Des victimes en procès. Essai sur la réparation

Événement en présentiel à l’UdeM. Aucune inscription requise.

Le Département de sociologie, en collaboration avec le CREMIS, le CICC et le CRDP, vous invite à une conférence dans le cadre des Mercredis scientifiques du Département de sociologie.

Conférenciers : Janine BARBOT et Nicolas DODIER (INSERM, EHESS)

Lieu: salle C-2059 du Carrefour des arts et des sciences Pavillon Lionel-Groulx (3150, rue Jean-Brillant), UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

Janine Barbot et Nicolas Dodier présenteront leur dernier livre, Des victimes en procès. Essai sur la réparation (Paris, Presses des Mines, 2023). Le livre prend pour point de départ l’émergence, depuis les années 1980, d’une préoccupation profonde et polémique pour la question des victimes. Leur place croissante dans nos sociétés, la mise en avant de leurs souffrances, suscitent d’intenses controverses. Au sein des mondes intellectuels, juridiques et politiques, les « victimes » sont aujourd’hui encore l’objet des attentes et des critiques les plus vives. Tout en s’intéressant à ces polémiques et aux acteur-rice-s (professionnel-le-s du droit, journalistes, universitaires) qui les animent, le livre replace l’expérience des victimes au cœur des investigations. En suivant les mobilisations qui ont suivi les décès d’une centaine d’enfants de la maladie de Creutzfeldt-Jakob suite à l’administration d’un traitement par hormone de croissance, il retrace sur plusieurs décennies les parcours de la réparation des personnes touchées par le drame. Il développe, au-delà du cas, un cadre d’intelligibilité général des enjeux contemporains associés à la mise en place de dispositifs (fonds d’indemnisation, procès civils ou pénaux, manifestations mémorielles, supports associatifs, soins, etc.) destinés à faire retour sur une diversité de souffrances et de torts.

Cette activité est organisée par Nicolas SALLÉE, professeur titulaire, Département de sociologie, UdeM et Directeur scientifique, CREMIS.

Lésions cérébrales acquises et itinérance : mieux saisir la complexité des parcours et des besoins

Événement présenté en présentiel dans le cadre de la Journée annuelle du Conseil multidisciplinaire (CM) et du Conseil des infirmières et infirmiers (CII). 

Les lésions cérébrales acquises (LCA) et particulièrement le traumatisme crânio-cérébral (TCC) touchent de façon disproportionnée les personnes en situation ou à risque d’itinérance. L’atelier proposé présentera les résultats d’une synthèse des connaissances disponibles sur les parcours et besoins de cette population, en croisant les savoirs de la recherche et des milieux de pratique en itinérance. Nous échangerons en particulier sur les pratiques prometteuses pour prévenir l’itinérance chez les personnes touchées par la LCA, ainsi que sur les pratiques favorisant l’accès aux services, l’insertion sociale et la stabilisation résidentielle des personnes en situation d’itinérance qui vivent avec une LCA.

Au terme de l’activité, le ou la participant.e sera en mesure de :

  • Comprendre les relations complexes entre la survenue d’une lésion cérébrale acquise et l’itinérance, y compris en lien avec des besoins liés à la santé mentale et aux dépendances ;
  • Identifier des pratiques prometteuses de prévention et de réduction de l’itinérance chez les personnes ayant une LCA, ainsi que des pratiques favorisant l’accès aux services ;
  • Imaginer des ponts possibles avec d’autres milieux de pratique et secteurs impliqués dans les trajectoires des personnes ayant une LCA en situation ou à risque d’itinérance.

Conférencièr.es :

Mme Laurence Roy, chercheuse, Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les
pratiques alternatives de citoyenneté (CREMIS), Mme Carolina Bottari, chercheuse, Centre de recherche interdisciplinaire
en réadaptation du Montréal métropolitain et Mme Roxanne Ducharme, étudiante, UdeM.

Biographies :

  • Ergothérapeute de formation, Laurence Roy est professeure au département d’ergothérapie de l’Université McGill, chercheuse au Centre de recherche de l’hôpital Douglas et au CREMIS. Ses travaux portent sur le croisement des champs de l’itinérance, du logement, de la santé et de la réadaptation.
  • Carolina Bottari est ergothérapeute, professeure titulaire au programme d’ergothérapie de l’Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation du Montréal métropolitain. Elle possède une expertise dans l’évaluation de l’impact des troubles cognitifs sur le quotidien des personnes ayant subi un traumatisme craniocérébral et a contribué au développement de maisons intelligentes répondant à leurs besoins. Plus récemment, elle explore les formes de soutien à offrir aux personnes ayant subi un traumatisme cranio-cérébral en situation de violence conjugale et d’itinérance, en se concentrant sur la réadaptation communautaire et les partenariats intersectoriels.
  • Roxanne Ducharme est ergothérapeute en soutien à domicile et étudiante à la maîtrise en Sciences de la réadaptation à l’Université de Montréal. Dans le cadre de sa maîtrise, elle s’intéresse aux approches de prévention et de réadaptation pour les individus ayant une lésion cérébrale acquise étant en situation d’itinérance ou à risque de le devenir.

Community first : comment exister dans l’espace sans ancrage au logement?

Événement en formule hybride

Comment cohabitent les différentes manières d’exister dans la ville? Alors qu’exister dans une ville implique se penser au sein d’une « communauté », les discours sur l’itinérance se concentrent souvent autour de l’ancrage dans un logement. Ce séminaire vise à réfléchir l’itinérance au-delà du logement, dans un dialogue sur les façons d’exister, d’utiliser, de circuler, de se rencontrer et d’habiter l’espace urbain. Pour ce faire, nous déconstruirons les formes de l’habité pour ainsi révéler différentes façons dont l’espace urbain est partagé, trop souvent au détriment de certains groupes qui ne bénéficient pas d’un accès égal à celui-ci.

En replaçant le débat dans la communauté, à propos du vivre-ensemble, l’intervention auprès des personnes en situation d’itinérance peut ainsi être revue en incluant une diversité d’acteurs dans le débat (architectes, artistes, gestionnaires, etc.) et s’ouvrir à une diversité de populations qui vivent aussi des inégalités sociales et des inégalités d’accès à l’espace urbain (personnes en situation de handicap, jeunes et personnes âgées, diversité sexuelle et pluralité des genres, etc.).