Jean-Baptiste Leclercq

Chercheur universitaire en établissement, CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, Membre du CREMIS

Intérêts de recherche

Jean-Baptiste Leclercq s’intéresse aux transformations de l’État social, aux inégalités sociales et aux discriminations. La « prise en charge » de publics stigmatisés par des politiques sociales ou éducatives est au cœur de ses analyses qui ont pour objet les pratiques institutionnelles.

Sa thèse de doctorat (Leclercq, 2007) porte sur la reconfiguration de l’État social et les discriminations en quartier stigmatisé. Il s’agit d’une enquête de terrain menée en Andalousie (Espagne) dans un quartier stigmatisé comme gitan, pauvre et ou marginal (Leclercq, 2009, 2010 et 2013). Il analyse le traitement et la (re)production de discriminations au sein de dispositifs d’insertion mettant en saillance la reconfiguration de l’État social : externalisation des politiques publiques au tiers secteur, décentralisation et activation de la protection sociale. Suite à son doctorat, il réalise un stage postdoctoral, sous la direction de Maryse Potvin, à l’UQAM et au Centre d’études ethniques des universités Montréalaises (CEETUM). Il participe alors à une étude exploratoire (Potvin et Leclercq, 2010) documentant les trajectoires sociales et scolaires de jeunes de 16-24 ans issus de l’immigration en formation générale des adultes, puis à une recherche portant sur les processus de classement et d’orientation scolaire (Potvin, Leclercq, Vatz-Laaroussi, Steinbach, Armand, Ouellet, et Voyer, 2014).

Il développe actuellement un projet de recherche comparatif sur la reconfiguration de l’État social en Catalogne et au Québec et l’impact des pratiques de « travail communautaire » (Catalogne) ou d’«organisation communautaire» (Québec) sur les inégalités sociales, tout particulièrement dans le champ de l’habitation et de l’aménagement urbain. Alors que les politiques sociales ont tendance à individualiser les pratiques d’intervention, l’organisation/travail communautaire met de l’avant une approche collective des problèmes sociaux, d’où l’intérêt d’analyser ces pratiques marquées par la reconfiguration de l’État social en contextes de crise économique et de restrictions budgétaires. Ce projet (en demande de subvention CRSH-Développement Savoir) se fait avec la collaboration de Marta Llobet (Membre collaboratrice du CREMIS) et s’inscrit dans l’entente signée entre l’Université de Barcelone et le CIUSSS-CSM.

Parallèlement, il participe au projet « Pratiques de première ligne en contexte d’inégalités sociales : élaboration d’un cadre théorique intégrateur des pratiques en santé et services sociaux » (Côté, Godrie, Gendron, Giguère, Karazivan, Leclercq, McDonald et Rose). Ce projet est financé par la Faculté de médecine et le Vice-décanat à la recherche, à la création et à l’innovation de l’Université de Montréal (2014-2017).

Avec Cécile Van de Velde (CREMIS et UdeM), Nadia Giguère (CREMIS et UdeM) et en partenariat avec le Regroupement des auberges du coeur du Québec (membre partenaire du CREMIS), il développe une recherche intitulée Mouvement « Jeunes et santé mentale » : Épreuves individuelles, mobilisation collective. Ce projet de recherche exploratoire comporte trois volets interreliés. Le premier s'intéresse à cette mobilisation collective sous l'angle de l'État social et de ses différents registres d'intervention, dont l'action collective. Le deuxième porte davantage sur les expériences mêmes de la santé mentale. Le troisième confrontera ces expériences sociales à leurs modes de mobilisation. Ces trois volets se rejoignent directement dans la problématique suivante : comment passe-t-on d'une expérience individuelle - qui plus est fortement stigmatisée - à une mobilisation collective? Comment les enjeux entourant la santé mentale, dont celui de la médicalisation du social, sont-ils définis et réappropriés par les jeunes eux-mêmes? Quelles contraintes et marges de manoeuvre pour les intervenant-e-s qui doivent composer avec les difficultés ou la souffrance des jeunes et de leurs familles?

Jean-Baptiste Leclercq est porteur du champ « État social » au CREMIS. Il co-anime ce champ avec Catherine Charron (postdoctorante, CREMIS). Des séminaires sont organisés, généralement de manière mensuelle, sur la thématique.

Il est également professeur associé au département de sociologie de l'Université de Montréal. À ce titre, il est directeur de recherche pour des étudiants au doctorat et à la maîtrise.

Mots-clés

État social, Inégalités sociales, Discriminations, Organisation/travail communautaire, Groupes stigmatisés

Sélection de publications

Leclercq, J.B., Coulomb, S., Llobet Estany, M. et Soucisse, F. (2017), « La reconfiguration de l'État social à travers les pratiques d'organisation (Québec) et d'intervention communautaire (Catalogne) », Les Politiques Sociales, n°3 et 4, pp.102-113.

Leclercq, J.B., Ballester, M. et Llobet, M. (2017), « Impacts des transformations de l’État social sur les pratiques d’organisation communautaire (Québec) et de travail communautaire (Catalogne) », in Baldelli B. et Belhadj-Ziane K, Transformations sociales et transformations de l’intervention sociale, Paris, L’Harmattan, pp.46-76

Leclercq, Jean-Baptiste (2014). L’« organisation communautaire » au Québec et la reconfiguration de l’État social. Revue du CREMIS, 7 (1), 49-55.

Camara, S., Leclercq, J.-B.. (2014). « Agents d’intervention » en première ligne : aux avant-postesRevue du CREMIS, 7 (1), 16-22.

Launay, J.B., Leclercq, J.B. et Soucisse, F. (2014). LÎlot sainte-Brigide. Capsule vidéo.

Potvin, M., Leclercq, J.-B.. (2014). « Facteurs affectant la trajectoire scolaire des jeunes de 16-24 ans issus de l'immigration en formation générale des adultes ». Revue des sciences de l’éducation, 40 (2).

Potvin, M., Leclercq, J.B., Vatz-Laaroussi, M., Steinbach, M., Armand, F., Ouellet, C., Voyer, B., (2014). Les jeunes de 16-24 ans issus de l'immigration à l'éducation des adultes : cheminement, processus de classements et orientation scolaires. Rapport scientifique intégral. Projet FQRSC – Actions concertées Persévérance et réussite scolaires, Fonds québécois de recherche sur la société et la culture, septembre 2013.

Leclercq, Jean-Baptiste. (2013). « Discrimination et racisme en Andalousie : L’insertion continue ». Revue du CREMIS, 6 (2), 46-52.

Potvin, M., Leclercq, J.-B.. (2011). « Histoire familiale, migration et parcours scolaire de jeunes de 16-24 ans issus de l’immigration au secteur de l’éducation des adultes à Montréal », dans Familles d'origine immigrante: polysémie des pratiques sociales. Enjeux sociaux, de santé et d’éducation (dirigé par F. Kanouté et G. Lafortune), Montréal : Presses de l’Université de Montréal, p.129-145.

Leclercq, Jean-Baptiste. (2010). « Les formateurs d’Escuelas-Taller et Talleres del Empleo : entre reconfiguration de l’État social et discriminations », dans Les métiers de la formation : approches sociologiques (dirigé par E. de Lescure E. et C. Frétigné), Rennes : Presses Universitaires de Rennes, p.147-156.

Potvin, M., Leclercq, J.-B.. (2010). « Trajectoires sociales et scolaires de jeunes de 16-24 ans issus de l’immigration en formation générale des adultes et analyse de deux projets de ‘‘persévérance scolaire’’ (2007 et 2009) », Rapport de recherche remis à la Direction des Services aux Communautés Culturelles, Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (DSCC-MELS), juillet, 172 pages.

Leclercq, Jean-Baptiste. (2009). « Reconfiguration de l’Estado de bienestar et discriminations en quartier stigmatisé : enquête dans la Zona Norte de Grenade », Diversité Urbaine, 9(2), Automne, p.119-139.

Leclercq, Jean-Baptiste. (2007). L’insertion continue : reconfiguration de l’État social et discriminations en quartier stigmatisé. Une enquête de terrain dans le quartier de la Zona Norte de Grenade, Andalousie, Thèse de doctorat, Paris : Université Paris 7.

Coordonnées 

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CLSC Sainte-Catherine
66, rue Sainte-Catherine Est, bureau 609
Montréal, Québec, H2X 1K6

Tél. : 514 527-9565, p. 3116

Courriel : jean-baptiste.leclercq.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca

Autres mandats, fonctions et affiliations

Professeur associé, Département de sociologie, Université de Montréal

Membre associé de l’Unité de Recherche « migrations et société », (Urmis, UMR 205)