Amoureux et amants: une éducation sexuelle ancrée

Auteur(s): 

Hélène Manseau

Professeure, Département de sociologie de l'UQAM, membre du CREMIS
Revue: 
Vol 1 No 2 - Été 2008

« Ah ! Moi j’dis que le plus grand plaisir que j’ai, c’est la sexualité ! »  Jules, 16 ans

Les jeunes hommes en Centre jeunesse (internat pour adolescents en difficulté) évoluent dans un milieu où les normes socio sexuelles sont paradoxales, tout autant angoissantes que jouissives. Si l’acte sexuel est perçu comme « le plus grand plaisir » et représente un moyen d’expression de l’être et de la masculinité, il entraîne, pour plusieurs, des épisodes de paternité ou la contraction d’infections transmises sexuellement. Vingt-quatre jeunes, âgés de 14 à 18 ans, ont été appelés à s’exprimer librement sur leur vision de la paternité et de la sexualité ainsi que sur leurs besoins en matière d’éducation sexuelle. L’analyse des discours de ces jeunes vulnérables nous conduit à élaborer une éducation sexuelle qui reposerait sur leur désir, largement exprimé, de devenir de meilleurs amoureux et de meilleurs amants. Une écoute attentive de leurs points de vue permet de guider nos interventions dans une optique plus créative.

La vie en internat

Les adolescents qui ont accepté de nous rencontrer nous ont parlé de leur  vie en internat. Le climat de vie, tel qu’il est décrit, est d’une grande morosité. Il est question des tensions qui y règnent entre les éducateurs et les jeunes, de même qu’entre les jeunes. Il est souvent question de la fausseté de certains jeunes qui se créeraient une image de « dur » pour se valoriser et paraître plus forts. Cette réaction pourrait être la conséquence du sentiment de dévalorisation ressenti par certains jeunes. Ils ont le sentiment de se faire « taper sur la tête » au lieu de recevoir « une petite tape sur l’épaule », dont ils disent pourtant avoir grand besoin. Les interventions dans le cadre du placement sécuritaire sont surtout perçues sous l’angle d’un jugement négatif porté la plupart du temps à l’endroit des jeunes. Compte tenu de cette atmosphère qu’ils décrivent, ils ont rarement envie de se confier ou de faire confiance. Un jeune va jusqu’à dire : « on dirait qu’ils t’enfoncent toujours plus creux ».

Nous avons également procédé à une analyse des discours d’une vingtaine d’éducateurs qui œuvrent en internat auprès de ces jeunes. Deux paradoxes majeurs les plongent eux aussi dans un certain pessimisme face à leur action. D’une part, leurs objectifs de réadaptation des résidents s’opposent à la mission de transition du Centre. Cette mission, caractérisée par le nombre élevé de résidents à accueillir dans un court laps de temps, implique un investissement restreint auprès de chacun. D’autre part, les éducateurs sont confrontés à l’opposition entre des conditions de détention des résidents restreignant leur liberté et la volonté institutionnelle de rapprocher le fonctionnement des unités d’un milieu de vie considéré plus « naturel ». Selon eux, ces paradoxes complexifient le contexte d’intervention. Ces éducateurs se sentent relativement impuissants à intervenir auprès des adolescents et ils regardent avec pessimisme les possibilités de succès de leur démarche.

Ce climat d’urgence, de contrôle et de morosité laisse peu d’espace pour l’intimité et la discussion sur la sexualité. Les manifestations sentimentales, amoureuses et les contacts sexuels sont, dans le contexte de l’internat, au ralenti. Il n’y a pas d’espace de dialogue pour discuter de préoccupations sexuelles ou sentimentales pendant le séjour. Les jeunes se disent mal à l’aise pour parler de sexualité et qualifient leurs compagnons de vantards, ce qui contribuerait à inhiber toute possibilité de dialogue. Ils déplorent également le fait que les discussions soient le plus souvent censurées dans les unités de vie. Ils disent ne pas se sentir suffisamment proches des éducateurs pour dialoguer en toute confiance et, surtout, aussi librement qu’ils le souhaiteraient.

Idéalisation et dénigrement

Les jeunes hommes ont témoigné longuement de leurs relations amoureuses et sexuelles. Leurs propos sont d’ailleurs plus nombreux et variés sur ce sujet que sur leurs expériences de paternité. Ils vivent des rapports amoureux caractérisés par de la dualité, c'est-à-dire qu’ils traitent leurs partenaires à la fois avec idéalisation et dénigrement. Malgré la présence certaine d’une forme d’idéalisation des femmes et de l’amour – ils expriment haut et fort croire en l’importance de l’attachement et de l’amour –, la majorité des jeunes disent éprouver de sérieuses difficultés dans leurs relations amoureuses, qu’ils décrivent comme empreintes de jalousie, de possessivité, de rejet et de désillusion. Ils expriment à plusieurs reprises ne pas comprendre leurs compagnes et être découragés lorsque vient le temps de s’attacher à elles.

Bien qu’à leur âge, cette instabilité dans les rapports amoureux soit tout à fait compréhensible, il reste que les jeunes rencontrés se plaignent abondamment des troubles qu’ils éprouvent pour bien communiquer avec les femmes et parvenir à comprendre ce qu’elles veulent, principalement au niveau sexuel. Dans les faits, ils expérimentent peu ou ne vivent pas de relations qu’ils qualifient d’amoureuses ou d’attachantes. Les adolescents rencontrés témoignent d’une grande facilité à vivre des relations sexuelles dénuées de sentiments. Cette dualité profonde entre leurs besoins d’amour et d’attachement et leur facilité à avoir des rapports sexuels sans investissement affectif est notoire dans leurs propos. Le phénomène de l’amie-amant (« fuckfriend ») illustre bien cette tendance à fréquenter une fille qu’on dit ne pas vraiment aimer d’amour, mais qui sert de partenaire sexuel sur demande, sans qu’on ait besoin de la séduire ou de s’y attacher.

 Un autre paradoxe est frappant dans leurs représentations des femmes et de leur sexualité. D'un côté, les adolescents disent adorer vivre des expériences sexuelles, mais ils considèrent d’un autre côté, que les femmes qui ont une vie sexuelle active comme la leur sont indignes et ne méritent pas le respect. Ils idéalisent une certaine image de la femme qu’ils disent belle intérieurement et extérieurement et ils dénigrent facilement les partenaires avec lesquelles ils se retrouvent le plus souvent, nous révélant même, dans certains cas, les déjouer ou les manipuler pour obtenir des moments de plaisir avec elles.

La mise en scène de la masculinité

Lorsqu’ils entrent au cœur du sujet de la sexualité, les jeunes expriment avec éloquence le besoin de performance qui caractérise leur quête et leur assouvissement sexuels. Comme c’est fréquemment le cas à l’adolescence, la sexualité joue un rôle clé dans la construction de leur identité et ils trouvent dans leur capacité à séduire et à donner du plaisir à leurs partenaires une source importante de valorisation. Ce désir se traduit, entre autres, par leur volonté de séduire le plus grand nombre de filles afin d’avoir beaucoup de relations sexuelles, d’apparaître sexuellement performant aux yeux des autres, ainsi que par leur souhait d’être reconnus comme de véritables hommes qui ne s’en laissent pas imposer, ni par leurs partenaires ni par les autres adolescents.

Ce désir de performance concerne à la fois les pratiques sexuelles et l’identité sexuelle masculine. En ce sens, il est remarquable de constater que plusieurs d’entre eux se rappellent l’angoisse importante qui les habitait au moment de leurs premières relations sexuelles: allaient-ils être capables d’amener leur partenaire à l’orgasme comme il se doit ? L’intérêt marqué qu’ils manifestent en regard de la satisfaction de leurs partenaires apparaît relever d’une forme d’injonction à être performants. Il en est de même pour la fierté que certains disent ressentir quant à l’implication dont un homme peut faire preuve dans l’initiation sexuelle d’une jeune femme ou encore dans son éducation aux techniques de l’amour.

Il serait simple de condamner de tels propos sous prétexte qu’ils s’avèrent en plusieurs occasions irrespectueux, voire grossiers. Ce serait toutefois renoncer à comprendre la position paradoxale des adolescents rencontrés. À plusieurs moments, nous retrouvons chez ces adolescents des propos contradictoires et dissidents. Certains témoignent d’un désir de se rapprocher des femmes, de mieux les connaître et de percer leurs mystères. D’autres dénoncent l’attitude machiste, cette image de Playboy que revêtent certains adolescents pour se faire respecter ou admirer des autres. Or, ces adolescents qui d’une part, dénoncent la performance, sont également ceux qui, dans d’autres contextes, en font l’éloge. Ainsi, la conscience de ce désir d’être performants et perçus comme un Playboy ne permet pas de s’y soustraire. Les jeunes hommes sont appelés par leurs pairs à réaffirmer leur appartenance au camp des hommes sur une base quotidienne : par des remarques et des commentaires péjoratifs, par des questionnements auxquels les réponses sont de la plus haute importance pour qui ne veut pas devenir ce que Dorais (2000) a appelé le « fif de service ». Ces jeunes, considérés insuffisamment masculins, homosexuels ou présumés tels, sont ceux qui ne se conformeraient pas à cette image du Playboy et l’exclusion constitue leur lot.

Les résidents se voient ainsi dans l’obligation d’afficher constamment leur masculinité avec ce qu’elle implique de dénigrement de la féminité ou de l’homosexualité et de mise au défi des autres à en faire autant1. Cette mise en scène de la masculinité ne peut être accomplie et ne sera reconnue comme telle que si elle répète les codes admis de ce qui la constitue. C’est en effet là le fondement de l’identité sexuelle que d’être un effet de répétition des codes sociaux attribués à un genre particulier (Butler, 1990).

L’engouement pour la sexualité conduit ces jeunes à un besoin d’expérimentation tel qu’ils en perdent la tête au péril de leur vie, négligeant, dans beaucoup de cas, de se protéger contre des infections transmissibles sexuellement (ITS) à une époque où le VIH est en recrudescence, en particulier chez les jeunes. La plupart de nos sujets disent se protéger à l’occasion quand ils ont vraiment des doutes au sujet de leurs partenaires sexuelles. Ces doutes sont fondés principalement sur des mythes aussi anciens que la propreté de la fille - « ça se voit, ça se sent si elle est correcte » - , le degré d’intimité qui lie les partenaires ou l’idée qu’on puisse avoir confiance en elle parce qu’« on la connaît » ou que l’« on a déjà couché avec elle sans problème ».

La responsabilité des conséquences néfastes des rapports sexuels est surtout attribuée aux partenaires qui devraient exiger le condom et prendre leurs précautions, exception faite de certains cas où ces exigences seront même refusées compte tenu d’une aversion assez généralisée du condom. Cette aversion face au condom mérite que l’on s’y arrête puisque la moitié des jeunes en fait mention. Ainsi, les adolescents sont particulièrement loquaces pour en énumérer les défauts ; il couperait le plaisir en diminuant les sensations ressenties sur le pénis. Enfin, ils se sentent également mal à l’aise pour en discuter avec leurs partenaires.

Devenir père

La peur de procréer lors des rapports sexuels est presque absente des discours des adolescents rencontrés. Ceci nous conduit à aborder le sujet crucial et délicat de la paternité chez ces jeunes résidents, sujet qu’ils abordent avec réserve, parcimonie et angoisse. Il ressort globalement qu’ils préfèrent s’exprimer sur le sens primordial que revêt la sexualité pour eux bien plus que sur leurs diverses expériences de paternité. Vingt-trois des vingt-quatre résidents rencontrés se partagent au moins trente-sept épisodes de paternité où ils ont envisagé la possibilité de devenir pères. En ce qui a trait aux issues de ces épisodes, sept des résidents hébergés avaient déjà un enfant au moment de l’entrevue. Pour sept autres résidents, la partenaire a eu recours à l’avortement afin d’interrompre sa grossesse. Dans deux cas, il y a eu fausse-couche. La pilule du lendemain a été utilisée par les partenaires de quatre résidents dont, dans deux cas, à répétition. Enfin, quatre résidents ne connaissent pas l’issue des grossesses chez celles qui attendaient un enfant d’eux, car ils les ont perdues de vue. Chez ces jeunes, les nombreux épisodes de paternité auxquels ils ont été confrontés sont surtout décrits comme des accidents. Malencontreux hasard, la paternité est éprouvée comme un événement qui coupe le souffle, voire qui paralyse.

Les épisodes de paternité vécus sont surtout décrits en rapport avec leur sentiment d’être incapables d’assumer leur rôle de père. Ils se sentent trop jeunes, pas prêts à jouer ce rôle qui semble leur tomber sur la tête sans qu’ils aient vu cela arriver d’aucune manière. Les adolescents pères qui sont quelque peu présents auprès de leurs enfants ne le sont que très sporadiquement; les autres se sentent mal à l’aise et ils ont généralement perdu ou rompu tout contact avec la mère. Dans plusieurs cas, les épisodes de paternité peuvent ne pas avoir duré, les pères ne connaissant pas toujours l’issue des grossesses, plusieurs partenaires impliquées ne les consultant pas dans le processus de décision de garder ou non l’enfant. Nous avons pu aussi constater jusqu’à quel point ces jeunes entretiennent une image idéalisée de ce que devrait être un bon père et combien cela leur apparaît nécessaire pour l’équilibre des enfants.

Une éducation sexuelle ancrée

Partant des principaux constats que nous avons dressés et intégrant les propos des jeunes concernant l’éducation sexuelle, nous formulons ici des recommandations pour le développement d’une éducation sexuelle ancrée sur leurs perspectives.

Les jeunes rencontrés sont tout autant intéressés, voire captivés, par la sexualité, que mystifiés par les femmes. Ils voudraient savoir comment mieux les approcher et comment mieux leur faire l’amour. Ils se perçoivent maladroits, tant en termes d’habiletés érotiques que d’habiletés à la communication, et ils aimeraient apprendre à mieux communiquer avec leurs partenaires ainsi qu’à mieux résoudre des conflits pour être capables de s’attacher à elles. La plupart des jeunes sont enthousiastes à l’idée d’un programme d’éducation sexuelle au Centre où ils sont hébergés. Cependant, ce programme doit être animé de façon dynamique, ne pas ressembler aux cours scolaires, ni être dispensé de manière traditionnelle. Ils disent vouloir échanger, prendre le temps d’exprimer leur point de vue et de poser leurs questions. Ils aimeraient, dans certains cas, que les groupes soient mixtes et qu’ils soient animés par des femmes.

Les thèmes les plus fréquemment abordés dans les témoignages ainsi que les recommandations formulées par les adolescents nous incitent à proposer une démarche de réflexion sur les images de la masculinité auxquelles ils s’identifient. Par exemple, plusieurs de leurs préoccupations ont trait aux habiletés à acquérir pour devenir de meilleurs partenaires, aux particularités de la femme à connaître pour lui donner plus de plaisir et à l’image du Playboy pour rehausser une estime de soi déficiente. Ces préoccupations nous ont amenées à questionner les critères sur lesquels les adolescents fondent leur sexualité et leur masculinité. Les modèles familiaux ou sociaux qui s’offrent aux adolescents pourraient contribuer à les enfermer dans une injonction à « performer »2. Aborder ce thème implique une ouverture des adolescents à partager non plus ce qui les valorise en tant qu’hommes (la performance sexuelle), mais bien ce qui constituerait en quelque sorte une face cachée de leur sexualité, c’est-à-dire le sentiment d’insuffisance et la crainte de ne pas être à la hauteur. Cet objectif de questionnement des images stéréotypées de la masculinité serait susceptible de rallier certains éducateurs, de favoriser leur implication et leur motivation.

À cet égard, l’intérêt que manifestent les adolescents pour recevoir de l’information au sujet des techniques de l’amour afin de devenir de meilleurs compagnons sexuels, pourrait constituer une porte d’entrée privilégiée. Dans les récits les plus anciens qui nous renseignent sur les techniques de l’amour, tel le Kama-Sutra, une attention toute particulière est accordée au respect de la femme et aux multiples conditions préliminaires nécessaires aux rapports sexuels. Ces récits poussent à s’interroger sur le but poursuivi et les conséquences qui peuvent en résulter pour faire en sorte que cet acte soit réussi et satisfaisant pour les partenaires impliqués. Favoriser une éducation à la sexualité partant de tels enseignements permettrait une réflexion approfondie sur les dimensions relationnelles et sur la signification de l’acte sexuel. Partant de l’univers privilégié par les jeunes, cela pourrait être un moyen fécond pour amorcer auprès d’eux une démarche approfondie de clarification de leurs croyances et de leurs valeurs qui sont des assises importantes pour l’adoption de comportements sécuritaires.

Lenderyou et Ray (1997) ont qualifié de « compétitif » le climat qui règne dans les discussions entre jeunes hommes sur la sexualité. Comme le signalent certains des résidents et des intervenants interrogés, ce climat serait toutefois plus caractéristique des discussions en groupe. Drolet (1996) remarque d’ailleurs que cette attitude de compétition s’estompe lorsque les discussions ont lieu dans un contexte individuel. En groupe, en effet, les discussions sur la performance sexuelle seraient une façon de structurer les rapports de pouvoir (Forrest, 2000). Ces études corroborent les propos que nous avons recueillis. Ainsi, il nous semble opportun qu’une partie du cheminement proposé prenne place dans un contexte individuel ou, à tout le moins, en groupe très restreint, contexte qui nous semble plus propice à ce que les adolescents s’interrogent sur ce qu’est un homme aujourd’hui.

Les thèmes abordés et les formules pédagogiques utilisées ne sauraient toutefois suffire à renouveler l’éducation sexuelle auprès des adolescents en difficulté. Le pessimisme et la morosité constituent un frein important à l’innovation en matière d’éducation sexuelle. En effet, le climat institutionnel révèle tant le désespoir des adolescents, que celui des intervenants de parvenir à une forme de réadaptation durant l’hébergement. Dans ce contexte, il apparaît opportun de souligner l’importance de mobiliser les adolescents comme les intervenants dans un espoir de changement.

Face à des intervenants et à des adolescents qui disent n’avoir que relativement peu de pouvoir sur leurs actions en matière d’éducation sexuelle, l’autonomisation (empowerment) des groupes et leur concertation apparaissent essentielles. Dans cette perspective, l’élaboration d’une trame de négociation, véritable table de concertation et de consultation où seraient impliqués des représentants des divers paliers concernés (en l’occurrence, la direction, des éducateurs et des adolescents), semble prometteuse pour l’atteinte de ces objectifs (Manseau, Blais, 2005b).

Nous visons ainsi à surmonter le défi de l’angoisse chez les jeunes de notre étude quant aux conséquences néfastes des comportements sexuels non protégés, notamment, les paternités non voulues, afin de leur permettre de réaliser l’importance du respect de la partenaire, de son rythme, de ses valeurs sexuelles, et de constater que ces éléments sont essentiels pour la réussite de l’acte amoureux. Dans cette optique, l’inscription du condom dans le cérémonial préalable à l’acte amoureux en vue de son propre épanouissement et de celui de sa partenaire serait peut-être mieux ressentie.

L’auteur de ce texte a fait paraître aux Presses de l’université du Québec trois ouvrages sous le titre Amour  et sexualité chez l’adolescent,  dont un premier volume relate plus en détails les fondements de notre approche basée sur les représentations des jeunes et des intervenants en matière d’éducation sexuelle. Les deux autres ouvrages consistent en un Guide d’animation  et un Carnet de route pour dispenser un tel programme. Ces livres peuvent être commandés directement aux PUQ : www.puq.ca.

Références :

Butler, J. (1990). Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity. New-York: Routledge.

Dorais, M. (2000). Mort ou fif. Québec : Centre de recherche sur les services communautaires, Université Laval.

Drolet, M. (1996). « L’évaluation d’une intervention préventive auprès d’adolescents et d’adolescentes ou quand les garçons nous font nous interroger », Service social, 45, 1 : 31-60.

Lenderyou, G., et Ray, C., (eds.). (1997). Let's hear it for the boys! : Supporting sex and relationships education for boys and young men. London : Sex Education Forum. National Children’s Bureau.

Manseau, H., et Blais, M. (2005a). « Regard sexoanalytique sur le vécu sexuel d’adolescents en difficulté : les aléas de l’anxiété de masculinitude ». In Crépeault, C., et J. Lévy (Éds.) Nouvelles perspectives en sexoanalyse (Chap. 5, pp. 75-90). Ste-Foy : Presses de l’Université du Québec.

Manseau, H., et Blais, M. (2005b). « L’importance d’une approche qualitative pour faire voir et prévoir les difficultés d’implantation d’un programme de prévention : l’expérience de formation en Centre  Jeunesse: « Entraînement à l’amour-propre.» », Revue de psychoéducation, (34) 1: 41-56.

Notes

1 Pour une discussion des mécanismes de défense en jeu dans la construction de la masculinité chez ces jeunes hommes, voir Manseau et Blais, 2005a.

 2 Cette notion de « performance » de l’identité sexuelle met  l’accent sur le fait  que les caractéristiques qui forgent l’identité sexuelle sont en fait des scénarios appris, des codes de conduite à adopter si on veut être reconnu en tant qu’homme ou en tant que femme. L’analogie avec la performance au sens théâtral est construite autour de cette idée qu’on « met en scène » son identité en conformité avec les normes qui  règnent.