Housing First et la norme du logement : regards croisés France/Canada sur les épreuves de « l’habiter »

Thème: 
Midis du CREMIS
Date: 
6 Décembre 2018 - 12:00 - 13:30

Lieu: 66, rue Sainte-Catherine Est, local 603

Housing First et la norme du logement : regards croisés France/Canada sur les épreuves de « l’habiter »

Le modèle Housing First/ Logement d'abord constitue, depuis les dernières années, une réponse au problème public de l’itinérance dans nombreuses villes nord-américaines et européennes. Au sein de ce modèle, le logement indépendant ou dit « ordinaire » est conçu comme un mode d’habiter privilégié par rapport à d’autres formes plus marginales ou contestées (logements communautaires, hébergements d’urgence, squats, etc.). Dans la foulée, c’est aussi la notion de « chez-soi » qui semble être définie principalement à l’aune de cette norme du logement. Or des travaux en sciences sociales engagés à cerner la diversité des figures d’itinérance de même que le point de vue ou l’expérience des personnes concernées montrent non seulement qu’il est nécessaire de promouvoir une diversité des formes du logement, mais aussi de mener une réflexion plus globale sur ce qu’habiter veut dire pour des personnes marginalisées et désaffiliées. En se basant sur des résultats de recherches menées respectivement en France et au Canada, cette conférence-midi cherchera à discuter des épreuves de l'habiter en regard des frontières normatives du logement.

Des présentations de: 
Dahlia Namian est professeure à l’École de service social de l’Université d’Ottawa et co-directrice du groupe de recherche GRESSIS (Groupe de recherche en sciences sociales sur les interventions en santé). Sa communication, tirée d’une recherche menée à Ottawa et Gatineau par observation participante au sein d’équipes mobiles en itinérance, questionnera la norme du logement telle que promue par le modèle Housing First en proposant le concept des « géographies émotionnelles » de l’itinérance pour mieux saisir les pratiques de résistances et d’appropriations qui façonnent les espaces pluriels du chez-soi.

Marine Maurin, sociologue, est chercheuse à l’institut régional et européen des métiers de l'intervention sociale (Ireis), membre du Centre Max Weber (Umr5283) et membre du comité scientifique du réseau "Aux frontières du sans abrisme" à Lyon/St-Etienne. Elle a soutenue une  thèse  intitulée " Le genre de l'assistance. Ethnographie comparative de l'accueil des femmes sans abri (Saint Etienne /Montréal)" sous la direction de Pascale Pichon et Shirley Roy. Sa communication portera sur le concept d’habiter et plus largement sur le droit à habiter tel qu’il est notamment discuté en France dans le cadre du réseau scientifique « Aux frontières du sans-abrisme ».

Cette conférence s’inscrit dans le champ thématique itinérance du CREMIS.

Entrée libre, apportez votre lunch.

 

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