Définir la relation d’intervention avec la personne

Les règles de l’intervention dans le milieu sont à définir entre unE intervenantE (ou une équipe) et la personne desservie, afin d’établir un espace de collaboration et d’aller au-delà de la méfiance.

Par exemple, ça peut vouloir dire…

  • Dans l’établissement d’une relation de confiance, une balise importante de l’intervention est de clarifier les rôles et la nature du suivi dès le départ.
  • On dit souvent souhaiter que la personne « collabore à l’intervention ». Or, c’est l’intervenantE qui collabore avec la personne, et non l’inverse.
  • Se rappeler qu’un certain temps sera nécessaire pour développer une compréhension commune d’une relation d’aide fondée davantage sur l’accompagnement que sur l’encadrement.
  • Il est utile de mettre de l’avant dans l’intervention qu’il s’agit d’un travail d’équipe, où l’intervenantE et usagerE doivent être dans le « même bateau ».
  • Prendre le temps de développer un langage commun avec la personne, afin de mettre en place les conditions d’une discussion à la fois franche et respectueuse de ses limites (autour de la santé mentale, de la dépendance, de la salubrité, etc.)
  • Pour construire un lien avec une personne délirante, il faut parfois savoir « parler psychotique », s’intéresser au délire de la personne, y trouver des façons d’entrer en lien avec elle.
  • Le savoir-être constitue une qualité première de l’intervenantE dans le milieu. L’intervention dans la communauté s’effectue dans l’intimité des personnes et peut être intrusive. L’intervenantE représente l’institution, il a un rôle normatif et il doit être conscient de ce pouvoir et de son impact dans la relation d’aide. Il est important que la personne qui fait l’objet d’un suivi dans le milieu continue de se sentir que son intimité est respectée, malgré la présence régulière des intervenantEs. Une attitude respectueuse et non jugeante est à privilégier.
  • L’intervention à domicile, où l’intervenantE partage l’intimité de la personne, peut créer une confusion chez des personnes ayant des carences affectives. Il y a là un défi pour maintenir une relation professionnelle. Il faut être à l’affût des glissements dans la compréhension du sens de la relation chez la personne. 

Pour en savoir plus, consultez les récits de pratiques, et notamment

Prendre la parole au sérieux, malgré le délire. Une histoire de futon

« Il faut accepter de “parler psychotique”, ne pas voir peur d’aller dans l’irrationnel avec elle. Sinon nous ne pourrons pas l’aider. »
Projet Chez soi à Montréal
 Équipe de suivi à intensité variable (SIV), Diogène

Faire alliance avec un individu aux prises avec un délire de persécution

« Tout était ouvert. Il connaissait mes inquiétudes et je respectais ses réticences.
Nous avons tous les deux fait un bout de chemin. »
Projet Chez soi à Montréal
 Équipe de suivi à intensité variable (SIV), CSSS Jeanne-Mance

Accompagner vers les services une dame qui voit des anges

« Il y a un équilibre à garder entre entrer dans le délire de quelqu’un et s’y laisser absorber.
Il faut travailler avec la partie de la personne qui est en contact avec la réalité. »
Projet Chez soi à Montréal
 Équipe de suivi à intensité variable (SIV), Diogène