Transformations de l'État social

Thème: 
Colloques
Date: 
17 Juin 2016 - 9:00 - 16:30

Lieu: Auditorium du Centre d’hébergement Paul-Émile-Léger (66, boulevard René-Lévesque Est, Montréal)

À travers réformes et transformations au long cours, l’État social est, dans différents contextes, en pleine reconfiguration : externalisation des politiques publiques au tiers secteur (communautaire et associatif), émergence de nouveaux acteurs, restrictions budgétaires, influence de la Nouvelle gestion publique, etc. Cela engendre un impact sur les pratiques dans différents domaines d’intervention interpelant les professionnels impliqués. Quels effets découlent de ces transformations au sein de la population et plus particulièrement sur les publics visés par l’intervention sociale? Alors que celle-ci se réalise de manière de plus en plus individualisée, quelles sont les répercussions sur les groupes et les inégalités sociales? Lors de ce colloque nous mettrons l’accent sur les expérimentations possibles au sein des réseaux public et communautaire ou associatif, ainsi qu’aux marges de manœuvre des professionnels. Nous nous intéresserons également aux approches qui sortent des balises individualisantes de l’intervention sociale. Enfin, notre regard se portera sur différentes pratiques alternatives et formes de solidarités qui entrouvrent des brèches et redéfinissent les contours de l’État social. Loin d’une forme figée et monolithique, celui-ci apparait comme un réseau complexe et enchevêtré d’interdépendances (entre des entités, groupes et individus) n’excluant ni des rapports de pouvoir ni des rapports sociaux. L’État social est généralement considéré comme l’ensemble des interventions étatiques visant un « bien-être » social. Dans les faits, il a toujours été limité et a toujours laissé subsister d’importantes inégalités sociales, tandis que son rôle a plutôt consisté à protéger contre différents risques sociaux. Protection sociale qui s’est caractérisée par une constante tension entre responsabilité individuelle et prise en charge collective qui, souvent avec bienveillance, peut revêtir certains aspects contrôlants, stigmatisants, paternalistes ou infantilisants. L’État social s’est également constitué sur la base de savoirs experts, laissant peu de place à la parole et aux savoirs issus de l’expérience des l’expérience des principaux concernés. Autant de paradoxes qui apparaissent au cœur de l’État social.

La journée est prévue autour de trois axes. Dans un premier temps, il sera question des transformations de l’État social et des impacts sur les pratiques et les populations. Dans un deuxième temps, nous partirons de cas concrets pour penser la possibilité de brèches. Dans un troisième temps, nous échangerons sur les stratégies existantes et à inventer permettant la consolidation et l’ouverture de ces brèches.

Programme de la journée

PARTIE 1 - TRANSFORMATIONS ET IMPACTS

L'état social, l'individu et l'action sur les inégalités: tiraillements historiques entre réduction identitaire et approche globale
Christopher McAll, co-directeur scientifique du CREMIS et directeur du département de sociologie, Université de Montréal

Penser les frontières de l'État social à travers les pratiques d'organisation communautaire (Québec) et d'intervention communautaire (Barcelone)
Jean-Baptiste Leclercq, sociologue, chercheur d’établissement au CREMIS / CIUSSS-CSM

Démantèlement de l’État social : se battre pour ne pas perdre nos acquis ou se battre pour un nouveau projet de société
Sylvia Bissonnette, Coordonnatrice à la recherche et à la formation, Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec, membre du CREMIS

 

PARTIE 2 – BRÈCHES

L'implication des parents: le moteur du Rond-Point
Frédéric Maari, spécialiste en activités cliniques, programme dépendances première ligne, CIUSS-CSM et praticien-chercheur au CREMIS
Andréanne Tremblay, stagiaire en travail social au Rond-Point
et des parents du Rond-Point

Prises de parole et actions collectives féministes: le Comité d'action locale du Centre d'éducation et d'action des femmes
Louise Miller, militante membre du comité d’action local du Centre d’éducation et d’action des femmes
Audrey Simard, travailleuse communautaire du Centre d’éducation et d’action des femmes

La formation en travail social : un levier majeur pour créer des brèches et faire émerger de nouvelles pratiques
Chantal Mazaeff, directrice générale de l’Institut Supérieur Social de Mulhouse (France)
Mauella Ngnafeu, directrice du Pôle Insertion de l’Association APPUIS
Laurent  Konopinski, directeur général de l’Association APPUIS (Accueil, Prévention, Protection, Urgence, Insertion sociale), Mulhouse (France)

 

PARTIE 3 – ALLIANCES ET STRATÉGIES

Des brèches et du changement social : pistes de réflexions en faveur d'une nécessaire convergence stratégique
Tristan Ouimet-Savard, coordonnateur au développement des pratiques et à la défense des droits, Regroupement des Auberges du cœur du Québec (RACQ)

Le temps d’être: autonomie relationnelle en contexte de soutien à domicile
Aude Fournier, professeure de sociologie, CÉGEP de Victoriaville

Formation et recherche en intervention sociale : enjeux stratégiques sur les plans local, régional et national (titre provisoire)
Jean-Michel Klinger, président de l’Institut Supérieur Social de Mulhouse et représentant régional de l’Union nationale des Acteurs de formation et de recherche en intervention sociale (UNAFORIS)

 

 

INSCRIPTION GRATUITE ET INFORMATION:  genevieve.mcclure.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca

 

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