Échanges internationaux sur l'approche Logement d'abord

"C’est la société qui crée l’itinérance. Les différents modèles d’intervention doivent nécessairement se penser socialement."

Description des activités de la semaine

Dans le secteur de l’itinérance, de nouveaux modèles centrés sur l’accompagnement dans le milieu et l’accès à un logement autonome ont été expérimentés dans plusieurs pays au cours des dernières années. Parmi ces modèles, l’approche dite « Logement d’abord » met la personne, ses choix et sa vie à domicile au centre de l’intervention. Qu’apprend-on de cette approche pour les pratiques en première ligne, de part et d’autre de l’océan? Comment se redessine la compréhension des populations desservies et des responsabilités des acteurs à la suite de ces expérimentations?

C’est afin de tirer des leçons du projet de recherche et de démonstration Chez soi à Montréal et du projet Housing first Belgium à Bruxelles, que le CAU-CSSS Jeanne-Mance, son centre de recherche - le CREMIS - et le Forum bruxellois de lutte contre la pauvreté ont organisé une semaine de réflexion et de débats autour de ces questions à Montréal, du 17 au 21 novembre 2014.

Les onglets suivants vous permettront de vous plonger dans les échanges de cette semaine à travers l'exploration d'extraits audio des différentes présentations:

Tout au long de la semaine, des acteurs de Belgique (intervant-es, gestionnaires, chercheurs, élu-es) travaillant auprès des personnes en situation d’itinérance ont participé à des tables rondes portant sur divers thèmes (l’accompagnement en logement et les approches d’intervention en santé mentale, toxicomanie et rétablissement). Ils ont également pris part à différentes activités (visites de ressources en itinérance, rencontres avec des gestionnaires du CSSS Jeanne-Mance, des chercheur-es du projet montréalais, des intervenant-es et des participant-es liés à Chez soi).

Au terme de cette semaine, s’est tenu un grand séminaire réunissant la délégation belge, des membres du CREMIS, des CSSS de Montréal et des personnes liées au réseau montréalais en itinérance.  

Que gardons-nous de cette rencontre? - Quelques faits saillants et pistes de réflexion

 

Qu’est-ce ces échanges vous évoquent?  Quels sont vos souhaits pour la suite? Que retenez-vous? Montage audio de réponses à chaud, prises à la volée entre deux ateliers, auprès de personnes issues de milieux variés ayant participé à la rencontre.                              

Divers éléments sont ressortis des échanges de la semaine d’échange Montréalo-Bruxelloise pour alimenter la réflexion de différents acteurs travaillant auprès de personnes en situation d’itinérance (intervenant-es, gestionnaires et chercheur-es, des milieux communautaire et institutionnel):

  • La recherche montre que la majorité des personnes combinant problèmes de santé mentale et parcours de rue, celles qui sont les plus éloignées de la stabilité résidentielle, peuvent vivre de façon autonome en logement, pour peu qu’on leur offre un accompagnement adapté. Comment tirer profit de ce constat dans l’organisation des services actuels?
     
  • La formule de la charge de cas, qui permet de suivre une personne dans la durée est à retenir dans l’intervention auprès de personnes qui peinent à accéder aux services et à sortir du phénomène des portes-tournantes. Que signifie l’adoption de cette formule dans l’organisation des services existants?
     
  • Les discussions réalisées au cours de la semaine ont mis en évidence l’importance d’offrir un suivi intensif dans la communauté et de ne pas laisser les personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale à elles-mêmes. Il s’agit là de conditions essentielles afin que les personnes ne maintiennent en logement. De manière plus figurée, il a été mentionné que l’approche « Logement d’abord » appelle à sortir de syndrome de la « chaise berçante ». Comment ces conditions s’incarnent au quotidien dans l’intervention et quelles sont leurs implications au niveau de l’organisation actuelle des services?
     
  • Dans l’approche « Logement d’abord », l’accès au logement arrive au départ de l’intervention, en tant que condition inhérente du rétablissement. Il y a là un déplacement dans l’intervention qui demande de faire preuve de créativité, de souplesse, ainsi que de sortir de ses « zones de confort » comme intervenant. Dans quelle mesure les milieux de travail permettent-il ces ajustements et ces marges de manœuvre? Quels sont les besoins exprimés par les équipes cliniques à cet effet?
     
  • Le projet Chez soi a été l’occasion de grandes surprises. Il s’est avéré difficile, voire impossible de cibler à l’avance les personnes qui allaient se rétablir grâce à l’accompagnement et à l’accès au logement. Comment, dans l’intervention quotidienne et dans un contexte de rationalisation des dépenses, la question du « potentiel de rétablissement » se vit-t-elle? Dans quelle mesure réussit-on à accompagner les personnes, à se centrer sur leur forces?
     
  • Comment se concilient la volonté de mettre la personne au centre de l’intervention et les considérations liées à la santé mentale et au diagnostic? Qu’implique le passage d’une approche axée sur la guérison vers une approche centrée sur la stabilisation en logement et le rétablissement des personnes?