La construction socio-historique de la déficience intellectuelle à la croisée des inégalités sociales

Thème: 
Midis du CREMIS
Date: 
21 Mars 2019 - 12:00 - 13:30

Lieu: 66, rue Sainte-Catherine Est, local 603

La notion d’intelligence est aujourd’hui une norme tous azimuts, à valeur d’évidence et qui revêt une force particulière : en effet, on ne peut s’opposer à l’intelligence et on souhaite tous y être identifié. Elle constitue aussi un superlatif parfois sans contenu et principe de hiérarchisation sociale peu remis en question. À l’inverse, en plus de marginaliser les personnes identifiées comme ayant une déficience intellectuelle, nos sociétés marginalisent aussi l’étude de la déficience intellectuelle. Les handicaps cognitifs deviennent ainsi des objets repoussoirs pour la recherche, et spécialement pour la sociologie, notamment en raison de l’essentialisation des notions de troubles, de limites, d’« incompétence » (légale, sexuelle, quotidienne, parentale, au travail, etc.). L’histoire du diagnostic de déficience intellectuelle s’adosse à la fois à la naissance et la trajectoire de l’idée d’ « intelligence », et témoigne également de sa co-construction étroite avec les rapports sociaux de race, de classe, de genre et d’in/capabilité.
Nous contextualiserons la catégorie de déficience intellectuelle comme un phénomène résolument social et en soulèverons quelques enjeux. Quels liens entretient la déficience intellectuelle avec les autres dominations sociales comme le racisme ou le sexisme? Et surtout, que veut-on vraiment dire lorsque l’on parle d’intelligence ou de déficience intellectuelle?

Une présentation de Lisandre Labrecque-Lebeau, Ph.D, professeure associée (UQO), chercheure membre du CREMIS

Entrée libre, apportez votre lunch.

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