Récit de pratique 5 – Concertation en sécurité alimentaire dans le quartier Centre-Sud

Ce texte trace le parcours de l’organisation communautaire dans son implication sur près de vingt ans, depuis l’émergence de la concertation en sécurité alimentaire dans le quartier Centre-Sud de Montréal jusqu’au déploiement du Carrefour alimentaire Centre-Sud. Quatre organisatrices et organisateurs communautaires (OC) ont successivement contribué à soutenir cette concertation et ses projets, tantôt individuellement, tantôt en binôme. 

Au milieu des années quatre-vingt-dix à Montréal, deux regroupements ont œuvré en faveur d’actions pour garantir la sécurité alimentaire des populations les plus démunies. Dans le quartier Centre-Sud, bien que l’insécurité alimentaire dans les ménages soit reconnue, les organismes communautaires, accaparés par la gestion des besoins urgents, n’ont pas eu l’occasion de s’engager dans une démarche de concertation, d’autant plus qu’ils se connaissaient peu entre eux. 

Deux événements ont agi comme des catalyseurs majeurs pour la mobilisation des organismes. Tout d’abord, un relevé des commerces alimentaires réalisé en 2000 a mis en évidence de graves lacunes dans l’offre commerciale du Centre-Sud. Les résultats ont révélé une surreprésentation des dépanneurs et une absence de supermarchés à bas prix. Ensuite, en 2001, la Grande Guignolée des médias s’est surtout tenue aux portes de Radio-Canada, une institution également implantée dans le quartier, sans apporter de réel bénéfice aux organismes locaux. Deux organisateurs communautaires du CLSC des Faubourgs ont joué un rôle crucial en facilitant la réalisation du relevé des commerces et en mobilisant les autres organismes concernés à travers des rencontres d’appropriation collective. Ces initiatives ont permis de recueillir près de 25 000 $ pour répondre aux besoins les plus urgents et ont conduit à la création de la Table de concertation et d’intervention pour une garantie alimentaire dans le Centre-Sud (CIGAL).  

Pour renforcer cette mobilisation naissante, ces organismes ont soutenu une démarche visant à établir un portrait complet de la sécurité alimentaire dans le quartier, soulignant le décalage entre les besoins pressants et les ressources limitées des organismes. Un sondage téléphonique et des groupes de discussion ont permis d’approfondir la compréhension des personnes ayant recours à l’aide alimentaire. 

En 2004, le colloque La FAIM ça prend des moyens – un défi à relever ensemble dans le Centre-Sud a été un moment fort pour doter la Table d’un plan d’action. De 2005 à 2008, le projet Porte d’entrée pour une garantie alimentaire, financé par la fondation philanthropique Centraide, a permis de développer l’accueil, l’évaluation et la référence dans les ressources d’aide alimentaire. En parallèle, l’idée d’une épicerie communautaire est envisagée pour répondre aux attentes des usagers·ères.  

À l’automne 2007, durant trois samedis consécutifs, un premier marché de fruits et légumes est expérimenté. Par la suite, un organisme à but non lucratif, le Marché solidaire Frontenac (MSF), est fondé pour orchestrer l’établissement et l’évolution d’un marché saisonnier sur une base hebdomadaire au fil des années suivantes. Divers modèles sont testés afin de concilier les préoccupations initiales, axées sur la réponse aux besoins des personnes en situation de précarité, avec les impératifs de viabilité économique et les enjeux environnementaux et de santé. Par la suite, ce marché s’est transformé en une plateforme participative assurant sa pérennité financière tout en maintenant des prix abordables. De plus, le MSF a collaboré avec un organisme de bienfaisance pour créer le Carrefour alimentaire Centre-Sud, un centre communautaire d’alimentation où les membres de la communauté se retrouvent pour cultiver, cuisiner et partager des aliments frais, nutritifs, abordables et culturellement appropriés, tout en soutenant la cause. 

Tout au long de ces années, l’organisation communautaire a joué un rôle essentiel, mobilisant les organismes, organisant des assemblées et des comités de travail, analysant les données populationnelles, participant à la conception et à la gestion de projets, coordonnant les processus d’embauche, représentant la Table et créant des liens avec les partenaires. Sa contribution a assuré la continuité et permis de maintenir le cap sur les objectifs, notamment en intégrant de nouvelles personnes. 

Retombées  

L’accès à des aliments sains et en quantité suffisante est au cœur des objectifs poursuivis, plaçant ainsi la dimension matérielle au premier plan. Cela nécessite non seulement l’augmentation des ressources financières à la disposition des organismes concernés, mais aussi la fourniture de ressources physiques, telles que l’occupation d’un terrain et l’accès à des services comme l’eau et l’électricité pour la tenue d’un marché hebdomadaire. 

La dimension relationnelle est présente à chaque étape du processus. Elle commence par la mise en relation de groupes qui se connaissent peu, puis se développe à travers des actions favorisant les interactions : groupes de discussion, colloques, accueil dans les ressources de dépannage alimentaire, et enfin un marché hebdomadaire conçu comme une agora, un lieu de rencontre. 

En ce qui concerne la dimension décisionnelle, la mise en relation des acteurs·trices de l’aide alimentaire a permis de mutualiser leurs besoins et de décider ensemble de l’utilisation des ressources et des programmes en fonction de leurs priorités. De plus, la voix des personnes directement touchées par l’insécurité alimentaire a fortement influencé les actions entreprises. L’expression « on veut s’alimenter à la même place que tout le monde » illustre leur désir de pouvoir choisir leurs aliments et de participer aux décisions concernant leur alimentation. 

Crédit : JBL

Actualisation par Marcela Cid 

Évolution de l’organisme depuis 2019  

Créée en 2000 et incorporée en 2008, la Table de concertation et d’intervention pour une garantie alimentaire dans le Centre-Sud (CIGAL) a vu le jour pour pallier l’absence d’une offre alimentaire adéquate dans le quartier Centre-Sud. Aujourd’hui, elle regroupe douze organismes communautaires qui fournissent divers services et activités visant à lutter contre l’insécurité alimentaire dans les quartiers des Faubourgs St-Laurent, St-Jacques et St-Marie, dans l’arrondissement Ville-Marie. Historiquement, la Table s’est concentrée sur l’échange d’informations et d’expériences, ainsi que sur le soutien de projets collectifs importants pour la communauté. Parmi ces projets, on peut citer la création et la diffusion du bottin des ressources alimentaires du Centre-Sud et le projet Zéro gaspillage, développé dans le cadre du système alimentaire solidaire et durable Notre quartier Nourricier en 2016.  

Impact de la pandémie sur la Sécurité alimentaire  

La pandémie de 2020-2023 a considérablement augmenté les besoins alimentaires dans le territoire de la Table CIGAL, entraînant une explosion des demandes d’aide alimentaire et plongeant ainsi les organismes dans une situation précaire. Pour répondre à cette situation critique, une cellule de crise s’est formée, regroupant divers acteurs·trices locaux pour garantir la sécurité alimentaire des résident·es les plus vulnérables et isolé·es.  

Lorsque l’urgence a commencé à s’atténuer, les rencontres de la Table CIGAL ont repris et la cellule de crise a cessé ses activités. Toutefois, cette période a été un tournant pour la Table, qui a accueilli de nouveaux acteurs·trices communautaires, institutionnel·les et politiques, accélérant ainsi son évolution organisationnelle. En 2019, les membres ont choisi de se désincorporer pour réduire la charge administrative, tout en continuant à collaborer pour nourrir les citoyen·nes du quartier. Après une période de transition, la Table a reçu son acte de dissolution du Registraire des entreprises du Québec le 11 octobre 2022.  

Accompagnement en organisation communautaire   

Depuis 2019, au moins trois organisateurs·trices communautaires ont soutenu la Table CIGAL. À compter de janvier 2024, le soutien offert en organisation communautaire s’est concentré sur plusieurs volets.  

Tout d’abord, l’organisatrice communautaire assiste le comité de coordination (coco) pour préparer les ordres du jour et les documents nécessaires aux réunions, tout en veillant au suivi des tâches et des décisions prises par la Table. Elle veille également à la mise à jour des documents relatifs à la vie associative, tels que les règles de fonctionnement et les listes de membres.  

En outre, elle apporte un soutien global à la Table en animant les rencontres, ce qui contribue à favoriser la vie associative et à renforcer la démocratie interne. Son intervention s’étend aussi au soutien des différents comités, à la stimulation de réflexions sur divers enjeux, ainsi qu’à la gestion des demandes externes, orientées vers le coco pour une réponse appropriée.  

Ce soutien est en constante évolution, s’adaptant aux besoins changeants de la Table et aux différent·es organisateur·trices communautaires ayant occupé ce rôle. 

Enjeux et difficultés actuels  

Le principal défi actuel est la précarité persistante des organismes de sécurité alimentaire, exacerbée par les crises actuelles : post-pandémie, crise migratoire, crise du logement, inflation, et pénurie de main-d’œuvre. Ces urgences consomment le temps et l’énergie des intervenant·es, laissant peu de place pour le travail de concertation. De plus, le financement à la mission des organismes est insuffisant, les obligeant à se tourner vers des projets souvent chronophages et précaires.   

Initiatives prometteuses  

Malgré ces défis, des initiatives prometteuses émergent. Depuis la cellule de crise durant la pandémie, un plus grand nombre d’acteurs·trices se sont rassemblé·es autour de la table, permettant une approche plus transversale de la sécurité alimentaire. Le travail collaboratif est de plus en plus apprécié, avec des initiatives de mutualisation qui commencent à voir le jour. Ces évolutions montrent que, malgré les difficultés, des progrès significatifs sont possibles grâce à une approche collective et solidaire. 

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Récit de pratique 4 – Magasin solidaire du Plateau

L’arrivée d’une OC sur les chapeaux de roue 

Le Magasin Solidaire du Grand Plateau représente un projet collectif issu de la Table de quartier du Grand Plateau, impliquant de multiples partenaires et citoyen·nes du quartier. Actif depuis huit ans, le projet a rencontré un tournant en février 2019 lorsque les partenaires impliqué·es ont décidé de suspendre ses activités, en raison d’un manque de financement empêchant le renouvellement du poste de chargé·e de projet, ainsi que de l’épuisement des partenaires engagé·es dans les épiceries. 

C’est dans ce contexte, en avril 2019, que j’ai pris la relève de ma collègue qui a apporté son soutien pendant près d’un an et demi. Elle-même succédait à une autre organisatrice communautaire (OC) qui s’était investie intensément dès le début du projet, il y a huit ans. On pourrait dire qu’on m’attendait…Dès mon arrivée, les rencontres de bilan, d’exploration et de planification se sont enchaînées à un rythme effréné. Mes compétences en animation, l’utilisation de méthodes participatives et ma capacité à structurer et organiser ont été grandement appréciées. 

Cependant, le rythme était soutenu. La phase d’observation initiale pour mieux comprendre le milieu, la prise de contact et l’établissement de liens se sont déroulés à un rythme accéléré. Je sentais que les partenaires attendaient des actions et un leadership immédiat de ma part. L’assimilation du dossier, des enjeux, des programmes, du réseau, des acteurs·trices et des dynamiques de quartier s’est faite dans l’action, sans toujours avoir le recul nécessaire. 

La structuration du volet sécurité alimentaire au sein de la Table de quartier a débuté. Le leadership de la Table de quartier est plus clairement affirmé, la coordination du projet est clarifiée et les mandats des comités sont mieux définis. Surtout, un travail est entrepris pour améliorer la communication entre les membres des divers comités. Le projet du Magasin Solidaire a été évalué et des recommandations ont été formulées concernant les conditions minimales à mettre en place avant de relancer les activités des épiceries. Nous attendons plusieurs financements et nous préparons ce que nous pouvons en attendant les confirmations des bailleurs de fonds. 

Il reste encore beaucoup de travail d’appropriation concernant le plan d’action de la mesure 13.11 pour qu’il fasse sens auprès de l’ensemble des acteurs·trices du volet sécurité alimentaire au Plateau. Je suis donc très active, mais surtout en soutien à des personnes pivot jouant un rôle important afin qu’elles assument pleinement leur rôle avec les forces qu’elles possèdent, souvent sous-estimées. Mon leadership se module selon le contexte et les besoins, ce qui n’est pas toujours facile à évaluer, mais je sens que des progrès sont réalisés. 

Mes questionnements risquent d’être encore présents longtemps, faisant partie intégrante de ma pratique. Dans ce contexte, les rencontres avec mes collègues OC en sécurité alimentaire s’avèrent inspirantes et des plus utiles, constituant un moment privilégié pour échanger sur nos pratiques et pour puiser dans les expériences des autres quartiers.

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Récit de pratique  3 – Un quartier mobilisé pour favoriser l’accès à l’alimentation des aînés en HLM

L’origine du projet  

À l’été 2018, la Direction régionale de santé publique (DRSP) lançait son appel à projets intitulé Programme de soutien à l’amélioration de l’accès aux fruits et légumes à Montréal pour la période 2018-2021. En tant qu’organisatrice communautaire, engagée auprès de la table de concertation en sécurité alimentaire d’un quartier relevant du territoire du CIUSSS, j’ai pris l’initiative de mobiliser les acteurs·trices locaux·ales pour explorer les opportunités de soumission de projet. 

La table de quartier avait mis l’accent sur l’accès à l’alimentation dans son plan de développement social et a élaboré une série d’actions en conséquence. J’ai ainsi utilisé cette base lors de la première réunion à laquelle une quinzaine d’acteurs·trices locaux·ales ont participé. Dès lors, j’ai appuyé le processus démocratique conduisant à l’élaboration du projet, ce qui a permis de cibler une action conforme aux critères du cadre de référence de la DRSP et soutenue par consensus au sein du quartier : faciliter l’accès à une alimentation saine pour les personnes aînées résidant dans les HLM. Lors de la deuxième réunion, tous les acteurs·trices se sont rallié·es autour de l’idée d’un marché mobile ciblant spécifiquement cette population. Un porteur de projet a été identifié, un organisme fiduciaire (une mission religieuse) s’est porté volontaire, et un comité de suivi a été mis en place pour garantir le caractère collectif du projet, la liaison avec tous les acteurs·trices concerné·es et la cohérence des actions. Le projet a alors été prêt à être soumis, et j’ai collaboré à la rédaction de la demande de financement en documentant le contexte et la situation. 

Au sein du comité de suivi, j’ai été impliquée dans le soutien des différentes étapes de gouvernance ayant conduit à l’embauche d’une première chargée de projet. Celle-ci a œuvré pour établir des liens avec les comités de locataires des HLM aînés du quartier et trouver un fournisseur de fruits et légumes. Un premier HLM, reconnu pour la vulnérabilité de ses résident·e·s et ses nombreux défis, a été sélectionné. De plus, la présence d’un travailleur de milieu1 a grandement facilité la communication avec les locataires et la logistique pour la tenue du premier marché. Malheureusement, une semaine avant le lancement prévu du premier marché, la chargée de projet a annoncé sa démission. En outre, l’organisme porteur a annoncé qu’il ne pouvait plus assumer le projet ni les autres initiatives en sécurité alimentaire qu’il avait mises en place. Le comité de suivi s’est alors mobilisé pour trouver un autre organisme porteur. Par chance, un organisme s’est porté volontaire pour reprendre l’ensemble des activités en sécurité alimentaire, y compris le marché mobile. Le comité de suivi a rapidement entrepris le recrutement d’une deuxième chargée de projet. Celle-ci a repris les rênes du projet, et un premier marché a eu lieu en juin 2019 dans la salle communautaire du HLM. 

La mise en place des marchés de fruits et légumes 

Dès le premier marché, le succès était au rendez-vous avec une vente complète. Cependant, il a été observé que les personnes devaient attendre longtemps en file, ce qui était difficile pour de nombreuses personnes aînées. C’est alors que j’ai sensibilisé le comité de suivi aux aspects relationnels et décisionnels du projet. Ainsi, pour le deuxième marché, la chargée de projet a mis en place un système de numérotation permettant aux personnes d’attendre assises à une table. Ce changement a eu un effet positif inattendu : les gens ont commencé à interagir entre eux, et le travailleur de milieu a pu entrer en contact avec des locataires qu’il ne rencontrait pas habituellement. Cela a ouvert de nouvelles perspectives : pourquoi ne pas offrir du café pendant l’attente ? Pourquoi ne pas présenter les ressources du quartier ou faire goûter des aliments ? Le marché semblait rompre l’isolement des locataires. Une fois de plus, tout a été vendu, répondant ainsi à un réel besoin. Les locataires ont exprimé le désir de certains produits, notamment des fraises du Québec. La chargée de projet a entrepris les démarches nécessaires pour répondre à ces demandes et respecter l’autonomie décisionnelle des locataires. Lors du marché suivant, les fraises du Québec étaient disponibles, pour la satisfaction de tous·tes. Une forme d’entraide a émergé : la présidente du comité de locataires a pris des commandes à l’avance pour les personnes incapables de se rendre à la salle. Les plats préparés la veille lors du repas communautaire organisé par l’organisme porteur ont été vendus à prix réduit et se sont vendus rapidement. Le comité de suivi a envisagé la possibilité d’offrir des aliments transformés issus du circuit court du système alimentaire local lors des prochains marchés. Ainsi, les aîné·e·s locataires des HLM ont désormais accès à des fruits, légumes et repas sains à moindre coût. Le comité de locataires envisage même de s’approvisionner au marché pour relancer ses repas communautaires. 

Pour la suite, il est prévu de cibler d’autres HLM. Un travail progressif sera également entrepris pour convaincre les comités de locataires d’ouvrir le marché aux résident·e·s du quartier. Qui sait, de nouveaux liens pourront peut-être se tisser ? 

Actualisation par Nathalia Guevara-Jaramillo 

Les retombées  

En examinant rétrospectivement le projet, nous constatons que le soutien en organisation communautaire a eu des retombés sur le plan matériel, notamment en facilitant de manière indirecte l’accès aux produits frais aux résident·.es de cet HLM. Sur le plan relationnel, la mise en place des marchés a également renforcé les liens sociaux entre les résident·.es. À longue terme, la collaboration en matière de sécurité alimentaire a permis de rassembler diver·es acteurs·trices du quartier, y compris des organismes dont la mission principale n’est pas l’alimentation, facilitant ainsi la création de nouveaux projets et partenariats. En ce qui concerne la dimension décisionnelle, l’implication des organisatrices communautaires dans les espaces de concertation a stimulé la participation de divers acteurs et a permis de prendre en compte les perspectives des résident.es d’HLM dans la mise en œuvre du projet.  

L’évolution du projet pendant la pandémie et le contexte actuel 

Le projet de marchés aux HLM, mis en œuvre pendant la période de financement de trois ans, n’a pas été reconduit. Cette décision s’explique par le contexte pandémique, les pressions accrues sur les organismes et les travailleurs·euses communautaires, ainsi que le manque de financements à long terme.  

Le portrait de la sécurité alimentaire dans le quartier a évolué pendant et après la pandémie : les besoins en alimentation ont explosé dans un contexte de hausse du coût de la vie. Les demandes d’aide alimentaire auprès des organismes ont fortement augmenté. En parallèle, plusieurs organismes et services ont dû fermer faute de financements suffisants pour maintenir leurs activités. C’est le cas de l’organisme porteur du projet de marché aux HLM, qui, confronté à des contraintes économiques et n’ayant pas la sécurité alimentaire comme mission principale, a décidé de cesser ses activités alimentaires pour se concentrer sur des projets mieux alignés avec ses priorités.  

Le Programme de soutien à l’amélioration de l’accès aux fruits et légumes à Montréal, qui avait subventionné les marchés, a été révisé et transformé en PASTA (Programme de financement pour l’amélioration des systèmes territoriaux en alimentation). Ce nouveau programme de financement en santé publique requérait la collaboration des organismes, qui devaient se coordonner pour soumettre une demande collective par quartier. Un groupe d’acteurs·trices s’est constitué pour lancer un nouveau projet visant à créer une cuisine collective dans un secteur mal desservi. Cependant, malgré la mobilisation de quatre organismes, le projet n’a pas obtenu de financement pour la période 2023-2027.  

Les besoins alimentaires des résident·es des HLM et des personnes aînées restent pressants, et les organismes continuent de se mobiliser pour y répondre à travers divers projets tels que des dépannages alimentaires, une soupe populaire, des cuisines collectives et des jardins communautaires. 

Un projet de récupération d’invendus, impliquant bénévoles, organismes, institutions et commerces locaux, est en cours depuis plusieurs années et perdure malgré des financements limités, grâce à l’engagement des bénévoles. Ce circuit permet de récupérer environ 600 kg de nourriture chaque semaine, qui sont ensuite redistribués ou transformés. En dépit de l’absence de ressources financières stables, cette initiative contribue à compléter les paniers alimentaires et à offrir des repas préparés aux habitant·.es du quartier chaque semaine. 

La contribution de l’organisation communautaire 

Dans ce contexte, le rôle des organisatrices communautaires a été de soutenir la recherche collective d’alternatives à la fermeture des services alimentaires de l’organisme gestionnaire des marchés, de contribuer à la recherche de financements pour les projets et les organismes du quartier, et de favoriser la concertation ainsi que la création de liens entre les différents acteurs·trices. Elles accompagnent également la mise en place d’autres initiatives locales et participent activement aux réflexions autour de ces projets. 

L’évolution de la sécurité alimentaire dans un contexte post-pandémique nécessite une réévaluation de certaines initiatives, ce qui souligne l’importance de bien connaître le territoire et les enjeux des communautés qui le composent. Le financement et la mobilisation restent des défis majeurs pour les actions en sécurité alimentaire, et le rôle des organisatrices communautaires consiste à soutenir les organismes dans ces domaines, en étant à l’écoute de leurs besoins et préoccupations. 

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Récit de pratique 2 – Un Café-marché dans un quartier en transformation

L’histoire de notre quartier est marquée par un projet de rénovation urbaine qui a entraîné la démolition de son tissu social, y compris de ses commerces de proximité. La Table de concertation de quartier émerge de la volonté des organismes communautaires, des institutions et des résident·es locaux·ales de mobiliser la communauté autour de projets visant à améliorer la qualité de vie et à lutter contre la pauvreté. En 2004, en tant qu’organisatrice communautaire engagée depuis quinze ans au sein de la Table de quartier, je participe à la création d’un comité sécurité alimentaire. Ce comité s’engage à brosser un portrait des besoins alimentaires du quartier. J’œuvre alors à mobiliser les divers acteurs·trices du milieu, à planifier les actions et à solliciter des subventions. Des études démographiques, des sondages et des groupes de discussion avec les organismes et les citoyen·nes du quartier, ainsi qu’un forum sur la sécurité alimentaire rassemblant plus de cent participant·es, sont autant de moyens déployés pour mettre en place une équipe mobile dédiée à l’alimentation. Cette équipe a pour mission de promouvoir une alimentation saine au sein des HLM et des organismes communautaires du quartier. Je facilite son intégration en favorisant ses liens avec les organismes et les associations de locataires au besoin. Cette première phase rencontre un franc succès, avec la naissance de plus d’une dizaine de groupes-ateliers, mais une problématique émerge rapidement : l’accès à des aliments sains à proximité et à des prix abordables demeure un défi. 

En 2008, la Direction de la Santé publique de Montréal lance un appel à projets pour soutenir l’accès aux aliments sains. L’idée d’un marché de fruits et légumes émerge parmi les résident·es lors d’un forum citoyen, et un comité de citoyen·nes est formé pour concrétiser ce projet. L’Office municipal d’habitation de Montréal prête un local au sein des HLM, dans une zone considérée comme un désert alimentaire. Je soutiens la Table et l’équipe dédiée dans l’élaboration du projet. Le financement est obtenu et les premiers marchés voient le jour deux fois par mois en 2009. Les marchés rencontrent rapidement un vif succès, mobilisant les résident·es à toutes les étapes de leur organisation, favorisant la création de liens solides et encourageant certain·es à s’impliquer davantage dans le développement de leur communauté, voire à rejoindre la table de quartier. Un projet plus ambitieux prend forme pour pérenniser le marché, incluant des ateliers de cuisine pour transformer les invendus et l’ouverture d’un petit café proposant des repas légers. L’OMHM prend alors en charge les travaux d’aménagement du local. Mon rôle de soutien-conseil auprès de l’équipe dédiée et du comité de résidents se poursuit, avec pour base l’autonomisation des citoyen·nes. Le café voit le jour en 2010. 

À mesure que le projet évolue, il devient impératif de le rendre autonome. J’accompagne donc le comité de citoyen·nes dans les différentes étapes menant à sa transformation en OBNL : définition de la mission, de la vision et des objectifs, rédaction des règlements généraux, incorporation et organisation d’une assemblée de fondation. Cette transition est l’occasion d’échanges et d’apprentissages enrichissants pour les citoyen·nes impliqué·es ! Le café citoyen fonctionne avec succès de 2011 à 2014, intégrant des activités de formation et de réinsertion, renforçant le sentiment d’appartenance à cet espace de rencontre et de socialisation au sein du quartier. Toutefois, les défis de fonctionnement six jours par semaine, d’adaptation aux multiples communautés culturelles et de rentabilité se font sentir. Le personnel et les citoyen·nes ressentent une fatigue, et plusieurs programmes de financement prennent fin brutalement. 

De 2014 à 2019, le projet connaît un déclin, le café cesse ses activités, mais la préservation du marché et de l’utilisation du local à des fins communautaires pour la sécurité alimentaire reste une priorité. À la suite d’une consultation citoyenne, la Table de quartier reprend la gouvernance du projet et la corporation gérant le café est dissoute. J’accompagne alors la Table dans une réflexion visant à développer un nouveau projet collectif en alimentation, ce qui conduit au lancement d’un appel à projets pour occuper le local. 

Avant qu’un scénario de relance ne puisse se concrétiser, la pandémie de COVID-19 survient, et toutes les énergies de la Table et des citoyen·nes sont redirigées vers le dépannage alimentaire et la distribution de repas. Je prends ma retraite à l’automne 2021, au moment où la Table et les comités de locataires en HLM expriment leur intention de relancer des activités de cuisine et de proposer des repas dans le local du café. Une de mes collègues, organisatrice communautaire, prend la relève pour soutenir le projet. 

Actualisation par Miriam Rouleau-Perez 

Aujourd’hui, en 2024, Miriam Rouleau-Perez soutient le déploiement d’un projet communautaire inspiré d’un manifeste rédigé par des locataires en HLM pendant la pandémie et qui inclut un volet sur la sécurité alimentaire. Cette initiative regroupe divers acteurs communautaires, associations de locataires en HLM, citoyen·nes et institutions partenaires. 

En mars 2024, le projet a reçu un financement du PIC/Centraide pour trois ans, destiné à renforcer et développer plusieurs axes. Le premier axe consiste en un café citoyen, qui offre des repas communautaires créés par et pour les membres de la communauté. Ensuite, une épicerie solidaire a été mise en place pour répondre aux besoins des résident·es les plus démuni·es du quartier. Le troisième axe inclut une cuisine commerciale, dont l’objectif est de préparer des plats pour des personnes vulnérables. Enfin, un projet pilote d’agriculture urbaine, axé sur une perspective nourricière, a eu lieu depuis deux étés sur le terrain du CHSLD voisin. 

Le projet s’inscrit dans une dynamique de partenariat et de collaboration. Déjà, à l’été 2019, un partenariat avait vu le jour entre un organisme jeunesse, un centre communautaire et un groupe de bénévoles souhaitant poursuivre des activités en lien avec l’alimentation. Aujourd’hui, l’organisatrice communautaire soutient également des initiatives locales telles que des groupes d’achats entre locataires en HLM, des salons de thé pour femmes immigrantes et des cuisines collectives interculturelles. Ces initiatives jouent un rôle essentiel dans la mobilisation citoyenne et permettent aux personnes concernées par les enjeux d’insécurité alimentaire locale de se faire entendre et d’influencer le développement du projet. 

Retombées  

Rétrospectivement, le soutien en organisation communautaire à l’initiative de sécurité alimentaire du quartier a engendré plusieurs retombées positives.   

Sur le plan matériel, ce soutien s’est manifesté par un appui à l’équipe dédiée et à la permanence de la Table dans la recherche de bailleurs de fonds et l’élaboration de demandes de financement. Cela a permis d’obtenir les ressources nécessaires pour les actions citoyennes en matière de sécurité alimentaire. 

Sur le plan relationnel, la promotion du projet auprès des partenaires du quartier et des équipes du CIUSSS a permis de mettre en relation des citoyen·nes avec l’initiative. Des liens durables se sont ainsi créés entre les participant·es, contribuant à briser leur isolement. 

Enfin, sur le plan décisionnel, le soutien à l’animation des rencontres de travail du comité citoyen, des assemblées générales et des réunions de bilan a permis aux citoyen·nes de participer aux processus décisionnels. Ils et elles ont pu exprimer leurs besoins et participer directement à la planification, la réalisation et l’évaluation des actions en sécurité alimentaire. 

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Récit de pratique 1 – Soutenir une banque alimentaire en difficulté

L’organisme en question est une banque alimentaire qui s’engage à fournir une aide d’urgence et des paniers de provisions à très faible coût pour les personnes en situation d’insécurité alimentaire. Malgré des ressources limitées, il accomplit beaucoup. Porté par une coordonnatrice autrefois bénévole devenue membre du personnel, un intervenant, un livreur et des membres bénévoles dévoué·es au sein du conseil d’administration (CA), l’organisme parvient à répondre aux besoins croissants tout en élargissant sa gamme de services au fil du temps, notamment avec des livraisons pour les personnes à mobilité réduite, un programme de pair·es-aidant·es, des initiatives de réinsertion sociale et divers partenariats. J’ai été mandatée au printemps 2019 pour prendre le relais de l’accompagnement de cet organisme. 

Dès le début, les défis auxquels l’organisme faisait face ont été mis en lumière. La coordonnatrice, débordée par les tâches quotidiennes, éprouvait des difficultés à déléguer, à faire confiance et à accepter le changement. Elle ne semblait pas saisir pleinement la valeur d’une vie associative démocratique ni l’importance du partage du pouvoir décisionnel avec le CA, composé en grande partie de bénévoles âgé·es. Ce dernier comptait fortement sur mon expertise pour son bon fonctionnement et son orientation. J’ai observé un sentiment général de dépassement et de surcharge lié à la complexité des responsabilités, dépassant largement le simple aspect logistique de la gestion de la ressource. Ces responsabilités incluaient la gestion des ressources humaines et des bénévoles, la gestion financière, l’animation de la vie associative, ainsi que des réflexions stratégiques autour d’un projet de relocalisation, entre autres. Certains commentaires ont révélé une certaine gêne et une crainte de mon jugement en tant que professionnelle du réseau. Ainsi, mon premier objectif a été de cultiver un climat de confiance en adoptant une approche égalitaire et non-jugeante. 

Plutôt que de focaliser sur les obstacles à surmonter, j’ai choisi de mettre en avant les atouts, les acquis, l’expérience et l’expertise existants au sein de l’équipe et du CA. Les premières réunions du CA auxquelles j’ai participé étaient principalement axées sur des points d’information techniques, ce qui les rendait rapides et chargées. J’ai suggéré de diviser l’ordre du jour entre des « points d’information » et des « points de discussion/décisions », et j’ai pris le temps de solliciter l’opinion de chaque membre du conseil sur différents sujets. Progressivement, les membres du CA ont gagné en confiance et en assurance dans leur capacité à prendre des décisions éclairées pour l’organisme. De son côté, la coordonnatrice a ressenti un soutien croissant dans son travail en reconnaissant les avantages de la gouvernance démocratique. 

L’assemblée générale annuelle, autrefois perçue comme une formalité lourde, s’est avérée être un moment crucial d’autonomisation pour l’équipe et les membres-usagers de la banque alimentaire. Lors de cette assemblée, j’ai encouragé un échange entre les membres-usagers présents et l’équipe, y compris les administrateur·rices. Cela a permis aux membres-usagers, peu habitués à prendre la parole, de poser des questions sur les paniers alimentaires, le fonctionnement de l’organisme et les projets à venir. Les membres de l’équipe ont répondu avec compétence, mettant en lumière leur connaissance fine de l’organisation. À la fin de cette assemblée, les membres-usagers se sont sentis plus impliqués et respectés, la coordonnatrice a ressenti un soutien renforcé, et les administrateur·rices ont exprimé leur motivation à s’engager davantage dans les projets de l’organisme et à prendre en charge la préparation et l’animation de leurs réunions. 

Retombées 

Soutenir la gouvernance et le fonctionnement d’une banque alimentaire revient à agir indirectement sur les inégalités matérielles en répondant aux besoins alimentaires des personnes en situation de pauvreté. Cependant, l’impact le plus significatif de mon intervention se joue au niveau relationnel et réside dans le renforcement de la confiance, de l’assurance et de l’estime de soi au sein d’un groupe de personnes issues des classes populaires, lesquelles ont démontré leur capacité à administrer avec succès un organisme communautaire. Dans un contexte où les organismes communautaires sont constamment sous pression pour performer, innover, se diversifier et se professionnaliser, j’espère que mon travail a également mis en valeur les avantages d’une gouvernance démocratique, du dialogue ouvert avec les membres-usagers et d’une gestion communautaire plus horizontale. Dans ce cadre, l’incidence de l’organisation communautaire sur la sphère décisionnelle revêt une importance cruciale. 

un camion de livraison avec les coordonnées de l'organisme info alimentaire
Crédit : JBL

Actualisation par Alain Arsenault 

S’adapter à la pandémie… 

En 2020, la pandémie a profondément bouleversé le fonctionnement de l’organisme dédié à la sécurité alimentaire. Face à une demande accrue et une réduction du nombre de bénévoles, l’organisme a dû adapter ses méthodes, tout en bénéficiant de financements significatifs permettant d’embaucher des employé·es temporaires et d’améliorer les paniers alimentaires. Le service de livraison à domicile pour les personnes à mobilité réduite s’est développé de manière importante, tandis que les activités de cuisine collective ont été suspendues. Ces changements ont posé de grands défis, notamment en matière de gestion des ressources financières et humaines, de relations de travail, de gouvernance et de reddition de comptes. Ces défis ont culminé en une crise à la fin de l’année 2020. 

…et faire face à une crise interne 

À ce moment-là, un incendie a détruit le camion réfrigéré utilisé pour transporter les denrées de Moisson Montréal, affectant la distribution à neuf organismes du quartier. Simultanément, plusieurs membres du conseil d’administration (C.A.) se sont sentis dépassés et ont démissionné en bloc. Les membres restants ont sollicité l’aide d’organisateur·ices communautaires (OC) pour gérer cette crise. Quatre OC ont alors pris en charge diverses tâches, telles que l’animation des réunions du C.A., la communication avec les bailleurs de fonds, le renouvellement d’ententes et la mobilisation des principaux acteurs locaux. Un plan d’action en six volets a été élaboré, couvrant la vie associative, les ressources humaines, la gestion financière, les ressources matérielles, les services, et la communication. Une direction intérimaire, soutenue par les OC, a également été mise en place. 

En six mois, ce plan d’action a permis de stabiliser l’organisme, qui a adopté une nouvelle structure à la fin de l’été 2021. Cette structure comprenait une direction générale, une coordination des opérations, et un chauffeur de camion, remplaçant l’ancienne coordination générale. Cette réorganisation s’est avérée efficace et pertinente au fil des années. 

Enjeux de financement et de direction : une nouvelle épreuve 

Cependant, en 2022, l’organisme a perdu son financement principal, provenant du programme « Vers un chez soi », en raison d’un changement d’orientation. Cela a créé un déficit structurel de 80 000 $ sur un budget total d’environ 250 000 $. Malgré des efforts pour combler ce déficit, en particulier en collaboration avec d’autres groupes en sécurité alimentaire, aucune solution durable n’a été trouvée. En décembre 2023, le directeur général a quitté pour des raisons de santé pour ensuite démissionner, laissant l’organisme sans direction claire.  À la suite de ce départ, l’organisme n’a pas été en mesure d’embaucher une nouvelle direction générale, en raison de sa situation financière.  

Une nouvelle demande de soutien en organisation communautaire a été acceptée et l’intervention a débuté en janvier 2024. L’absence d’une direction générale a mis l’organisme dans une position très fragile, les membres du C.A. devant assumer des tâches incombant normalement à celle-ci, en plus de leurs responsabilités habituelles. Cette situation rend également le soutien des OC plus complexe et rend plus difficile le travail auprès des bailleurs de fonds et partenaires potentiels. De plus, cela a créé des tensions et affecté le climat de travail. Dès lors, le rôle de l’OC a principalement consisté à élaborer une stratégie de financement et à redistribuer les tâches parmi les membres du C.A., avec l’objectif de stabiliser l’organisme et d’identifier d’autres sources de financement permettant de combler le retrait du programme “Vers un chez soi”. Une demande de financement a été déposée auprès de la Direction régionale de santé publique (DRSP), dans le cadre d’un appel de projets visant l’adaptation aux changements climatiques.  

Malheureusement, en septembre 2024, l’organisme a appris que le projet n’avait pas été retenu. Ce financement, ainsi que l’apport d’autres partenaires aurait permis d’assurer un revenu supplémentaire de 70 000 $ par an pendant trois ans. À partir de l’automne 2024, l’organisme, avec l’appui de ses partenaires, devra analyser plusieurs scénarios pour poursuivre sa mission et tenter de maintenir ses services, sauf si une augmentation significative de ses revenus est obtenue.  

En somme, après une période de stabilité relative, de 2021 à 2023, l’organisme fait face à de nouveaux défis majeurs, menaçant sa viabilité et la continuité des services essentiels qu’il fournit à la communauté depuis plus de 45 ans. 

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Brochure et infographie à l’intention des médecins

Les rôles professionnels face aux demandes de certificats pour contrainte sévère à l’emploi et les conséquences du suivi offert sur les trajectoires des patients : Projet pilote au Centre de Recherche et d’Aide pour Narcomanes (CRAN)

La brochure à l’intention des médecins porte sur les bonnes pratiques d’évaluation de la contrainte sévère à l’emploi. Elle a été développée à partir des résultats de recherche, dans une démarche concertée avec les partenaires.

Brochure pour les médecins – couleur

Les rôles professionnels face aux demandes de certificats pour contrainte sévère à l’emploi et les conséquences du suivi offert sur les trajectoires des patients : Projet pilote au Centre de Recherche et d’Aide pour Narcomanes (CRAN)

Cette recherche menée au CREMIS a permis de documenter les pratiques professionnelles relativement à l’évaluation de la contrainte à l’emploi ainsi que les impacts du processus médico-administratif d’accès au programme de solidarité sociale sur les personnes bénéficiaires. La recherche permet de dégager quelques pratiques jugées prometteuses pour rendre plus équitable l’accès au programme de solidarité sociale et pour minimiser l’impact potentiellement néfaste du processus sur les personnes requérantes.

Trois brochures d’information ont été développées à partir des résultats de recherche, dans une démarche concertée avec les partenaires. Chacune des brochures vise un public cible, avec ses besoins de connaissances spécifiques, et est disponible en trois formats : format imprimable en couleur, format imprimable en noir et blanc, et infographie d’une page consultable à l’écran. Notez que pour les formats à imprimer, il faut sélectionner « imprimer sur les bords courts ».

La brochure à l’intention des médecins porte sur les bonnes pratiques d’évaluation de la contrainte sévère à l’emploi.

Brochure pour les médecins – noir et blanc

Les rôles professionnels face aux demandes de certificats pour contrainte sévère à l’emploi et les conséquences du suivi offert sur les trajectoires des patients : Projet pilote au Centre de Recherche et d’Aide pour Narcomanes (CRAN)

Au Québec, l’aide financière de dernier recours est divisée en deux programmes distincts : le programme d’aide sociale et le programme de solidarité sociale. Le programme de solidarité sociale permet d’obtenir un revenu plus élevé (le « gros chèque »), pouvant totaliser plus de 50% du revenu d’aide sociale. Pour qu’une personne bénéficiaire de l’aide financière de dernier recours puisse accéder à ce programme, un rapport médical statuant sur la contrainte sévère à l’emploi, signé par un médecin et validé par le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS), est nécessaire. Or, l’accès à ce programme pose des enjeux importants, tant pour les personnes bénéficiaires de l’aide financière de dernier recours et leurs intervenants, que pour les médecins à qui l’on a confié la délicate tâche de remplir les rapports médicaux et de statuer sur la capacité au travail. Cette recherche menée au CREMIS permet de dégager quelques pratiques jugées prometteuses pour rendre plus équitable l’accès au programme de solidarité sociale et pour minimiser l’impact potentiellement néfaste du processus sur les personnes requérantes.

Trois brochures d’information ont été développées à partir des résultats de recherche, dans une démarche concertée avec les partenaires. Chacune des brochures vise un public cible, avec ses besoins de connaissances spécifiques, et est disponible en trois formats : format imprimable en couleur, format imprimable en noir et blanc, et infographie d’une page consultable à l’écran. Notez que pour les formats à imprimer, il faut sélectionner «imprimer sur les bords courts».

La brochure à l’intention des médecins porte sur les bonnes pratiques d’évaluation de la contrainte sévère à l’emploi.

Infographie pour les médecins

Les rôles professionnels face aux demandes de certificats pour contrainte sévère à l’emploi et les conséquences du suivi offert sur les trajectoires des patients : Projet pilote au Centre de Recherche et d’Aide pour Narcomanes (CRAN)

Cette recherche menée au CREMIS a permis de documenter les pratiques professionnelles relativement à l’évaluation de la contrainte à l’emploi ainsi que les impacts du processus médico-administratif d’accès au programme de solidarité sociale sur les personnes bénéficiaires. La recherche permet de dégager quelques pratiques jugées prometteuses pour rendre plus équitable l’accès au programme de solidarité sociale et pour minimiser l’impact potentiellement néfaste du processus sur les personnes requérantes.

Trois brochures d’information ont été développées à partir des résultats de recherche, dans une démarche concertée avec les partenaires. Chacune des brochures vise un public cible, avec ses besoins de connaissances spécifiques, et est disponible en trois formats : format imprimable en couleur, format imprimable en noir et blanc, et infographie d’une page consultable à l’écran.

La brochure à l’intention des médecins porte sur les bonnes pratiques d’évaluation de la contrainte sévère à l’emploi.

Brochure pour les professionnels – couleur

Cette recherche menée au CREMIS a permis de documenter les pratiques professionnelles relativement à l’évaluation de la contrainte à l’emploi ainsi que les impacts du processus médico-administratif d’accès au programme de solidarité sociale sur les personnes bénéficiaires. La recherche permet de dégager quelques pratiques jugées prometteuses pour rendre plus équitable l’accès au programme de solidarité sociale et pour minimiser l’impact potentiellement néfaste du processus sur les personnes requérantes.

Trois brochures d’information ont été développées à partir des résultats de recherche, dans une démarche concertée avec les partenaires. Chacune des brochures vise un public cible, avec ses besoins de connaissances spécifiques, et est disponible en trois formats : format imprimable en couleur, format imprimable en noir et blanc, et infographie d’une page consultable à l’écran. Notez que pour les formats à imprimer, il faut sélectionner « imprimer sur les bords courts ».

La brochure à l’intention des professionnels du réseau de la santé et des services sociaux et des milieux communautaires aborde le rôle crucial de soutien qu’ils peuvent offrir aux personnes bénéficiaires et aux médecins dans le processus d’évaluation de la contrainte sévère à l’emploi et d’accès au programme de solidarité sociale.