Portes-ouvertes du CREMIS: outils et guide des bonnes pratiques en itinérance

Voyez l’enregistrement de cet événement!

Cette activité « portes-ouvertes » a été organisée afin de faire connaitre les contenus produits par le CREMIS pour soutenir l’intervention en itinérance. Cette rencontre visait plus spécifiquement à rejoindre un vaste public interpellé de près ou de loin par le phénomène de l’itinérance (arrondissements, organismes communautaires, commerçants, sécurité publique).

Cette activité a été réalisée en collaboration avec la coordination santé publique territoriale et développement des communautés locales du CCSMTL. 

Vous pouvez également consulter le Guide des bonnes pratiques en itinérance et les Outils pour repérer et prévenir l’instabilité résidentielle.

Réduire les inégalités sociales et/ou réduire les méfaits ?

Certes, il est mieux de réduire les méfaits que de ne pas le faire … Mais comment cette intervention se compare-t-elle à celles qui visent à prévenir les problèmes en amont (ces problèmes dont on essaie de limiter les conséquences avec la réduction des méfaits) ? De plus, si la réduction des méfaits améliore la santé des groupes qu’elle cible, contribue-t-elle pour autant à réduire les inégalités sociales de santé ?

Les échanges avec la salle seront introduits par 3 présentations : Estelle Carde proposera une définition des inégalités sociales de santé, Robert Bastien balisera le champ de la réduction des méfaits (historique, secteurs d’application) et Marie-Ève Goyer en présentera la mise en oeuvre concrète dans le champ de la toxicomanie.

Robert Bastien est professeur adjoint de clinique à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, chercheur au CREMIS et au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. Estelle Carde est professeure de sociologie à l’Université de Montréal et chercheure au CREMIS. Marie-Ève Goyer est praticien-chercheur au CREMIS, médecin chef du service itinérance/médecine de proximité du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et coordonnatrice médicale du service Relais-CRAN.

Les mots des autres sur soi

Projection documentaire et échanges

Le document vidéo LES MOTS DES AUTRES SUR SOI interroge ce que veut dire «  être écrit par autrui», ce que fait une institution « qui écrit sur », la façon dont elle compose notre dossier, dont elle nous met dans « une certaine situation » : code, procédure, formulaire, formule, diagnostic, orientation, prescription.

Lire à voix haute. S’entendre dire ses malheurs. Entendre ses erreurs et son indignation, son placement et sa déqualification. Comment supporter cela ? Car nous sommes bien un« cas d’espèce» dans l’herbier des spécialistes. Alors on se lit à travers une lecture «  d’un cas » parmi d’autres. Mais n’est-ce pas insupportable de s’éprouver comme un cas,  comme un bénéficiaire d’un droit, comme un sujet et un objet d’étude ? Car comment un jeune étudiant s’éprouve en lisant son bulletin scolaire ; comment une dame de 90 ans s’éprouve comme enfant et mère en lisant une note d’un contrôleur d’absences et d’un coroner au sujet d’une mort tragique remontant à la fin des années 1920 ; comment s’éprouve une jeune femme en parcourant son dossier médical exposant ses maux qui l’assaillent ; et celle-ci qui découvre que les traitements ne fonctionnent pas du tout comme elle le voudrait ?

Ce geste de lecture par lequel on s’éprouve nous concerne tous. Se découvrir dans un dossier, se déchiffrer, se décoder, en faisant jouer un certain rapport aux institutions, n’est-ce pas une affaire de pouvoir ? Un pouvoir sur nous ? Tel est l’objectif de ce documentaire : décoller les mots comme on décolle du papier peint ; réussir à amorcer un virage biographique qui se défait des mots des autres.

Ce film d’une durée de 22 minutes est le fruit d’une idée originale de Jean-François Laé et de Robert Bastien pour «  faire entendre autrement » une prise de parole que l’on entend rarement. Dominic Gagnon est le cinéaste qui a mis en images les narrations de quatre personnes -invisibles à l’écran-  où seuls les « mots  savants » tombent comme des gouttes d’eau. Les autres ? Ce sont nos spécialistes : un coroner, un dermatologue, un gynécologue, un médecin généraliste et un contrôleur d’absences.

« Les mots des autres sur soi » 20140603

Projection documentaire « L’âge tendre »

Dans une école secondaire de Montréal, neuf jeunes aux parcours atypiques sont réunis autour d’un projet de dramathérapie, conçu par Maud Gendron-Langevin, qui vise à offrir une voix aux groupes marginalisés. Au fil des rencontres se déploient des questionnements autour de cette curieuse institution qu’est la polyvalente. Le film aborde sans faux-fuyants les tabous et les enjeux d’une jeunesse marquée par la violence du monde. Quête de sens, drogue, santé mentale, soucis de performance, critique de la société, liberté, radicalité; les jeunes s’ouvrent grâce au théâtre et s’approprient la parole et l’espace pour faire éclater les stéréotypes liés à la jeunesse.

Réalisé par Naomie Décarie-Daigneault, ce documentaire a reçu le prix du public, catégorie documentaire, au Rendez-vous du cinéma québécois (2014) : « Pour son premier long métrage, réalisé de façon parfaitement indépendante, Naomie Décarie-Daigneault a décidé de suivre cette aventure singulière, de l’apprentissage de la prise de parole par ces jeunes jusqu’au spectacle final dans lequel tout le pouvoir de transcendance de l’art et de la création s’exprime» (Rendez-vous du cinéma québécois).

L’âge tendre 20140605