Promotion de l’activité physique et impact du niveau de pratique sur certains facteurs favorisant l’apprentissage (2007)

Les données de l’Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois 1999 révèlent que près de la moitié des garçons (44 %) et plus de la moitié des filles (53 %) ne sont pas suffisamment actifs pour en retirer des bienfaits pour leur santé (Barnett & Hamel, 2002, p. 236). Sur la base d’une recension des travaux de recherche, le Comité scientifique de Kino-Québec estime qu’une pratique quotidienne d’activités physiques s’intégrant harmonieusement aux habitudes de vie des jeunes, ainsi que trois périodes hebdomadaires d’activités physiques d’intensité moyenne ou plus élevée, pendant au moins 20 minutes, sont nécessaires pour le développement et la santé des jeunes (Kino-Québec, 2000, p. 21). Or, nos jeunes sont à bonne distance de l’atteinte de ces standards. Le haut pourcentage de jeunes Québécois sédentaires risque d’entraîner divers problèmes de santé chez nos « citoyens de demain », tels que les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l’obésité et l’hypertension artérielle, pour ne nommer que les principales pathologies associées à la sédentarité (Perrault, 2005).

Il est en outre reconnu que les bienfaits de l’activité physique ne se limitent pas à la santé physique; l’activité physique régulière a des effets positifs sur le contrôle du stress, l’intégration sociale et le sentiment de bien-être (Kino-Québec, 2000). Ces diverses dimensions de la santé ont, en bout de piste, des incidences sur l’apprentissage : un jeune en bonne santé physique, mentale et sociale a de meilleures dispositions pour l’apprentissage. Or, devant les difficultés scolaires des jeunes, les directions scolaires ont souvent eu tendance à privilégier un rattrapage dans les matières de base plutôt que l’ajout de périodes d’activités physiques. Cette préférence mérite peut-être d’être reconsidérée dans le contexte actuel. En effet, dans ses recommandations au ministre de la Santé et des Services sociaux, le rapport Perrault sur les saines habitudes de vie chez les jeunes mentionnait l’importance de « revaloriser l’éducation physique comme élément contribuant à un meilleur apprentissage et comme moyen d’intervention pour les jeunes en difficulté » (Perrault, 2005, p. 48).

Par ailleurs, les enquêtes nationales rapportent que les milieux moins bien nantis montrent un plus bas niveau de pratique d’activités physiques, une plus grande prévalence de problèmes de santé et un décrochage scolaire plus important que les milieux socio-économiquement favorisés. Il s’avère donc crucial d’intervenir en priorité auprès des jeunes en milieux moins bien nantis. Bien que les facteurs influant sur la santé et le décrochage scolaire soient multiples et leur interaction complexe, il demeure que la pratique d’activités physiques peut constituer un facteur intéressant sur lequel intervenir car il est plus facilement modifiable que des facteurs structuraux de la société (tels que les inégalités socio-économiques).