Comment analyser les violences conjugales pour objectiver les vécus des lesbiennes, des bisexuelles et des hétérosexuelles?

Thème: 
Midis du CREMIS
Date: 
28 Novembre 2018 - 12:00 - 13:30

Lieu: 66, rue Sainte-Catherine Est, local 603

Les violences conjugales dans les couples lesbiens font l’objet d’un traitement paradoxal : elles sont quasi-absentes des débats sur la lutte contre les violences faites aux femmes et des sujets portés par les associations de défenses des droits des personnes homo-bisexuelles, ce qui laisse penser qu’être en couple de femmes offre une certaine protection à cet égard. Pourtant plusieurs enquêtes (en Angleterre, au Canada ou aux États-Unis) concluent que les prévalences de violences conjugales rapportées par les lesbiennes et les bisexuelles sont autant si ce n’est plus élevées que chez les hétérosexuelles. Ces travaux ont cependant de nombreuses limites : la faiblesse des effectifs ne permet pas de produire de statistiques robustes et d’analyses fines sur le sujet et en particulier de distinguer les populations lesbiennes et bisexuelles ; la construction du questionnaire ou du plan d’échantillonnage rend souvent difficiles les comparaisons entre les populations majoritaires hétérosexuelles et les populations minoritaires homo-bisexuelles ; la distinction entre les violences rapportées au sein de couples lesbiens et les violences rapportées par des lesbiennes et des bisexuelles au sein de précédents couples hétérosexuels n’est pas clairement abordée.

En m’appuyant sur les données françaises de l’enquête Violences et rapports de genre (Virage) de l’Institut national d’études démographiques (Ined), cette présentation propose une approche originale des violences conjugales subies par les femmes selon leurs trajectoires et leurs identifications sexuelles. Reprenant l’esprit des travaux de M. P. Johnson, je fais l’hypothèse que plus que les seules prévalences de violences, c’est l’étude des configurations de violences conjugales qui permet d’analyser et de comparer les vécus des femmes : il ne suffit pas de savoir si une personne a subi ou non un fait de violence dans un certain type de couple, mais de prendre en compte la répétition, la combinaison avec d’autres faits de violences, les conséquences sur les victimes et le sexe des auteurs de violences.

Cette conférence est une présentation de Tania Lejbowicz, doctorante en socio-démographie à l'Institut national d'études démographiques (Ined) et à l'Université Paris Nanterre.

Entrée libre, apportez votre lunch.

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