceptible d’être utilisé pour illustrer la grande complexité de la réalité et des pratiques auprès des personnes à la rue.

S’il n’y a jamais une similarité complète entre un milieu d’intervention et un autre, ce qui est proposé ici vise à alimenter la réflexion des intervenant·e·s et des gestionnaires qui adapteront les contenus et les principes à leur propre pratique. Cette rubrique vise à favoriser un dialogue au sein de la communauté des intervenant·e·s de milieux de pratiques pluriels.

Qu’ont fait les chercheurs? La méthode

Cette rubrique réunit les résultats de deux recherches, sous la direction de Roch Hurtubise, qui ont documenté des pratiques d’intervention en itinérance selon une méthodologie similaire.

Une banque de 51 récits de pratiques

Les interventions des équipes spécialisées en itinérance ont d’abord été documentées sous la forme de récits de pratiques de quelques pages. Chaque récit documente un enjeu clinique et les réponses qui y sont apportées dans le cadre d’un ou de plusieurs suivis. Par exemple : travailler simultanément autour de la toxicomanie et de la santé mentale; aborder le décès de personnes desservies par une équipe; rester en lien avec des personnes aux comportements agressifs; établir une collaboration avec l’urgence psychiatrique d’un hôpital; créer le lien avec des personnes qui souffrent d’un trouble délirant; soutenir la défense de droits à l’aide sociale; collaborer avec les policiers; etc. Pour chaque récit, nous avons documenté le contexte de l’intervention, afin de rendre compte des jugements cliniques qui vont prévaloir dans telle ou telle situation. Ils pointent des aspects qui méritent, selon les intervenant.e.s d’une équipe, d’être considérés pour leur valeur exemplaire.

En collaboration avec les intervenant·e·s des équipes, il s’agissait d’identifier les « meilleures pratiques » parmi celles qui ont été développées au sein de l’équipe. Les récits ont par la suite été bâtis à partir d’observations et d’entretiens avec les principaux intervenant·e·s des suivis décrits. Le texte a ensuite été bonifié, modifié et validé par l’équipe clinique, dans un travail de rétroaction et de coécriture. La banque de 51 récits de pratiques ainsi constituée (21 récits des Équipes itinérance, 30 récits des Équipes Chez soi) permet d’illustrer la pratique quotidienne et la mise en œuvre sur le terrain des principes d’interventions qui guident la pratique de ces sept équipes spécialisées en itinérance.

Identification de consensus d’expert·e·s

La recherche sur les pratiques exemplaires s’est développée autour de deux grands modèles : la perspective des données probantes et celle des consensus d’expert.e.s. La nature même de la problématique de l’itinérance et la dimension adaptative des pratiques des équipes a nécessité un dispositif de recherche qui, pour saisir le contenu et le sens de ces pratiques, fait une large place à l’expertise développée par les praticien·ne·s. Les recherches ici réunies s’apparentent donc davantage à la perspective des consensus d’expert·e·s puisque c’est le collectif des intervenant·e·s, ceux que nous considérons comme des « expert·e·s de l’intervention », qui valident et jugent de la pertinence de telles pratiques.

Plusieurs postulats ont orienté les démarches de recherche. Tout d’abord, la diversité des manières de faire des équipes cliniques constitue une richesse qu’il faut promouvoir et qui n’appelle pas une normalisation ou une standardisation des pratiques. Ensuite, ces pratiques s’appuient sur des référents implicites et des savoirs spécifiques que nous avons voulu valoriser. De plus, les pratiques des équipes spécialisées dans le champ de l’itinérance se caractérisent par une volonté de dire et de rendre visibles les actions posées, et nous supposons que cette volonté est liée à des besoins de formation, à la quête de légitimité de cette pratique et à son potentiel de transfert dans d’autres milieux.

La démarche de ces recherches présente deux caractéristiques importantes qui la distinguent des approches plus normatives : d’une part, elle est contextualisée (aux milieux, aux contextes régionaux, aux services) et, d’autre part, elle articule la réflexion individuelle et la réflexion collective. Nous favorisons donc le cumul des savoirs aux divers niveaux des individus, des équipes et de l’inter-équipe.

Une démarche d’animation réunissant les intervenant·e·s des différentes équipes (les 4 Équipes itinérance ont rassemblé une vingtaine de professionnel·le·s en 2009; les trois équipes du projet Chez soi ont rassemblé une trentaine de professionnel·le·s en 2011 et 2013) a permis d’identifier des principes d’interventions qui font consensus entre les professionnel·le·s, en ce qu’ils guident leur pratique. Il s’est agi de décrire et d’énumérer les différentes considérations qui permettent d’orienter un bon jugement clinique. Lors de ces animations, les intervenant·e·s ont été appelé·e·s à identifier des consensus et à en valider la formulation : a) préciser et compléter les énoncés proposés du point de vue de leur validité interne; b) juger du caractère innovant du principe d’intervention écrit et des possibilités de transfert dans un autre contexte.

Les deux séries de consensus sont ici rassemblées : ceux identifiés en 2009 avec les Équipes itinérance du Québec, et ceux identifiés en 2011 et en 2013 avec les équipes du projet Chez soi. Notons qu’il n’y a pas de contradiction entre les consensus identifiés par les deux collectifs d’intervenant·e·s. Nous avons au contraire constaté que les recommandations formulées par les Équipes itinérance en 2009 et les équipes Chez soi en 2011 et 2013 se superposent, se bonifient et se complexifient au fil des ans et du cumul des connaissances en itinérance.

Dans le cadre des deux démarches de recherche, les rencontres inter-équipe qui visaient à identifier avec l’ensemble des intervenant·e·s les grands principes guidant leur intervention, ont réintroduit avec force l’importance de la diversité des contextes et des nuances à mettre en œuvre pour appliquer des principes et des orientations. Le vocabulaire a d’ailleurs changé entre la première et la deuxième recherche, passant de la recherche de « consensus d’expert·e·s » à l’identification de « principes d’interventions ». Il y a là un changement de perspective induit par l’insistance des intervenant·e·s à nuancer, contextualiser les interventions décrites et les principes qui les sous-tendent. En ce sens, il apparaît au terme de ces démarches que l’élaboration des consensus de pratique est un exercice qui prend pleinement son sens seulement lorsqu’on ose aussi discuter de la diversité et des variations dans la réponse à certaines manières d’agir.

Favoriser la souplesse et l’adaptation des services

Les équipes ont un rôle à jouer dans la sensibilisation des services à une approche plus souple et mieux adaptée aux besoins des personnes en situation d’itinérance.

Par exemple, ça peut vouloir dire…

  • Afin de faciliter l’accès aux services pour les personnes à la rue, il est nécessaire de favoriser des mécanismes de liaison. Les intervenantEs en itinérance doivent pouvoir compter dans le réseau sur des personnes-pivots sensibilisées et en mesure de faciliter l’accès des personnes aux services.
  • Dans certaines circonstances où la personne se voit refuser l’accès aux services en vertu des règles d’admissibilité en vigueur, les intervenantEs ont intérêt à trouver des moyens de contourner les règles habituelles.
  • À un niveau plus formel, les équipes ont intérêt à participer activement à la mise en place de procédures d’accès adaptées aux personnes à la rue et qui sont reconnues par les établissements.
  • Développer un bon réseau de contacts qui fait preuve de flexibilité permet de résoudre certaines impasses liées au refus de soins. Le travail en collaboration permet d’alléger le fardeau vécu de façon individuelle et de générer de nouvelles possibilités. Par exemple : pouvoir compter sur un médecin qui se déplace directement dans la rue pour soigner une personne en situation d’itinérance qui refuse de se rendre au CSSS.

Pour en savoir plus, consultez les récits de pratiques, et notamment

Accompagner vers les services une dame qui voit des anges
« Il faut pousser un peu, sans la brusquer. Je cherche l’appui des gens autour de Françoise et en qui elle a confiance. »
Projet Chez soi à Montréal
Équipe de suivi à intensité variable (SIV), Diogène

Aide sociale : de l’accompagnement à l’advocacy
« Nous voyons notre implication dans le cadre de demandes d’aide sociale comme un travail de défrichage servant à rendre plus perméables les frontières entre les services. »
Équipe itinérance, CSSS de Gatineau

Outreach : un réseau de collaboration indispensable
« Avec le temps, j’ai compris l’importance d’expliquer nos interventions, les impasses que nous vivons ainsi que les raisons qui justifient notre demande. »
Équipe itinérance, CSSS Jeanne-Mance, Montréal

Redémarrage d’une Table de concertation
« Les acteurs-terrain ont constaté que nous étions sensibles à leur réalité et que nous sommes confrontés aux mêmes luttes pour la reconnaissance. » Équipe Itinérance, CSSS de Laval

Collaboration avec l’urgence psychiatrique d’un centre hospitalier
« Lorsqu’un psychiatre donne congé à un patient qui n’a d’autres options que de se retrouver au refuge, il peut s’assurer que l’Équipe prendra le relais. »
Équipe Itinérance, CSSS-IUGS de Sherbrooke

Savoir prendre la direction clinique d’un suivi

Devant des situations très complexes combinant chronicité de l’itinérance, problème de santé mentale, problème de santé physique et toxicomanie, où les personnes ne trouvent pas de réponse à leurs besoins dans un système de soins compartimenté, il faut qu’unE intervenantE prenne la responsabilité du dossier et mobilise le réseau des services autour de la personne.

Par exemple, ça peut vouloir dire…

  • Lorsqu’une personne ne trouve pas réponse à ses besoins, il faut qu’unE intervenantE se désigne pour trouver un chemin, faire de « l’intervention de brousse » afin d’obtenir une évaluation de l’état de santé de la personne et de l’arrimer aux services.
  • Le travail du « leader clinique » consiste à interpeller divers acteurs autour de la personne et à faire en sorte qu’ils tournent leur regard VERS la personne et identifient une réponse adaptée (au-delà du constat qu’elle ne répond à aucune catégorie de services).
  • Il faut rassembler suffisamment de faits et d’informations sur le terrain afin de monter un dossier qui permettra d’interpeller les différents acteurs impliqués dans la rupture de soins et de services.
  • Mener un dossier jusqu’à sa résolution permet ensuite de débroussailler un chemin pour les prochaines personnes qui feront face à des enjeux similaires, en établissant une crédibilité comme équipe auprès des divers acteurs qui ont été interpellés et qui voient les résultats positifs de leur collaboration.

 Pour en savoir plus, consultez les récits de pratiques, et notamment

Intervention auprès d’une femme Inuite : du soin au travail de traduction
« Son état de santé inquiète les intervenants et c’est pourquoi ils me demandent d’aller la rencontrer sur la rue. »
Équipe itinérance, CSSS Jeanne-Mance, Montréal

Le défi de reconstituer l’histoire des personnes pour intervenir dans une situation de refus de soins
« Suite à un accident, après quarante ans de vie stable, une rupture dans les services a fait en sorte qu’il s’est retrouvé dans l’itinérance. »
Équipe itinérance, CSSS Jeanne-Mance, Montréal

Advocacy à travers le soin
« La particularité de l’Équipe itinérance est de ne pas abandonner devant les situations apparemment sans issue. L’idée des empreintes digitales était peut-être audacieuse, mais elle nous a permis de dénouer l’impasse. » Équipe Itinérance, CSSS Jeanne-Mance, Montréal

De la rue au CHSLD : franchir les barrières de l’itinérance
« Viens un moment où il faut que tu trouves quelqu’un qui croit en toi comme intervenant. J’avais besoin que quelqu’un d’autre fasse du poids. »
Projet Chez soi à Montréal
Équipe de suivi intensif dans le milieu (SIM), CSSS Jeanne-Mance

Face à l’agressivité : sortir des cadres établis
« Si un jour nous pouvons prendre un café avec lui, que nous le terminons et que nous nous saluons en quittant les lieux, nous serons à des années-lumière de là où nous étions au départ du suivi. »
Projet Chez soi à Montréal
Équipe de suivi à intensité variable (SIV), CSSS Jeanne-Mance

Collaborer avec les policiers

Les intervenantEs doivent favoriser un plus grand dialogue avec les policiers en portant une attention particulière aux logiques d’action de chacun (cadre législatif, vision, mandat).

Par exemple, ça peut vouloir dire…

  • Il est possible de favoriser un rapprochement avec les policiers en créant des espaces d’échanges sur les logiques d’action respectives. Une meilleure connaissance mutuelle permet de mieux saisir les défis auxquels l’autre acteur est confronté. Cela pourrait contribuer à réduire les tensions sur le terrain entre les policiers et les intervenantEs sociaux et de la santé.
  • La collaboration avec les policiers nécessite une réinterprétation de leurs demandes. Pour ce faire, les intervenantEs en itinérance doivent savoir négocier le temps, les attentes, les objectifs de l’intervention avant d’agir à la demande des policiers
  • Une planification négociée de l’intervention et des rôles permet de réduire la confusion et les frustrations dans le feu de l’action.

Pour en savoir plus, consultez les récits de pratiques, et notamment

Trouble délirant et vie à la rue : interventions de médiation pour limiter la judiciarisation
« À la sortie de prison, c’est souvent un retour à la rue. Et le cycle recommence. L’accompagnement des personnes dans leurs démarches juridiques et le travail de médiation auprès des policiers fait partie de la réhabilitation sociale. »
Projet Chez soi à Montréal
Équipe de suivi intensif dans le milieu (SIM), CSSS Jeanne-Mance

Collaborations entre policiers et intervenants: place à l’adaptation 
« La philosophie policière d’intervention n’est pas semblable à la nôtre tout simplement parce que les situations pour lesquelles ils sont appelés sont caractérisées par l’urgence. Ce n’est pas leur mandat de faire des suivis une fois que le comportement dérangeant n’est plus présent. »
Équipe Itinérance
CSSS de Laval

À l’interface des acteurs en itinérance : repenser le « faire ensemble »
« Notre rôle consiste à rétablir les faits pour faire contrepoids à la désinformation souvent véhiculée au sujet des personnes itinérantes. »
Équipe Itinérance
CSSS Jeanne-Mance, Montréal

Reconnaître les « petits pas » et mettre en valeur les succès

Une des choses qui frappe dans l’intervention en itinérance, c’est la complexité des situations auxquelles font face les personnes et la nécessité d’intervenir au cas par cas, en faisant preuve de flexibilité et de créativité. S’il n’y a pas de chemin déjà tracé pour réaliser de bons suivis, et considérant que l’intervention s’inscrit dans le moyen et long terme, il est par ailleurs important de savoir reconnaître lorsqu’on est sur la bonne voie dans l’intervention.

Par exemple, ça peut vouloir dire…

  • On s’inscrit dans un processus où le « résultat » à atteindre importe moins que le fait de faire des pas AVEC la personne vers ce qu’elle considère comme un mieux-être.
  • un rétablissement réussi ou achevé n’existe pas : une personne EST en processus de rétablissement. Il y aura des hauts et des bas, mais si la personne désire se mettre en action, qu’elle ose des choses ce sont déjà de grands pas.
  • Parfois, le fait d’être en relation avec une personne, c’est déjà un résultat.
  • Si la personne se sent mieux, qu’elle soit ou non en logement. Si elle n’est plus en survie, qu’elle commence à prendre soin d’elle-même.
  • Permettre de retrouver l’accès aux joies simples de la vie constitue un objectif d’intervention important lorsque la personne n’était initialement plus en lien avec elle-même. Ce peut être un long processus. Il faut du temps, un lien, un sentiment de sécurité.
  • De bonnes interventions s’évaluent à la fois à la lumière des objectifs du « client » et de celui du « réseau ». Elles s’établissent notamment en fonction des points de repère identifiés par la personne elle-même dans le cadre du plan d’intervention. Estime-t-elle être en partie sur le chemin qu’elle souhaitait emprunter?
  • Comme intervenantE, une bonne intervention aura permis d’offrir aux personnes l’opportunité d’apprendre, d’expérimenter de nouvelles avenues, de faire de nouvelles expériences, d’accéder à de nouveaux services.
  • Cela dit, en temps opportun, arrimer la personne avec le réseau des services sociaux et de santé et permettre sa stabilité résidentielle sont deux objectifs importants de l’intervention auprès des personnes en situation d’itinérance.

Pour en savoir plus, consultez les récits de pratiques, et notamment

Quand l’appartement rime avec symptômes de la maladie mentale 
« Il faut que je respecte son rythme, tout en l’aidant à trouver des moyens.
Les longs délais ne fonctionnent pas. Les non-délais non plus. Il faut savoir doser. » Projet Chez soi à Montréal
 Équipe de suivi à intensité variable (SIV), Diogène

Faire des pas là où c’est possible : traumatisme crânien, agressivité et perte d’autonomie
« Dans l’accompagnement, j’avance où c’est possible avec lui, sans savoir où il sera en mesure de faire des pas. Il n’est pas fait pour vivre en groupe, mais il n’a pas l’autonomie de vivre seul. »
Projet Chez soi à Montréal
Équipe de suivi à intensité variable (SIV), CSSS Jeanne-Mance

Intervenir face à une double vulnérabilité : itinérance et déficience intellectuelle
« Même si, dans ma vision d’intervenant, je voyais bien d’autres priorités en termes de besoin, je devais tenir compte de sa priorité à elle pour ensuite lui permettre d’avancer vers une autre étape. » Équipe itinérance, CSSS Jeanne-Mance, Montréal

Une réflexion sur l’action : impact de la participation à une recherche
« Parfois, l’intervention se limite seulement à essayer de voir comment nous pouvons améliorer un aspect circonscrit de la vie d’une personne pour qu’elle se sente mieux. » Équipe Itinérance, CSSS de Laval

Baliser les échanges d’informations avec les partenaires et être proactifs dans la protection des droits

Si l’échange d’informations avec d’autres professionnelLEs et l’accès aux dossiers sont parfois nécessaires pour mieux comprendre une personne et intervenir efficacement, l’intervenantE a par ailleurs la responsabilité de « garder un esprit frais » dans l’évaluation de la situation de la personne et de s’assurer que cette dernière demeure un acteur central du suivi.

Par exemple, ça peut vouloir dire…

  • Les concertations entre professionnels qui oeuvrent auprès d’une même personne peuvent permettre d’aller plus loin dans l’intervention, tenter de nouvelles avenues et éviter le clivage.
  • Cela dit, tout n’est pas à connaître à propos de la personne desservie. Le choix des sources d’informations, ainsi que leur nature dépend de plusieurs facteurs : le mandat d’unE professionnelLE, l’état de santé d’une personne, les situations d’urgence, ainsi que les concertations utiles à établir (policiers, curateur, personnel hospitalier, ressources communautaires, centres d’hébergement, prisons).
  • Sont considérées comme essentielles les informations relatives à la condition médicale de la personne qui peuvent avoir un impact déterminant sur les interventions et les soins à apporter (maladies nécessitant des traitements spéciaux, médicaments prescrits).
  • Il est à privilégier d’inviter la personne aux rencontres qui se tiennent entre les professionnels à son sujet (tant pour les rencontres entre intervenantEs œuvrant dans différentes ressources, que pour les rencontres réunissant plusieurs professionnelLEs d’une même équipe de suivi intensif), afin de s’assurer qu’elle demeure au cœur du travail d’intervention et des solutions identifiées.
  • Les contacts interpersonnels sont souvent déterminants dans les collaborations avec d’autres services et ressources. Il est notamment utile que les contacts établis avec le temps soient communiqués aux intervenantEs qui prennent la relève : il s’agit de faire une référence « de quelqu’un à quelqu’un », plutôt que « de quelqu’un vers quelque part ».

Les intervenantEs doivent garder en tête qu’ils/elles s’adressent à des personnes qui ont souvent été bafouées dans leurs droits. Il faut leur donner l’occasion de s’exprimer, de s’opposer si elles ne sont pas d’accord.

Par exemple, ça peut vouloir dire…

  • Il importe que les consentements de communiquer soient précis, restrictifs, libres et éclairés.
  • Des autorisations de communiquer sont demandées aux personnes en leur expliquant qu’elles peuvent être annulées en tout temps et qu’il est possible d’exclure les sujets sur lesquels elle ne veut pas que d’autres professionnels soient informés. Il faut s’assurer que la personne comprend ce qu’elle signe.
  • Les intervenantEs doivent tenir les personnes au courant des informations qui s’échangent au fur et à mesure du suivi.
  • La création du lien de confiance est le moyen à privilégier en vue d’obtenir le consentement pour l’accès au dossier de la personne en situation d’itinérance. Cette création de lien de confiance nécessite cependant du temps et de la persévérance.

Pour en savoir plus, consultez les récits de pratiques, et notamment

La venue d’un nouveau-né: offrir des moyens et suivre le défilé 
 « Il faut parfois accepter de n’être qu’un court relais dans le long parcours d’une personne vers son rétablissement. »
Projet Chez soi à Montréal
Équipe de suivi intensif dans le milieu (SIM), CSSS Jeanne-Mance

Raccrocher à la vie des personnes qui souffrent de toxicomanie
« Nous avons été plus insistants, nous avons persévéré pour établir cet espace de discussion autour de la consommation. Ce n’est pas une question de le faire ou non, mais de savoir comment bien le faire. »
Projet Chez soi à Montréal
Équipe de suivi à intensité variable (SIV), Diogène

Le défi de reconstituer l’histoire des personnes pour intervenir dans une situation de refus de soins
« Suite à un accident, après quarante ans de vie stable, une rupture dans les services a fait en sorte qu’il s’est retrouvé dans l’itinérance. »
Équipe itinérance, CSSS Jeanne-Mance, Montréal

Advocacy à travers le soin
« La particularité de l’Équipe itinérance est de ne pas abandonner devant les situations apparemment sans issue. L’idée des empreintes digitales était peut-être audacieuse, mais elle nous a permis de dénouer l’impasse. » Équipe Itinérance, CSSS Jeanne-Mance, Montréal

Soigner et protéger : entre responsabilités professionnelles et volonté individuelle
« J’ai expliqué au personnel de l’urgence qu’il est à haut risque de fugue et demandé s’il est possible qu’il reçoive rapidement les services.»
Équipe itinérance, CSSS Jeanne-Mance, Montréal

Œuvrer à la reconnaissance des spécificités de l’intervention en itinérance

Les équipes spécialisées en itinérance doivent mieux faire connaître et reconnaître leur travail aux autres secteurs à l’interne du CSSS, en sensibilisant et en conseillant leurs collègues sur la réalité des personnes à la rue et sur la pratique auprès de cette population. Pour favoriser cela, elles doivent développer des stratégies interdisciplinaires et intersectorielles, ainsi que des stratégies d’information.

Par exemple, ça peut vouloir dire…

  • Une présence plus soutenue dans les instances de concertation de l’établissement permet aux équipes d’exposer la réalité d’intervention à laquelle elles sont confrontées.
  • Les équipes en itinérance doivent favoriser la sensibilisation et l’acquisition de nouvelles connaissances chez les acteurs susceptibles d’être en interaction avec les personnes en situation d’itinérance (avocatEs, policierEs, agentE d’aide sociale, intervenantEs du CSSS, etc.).
  • Diverses stratégies visant à informer les intervenantEs d’autres secteurs sont envisageables, telles que midi-conférence, formations spécifiques, discussion dans l’informel, etc.
  • Les gestionnaires ont une influence non négligeable dans la reconnaissance des approches et pratiques des équipes pour l’offre de services aux populations vulnérables.

Étant donné que l’intervenantE accompagne les personnes dans les différents domaines de leur vie, que ces dernières font face à des situations complexes, l’intervenantE doit posséder de nombreuses connaissances sur la réalité de l’itinérance et de la santé mentale

Par exemple, ça peut vouloir dire…

  • L’intervenantE doit cumuler un grand nombre de connaissances :
    • les politiques sociales (cartes d’identité et accès à un revenu d’aide sociale);
    • les services d’aide et d’hébergement destinés aux personnes en situation d’itinérance;
    • les ressources communautaires
    • les différentes lois et leviers légaux (P38, requête d’évaluation psychiatrique, garde en établissement, régimes de protection);
    • l’approche motivationnelle et l’approche de la réduction des méfaits, une formation en évaluation de la dangerosité;
    • les symptômes de la maladie mentale;
    • les symptômes et les interactions entre les drogues et les médicaments;
    • les lois de la régie du logement; etc.
  • Il est utile que des gens sur le terrain transmettent leurs expertises et échangent avec d’autres équipes et intervenantEs en itinérance – tant d’un point de vue des méthodes de travail que de l’organisation du travail, car il y a énormément de choses à apprendre.

Pour en savoir plus, consultez les récits de pratiques, et notamment

Avoir des papiers pour exister
« Nous desservons des personnes qui défient toutes les catégories administratives. En tant qu’intervenant, ça demande de connaître le système sur le bout des doigts »
Projet Chez soi à Montréal
Équipe de suivi intensif dans le milieu (SIM), CSSS Jeanne-Mance

Les défis du mandat d’une équipe itinérance : prévenir les glissements
« En centralisant les services aux personnes itinérantes dans un seul CSSS, nous risquons d’engendrer une ghettoïsation. »
Équipe itinérance, CSSS Jeanne-Mance, Montréal

Affirmer sa place comme Équipe itinérance au sein de l’institution
« Notre mandat est de rendre accessibles aux populations vulnérables tous les services du CSSS dans un effort pour décloisonner les secteurs. »
Équipe Itinérance, CSSS de Gatineau

Redémarrage d’une Table de concertation
 « Les acteurs-terrain ont constaté que nous étions sensibles à leur réalité et que nous sommes confrontés aux mêmes luttes pour la reconnaissance. » Équipe Itinérance, CSSS de Laval

À l’interface des acteurs en itinérance : repenser le « faire ensemble »
« Notre rôle consiste à rétablir les faits pour faire contrepoids à la désinformation souvent véhiculée au sujet des personnes itinérantes. » Équipe Itinérance, CSSS Jeanne-Mance, Montréal

Une réflexion sur l’action : impact de la participation à une recherche
« La recherche a eu un impact sur notre détermination à poursuivre avec notre approche d’intervention centrée sur le bien-être. »
Équipe Itinérance, CSSS de Laval