Marine Maurin

Marine Maurin

Sociologue, Chercheuse, Espace scientifique et praticien en action sociale et en santé (ESPASS), École nationale des Solidarités, de l’Encadrement et de l’Intervention sociale (ENSEIS), membre du Centre Max Weber (UMR52 83)

Mes travaux de recherche s’inscrivent dans une réflexion générale concernant l’émergence des problèmes sociaux, leur traitement social ainsi que leur publicisation dans des contextes nationaux différents.  

Tout d’abord, dans le cadre d’une thèse de sociologie soutenue en 2017, je me suis intéressée au problème public de l’itinérance des femmes en France et au Québec. Pour cela, et selon une démarche ethnographique, j’ai cherché à connaître l’expérience de ces femmes, les modalités d’accompagnement et de prise en charge dont elles font l’objet ainsi que les formes disponibles de publicisations du problème. Située à l’articulation de la sociologie du sans-abrisme, du genre, de l’intervention sociale et des problèmes publics, cette thèse a permis de montrer comment le genre constitue à la fois une modalité de l’assistance aux femmes en situation d’itinérance et de la publicisation du problème.  

Depuis 2018, j’investigue plusieurs traitements sociaux actuels (« délinquance
juvénile », « handicap psychique » et « sans-abrisme ») dans une perspective compréhensive et qualitative. Ces travaux visent à comprendre l’expérience des problèmes publics à partir du point de vue des personnes concernées.
 

Coordonnées

maurin.marine@enseis.fr

Intérêts de recherche

itinérance, problème public, délinquance juvénile, genre, intervention sociale, vulnérabilités, ethnographie, santé mentale

Principaux projets

2021-2022 :  chercheure principale sur les aides apportées aux sans-abri pendant la pandémie. 

2018-2020 : en septembre 2018, j’ai été directement associée à la recherche « Le suivi des jeunes en milieu ouvert : expériences de la contrainte pénale et co-construction du travail d’accompagnement. Regards croisés France-Québec » co-pilotée par Catherine Lenzi (IREIS, laboratoire PRINTEMPS) en France et Nicolas Sallée (CREMIS, Université de Montréal) au Québec. Cette recherche est financée par le programme Samuel de Champlain.  

Court résumé de la recherche :

Alors que les cadres législatifs et normatifs de la justice des mineurs ont d’ores et déjà bien été étudiés, aussi bien en France (Bailleau 2008) qu’au Québec (Trépanier 2005), la mise en œuvre concrète de ces réformes a principalement été étudiée en milieu fermé (Chantraine et Sallée 2013, Lenzi et Milburn 2015). Les formes que prend la contrainte dans le suivi des jeunes hors les murs sont à ce jour moins documentées. Ce type de prise en charge – dit de « milieu ouvert » en France, et « dans la communauté » au Québec – est pourtant nettement majoritaire. Dans les deux pays, elles comptent pour près de 90 % des mesures pénales ordonnées par les tribunaux de la jeunesse. Ce projet vise à élaborer une sociologie des expériences juvéniles de la pénalité en dehors des institutions d’enfermement. 

2018-2021 : en septembre 2018, j’ai intégré la recherche collaborative co-pilotée par Catherine Lenzi (IREIS, laboratoire PRINTEMPS) et Anne Petiau (Centre d’Etude et de Recherche Appliquée), intitulée « Le triptyque « personne concernée – proche aidant.eprofessionnel.le‍ » dans l’intervention à domicile auprès de personnes handicapées psychiques. Co-construction de l’intervention et expertises multiples ». Ce projet est financé par l’œuvre Falret ainsi que par la Fondation internationale de la recherche appliquée au handicap (FIRAH).  

Court résumé de la recherche :

Aujourd’hui, l’intervention sociale à domicile se déploie à travers une multitude de dispositifs, d’acteurs et concerne des publics différenciés (personnes âgées, enfants, personnes en situation de handicap). Ce type d’intervention renvoie à une réorganisation de la gestion du social (Chauvière, 2010) où le domicile ainsi que le milieu de vie des personnes deviennent les lieux ainsi que les cibles de l’intervention (Djaoui, 2004 ; Lenzi, Jetté, Normandeau (dir.) 2015). Dans le domaine de la santé mentale, cette pratique de l’intervention à domicile, qui constitue une des formes de prises en charge alternatives à l’hospitalisation, implique un triptyque configurationnel réunissant trois catégories d’acteurs : les personnes concernées, les proches aidant.e.s (dont la famille) et les professionnel.le.s. Ce triptyque est emblématique des logiques d’action et d’engagement émergentes depuis une dizaine d’années dans l’action sociale et médico-sociale et fait référence à la notion de triple expertise reconnue dans différents rapports officiels : expérientielle du côté des personnes concernées, domestique du côté des proches aidant.e.s et clinique et méthodologique du côté des professionnel.le.s.  Cette recherche prend donc pour objet la situation d’accompagnement social et sanitaire au domicile des personnes en situation de handicap psychique et interroge le triptyque configurationnel dans la construction de l’intervention sociale. 

Sélection de publications et productions

– Maurin Marine (2020). « Identifier, définir et réparer le problème de l’itinérance des femmes. Ethnographie d’un lieu d’accueil et d’hébergement à Montréal », Sociologie et sociétés, (article accepté, parution prévue en 2020).  

– Maurin Marine (2020). « Les épreuves identitaires de la vieillesse féminine à la rue », Retraite et sociétés, (article accepté, parution prévue en 2020).  

– Maurin Marine (2020). « “Accueillir la personne telle qu’elle est”. L’inconditionnalité de l’urgence sociale à l’épreuve des pratiques de catégorisation », Sciences de la société (article accepté, publication prévue en 2020). 

– Marcillat Audrey, Maurin Marine (2018). « Singularisation, différenciation : pratiques de la (non)mixité dans l’intervention sociale auprès des personnes sans abri », Nouvelles Questions Féministes, vol. 37, n°2, p. 90-105. 

– Maurin Marine (2017). « Femmes sans abri : vivre la ville la nuit. Représentations et pratiques », Les Annales de la recherche urbaine, n°112, « Le genre urbain : politiques, représentations, quotidiens », p.138-149. 

– Maurin Marine, Pichon Pascale, (2016). « L’organisation institutionnelle d’une économie de la pauvreté. L’expérience des individus sans domicile dans la France contemporaine », Les études sociales, dossier « L’intelligence de la pauvreté. Usages de l’argent et des ressources en milieu populaire (xixe-xxe siècles) », vol.2, n°164, p. 209-229.   

Maurin Marine (2015). « Prendre place : les femmes sans abri dans les dispositifs d’accueil et d’hébergement en France et au Québec », Nouvelles pratiques sociales, vol.27, n°2, p. 253269.  

– Maurin Marine (2017). « L’hébergement pour femmes sans abri : du refuge à la niche écologique », in Otero M., Dumais-Michaud A-A., Paumier R., (dir.), L’institution éventrée, De la socialisation à l’individuation, Québec, PUQ, p.165-180. 

– Maurin Marine (2016). « D’un toit au chez soi. L’exemple d’un dispositif de logement de personnes sans abri à Saint-Étienne », in Pichon P., Girola C. et Jouve É., (dir.), Au temps du sans-abrisme. Enquêtes de terrain et problème public, Saint-Étienne, PUSE, p. 151-166. 

Maurin Marine (2013). « Vocabulaire du sans-abrisme. Arpenter le domaine du sansabrisme », in Choppin K., Gardella É. (dir.), Les sciences sociales et le sans-abrisme. Recension bibliographique de langue française. 1987-2012, Saint-Étienne, PUSE, p.157-235.  

Maurin Marine et Lenzi Catherine (2020) « L’intervention sociale au domicile des personnes en situation de handicap psychique. Une nouvelle forme de domesticité ? », Les domesticités en 2020. Travail d’aujourd’hui, perspectives de demain, Journée d’étude organisée à l’IRISSO en partenariat avec le CSO, Paris, 26 mai 2020. 

– Maurin Marine et Lenzi Catherine, (2020). « « J’ai été viré du SAVS ». L’épreuve morale de la fin de l’intervention sociale dédiée aux personnes en situation de handicap psychique », La société morale, Congrès de l’AISLF, Tunis, juillet 2020. 

– Maurin Marine (2020). « Quand la contrainte pénale rencontre le soin et la morale : l’expérience du contrôle par des mineurs délinquants en milieu ouvert en France », La société morale, Congrès de l’AISLF, Tunis, juillet 2020. 

– Marine Maurin, (2019). « La non-mixité, modalité politique de l’émancipation des femmes ? Le cas d’un lieu d’accueil pour femmes itinérantes à Montréal », Genre et émancipation, 2ème congrès international de l’Institut du genre (GIS), Université d’Angers, Angers, 27-30 août 2019. 

– Marine Maurin, (2019). « Itinérance chez les femmes au Québec : table ronde pour faire le point sur leurs réalités », table ronde organisée par Sue-Ann MacDonald et Philippe-Benoît Côté, CREMIS, Montréal, 9 mai 2019. 

– Marine Maurin, (2019). Animation de la table ronde « Intervenir dans la rue, à domicile ou en institution : quel « travail émotionnel » et quels ajustements ? », L’intervention sociale face aux situations-limites. Normes, émotions, sentiments moraux, Journée d’étude partenariale « Ethique du care », Université Jean Monnet, IREIS, St Michel, Saint-Etienne, 10 avril 2019.  

– Marine Maurin, (2019). « Genre, ville et temporalité », Table ronde organisée par les étudiants de Master de sociologie, Université de Lille, Lille, 8 mars 2019.